‹ Essai Sur La MégalomanieChapitre 10 sur 22 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

( Personnelle.)

La nommée B..., femme S..., âgée de 59 ans, entre le 12 juin 1883 à l’Asile des Aliénées de Bordeaux. Le délire s’est produit chez elle lentement; il roule sur sa naissance : elle est, dit-elle, issue d’une race royale ; elle dispose de places, d'emplois, etc. Elle est en même temps riche à millions. Son extérieur est celui particulier aux mégalomaniaques. Elle se met des fleurs dans les cheveux, des rubans, des chiffons, etc. Elle présente en même temps une légère exaltation du sens génésique qui n’a rien de commun avec son affection mentale.

Après un an de séjour à l’Asile, elle est rendue à son mari. — Celui-ci nous déclare alors que, sans étre vraiment faible d’esprit, sa femme n’a jamais joui que d’une intelligence très ordinaire. — Sa sortie date du 95 juillet 1884. Elle n’est pas rentrée depuis. À notre connaissance, Mme $S... n'a jamais présenté d’hallucinations d’aucune sorte, ni aucune trace du délire de persé-

cution.

L'Observation suivante, prise dans l'ouvrage de Renaudin, a été résumée par lui, d’après Leuret. (Traitement moral de la Folie). Elle n’a que le défaut d’être incomplète : Leuret cite justement ce malade comme étant un cas de guérison par la douche en colonne, alliée à la persuasion; nous avons lu l’Observation avec soin : Leuret n'indique aucunement que ce malade ait eu des hallucinations ou se crût persécuté. Ce qui indique bien que ce n’est pas un oubli de sa part, c’est que dans d’autres relations, il a soin de signaler des conceptions délirantes.

me ONE.

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