‹ Essai sur la morale de Port-RoyalChapitre 1 sur 40 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

fr Pourquoi s’essayer encore à étudier Port-Royal ? Ne l’a-t-on pas déjà assez fait, bien ou mal, au moins de diverses manières P... Sans doute |

Il reste, et M. Laporte le montre assez, qu'injusternent le fut la chose. Injustement contre Port-Royal êt je pense aussi injustement, ou du moins de façon pas assez indifférente, par ceux qui furent pour Port-Royal. L'on comprend aisément pourquoi. Même celui qui.se veut faisant üne critique parfaitement impartiale des raisons, des avantagés et des inconvénients d’une doctrine et d’une éthique que les contentions et les arguties de la polémique ont combien souvent voilés, mélangés ou renversés, avancerait pas mal de présomption à se croire être toujours égal à sa lucidité de départ. Le seul fait de sympathiser à Port-Royal —-ét Port-Royal ne manque pas de raisons pour justifier telle sympathie — met le sympathisant dans le risque non pas de ne pas voir une erreur morale bien déterminée qui d’ailleurs le plus souvent n'existe pas, ou bien rarement mais dans celui de ne pas pressentir toujours les dangers psychologiques et les autres qui découlent d’une tendance en elle-même irréprochable. Ce que ces mots peuvent avoir d'énigmatique d’autres l’expliqueront.

Enfin, après Sainte-Beuve, après des port-royalistes comme Gazier, après M. Rébellian et surtout après l'étude complète de la doctrine de Port-Royal que se propose d'achever M, Laporte, prétendre contribuer à l'éclaircissement pour sa part est faire preuve d’une autre présomption. Je l'avoue.

Quelle que soit ma présomption, donc pour tenter de la justifier — oh ! sans grand espoir = je dois exposer ce qué je veux essayer et aussi comment je fus amené à cette

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étude. Je n’en veux qu'à la morale de Port-Royal. Comment ? Nous le verrons plus tard. Ce qu'il importe c’est d’avouer que je ne me suis d’abord décidé à étudier cette morale qu'à cause de ses survivances ou du moins ce que je croyais être ses survivances, opinion d’ailleurs dont je ne me suis pas entièrement dépouillé. Survivances séparées de la dogmatique originelle : leur raison d’être ; au moins leur raison d’être formelle car je croyais alors qu'il n’était pas interdit de penser qu'une certaine école de théologie et des tendances de dévotions, de disciplines intérieures et d'un certain sentimentalisme religieux aient fait à Port- Royal une curieuse rencontre mais sans qu'il soit permis d'en conclure que l’une conditionne les autres. Cette autre opinion je ne l’ai non plus absolument délaissée, encore que je l’entende dans un jeu plus elliptique des faits. Certains eussent vu cette rencontre — ou véritable ou imaginaire — quasi nécessitée, pour le moins fortement suscitée par cette espèce de pessimisme profond qu'il est de coutume de considérer comme toujours présent à la doctrine et aux règles d'action tout à la fois, quand les règles et la doctrine sont’ jansénistes. Il n’est que trop courant et d’une désolante banalité d'appeler «Jansénisme » toute tristesse et toute austérité religieuse. Ceux qui eussent vu ainsi les choses eussent bien été aussi jusqu'à prétendre que c’est un cœur qui s’est refusé toute joie, se tenant à l'écart de toute exultation même honnête ; qui appelle, influence, exige même une dogmatique sévère. À l'appui de leur thèse eussent-ils trouvé de faciles exemples, à première vue et dans toute une partie faite de «chaste crainte », de tremblement, de pénitence et de mise en garde constante contre l’amour-propre, Port-Royal et ses hommes n'irradiant pas la joie. Mais ce n'est Ià qu'un aspect. Il s'en faut que le « renversement » que propose Saint-Cyran pour atteindre à un «cœur nouveau » ne se fasse que dans le pessimisme, voire même la tristesse, le désespoir. S'il pense que ce n’est pas moins qu'une conversion qu'il faut au pécheur, il pense tout naturellement qu'il n’est pas de conversion qui ne se fasse sans l’amour de Dieu. L'amour de Dieu — quelles que soient les épreuves — n'est-il le secret de toute joie ? D'ailleurs qui douterait de l'opinion de Saint-Cyran

