Pereunt Divitiæ, Occidunt cognati, Vastatur terra
Manet Haquinus Apud munificos Deos ; Dolet hominum multitudo.
On possède encore quelques unes des poésies que
les scaldes improvisoient au moment du combat pour
NAT TE ere enr —
a pr Den
LR Formes à 5 ter mere Te mmrsaiginecnsectenieimrerentil Dre — DA SRRR-mme
LA: | “A NW £ LAN D
n’eusse pas Cru qu'Ella * seroit maitre de ma vie, alors qu'arrêtant le sang de mes blessures je poussai nos vaisseaux dans les flots, après avoir laissé dans les baies de l'Ecosse un abondant festin pour les bêtes farouches. »
2. « Mais je me réjouis quand je pense aux siéges qui n'attendent dans le palais de
animer les soldats de leur armée. Dans l’un de ces
chants, le scalde apostrophe aïnsi deux guerriers :
Haro manu fortis, Rolfo jaculans, Nobiles viri Qui non fugiunt; Non excito vos ad bibendum vinum, Nec ad colloquendum cum virginibus, Sed excito vos ad durum Prælium conserendum.
BARTHOLIN , Liv. X, chap. 10.
Saxon le grammairien, dans son Histoire du Danemarck, nous à aussi conservé un grand nombre de poésies scandinaves. Mais la paraphrase latine de cet auteur, bien remarquable par sa pureté et son élégance, déguise trop l'esprit et les formes de l'original.
r L'ennemi de Regner-Lodbrog.
Balder*. J'y boirai la bière dans le crâne dépouillé de mes ennemis. L'homme de courage brave la mort dans le magnifique séjour d’Odin. Je ne ferai point entendre de lâches plaintes en entrant dans le palais d’Odin. »
3. « Qu'ils se hâteroient de commencer une guerre terrible, les fils d’'Aslenga”, s'ils connoissoient mon sort, s'ils savoient quels tourmens me prépare la dent venimeuse des serpens. J'ai donné à mes enfans une mère qui leur inspira les faits courageux. »
4. « Déjà la mort approche; la vipère me fait sentir sa morsure cruelle; la couleuvre plonge sa dent au fond de mon cœur. Sans doute l’un de mes fils teindra son glaive dans le sang d'Ella. Leur colère sera prompte à s'enflammer; leur jeunesse ardente ne restera pas dans le repos. »
5. « Cinquante-une fois, obéissant au cri de la guerre, jai combattu sous les drapeaux. Jeune, j'ai appris à rougir mon épée
1 Autre nom d’Odin.
* Epouse de Lodbrog.
vas LE AO 4 VE Étant rise) “es PR re ETES
te De ee npécienemenéaienetresslat 7" tamerimentntnreemi meireenn ei rise rip er
1 56 5er mm Rares cata)
LC LS
de sang. Je nai pas cru qu'un autre roi parmi les hommes l’emportät sur moi en valeur. Les déesses de la mort m'inviteront
à leurs festins. Ne pleurez pas mon sort. »
6. « ILest temps de finir. Les déesses messagères qu'Odin m'envoie derson palais m'invitent à les suivre. Je boirai la bière sur un siége élevé avec les déesses de la mort. Les heures de ma vie sont écoulées. Je mourrai
en riant. »
Mais l’un des morceaux les plus remarquables de la littérature scandinave est le cantique du roi Haquin, qui joint au mérite d'une belle invention poétique l'avantage de rappeler les principaux dogmes de la Mythologie de ces peuples. Cest l'apothéose
d’un roi fameux par sa valeur :
« Les déesses Gondula et Skagula sont envoyées par Odin pour choisir d’entre les rois de la race d’Ingon celui qu'il appelle à Jui dans le palais de Walhalla. Elles trouvent. le
frère de Biorn qni se couvre de sa cuirasse. »
« Gondula, appuyée sur sa lance, dit :
L'assemblée des dieux va s’accroître. Haquin et sa nombreuse armée sont envoyés par leurs ennemis au palais d’'Odin. »
« Haquin entendit le discours des Walkyries, qui, belles, couvertes de leur armure, assises sur leurs coursiers, sembloient plongées dans la méditation. »
« Pourquoi, dit-il, puissante Skagula , avoir disposé ainsi de la victoire ? Nous étions dignes de l'obtenir des dieux. Skagula répond : C’est nous qui te la donnions; c’est nous qui mettions tes ennemis en fuite ; nous te la retirons aujourd’hui. »
« Avançons, poursuit-elle, à travers ces mondes brillans de verdure ; allons annoncer à Odin qu'un roi vaillant vient le visiter dans son palais. »
« Hermode et Braga, dit Odin, allez à sa rencontre; un roi réputé vaillantsur la terre est près d'entrer dans ma cour. »
« Cependant Haquin paroïit, sortant du combat, et tout dégouttant de sang. À l’as-
sherérrenrinnretinereti entr" /nparrenngsentrenptetequte ii; ter nendr not PE Tr
SE ne Men rennais Re REP DETTE MED on e à 2 V RS 2 eve : 2 vis csisadras ca
Pr mg
M, 55 Eee rene memes ere sep ie — dont ere
OÙ pect d'Odin, il s'écrie : Ah! que cé"dieu à.
