REPROCHES ADRESSES A NOTRE DOCTRINE SUR SON
CARACTi^RE MÉTAPHYSIQUE.
Avant de terminer cet enseignement sur la méthode scientifique, que nous regardons comme la plus efficace et la plus féconde pour servir les besoins de la thérapeutique , nous devons arrêter notre attention sur le reproche capital qu'on adresse à notre doctrine. On lui dispute le pouvoir que nous lui donnons de nous apprendre à nous élever au-dessus des idées fournies par les sens. Essayons de prouver l'invalidité de cette assertion , et de défendre notre doctrine contre les attaques incessantes des doctrines
anatomo - pathologiques , organiciennes , physicochimiques ou matérialistes, qui, de nos jours , ont cherché à renverser en un instant un édifice bâti et perfectionné par les travaux de plus de vingt siècles.
Les fauteurs de ces doctrines nous reprochent de vouloir transformer une science qui, bien systématisée , a sa certitude comme les sciences physiques , en une science qui doit la perdre en s^égarant dans les abstractions et les hypothèses.
L'absurdité de ce reproche vous a été si souvent et si irrévocablement démontrée par mon ami et illustre collègue , M. le professeur Lordat, qu'il serait presque oiseux de s'arrêter longuement à sa réfutation. Cependant il nous a paru indispensable de reprendre ce reproche en sous -œuvre, non pour fortifier les convictions de ceux qui , ayant sérieusement médité les ouvrages de notre collègue , ont su apprécier la solidité des bases de notre doctrine , mais bien pour prouver aux novices que les attaques faites à la doctrine du Yitalisme sont des actes d'ignorance, ou de vanité, ou de mauvaise foi.
Qu'est la doctrine de cette Ecole et. que lui reproche-t-on ? Notre doctrine est l'union systématique , légitime et harmonieuse de l'ensemble des faits médicaux, opérée d'après les règles de la philosophie expérimentale. Elle a pour fondement la cause de la vie quelle qu'elle soit , et pour règles
une méthode dont l'esprit est tout expérimental , parce qu'elle ne dépasse jamais les limites que les sens et la raison lui ont prescrites.
Elle se distingue des autres doctrines plus ou moins incomplètes , soit par leur caractère d'exclusivité , soit par l'hétérogénéité de leurs principes , en ce qu'elle est remarquable par l'unité de sa base , la concordance de ses dogmes qui sont puisés dans la véritable interprétation de la nature , et Von sait que l'unité d'une doctrine est le principe de sa bonté, de son excellence et de son succès. Elle satisfait à toutes les exigences d'un esprit méditatif et juste , et elle est , dans son application à la pratique médicale , le guide le plus assuré que l'on puisse invoquer dans l'état actuel de la science. Et en effet, la méthode expérimentale qu'elle met sans cesse en exercice f repose sur ce solide piédestal de l'observation , de l'expérience et du raisonnement le plus direct et le plus sévère, d'où toutes les vérités de fait découlent. Elle a pour règles principales, ditBérard (1), qu'elle ne doit admettre que ces vérités ; que Ton ne doit s'élever à des assertions générales qu'après avoir rassemblé , comparé et combiné le plus grand nombre de faits possibles ; que l'on ne doit jamais pénétrer jusqu'à l'essence des choses ou les causes finales ; qu'elle ne doit jamais s'occuper que des
(1) Foy. Esprit des doctrines médicales , p. k9 et SO.
liaisons , des rapports des phénomènes ou de leurs lois; c'est par elle qu'on remonte des phénomènes aux causes. On n'y emploie , enfin , les termes abstraits de forces , de principes , de facultés , que comme des formules génériques ^ à Taide desquelles on classe les divers faits pour en mieux saisir l'ensemble et les rapports.