‘à ce sujet en trouverait les preuves dans ses lettres et ses écrits... Aussi découvrerait-il, comme le signale M. Laporte, un «cyranisme » différent de celui que l'on croit être, « un peu plus riche et compréhensif que le sec et étroit puritanisme auquel nombre d’historiens, — qui n'y avaient pas regardé de trop près, — ont été enclins à le réduire ». (1)

Même si, comme continue M. Laporte, la richesse de ce «cyranisme » est composée d'éléments bien souvent difficiles à accorder ; les éléments apparemment contraires ne le sont pas véritablement ou plutôt chaque contraire a sa vérité propre dont la part de chacun est la contribution à un équilibre mystérieux. Donc iei «la mortification et la crainte » et là « l'espérance et la joie ». La réciproque dépendance apparaît tout de suite à celui qui a quelque intelligence des arcanes de la spiritualité. Finalement la distinction de la « Lettre » et de l «Esprit » donnerait -— tou- Jours comme le veut M. Laporte (2) — le paradigme symbolique de ce partage et de bien d’autres.

Or, ces partages sont bien l’œuvre de Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran. Je veux dire qu'on ne peut pas plus reprocher à un des plus importants et sans doute le premier port-royaliste. Il est maintenant certain que Jansen et Saint-Cyran purent à peu près se mettre d’accord quant aux lignes essentielles de la rédaction de |” « Augustinus ». L'amitié des deux hommes, le séjour de Jansénius chez Duvergier à Bayonne, puis plus tard, après la rencontre de Péronne, celles qu’ils purent faire à l’occasion des passages de l’évêque d’Ypres en France pour ses missions en Espagne n’y furent pas pour rien. De plus, leur correspondance montre assez souvent le souci qu'ils ont chacun de s'entendre pour le « Pilmot ». De l'avis de M. Laporte toujours et celui-ci basant son opinion sur leurs lettres, Saint-Cyran aurait tenu entre ses mains la liste des matières du Tome 1°: « De Haeresi Pelagiana » et qu'il aurait lu entièrement le chapitre consacré à l'hérésie pré-

(1) Laporte. Saint-Cyran, p. 123.

tendue des «Prédestinatiens » (3), alors qu’il n'aurait pas eu communication des deux autres Tomes — « qui sont de beaucoup les plus importants » (4) remarque M. Laporte.

Mais quelle que fut l'entente des deux Pilmotaires — et ceci toujours de l’avis du même auteur — on ne peut cependant confondre dans leurs idées Sulpice et Celias. Ce dernier aurait souhaité peut-être plus de discrétion dans l'étude des questions obscures, ce qui n’est pas ce que l’autre, le rédacteur, a toujours fait. Cependant Celias (Saint Cyran) disait du livre à paraître qu'il devait être le « L'vre de Dévotion des derniers temps », comme le rapporte Lancelot qui ajoute : « étant impossible d’avoir une véritable piété sans humilité, ni d’entrer dans l'humilité sans connaître l’état misérable où nous sommes réduits par la chute de l’homme, et le besoin que nous avons d’être soutenus à chaque moment par la grâce pour ne pas tomber, ce qui est parfaitement représenté dans cet ouvrage ».

