‹ Essai sur la littrature romantiqueChapitre 26 sur 72 · TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PÉRIODE

La littérature romantique moderne.

Jusqu'ici la littérature romantique n’a pu nous montrer que celles des qualités littéraires, que n'exclut point un siècle d'ignorance, la vérité, la naïveté, le sentiment. Un champ plus vaste s'ouvre devant elle dès les premiers temps de l'ère moderne. Aidée du progres des lumières, agrandie par la réflexion , elle va doubler ses effets, etse mettre en harmonie avec les résultats du nouvel essor donné à l’intelligence.

Les nations d'Occident, pendant la durée du moyen âge, avoient posé les bases de leur futur développement, et, pour ainsi dire, rassemblé autour d'elles tous les élémens qui devoient servir désormais d’aliment à la pensée. Mais l'esprit humain, soumis encore à l'empire des préjugés ou de l'habitude, n’avoit point exercé son activité sur ces matériaux épars; il croyoit sans juger , il sentoit

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sans réfléchir. Au quinzième siècle, une impulsion rapidement communiquée vint animer cette masse inerte jusqu'alors. Les progrès de l'imagination s’annoncèrent les premiers par la renaissance des beaux arts. La même secousse imprimée à la littérature, développa en Italie, en Espagne, en Angleterre, des génies vigoureux qui, empreints de l'esprit de nos vieilles institutions, mais éclairés par limpulsion donnée à l'intelligence, joignirent au talent de peindre celui de penser, et fondèrent une nouvelle ère pour la littérature romantique. L’Arioste, le Tasse, Schakespear, Caldéron, la firent presque en même temps, quoiqu’en des contrées différentes, briller de son plus vif éclat. Plus tard l'Allemagne, rendue à son véritable génie, en a, par les ouvrages de ses plus célebres écrivains, fait renaître le goût et consacré les succès. C'est dans les créations de ces génies inventeurs qu'il faut apprendre à la connoïtre. Au milieu de leur apparente diversité, on retrouve une école fondée sur les mêmes principes et animée par la méme inspiration. Rappelons ici ces productions

originales, moins pour y signaler des beautés que tout le monde y connoîït, que pour continuer, d'y rechercher les traits distinctifs de l'école à laquelle elles appartiennent.

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