‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 115 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IIL

de temps à Apollonius, met dans la bouche de Pythagore lui-même, et qu'il développe avec une complaisance visible, comme la justification philosophique de son propre poëme ï.

Si donc les choses sensibles dépendaïent, suivant les Pythagoriciens, d’une essence supérieure, immatérielle, invisible, purement intelligible, unité par elle-même indivisible et simple ?, cependant ils ne voyaient encore dans cette essence que le suJet immédiat des métamorphoses de la nature, l'être total dont les êtres particuliers étaient des parties

τυπίαν, ἀόρατον δέ ἐστιν, εἰ χενωθὲν, διὰ λεπτότητα, τῆς ὕλης. — Ἡ δὲ (sc.

ἡ πρώτη οὐσία) μόνη ποιεῖται (leg. ποιεῖ re?) χαὶ πάσχει, πᾶσι γινομιένη

πάντων θεὸς ἀΐδιος (leg. αἴτιος 9). ὀνόμασι δὲ χαὶ προσώποις ἀφαιρουμιένη

1 Ovid. Metamorph., 1. XV :

Omnia mutantur, mihil interit, Errat , et illinc Huc venit, hinc illuc, et quoslibet occupat artus Spiritus , etc.

. . . . Animam sic semper eamdem Esse, sed in varias doceo migrare figuras.

Cuncta fluunt , omnisque vagans formatur imazo.

Nec perit in tanto quicquam, mihi credite, mundo, Sed variat, faciemque novat , nascique vocatur Incipere esse aliud quam quod fuit anie, morique Desinere illud idem. Cum sint huc forsitan illa Hæc travslata illue, summa tamen omnia constant. ? Apollon, ap. Euseb. Præp. ev., IV, 13 : Θεῷ... ἑνί τε ὄντι χαὶ χεχωρισ-

et des membres!, C'était toujours soumettre la cause première aux conditions de l'existence physique, la confondre avec la nature, et lui en imposer les imperfections nécessaires. Ce n'était pas là encore la doctrine süblime, la théologie transcendante que cherchaient, même à leur insu, tous ces esprits auxquels le naturalisme stoïcien ne pouvait plus suffire. Au Platonisme seul il appartenait de tirer encore une fois de la philosophie pythagoricienne la pensée dont elle ne renfermait que le germe.

Mais le Platonisme ne pouvait pas non plus revivre tel qu’il avait été jadis, et sans aucun mélange des doctrines qui lui avaient succédé. Dès les premiers temps de sa renaissance, on y voit les conceptions imparfaites de la dialectique primitive transformées par la double influence du Stoïcisme et de l’Aristotélisme.

La philosophie spéculative de Platon comprenait deux parties réellement inséparables, mais qui semblaient jusqu’à un certain point indépendantes l’une de l’autre : la théorie du principe matériel et passif, et celle du principe formel ou des idées, De ces deux théories la première était, de l’aveu de Platon, plus obscure ?. Généralement présentée dans ses dialo-

1 Cic. de Nat. Deor., 1, 11 : Animum esse (sc. Deum) ex quo animi nostri carperentur. Apollon. Ep., ʰ 25 : Τοῦ μὲν ὅλου μεταδάλλοντος εἰς τὰ μέρη, τῶν μερῶν δὲ εἰς τὸ ὅλον τρεπομιένων,, ἑνότητι τοῦ παντός,

? Voy. Plat. Tim., p. 50-52.

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