‹ Essai sur la menstruationChapitre 6 sur 11 · ANOMALIES · texte numérisé non relu

ANOMALIES

En dehors des moyennes que nous avons établies pour la pre-

mière apparition des règles, on cite d’assez nombreux exemples de menstruations précoces et tardives.

On parle d’enfants qui ont été réglées dès la naissance, ou bien entre un et cinq ans.

Toutes les observations rapportées ne peuvent être admises; mais en mettant de côté les cas où la nature de l’écoulement n’a pas été établie d’une manière suffisante pour faire croire à un véritable flux menstruel, il en est quelques-uns dont la valeur ne peut être mise en doute, car l’apparition des règles a été accompagnée de tous les attributs de la puberté.

Ou trouve, dans le 7Vaztéd’accoMefeemmts du professeur Moreau, l’observation, rapportée par le D''Lebeau , d’une jeune fille de la Nouvelle-Orléans, qui était menstruée à quatre ans, dont les seins avaient la grosseur d’une forte orange, et dont le bassin présentait des dimensions telles qu’elle pouvait offrir les conditions voulues pour devenir mère.

Le doîteur Susewind, dit M. Cazeaux, a connu une fille de dixsept mois, qui était réglée depuis l’âge d’un an ; l’hémorrhagie revenait régulièrement tous les mois ; les seins et le mont de Vénus étaient ceux d’une fille de quatorze à quinze ans.

M. Velpeau cite une jeune fille de la Havane, dont les règles ont paru pour la première fois à l’âge de dix-huit mois, et qui depuis revenaient tous les mois; l’enfant avait d’ailleurs de la gorge, des traits prononcés, et tous les caractères d’une puberté anticipée.

Une femme observée par Carus, fut réglée à deux ans, devint enceinte à huit, et n’a succombé que dans un âge très-avancé.

On trouve dans un mémoire de M. Dezeimeris bien d’autres faits analogues, empruntés à différents auteurs.

Par opposition aux faits rapportés ci-dessus, on cite des femmes qui n’ont été réglées qu’à l’âge de vingt, trente et quarante ans.

Quant aux femmes qui ne sont jamais réglées, cela tient souvent à un vice de conformation, d’organisation, ou, comme on le dit, à un arrêt de développement dans quelques-uns des organes génitaux.

«Nous ne saurions, dit M. Moreau, appeler trop l’attention des jeu| nés médecins sur ces dispositions, elles engager à être très-circonspects , surtout lorsqu’ils sont consultés par des familles pour savoir si des jeunes filles peuvent, dans de semblables conditions, s’engager dans les liens du mariage. »

Il est cependant des cas assez nombreux aussi de femmes devenues mères sans avoir été réglées, d’autres qui n’ont été réglées que pendant le cours de leur grossesse, Nous prouverons , en traitant des causes de la menstruation, que, cette fonction n’étant qu’un phénomène secondaire, résultant d’une modification plus importante survenue dans Tovaire, à savoir l’évolution d’une vésicule, nous prouverons, dis-je, que la fécondation n’est pas incompatible avec l’absence d’un écoulement menstruel.

Chez la plupart des femmes, la menstruation revient au bout d’un mois, pour suivre ensuite régulièrement sa marche périodique; mais souvent aussi ce n’est qu’après trois ou quatre époques , quelquefois plus tard, que les règles se régularisent.

Les symptômes qui ont préludé au premier écoulement ne se reproduisent pas en général aux époques ultérieures. Chez quelques femmes pourtant ils se montrent avec la même intensité. M. Cazeaux a remarqué que, chez ces dernières, les douleurs vives qui précèdent l’hémorrhagie, cessaient complètement après les premières approches conjugales, et surtout après un premier accouchement. Chez un grand nombre, chaque apparition est signalée par des symptômes qui ne les trompent jamais; elles éprouvent du malaise, un trouble plus ou moins prononcé dans l’état général ; elles deviennent impressionnables, irascibles, moins faciles à vivre. Il est des femmes dont les sensations, en général, susceptibles d’une grande

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exaltation, sont vivement portées pour le coït, pendant qu’elles ont leurs règles; il en est d’autres, et c’est le plus grand nombre, qui sont tristes, rêveuses, et qui ont alors une grande propension au sommeil et à la paresse.

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