Telssont les principaux attributs de la philosophie de la doctrine de cette Ecole. On y trouve l'expression complète des résultats de la meilleure méthode pour la recherche delà vérité. Cette méthode offre, en effet, les trois sortes de caractères distinctifs des vérités dont l'esprit humain est en possession , c'est-à-dire les trois sortes d'évidence qui éclairent la raison , savoir : 1^ Y évidence intuitive, qui a pour cause la nécessité et l'universalité; 2^ Yévidence déductive ou de raisonnement , où l'on compare et l'on conclut ; d^ Yévidence d'induction, qui s'élève , par une marche lente et prudente , des faits particuliers aux faits généraux , et arrache ainsi à la nature son secret (1).
Cette manière de philosopher ne conduit-elle pas la raison à des résultats certains , nous avons dit presque infaillibles? Que peut-on reprocher dèslors à une doctrine fondée sur une philosophie qui
(0 Foy. Dugald-Stewart, ouvr. et tom. cit., préface de Fauteur, p. m et sniv.
satisfait à la fois les sens et Tintellectualité ? On lui reproche de reposer sur des abstractions et sur des hypothèses , d*être tout -à "fait une production de V esprit , une œuvre métaphysique. Voilà le reproche capital.
Pour repousser victorieusement cette attaque , il nous suffirait de dire que c'est, d'une part, méconnaître le génie des abstractions , que de vouloir ériger Tart en science sans abstraire ; et de l'autre , que c'est ignorer les règles fondamentales de la vraie philosophie , que de regarder notre doctrine comme née des hypothèses , elle qui s'est imposée sévèrement la loi de n'y jamais donner place. Nous montrerons suffisamment le caractère vicieux de ce reproche , en nous attachant avec soin à déterminer le sens rigoureux de l'abstraction et de l'hypothèse. Nous prouverons ainsi qa'il n'y a pas de science sans abstraction , et qu'en donnant à celle - ci les limites d'une bonne méthode de philosopher, l'hypothèse ne peut jamais s* y introduire.
Il n'est pas un de vous qui ne sache , comme le savent peut-être aussi nos antagonistes, qu'abstraire n'est pas faire des hypothèses; ce serait, en effet, prendre la réalité pour la contingence , que de confondre ces deux choses. Un léger développement suffira pour montrer toute l'exactitude de cette proposition.
Lorsque par l'observation et l'expérience on eut
recueilli un grand nombre de notions sur les phénomènes de la nature 9 Tesprit de Tbomme sentit le besoin de lier les faits entre eux , et de s'élever jusqu'à leur origine. Ce besoin fut une inspiration de la raison ou d'une sorte de logique naturelle. Ce sentiment n'était pas téméraire , arbitraire , déraisonnable. Il était la conséquence d'une philosophie bien simple et bien naturelle ; car rien n*arrive sans raison, et sans la vérité de cet axiome , dit Leibnitz (1 ) , on ne saurait démontrer ni l'existence de Dieu, ni d'autres grandes vérités. La vérité de cette proposition a un caractère expérimental fourni par le témoignage de notre conscience. Elle est incontestable. Ainsi 9 dès qu'un ou plusieurs phénomènes se présentent à l'observation , la raison cherche à en déterminer l'ordre et la concaténation ; elle en étudie la forme et les caractères ; elle s'efforce d'en apprécier la valeur, et de découvrir leurs rapports généraux ou leurs lois ; elle est conduite ainsi à l'existence de la cause ou de l'unité d'où ils partent , dont elle se garde bien de pénétrer l'essence ou la nature ; elle se borne à la désigner par un nom quelconque ou un terme abstrait, propre à distinguer entre elles les causes qu'elle a signalées par son exercice : c'est de cette manière qu'on procède en suivant les règles d'une bonne méthode de philosopher. Or, je le de-
(1) Nouveaux éléments philosophiques.