l'air farouche et terrible! »
« Braga lui dit : Venez, vous qui fütes la terreur des braves; les habitans de Walhalla vous jurent une paix éternelle; venez boire la bière dans l'assemblée des dieux et retrour-
ver ici vos huit frères. »
« Mais le brave Haquin s’écrie : Je veux garder mon armure; Je ne veux quitter ni mon casque ni ma cuirasse; un guerrier ne doit point se défaire un seul instant de sa
lance. »
« Alors on put voir combien ce roi avoit été religieux pendant sa vie, car toute lassemblée des héros et des dieux se leva pour
le recevoir. »
« Heureux le jour où naît le roi qui s’attire des dieux de telles faveurs! L'âge où il a vécu restera toujours dans la bonne renommée des hommes. »
« Le loup Fenrir, dégagé de ses chaînes, se jettera sur la foule des humains, avant
qu'un roi semblable console la terre veuve de sa gloire. »
« Les richesses se dissipent, les races s’éteignent, la terre est dévastée; Haquin, pleuré des hommes, repose éternellement au sein des dieux. »
Ces exemples feront juger du caractère général de la poésie des scaldes : rude, coupée, sans variété et sans transition, elle rappelle à la fois lâpreté de la nature et celle des mœurs; mais son énergique concision peint avec force cet enthousiasme des combats, ce mépris de la mort, cette puissance de la volonté contre la douleur, qui caractérisoient ce peuple de guerriers. Fiére, et presque sauvage, l'expression des sentimens tendres ne lui étoit pourtant pas étrangère ; les chants amoureux des scaldes se font remarquer par un mélange d’héroisme et de tendresse dont les peuples d'Occident ont seuls offert le modèle‘. Dans sa rude simpli-
* Voyez dans Saxon le grammairien (liv. 7) le chant de Hongbar et Sygna, traduit en français, ainsi que
Hi À | À
PAPA À dun 0 Scie mnt Era NÉ ttes trou scioneisitirsann tte to 00 0 ET
RME NN PERRET REDON AMEN Te die
LR SE
AS
D mn pr à er ne vrais mhaictshth lame + riemelbnnel recrue rer intmnesyP eee Eee us
ie tr remember mm sn 8
Roms ie 5 oi M éme anne ae rare ar =
; } KE | à \ & \ \ TS : ei
cité, brillent parfois une force, une majesté même, que l’éloquence abondante d’une muse raffinée n’atteint pas toujours. Où trouver un trait plus énergique que celui qui termine la complainte du roi Lodbrog ; une peinture plus fière et plus hardie que celle de ce roi Haquin, entrant tout armé , tout dégouttant desang dans le palais d'Odin, et refusant de quitter, dans ce séjour des morts, les armes qui firent sa gloire pendant sa vie? La poésie des scaldes abondoit, comme celle de presque tous les peuples naissans, en expressions figurées : les arbres étoient /a chevelure de la terre; les corbeaux, la joyeuse mouette du sang, etc. Mais, ce qu'on n’apprend point sans surprise, C'est que, soumise à des formes très-variées, elle comptoit un grand nombre d’espèces différentes de vers et de strophes. Si l’'analogie ne trompe ici, c'étoit sans doute dans le même esprit et sur des formes semblables
les deux exemples que nous rapportons,, par l’auteur de la Gaule poétique, tome 2, notes sur le dixième
récit.
IOT qu'étoient composés ces cantiques anciens des bardes gaulois et germains, et ces chants guerriers où les Francs avoient consigné le souvenir de leurs exploits, que Charlemagne, en les recueillant, voulut en vain sauver de la barbarie des siècles qui suivirent le sien *.
Les poésies des scaldes danois, lorsqu'elles furent publiées en France, y exciterent une attention générale et trouvèrent de nombreux imitateurs. Un poëte élégant * s'est surtout essayé dans ce genre de composition.
Mais, en copiant un‘tel modèle, il n'a oublié que loriginalité qui attache surtout à lui; et quel que soit le mérite de ses gracieuses imitations, elles seront peu goütées par ceux qui se sont familiarisés par la lecture avec les accens mâles et simples de la muse romantique des scaldes anciens.
: Carolus Magnus, dit Eginhard, barbara et antiquissima carmina quibus velerum Regum aclus utque
bella canebant, scripsit memoriwque mandavit.
2 Parny. Voy. son poëme d’Jsnel et Aslanga.