AU
si vif éclat, s’y soit manifesté par l'organe de l’un de ces écrivains dont les ouvrages fixent l'attention des peuples, et marquent le commencement d’une révolution dans leurs goûts et leurs opinions.
Il n’en a pas été de même du siècle actuel.
Ses premières années ont vu naître l'aurore d’un changement auquel les années suivantes ont ajouté une nouvelle consistance: Déjà nous en avons raconté quelques circonstances, et nous avons dit que deux auteurs surtout, madame de Staël et M. de Chateaubriand, avoient contribué à en accélérer les progrès ou en fixer le caractère. Expliquons maintenant cette assertion par un coup-d’œil jeté sur leurs ouvrages, et terminons ainsi cette esquisse critique de la littérature romantique. À la rigueur, un tel examen sortiroit des bornes dans lesquelles nous nous sommes jusqu'ici renfermés. En effet, cesont des exemples seulementque nousavons voulu donner, et ici ce seront surtout des opinions que nous aurons à discuter. Toutefois, lorsque, comme dans les productions de: ces deux auteurs, des idées philosophiques sont
exposées avec un grand talent littéraire, et revêtues de tout le charme qu'une imagination brillante y peut ajouter, le mérite de l'écrivain ne doit pas être seulement apprécié par la valeur des opinions qu'il émet, mais aussi par le mode de leur exposition, etson livre ne trouve pas moins sa place à côté des productions du’ génie littéraire, que parmi celles de l'esprit philosophique. D’ailleurs, un tel examen fournit des considérations qui rentrent trop essentiellement dans le but de cet écrit.