LIVRE I, CHAPITRE III
l'habitation de Dieu’, et la version grecque des Septante, la manifestation , ou la gloire, δόξα 2.
En effet Dieu était en lui-même invisible; nul regard humain ne pouvait pénétrer jusqu’à lui#; rien ne pouvait le contenir 4. Mais, comme les nations parmi lesquelles ils habitaient, les Hébreux reconnaissaient pourtant à Dieu une forme sous laquelle il se laissait apercevoir aux hommes : c'était comme un vêtement dont il était couvert”; c'était comme un tabernacle où il habitait6; c’était comme un vaisseau où il était contenu 7. L’Arche 8, le Tabernacle*, le Temple, en étaient les symboles. —
! FPUN, idée exprimée plus tard par 32%, mot d’où vient peut-être le grec sxrvn, les tentes ou tabernacles ayant été les premières habitations des nomades araméens.
5 Exod., XXIV, 16 17; XXXIII, 18; XL, 34; I Reg., VIII, 11; Sam., IV,21; 15., VI; Habac., III, 3; Job, 1, 14; XII, 47, 55; Hebr., IX, 5; Rom., IX, 4.
ὅ Exod., XXIIT, 20, etc.
4 1 Reg, VIII, 27.
5 Voy. Psalm., XCII, 1 ; CII, 2.
δ Voy. Exod., XXIX, 42; Levit., XXVI, 11, — L’Apocalypse appelle la Jérusalem céleste, qui est la Gloire divine, σχήνη τοῦ θεοῦ, XXI, 2. Saint Jean dit du Verbe fait chair : ἐσχήνωσεν ἐν ἡμῖν. καὶ ἐθεασάμεθα τὴν δόξαν αὐτοῦ. — Spencer a montré que, dans la Bible, Dieu n’ordonne pas, mais permet seulement le Tabernacle, et ensuite le Temple, à l'imitation des Gentils, qui croyaient posséder leurs Dieux enfermés dans les sanctuaires qu’ils leur bâtissaient. Voy. ses savantes recherches de Leg. Hebr., 11, 1185 sqq. — Les développements et les preuves qui ne peuvent étre donnés ici se trouveront dans le livre suivant.
7 Voy. le livre suivant,
PÉTeSame IV Te.
5. Le Tabernacle est appelé, comme l’Arche, 209, δόξα. Psaim.,
Or chez les Hébreux, aussi bien que dans l’antiquité paienne tout entière, la forme sous laquelle on se représentait la nature divine était celle de l'air et du feu, les deux éléments qui composaient la région supérieure à nous, les principes subtils et puissants quisemblent produire ou entretenir ici-bas toute vie. Presque toutes les nations voyaient dans leurs dieux un souffle ou esprit et un feu ardent et lumineux, tel que celui des astres; et si la théologie hébraïque tendait, par son essence même, à séparer la nature divine de tout ce qui compose le mondé, du moins c'était comme un feu, ou comme un souffle 1 qu’elle représentait la forme sensible, habitation de Dieu.
Ainsi ce Dieu saint et caché, pur de tout contact étranger, inaccessible à tout regard, une forme visible lui est jointe, son vêtement et sa demeure; et c’est une flamme qui rayonne de lui.
Cette flamme, ce feu, cet esprit, c'est ce par quoi, sortant de la profondeur inconnue de son être, Dieu se manifeste et se fait reconnaitre. C'est donc l’ensemble des forces avec lesquelles il agit sur le monde; c'est la totalité de ses puissances ?; ses puissances, ou les envoyés, les ministres qu’il charge,
XLIIL, 3; LXX XIV, 2. Il représentait le ciel, l'univers , habitacle naturel de Dieu; Joseph. Antiq. Jud., IH, 5.
# Genes., 1, 2; Exod., III, 2, etc.
2 Ce sont les Élohim, D'ÔN, seul nom de Dieu dans le premier chapitre de la Genèse, et associé à celui de Jéhovah, 1?, dans les suivant(s,