OBSERVATION VIII
(Personnelle.) e,
La nommée F... femme B..., âgée de 30 ans, entre à l’Asile le 10 décembre 1880. Les seuls renseignements que nous puissions avoir sur elle se bornent aux deux certificats médicaux de vingt-quatre heures et de quinzaine, Ils la déclarent atteinte de manie puerpérale. Quelque temps se passe; aucune amélioration ne se produit dans l’état de la malade, qui glisse, en quelque sorte, sur la pente de la manie chronique. Cette maladie était confirmée deux ans après son entrée. F...a-t-elle fait un raisonnement quelconque pour en arriver à la mégalomanie? Nous en doutons fort; il n’en est pas moins vrai qu’elle se dit aujourd’hui la fille d’un monsieur fort riche, chez qui elle a servi en qualité de domestique (nous avons déjà parlé de l’illégitimité de sa naissance). Les fils de ce monsieur sont ses demi-frères. Elle, qui est d’un caractère très orgueilleux, se dit princesse..….., etc. F... tombe dans la démence : les idées extrinsèques à son délire sont parfois incohérentes ; enfin, sa tenue laisse à
désirer. Il survient chez cette malade des crises d’excitation maniaque qui
durent plusieurs jours.
L'érotomanie, qu'on pourrait qualifier « délire amoureux platorique », peut, parfois, non pas dégénérer en mégalomanie, mais être, pour ainsi dire, la première étape de cette affection. Cette dernière, suivant qu’elle est pure où complexe, présente les caractères de ces variétés et, en outre, ceux de l'affection qui lui a donné naissance. Nous en connaissons deux cas que
nous relaterons succinetement.
[Sal
= Mn ex