Par ces mots, on voit done ce que voulait Saint-Cvran. Après les avoir cités, M. Laporte les commente comme il suit : « Ces quelques lignes résument pour Saint-Cyran la quintessence de l'Augustinus. Voilà tout ce qu'il y trouve d’effectif, tout ce qu'il en réalise, tout ce qu’il en veut retenir : l’enseignement moral qui y est renfermé. » (5). Et de ce qu’il avance il donne la preuve en proposant la lecture de l’opuscule inédit destiné à Arnauld d’Andilly intitulé « Traité de la Grâce de Jésus-Christ, de la Liberté chrétienne et de la Justification », qui est la seule fois où Celias se soit expliqué «ex professo » sur les matières -de la Prédestination et de la Grâce. Or, l'on remarque son souci de ne pas trop accuser dans son exposé des vérités de la Grâce les caractères par où elles pourraient décourager le travail humain. Ainsi s’il affirme la gratuité des secours divins, il indique comment les obtenir par la prière. S'il accuse la parfaite gratuité de la grâce c'est pourtant pour remarquer aussi que dans l'union qu'elle crée, Phomme, pratiquement, opère avee son Créateur. Il se garde de

(3) Laporte. Sainl-Cyran, p. 50.

(a) "Id, tp. Bo:

(5) Id., p. Sr,

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parler des questions débattues entre les écoles : de l’élection à la grâce ou à la gloire, « post » où « ante merita » : non plus de la « volonté de Dieu antécédente ou conséquente » au regard du salut des hommes ; ni de la réprobation «positive ou négative » (6). Il est soucieux avant tout d'éviter une présentation de la difficile morale de la Prédestination qui puisse répugner. Avant Pascal et avant Nicole, il pressent certains dangers de la vérité : je dis bien dé la vérité. 11 a vu les conséquences fâcheuses pour certaines consciences d’une morale présentée trop durement et il conseille non seulement à ces dernières mais aussi à toutes de ne point se mettre en peine de chercher à savoir si elles sont tirées de la masse pécheresse, mais seulement de «faire très exactement tout ce que Dieu a ordonné par Jésus-Christ pour se sauver ». Sans doute pense-t-il que c’est encore la meilleure voie de salut. Ce qu'il reste c’est pour cêét homme un goût heureux du pratique, un certain sens psychologique du moral, une simplicité et un tact dans les plus délicats sentiments qui lui firent comme prévoir lés dommages que pourraient causer à beaucoup un exposé trop doctrinal, trop aride de la solution augustinienne des questions de la Prédestination et de la Grâce. Or, que les autres port-royalistes ne l’aient pas égalé sur ces qualités, je le crois. Aïnsi s’éclaircira peut-être ce qu'il pouvait y avoir d’énigmatique dans la phrase où j’exprimais qu'à celui qui sympathisait à Port-Royal risquait d'échapper les dangers d’une tendance en elle-même irréprochable. Autrement, pour bien me faire comprendre, une morale étant faite pour plusieurs si ce n’est pour beaucoup, elle peut être interprétée combien de fois différemment. [ci est l’autre danger et c’est pourquoi une critique doit aller, il me semble, plus loin qu’une seule critique historique et des textes, puisque la force de cette morale, ou bonne où mauvaise, .déborde ses textes. Pre Prenons par exemple le problème de la distinction du conseil et du précepte. Saint-Cyran pense que toute la vie du chrétien doit être dans l’obéissance aux ordres divins,

or (6) Id., p. 53.

voire même aux ordres divins particuliers pour chacun. La soumission à la Providence est la condition du salut. Aussi dans la participation aux sacrements comme dans le choix d’un état ou l’entrée en une charge, la règle est donc de nous conformer au mouvement de Dieu. Comme il l'écrit dans les « Pensées sur le Sacerdoce », nous ne sommes autorisés à une œuvre, si bonne soit-elle, que par «une vocation et une application intérieure de l'esprit de Jésus-Christ ». Le mérite des « bonnes œuvres » ne dépend que de cette vocation particulière. Aussi bien faudra-t-il être prêt à abandonner la chose entreprise aussitôt qu'on aura Connaissance que ce n’est plus la volonté divine. Partout faut-il être d'une parfaite docilité et tendre à la perfection en tendant à être d’une parfaite souplesse sous la main du Créateur. Aïnsi faudra-t-il n’accomplir un conseil qu'informé par la «loi secrète du cœur » ; que sachant que Dieu vous le demande, vous le commande. Mais alors vous avez la « vocation » ; vous ne pouvez vous dérober sans mettre en cause votre salut. Le conseil de perfection facultative est devenu un ordre... « les paroles de l'Evangile qui ne sont que des conseils, deviennent des préceptes. » (7)

