‹ Essai sur la manifestation des convictions religieusesChapitre 2 sur 52 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

munautés qu'ils régissent. Or, voici mon sentiment. Si la théorie que je défends implique la négation du régime paternel, du moins en sens absolu et rigoureux, je n’ai pas pu songer à interdire aux gouvernements les sentiments paternels et les vertus paternelles ; je n'ai pas pu voir, non plus, dans des entreprises et des créations de pure civilisation, des attentats au droit et à la liberté. J’honore, chez les gouvernements, de telles tendances et une telle activité, tout en souhaitant que cette sollicitude se répande et s’individualise; mais peut-être ai-je trop sous-entendu la pensée que j’exprime ici, peut-être ai-je trop exclusivement parlé de ce qui doit la modérer et la restreindre; et j'attache du prix à ce qu’on trouve ici l’expresse déclaration que, quelles que soient mes vues sur la perfection idéale de l’état social, les gouvernements préoccupés du soin de rompre à leurs citoyens le pain de la science ne sont pas à mes yeux les ennemis, mais les amis de la liberté. .

Je n’ai poursuivi, dans la seconde partie de cet écrit, qu’un seul but : la séparation de l'Eglise et de l’État. On dira peut-être, et je ne saurais l’empêcher, que j’ai travaillé à désorganiser l’Église et l’État. Mais du moins on ne dira pas que j’ai prétendu les organiser. Si, sur quelques points de cette double organisation, j’ai dit mes impressions, j’ai même énoncé quelque idée, c’a été, je pense, avec toute la réserve convenable, et de manière surtout à faire sentir que je ne fais dépendre d’aucune de ces idées particulières le sort de mon système. 11 pouvait sembler naturel de produire un plan d’organisation de l’Église : et qui n’en a un dans son portefeuille? Mais mon système étant atïaire de principe et même de foi, j’ai écarté à dessein tout ce qui eût rendu ce caractère moins évident .

PRÉFACE

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