QUANTITÉ DU SANG ÉVACUÉ
La quantité de sang qui s’échappe à chaque période n’a pu être évaluée que d’une manière approximative, jamais d’une manière précise, comme le prouvent les différentes évaluations fournies par les auteurs. Cela est facile à concevoir; car, outre la difficulté de recueillir le sang, l’âge, le tempérament, la constitution , le genre de
vie, peuvent encore modifier l’écoulement et empêcher par conséquent tout calcul exact.
Hippocrate l’a évalué à 2 cotyles, ou 18 onces d’après Galien, d où il résulterait que les femmes grecques avaient des règles trèsabondantes et qui seraient excessives pour nos climats.
Mauriceau l’évalue à 4 onces, Haller à 10 onces; deHaen a trouvé une variation entre 3, 5 et 8 onces.
En supposant que la femme ne perde que 5 onces par mois (160 grammes), pendant trente ans, elle aura fourni pendant cet espace de temps, 56 kilogr. (112 livres) de sang.
En général l’écoulement est plus abondant chez les personnes et dans les lieux où son apparition est plus précoce; tellement que les femmes européennes, qui vont habiter une zône beaucoup plus chaude, a Batavia ou à Java, par exemple, périssent souvent par suite de pertes menstruelles trop abondantes.
Desormeaux et M. Velpeau ont remarqué que les filles de la campagne, qui viennent se mettre en service à Paris, éprouvent un effet opposé ; mais cette anomalie apparente semble avec raison, à M. Cazeaux, tenir surtout à l’influence qu’exerce sur leur constitution le manque d’aération, d’insolation et d’exercice, auxquels elles étaient habituées dès leur enfance, bien plus qu’au changement de régime alimentaire ; car, en général, la nourriture qu’elles trouvent chez leurs maîtres est bien meilleure que celle qu’elles prenaient dans leur pauvre famille.
Les femmes qui ont beaucoup d’embonpoint sont en général peu réglées. Les personnes voluptueuses, au contraire, celles qui sont maigres, nerveuses, le sont plus abondamment.
Les filles publiques perdent plus que les autres femmes, à cause de 1 irritation continuelle à laquelle sont soumises les parties génitales: il y en a qui sont continuellement dans le sang, ou du moins chez lesquelles il y a p^eu d’espace entre chaque menstruation.
J. Pétrequin dit que plusieurs femmes lui ont assuré perdre davantage au printemps, ce qui coïncide avec l’ardeur amoureuse plus
vive de cette saison, et aussi avec un nombre de conceptions plus considérable qu’aux autres périodes de l’année.
Du reste, une foule de circonstances influent, pendant la durée de cet écoulement, sur sa quantité, l a moindre émotion morale, chez certaines femmes, l’arrête et le supprime.
Observées dans le cours d’une journée, on voit les règles couler avec abondance lorsque la femme se lève, diminuer, s’arrêter même, pour reparaître dans l’après-dîner ou la soirée.
Parfois le travail de la digestion , immédiatement après le repas, les fait cesser tout à fait pendant quelques instants et même quelques heures. L’action du froid à l’extérieur, les boissons froides, ont une influence analogue.