mande aux esprits les plus vulgaires , comme aux plus élevés , ces abstractions ou ces résultats immédiats et simples de l'application de la raison sont-ils des produits de l'imagination , ou des chimères , des fictions , comme on se plaît tant à le répéter ? La réponse est aisée, si Ton fait un appel à la raison de l'homme et à sa bonne foi. Dès-lors on conviendra qu'abstraire en suivant les règles d'une métaphysique aussi naturelle et aussi limitée, c'est arriver à la conséquence immédiate de l'application de la raison aux phénomènes sensibles , pour établir par l'induction la liaison qu'ils ont avec la cause cachée. C'est ainsi que Bacon ouvrit une nouvelle route vers les mystères de la nature : Inveniam viam , aut fa4:iam, disait-il. Les temps où cette métaphysique fut fondée furent une époque remarquable dans l'histoire de l'humanité tout entière. C'est cette métaphysique qui fit disparaître pour toujours de la scène de la science l'assemblage informe et incohérent des théories bizarres , subtiles , obscures et fausses d'une philosophie hypothétique et aventureuse 9 dont les premiers essais furent vicieux , parce qu'ils avaient été faits sans règles précises. Mais ces règles étant aujourd'hui bien fixées et sagement appliquées , on raisonne avec autant de certitude et de précision , dit Dugald-Stewart , que les géomètres sur les idées de quantité. Une telle métaphysique ne saurait être proscrite. Si elle est repoussée
des sciences naturelles et de la médecine surtout , autant vaudrait-il repousser le fait général établi par Newton pour la théorie de la gravitation , fait établi par l'induction , et que tous les esprits philosophiques considèrent comme doué de toute l'évidence qui peut appartenir à des faits constatés par l'observation et l'expérience. En posant les lois de cette admirable théorie , le grand Newton disait : Hypothèses non fingo. L'attrc^ction Newtonienne, dit Maine de Biran , n'est qu'un fait génércdisé succès^ sivement à force d'observations, de comparaisons et de calculs (1).
Si cette philosophie est irrécusable en matière d'astronomie, pour atteindre jusqu'à l'appréciation des causes invisibles des phénomènes qui frappent nos sens , pourquoi ne le serait-elle pas en médecine pour la découverte des causes des phénomènes morbides ou des éléments pathologiques, dont la détermination , comme en astronomie , est la conséquence directe des recherches de la philosophie expérimentale ? En médecine, comme dans les sciences physiques, nous partons d'une vérité des sens pour arriver à une vérité de raison, qui, comme la première, est une vérité de fait, et nous exprimons un fait primitif de conscience sans aller
(i) Foy. Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral de Thomme , pag. 3S4.
au-delà des idées simples qui naissent directement de Vapplieation de la raison aux choses sensibles. Le vrai philosophe s'arrête à cette vérité. Dieu seul peut franchir ces barrières.
L'intelUgence humaine a des limites que la raison doit s^appliquer à connaître et qu'elle doit respecter dans ses élucubrations. La véritable philosophie se garde bien de les dépasser ; elle sait qu'elle ne peut pas tout expliquer, et qu'il y aura toujours pour elle des énigmes dont le mot éludera éternellement la puissance du génie de l'homme. Caliginosâ nocte premit Deus. Cette pensée , sortie de l'àme d'un païen , est une leçon dont la sagesse doit profiter.
Si le médecin philosophe en eût toujours été pénétré , la science n'aurait jamais eu à souffrir le reproche trop souvent fondé d'être conjecturale. Ce reproche a surtout été adressé à la médecine interne, qui, presque de tous les temps, a trouvé des esprits téméraires qui , abandonnant les faits , se sont élancés dans le monde imaginaire , pour expliquer le mécanisme des actes ou des opérations les plus mystérieuses. C'est ainsi qu'on a voulu deviner le mécanisme des actes dont on connaissait la cause occasionnelle et le résultat : tels sont, par exemple, la génération , la contagion , etc. , dont on ignore et dont on ignorera toujours ce qui se passe , depuis l'intromission des causes jusqu'au développement des effets sensibles. Ici toutes les opinions sont con-
jecturales , et rarement , comme le dit le savant professeur Lordat, deux des devins qui s'y livrent se rencontrent. Heureusement, ajoute- 1- il avec raison , la théorie de ces actes est peu importante pour la pratique de Tart.
