‹ Essai Sur La MégalomanieChapitre 11 sur 22 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

« Le fils d’un employé supérieur de la guerre, très gâté dans sa jeunesse, » avait fini par être fort infatué de sa personne. Au collège, il n’avait que des » dédains affectés pour ses camarades et ne recherchait que ceux dont la nais- » sance était au-dessus de la sienne. Ces dispositions, alliées à un caractère » pusillanime, ne firent que se fortifier avec l’âge, et surtout à la vue des pré- » férences dont les personnes titréès sont l’objet. Il éprouva alors le violent désir » d’être, lui aussi, noble et qualifié. À force d’y penser, il crut l'être. D'abord, » il méconnut son père; il se dit fils de Murat, plus tard, fils de Napoléon, » et ses prétentions changèrent de forme avec celles du gouvernement. Il » avait fini par concevoir une telle opinion de sa personnalité, qu'il ne trouvait » plus d’égal, et qu’il considérait ses inférieurs comme étant d’une espèce » différente. Cette exagération avait pour conséquence une existence futile, » inoccupée, et il se bornait à sourire dédaigneusement quand on lui faisait

» quelques observations. » (Leuret.)

L'Observation IV, empruntée également à Renaudin, peut à bon droit, ainsi que le dit son auteur, être considérée comme typique. L’orgueil semble avoir été ici la cause première de l'affection.

Page 1