Essai sur la méthode dans les sciences théologiques
Nous avons abordé ce sujet délicat de la méthode dans les sciences théologiques avec le sentiment profond de notre insuffisance, tenues grandia, et avec la ferme conviction qu'il y avait en ce point une lacune importante à combler.
S'il est aujourd'hui, pour les esprits attentifs, un fait bien constaté, c'est que les vérités philosophiques elles-mêmes sont mises en péril, tant par la sophistique des écoles positiviste et panthéiste, que par la légèreté de certains littérateurs en renom. Que peuvent pour les défendre les efforts de la doctrine officielle, qui elle-même n'a ni règle ni boussole, et qui d'un jour à l'autre peut se trouver entraînée dans l'erreur? Il n'y a donc de salut pour la métaphysique, la théodicée et les sciences morales en général, que dans le développement d'une théologie véritablement scientifique, répondant à la fois à l'inflexible sévérité des dogmes et aux objections soulevées au temps présent contre le christianisme.
Cette théologie existe- t-elle en France? Il nous est impossible de l'affirmer; et, sauf quelques rares tentatives marquées, si l'on veut, au coin d'une vraie science et d'une incontestable autorité, il faut avouer qu'il n'y a point aujourd'hui d^Ecole théologique^ c'est-à-dire, de méthode fixe et bien déterminée, selon laquelle