Les hypothèses créées à ce sujet ne sont bonnes qu'à amuser l'esprit. Il nous importe peu , en effet , d'avoir sur ces actes cachés , secrets , des théories , fussent-elles même ei^ctes. Â quoi nous servirait de savoir comment le quinquina guérit les fièvres intermittentes; comment le mercure ^ Vor, V argent , le platine , Viodure de potassium guérissent la vérole ; comment agissent Vurée sur les organes ouropoïéti^ ques, les cantharides sur les organes génitaux, le seigle ergoté sur Vutérus , la digitale pourprée sur le cœur, le fer contre la chlorose, etc. , etc. Il nous suffit que ces faits soient bien constatés , et de déterminer exactement les cas particuliers où ces agents doivent être appliqués ; aller au-delà , c'est s'écarter des lois naturelles ou de l'expression des faits , c'est se jeter dans la supposition d'une cause fictive ou l'hypothèse 9 c'est abandonner les règles de la yéritable méthode de philosopher; ce n'est plus alors abstraire , c'est faire des hypothèses.
Ces considérations générales sur la philosophie inductive nous autorisent à établir que les dbstrac^ tions ne sauraient être repoussées de la médecine sans préjudice pour la théorie et pour la pratique , et que
c'est réduire rart à V empirisme le plus aveugle que de les frapper de proscription. Les abstractions sont le principe des lois générales , et sans ces lois il n'est pas de science. Nous conclurons conséquemment que ceux qui condamnent notre doctrine , comme étant le produit des abstractions , condamnent la véritable pbilosopbie , qui , selon Maine de Biran , est éminemment la science des réalités. Les abstractions n'ont donc rien de chimérique, puisqu'elles constituent des vérités toujours égales à ellesmêmes , toujours irrésistibles, qui n'ont besoin d'aucunes preuves pour être fortifiées , et qu'aucune contradiction ne peut affaiblir.
Hais si nous cherchons la cause de cette proscription , nous croyons qu'on peut la trouver dans l'idée où sont certains esprits peu versés dans la philosophie , que tout ce qui ne frappe pas les sens est une hypothèse ou une supposition , ce qui est une pure absurdité ; car, à ce point de vue , la raison , quoique bien dirigée , serait une faculté dangereuse, puisque toutes les productions qui résultent de son exercice seraient fictives et hypothétiques. Il n'y aurait dans un tel système de vérité irrécusable , que dans les idées simples qui naissent des impressions reçues par les sens. Une telle philosophie , vous le voyez , nous plongerait dans le sensualisme ; le cercle de la science serait dès-lors considérablement rétréci et tout progrès serait impossible. Non,
il ne peut en être ainsi , et la philosophie expérimentale ne conduit point à l'hypothèse , lorsque , dans son exercice , on ne s'écarte pas des règles de la méthode expérimentale.
Dans l'emploi que nous en faisons en médecine , nous nous gardons bien de dépasser les limites tracées par ces règles. La médecine est une science trop morale , et l'application de ses préceptes trop délicate et trop grave dans ses conséquences pour ne pas les respecter rigoureusement. Aucune action médicale , quelque peu importante qu'elle soit^ ne doit avoir aucune supposition pour mobile , et nous savons trop bien ce que c'est que l'hypothèse pour nous exposer ainsi à compromettre la science et l'humanité. Nous ne dirons pas ^ avec quelques philosophes (1) , que Vhypothèse est Vexagération de r abstraction , une hyperbole métaphysique. Cette pensée est inexacte, illogique. L'abstraction est toujours vraie , et si l'hypothèse n'en était que l'exa* gération excessive ou l'hyperbole , elle aurait au moins quelque chose de vrai dans son point de départ ou son principe; tandis qu'elle n'est qu'une supposition , une fiction ou une proposition pure*ment idéale , le plus souvent funeste , qui peut conséquemment quelquefois être vraie , mais dont on peut toujours nier le supposé, parce qu'on ne peut
(1) Foy. Dagald-Stewart.
pas prouver la réalité de la supposition. En un mot , quoique la chose puisse être, il n'est pas possible de prouver qu'elle soit. Par l'abstraction , l'esprit humain découvre la vérité ; par l'hypothèse , il se livre à des suppositions gratuites pour expliquer la chose dont il est question. Il n'est pas impossible qu'il rencontre la vérité ; mais il ne peut jamais en être certain , parce qu'il ne sait jamais quand il la devine. C'est ce qui arrive surtout, s'il pénètre dans le labyrinthe des causes finales , qui » lorsqu'elles envahissent , selon Bacon , le domaine de la physique, y portent le ravage et la ruine (1).
