AVERTISSEMENT
Certaines circonstances dont il est peu nécessaire que je rende compte, et plus encore la disproportion matérielle des deux parties de cet ouvrage, pourraient faire juger, à première vue, que le vrai sujet du livre est dans la seconde partie, dont la première, dès lors, ne serait que l'exordc ou la préface. Je tiens à déclarer, dès l’entrée, qu’il n’en est rien, et que lors même que la question qui faisait le titre du concours n’aurait pas eu pour complément obligé celui qu’elle a dans mon livre, je n’aurais pas moins essayé de la traiter, et je l’aurais fait avec la même vivacité d’affection comme avec la même force de conviction. L’étendue inégale des deux morceaux ne prouve rien sur l’importance respective des sujets ni sur la part d’intérêt que j’ai accordée à chacun; elle prouve seulement que certains sujets, sans êtro plus importants que d’autres, sont plus difficiles, et donnent plus de prise à la discussion.
Je ferai encore une observation, qui se rapporte à la seconde partie de l’ouvrage. Légitimement préoccupé du soin de retirer la religion du domaine des soins politiques, je n’ai pas exposé la théorie des attributions qui appartiennent positivement à l’État. Et comme, d’un autre côté, j’ai insisté assez vivement sur le rapport essentiel de la spontanéité avec la liberté, on pourrait croire que je suis, in petto du moins, hostile à toute intervention des gouvernements dans la sphère des intérêts moraux et intellectuels des com-