LIVRE I,'CHAPITRE I
de Phalère’, Lycon ?, Héraclide du Pontÿ. En même temps, il est très-vraisemblable qu’à la magnificence ils surent joindre la libéralité. Aristote n’avait-il pas dit que la pauvreté est un mal, parce qu’elle ne permet pas de donner? et ailleurs, devançant le Christianisme#, qu’il est meilleur de donner que de recevoir 59 maxime que luiemprunta Epicure. Seuls aussi de tous les philosophes, les Péripatéticiens ne prétendaient pas proscrire les passions 6, interdire au sage la pitié, réduire les affections du cœur à de simples égarements de la raison7. Seuls, au contraire, de même qu'ils voyaient dans les sens la condition du développement intellectuel , ils plaaient dans la partie de l'âme sujette à la passion et dans la passion même la source de la vie morale; seuls , ils embrassaient ainsi dans leur large pensée toutes les parties et tous les éléments de la constitution humaine, Seuls peut-être ils pouvaient dire sans aucune restriction ce mot célebre, si impar- ! Athen. |. XII.
? Laert. V, 67; Athen. XII, p. 546.
5 Laert. V, 86. Héraclide entendit d'abord Platon, et ensuite Aristote.
4 Act. Apost. XX, 25.
$ Eth. Nic. NII, 9; 1X, 7; Magn. Mor. II, 11, τὰ; Eth. Eud, VII, 8.
$ Les Platoniciens, Stciciens, Épicuriens et Sceptiques s'accordaient tous à prescrire l’apathie, ἀπάθεια, ; doctrine que combattit, après l’Aristotélisme, la religion chrétienne. ( August. de Civ. Dei, IX, 5 ; XIV, 9; Theodoret. Therap. N ).
7 Voy. plus bas l'exposition du Stoïcisme, et, pour le Platonisme, VOB; HIT, lu, car
# Arist. Magn. Mor. I, τ.
faitement compris et encore plus imparfaitement appliqué par ceux qui l’applaudirent : « Je suis « homme, il n’est rien d’humain que je croie m'être « étranger. »
Enfin, et toujours, dans le fond, en vertu du principe même de l’Aristotélisme , l’école péripatéticienne resta constamment fidele à l'exemple que lui avait donné son auteur, d'embrasser autant que possible, toute l'étendue des connaissances humaines. Un des caractères par lesquels elle se distingua fut toujours ce qu'on appelait la polymathie ". Féconde en orateurs, en politiques, en généraux, elle né produisit pas avec moins d'abondance des historiens ?, des géographes ὃ, des mathématiciens, des poètes, des musiciens #, des médecins®. Ce fut,
! Voy. Wower. de Polymath., et Luzac, Lect. att. 5. II, $ 8 (Lugd. Bat. 1809, in-4°).
? Cicéron (ad tt. VI, 2,) appelle Dicéarque ἱστορικώτατος. — On attribue à Démétrius de Phalère d’avoir le premier essayé de faire de la chronologie une science dans son ἀρχόντων ἀναγραφή. — Il est probable qu'il faut compter parmi les péripatéticiens le célèbre historien Théopompe, comme Grotius l'avait avancé sans en donner la preuve ( Bayle, art. Théopompe ). Gar Simplicius le mentionne à côté de Dicéarque, dans le passage cité plus haut, p. 37, note 1. Cicer. ad At, XII, 39 : Mecum habeo et ἀριστοτέλους et Θεοπόμπου πρὸς ἀλέξανδρον. — Parmi les autres Péripatéticiens qui se firent un nom illustre dans l’histoire, Hermippe, Denys de Samos, Satyrus ( voy. Jonsius, de Script. hist, philos. II, 93 IL, 2 ; I, 11). Voyÿ. Vossius, de Hist græc. et Fabricius, Biblioth. græca.
* Le plus célèbre fut encore Dicéarque., Voy. Bayle, art. Dicéarque.
* Aristoxène, Dicéarque, Hiéronyme de Rhodes, etc.
ἢ Entre autres Érasistrate, qui était élève de Théophraste.