II PRÉFACE
la vérité chrétienne doit être scientifiquement exposée. Et, tandis que les sciences physiques et naturelles ont fait depuis deux siècles, en suivant la méthode expérimentale, de merveilleux progrès; tandis que les sciences mathématiques, depuis Newton et Leibnitz, ont constamment marché de découvertes en découvertes, les sciences théologiques sont demeurées parmi nous dans un état d'infériorité marquée, qui est à la fois un contraste avec leur passé glorieux et un outrage à la sublimité de leur objet.
S'il fallait en rechercher la cause , on trouverait peut-être qu'elles ne se sont point suffisamment préoccupées de renouveler leurs méthodes, d'ouvrir aux esprits des perspectives nouvelles, d'entretenir largement l'esprit scientifique, tout en maintenant inébranlables les barrières de la foi. Et si l'histoire de ces sciences nous montre dans l'Eglise catholique de constants efforts pour améliorer les méthodes et produire un enchaînement plus saisissant des vérités révélées, n'est-il pas certain que ce mouvement ne saurait être arrêté ni entravé, sans qu'il n'en résulte un grand dommage, tant pour la cause de l'Eglise que pour la défense de la vérité ?
On ne peut pliis aujourd'hui, comme le fit autrefois Descartes (i), renfermer les vérités révélées dans une arche et se contenter de révérer la théologie, tout en se voilant la face devant ses saintes obscurités. Loin de \h, il y aurait peut-être dans cette cauteleuse prudence tout autant d'impiété que dans un mépris formel. S'il est vrai que le scrutateur orgueilleux de la majesté divine doit être opprimé par la gloire, il ne l'est pas moins que quiconque méprise la science divine, véritable vie
(1) Disc, de la Méthode.