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avant d'entreprendre de réparer cette omission, qui d'abord étonne, il n’est pas inutile d'en chercher au dehors la cause. Ce séra l’objet de quelques réflexions préliminaires.
L'esprit humain suit, dans tous les objets auxquels il s’applique, une marche uniforme qu'il est facile de reconnoître au point où il est maintenant parvenu. Îl commence par apercevoir dans les choses des vérités partielles, qui sont les élémens de la connoissance qu'il en acquiert; il combine ensuite ces premières données, en tire des notions générales, et s'élève par degrés à la formation des principes; enfin un temps arrive où la diversité des détails vient se fondre à ses yeux dans une grande unité d'ensemble, et ou la foule de vérités qui existoient isolément dans son esprit se range tout d'un coup sous une loi commune, qu'un petit nombre de termes suffit pour exprimer. Cette marche progressive des idées est sensible, surtout dans les sciences ; mais elle ne leur ést point exclusivement propre; on la retrouve dans tous les autres objets de nos conceptions ou de nos connoissances. En littérature, par exemple, on
n'a vu d'abord, dans chaque écrit particulier, que le résultat. isolé du talent individuel de l'auteur; plus tard on a remarqué certains rapports entre les productions d’une même classe d’hommes ou d’une même époque ; étendant enfin ce premier apercu, on a reconnu qu'une liaison existoit comme loi générale, entre l’ensemble de ces productions et le système social tout entier du peuple auquel elles appartiennent, et l’on a dit que la littérature étoit l'expression de la société. Or, en comparant cette dernière vérité à celles qui sont dans les sciences la base des plus fameux systèmes, on trouvera que, dans leur sphère particulière, elles sont précisément du même ordre : les unes et les autres représentent fidèlement un grand nombre de faits.
L'application de ces réflexions trouve ici d'abord sa place. La littérature romantique aussi est passée par tous les degrés de cette filière qui semble une condition nécessaire des progrès de notre intelligence. Comme tout autre système d'idées, elle n’a d’abord été considérée que dans ses élémens, ou même
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