LIVRE I, CHAPITRE III
absolument simple à la quantité et à la multitude, de plus en plus on s'aperçoit que pour la produire il faut avec l’Un, avec le Simple, encore un second facteur , qui y concoure avec lui. Et d’un autre côté, si ce second facteur, si ce second élément n'est par lui-même et ne peut être qu'imperfection et néant, de plus en plus il devient évident que pour le faire passer à la réalité dont il est susceptible, et pour en tirer tous les êtres, il faut dans le premier principe, il faut en Dieu non pas une unité vague également semblable au néant, mais, tout au contraire, l'être même au plus haut point de la réalité et de la perfection, la vie la plus intense, et par conséquent l'acte pur de la Pensée absolue. L’éternelle Pensée, veillant sans relâche dans l’heureuse contemplation d'ellemême, bien suprême qui attire tout à soi; au-dessous, le je ne sais quoi indéfini et informe, qui peut être et n’est rien encore, et que par le désir elle fait passer de la puissance à l'acte, et du non-être à l’être : c’est la Métaphysique même d’Aristote ressortant peu à peu des nuages sous lesquels elle avait disparu. Le Néoplatonisme se dissout et s'écroule : à sa place, et au milieu même de ses débris, l’Aristotélisme reparaît, toujours le même dans ses principes constituants, et affermi par l’épreuve de tant de siècles, monument impérissable presque seul debout parmi tous
les débris de l'antiquité, et où vont d’abord s’établir, pour l’asseoir plus tard sur des bases plus profondes encore, les doctrines nouvelles qui s’emparent du monde,