LIVRE I, CHAPITRE
gues sous une forme métaphorique et poétique, qui en couvrait les défauts, elle subsista davantage telle qu'il l'avait laissée. La seconde se transforma plus tôt.
Platon avait représenté la matière première comme quelque chose d’indéfini et d’indéfinissable, tout voisin du néant, mais pourtant agité d’un mouvement propre sans mesure et sans règle x mouvement qui semblait ne pouvoir provenir que des désirs aveugles d'une âme irraisonnable ou mauvaise?, C'était à ce premier élément, doué d’une existence et comme d’une vie propres, que les zdées donnaient l’ordre qui en faisait le monde. — La même conception subsiste sans changement considérable chez les nouveaux Platoniciens jusqu’au temps de Plotin, ou de son maître Ammonius Saccas.
Selon quelques-uns, tels que Plutarque et Atticus, Platon ἃ cru que le monde tel que nous le voyons a eu un commencement, et qu'à l’ordre a préexisté le désordre, ou le chaos : selon d’autres, tels qu'Alcinoüs, Platon ἃ cru, ainsi qu'Aristote luimême, à l'éternité du monde 4. Mais selon les uns
‘Id. 1014... p. 30 a : ὁ θεὸς... πᾶν ὅσον ἦν ὁρατὸν παραλαδὼν, οὐχ ἡσυχίαν ἄγον, ἀλλὰ χινούμενον πλημμελῶς χαὶ ἀτάχτως, εἰς τάξιν ἀυτὸ ἤγαγεν ἐκ τῆς ἀταξίας. Cf. p. 69.
? Id. Leg., X, p. 897. Cf. Polit., p. 273?
* Plutarch. de An. procr. in Tim., 4; Attic. ap. Euseb. Præp. ev., XV, 6. Procl. ir Tim., pp. 84, 99, 116, 119, 174, 304.
Alcin, Zntrod. in Plat. dogm., e. 14. C'était aussi l'opinion d’Albmus (Procl, ia Tim., p. 67), contemporain de Galien , de qui on a encore une Introduction aux dogmes de Platon (ap. Fabric. Bibl. gr., τ. IX, p. 44-50);
et les autres, les choses n’ont reçu de Dieu, soit depuis un temps quelconque, soit de toute éternité, que l’ordre et la beauté, non pas Pêtre *. Dans leur croyance unanime, il y a, en dehors et indépendamment de la nature divine, non-seulement, comme Aristote ou même les Stoïciens l'avaient pensé, quelque chose d’indéterminé, matière premiere sans forme, qui ne possède pas à elle seule une véritable existence, mais une substance complète, composée de la matière et d'une âme qui l’agite et la meut. Suivant les uns, plus fidèles à la pensée de Platon, l’âme dont la matière est douée est un principe presque entièrement passif, incapable de se suffire véritablement à lui-même, et que Dieu a de toute éternité assujetti à sa loi ?. Selon les autres, tels que Plutarque 5, Atticus 4, Numénius ὅ, plus rapprochés
et celle de Chalcidius (ἐὺ Tim., p. 399, ed. Meurs., Lugd. Bat. 1617, in-4° ).
1 Alcin. Zntrod. in Plat. dogm., ©. τά : Καὶ τὴν ψυχὴν δὲ ἀεὶ οὖσαν τοῦ χόσμιου οὐχὶ ποιεῖ ὁ θεὸς, ἀλλὰ χαταχοσμιεῖ.