Contentons'-nous , dans les sciences naturelles, de saisir les rapports généraux ou les lois qui règlent les phénomènes de la nature , de nous élever par la voie de l'induction à leur cause immédiate , et d'établir, en un mot , un fait général ; ce doit être là notre née plus uUrà. Le moraliste et le théologien ont seuls le droit d'aller plus loin.
C'est sur ces réflexions que notre philosophie nous a imposé la loi de ne point admettre les hypothèses au rang des procédés logiques de la méthode de vérification scientifique appliquée à la thérapeutique , qui ne doit se constituer que sur des faits émanés de sens bien exercés ou d'une raison sévère.
(1) De aug. scient., lib. m , cop. iv, v. — Foy. Dugald- Stewart, ouvr. et tom. cités, p. 279.
Nous redoutons les égarements de leur caractère de contingence , et nous les rejetons complètement de notre philosophie toute expérimentale , parce que la sévérité de la logique inductive ne doit pas permettre ce procédé en médecine.
Ces considérations générales sur les abstractions et les hypothèses suffiront sans doute pour vous montrer combien sont mal fondés les reproches adressés à notre doctrine. Vous y aurez reconnu que sans abstractions légitimes il ne saurait y avoir de philosophie » et que sans philosophie il ne peut y avoir de science. Et en effet, établir que la science peut se passer d'abstractions, c'est consacrer ce principe plus qu'étrange , que la métaphysique est une chimère , et qu'il n'existe rien au-delà de ce que nos sens peuvent apercevoir; c'est nier la correspondance harmonique qui existe entre les phénomènes et leur$ causes. Notre Ecole ne saurait abaisser ; à ce degré l'homme et la science. Elle a su com-
prendre que la médecine ne peut prendre rang parmi les sciences utiles et progressives, qu'en faisant concourir à sa constitution les deux ordres de faits que l'on peut découvrir par l'exercice des sens et de la raison , dirigés par une méthode philosophique capable de nous faire remonter à l'origine de$ phénomènes ou à leur causation. C'est par le concours de ces deux puissances qu'elle a étudié l'homme sain et malade , posé les lois générales de
l'un et de Tautfe de ces modes d'existence , signalé les faux systèmes, conservé les vérités acquises, apprécié les forces qui régissent les fonctions de la vie , les lésions plus ou moins graves qui en altèrent l'exercice et qui sont les éléments des maladies ou les sujets majeurs d'indication ; c'est par elles qu'elle a reconnu 1* existence de la force médicatrice de ]a nature, proclamée par Hippocrate, et qu'elle a établi , enfin , une unité de principes ou de propositions doctrinales et de but.
Telle est la doctrine qui a délivré la science des erreurs dont une foule de systèmes l'avaient encombrée ; qui a fondé les principes les plus élevés et les plus vrais de la médecine considérée comme art et comme science , et qui par là a ouvert une source indéfinie de progrès.
C'est la doctrine que nous avons embrassée avec une foi sentie et inébranlable , parce qu'elle n'a rien d'exclusif. Elle accueille , en effet, tout ce que les autres offrent de bon , de vrai et d'utile dans ses théories et dans la pratique ; elle est , en un mot , essentiellement conciliatrice.
Notre attachement à cette doctrine est un sentiment de conviction, de probité et de conscience. Tels ont été les respectables motifs de notre acception pour elle ; puissent-ils entraîner aussi la vôtre , et nous unir par les sentiments de l'esprit, comme nous- le sommes par ceux du cœur !