Encore que l’on puisse argumenter ici contre la position de Saint-Cyran et douter après tout de cette «loi secrète du cœur » ; même en prenant son opinion telle qu'il nous la donne, on ne reste pas sans voir qu'une distinction comme celle-ci du précepte et du conseil reste compliquée, plus que difficile, surtout incertaine. Ainsi offret-elle le risque d’être mal interprétée et l’on comprend bien que pratiquement, ceux qui furent influencés par de telles doctrines, ministres ou fidèles, par crainte de mettre en danger leur salut et à cause sans doute du silence de cette fameuse «loi secrète du cœur » aient immédiatement, aveuvlément décrété que tous les conseils deviendraient préceptes ; les uns pour commander, les autres pour obéir s'il leur fut possible. Cela n’est pas, il est vrai, le jansénisme des grands port-royalistes, mais celui des paroisses de ville

(7) Saint-Cyran. O. C. et S., t. MI, p. 541. Sur la distinction des préceptes et des conseils.

et de campagne où ils eurent leur responsabilité. C’est en ce sens que cette morale à oublié le caractère social qui doit venir jouer dans toute éthique même si elle est chrétienne et peut-être encore plus. Il lui a manqué, si l’on veut, une certaine prudence qui est, elle aussi, une vertu chrétienne. D'ailleurs, M. Laporte a comme senti le danger. Après avoir, selon la pensée cyranienne, défini la vertu chrétienne ainsi : « ne rien faire que par l'esprit de Dieu, et d’après sa vocation expresse ; faire tout ce à quoi nous appelle l'esprit de Dieu, que ce soit de grande ou de petite conséquence ; le faire malgré tout, et dans la mesure et pour le temps où Dieu nous appelle » (8). M. Laporte ajoute : « Mais alors surgit une grande difficulté. Cet appel, cet engagement particulier de Dieu, hors duquel « les entre- « prises sont vaines et inutiles », comment s'assurer qu'on en sera toujours informé ? « Il n’y a rien de si difficile aux saints, même en cette vie, que de le connaître. » Et cependant, tant que nous ne le connaissons pas, on peut presque dire qu'il vaut mieux pour nous, — comme les ouvriers dont parle l'Evangile qui restent les bras croisés tant qu’on n’est pas venu les louer pour travailler à la vigne rester sans rien entreprendre plutôt que de nous ingérer mal à propos dans une œuvre que Dieu ne demande pas de nous. Après tout, néanmoins, il faut agir... » (9). de Et pour agir, pour agir effectivement et avec efficacité pour les « élus », les «élus restreints », l’auteur de l «Essai sur la formation et le développement de La Doctrine » reconnaît que Duvergier de Hauranne conseille à tous de se mettre dans la position de l'attente des révélations des secrets de la Prédestination divine ; dans la position de l'attente et aussi de la demande si l’on peut dire, les positions requises étant le «silence » et la « prière de Mais, à mon avis, tout cela n’enlève pas la grande difficulté. Peut-être d’ailleurs cette difficulté vient-elle plus spécialement du fait qu'une telle spiritualité s'adresse, ne peut informer que des âmes d'élite. Alors on voit les dom-

(8) Laporte. Saint-Cyran, p. 77.

(9) Id., p. 78.

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mages et le désastre qu’elle risque de faire à d’autres. En pressentant cela, c'est pousser la critique au delà des éléments matériels des écrits, les déborder sur d’autres éléments non plus matériels mais non moins véritables.

C’est d’ailleurs de par cette idée de derrière la tête — si l’on veut — que j'ai osé juger — si l’on peut dire autant — un mouvement dont fut dépendante, bon gré, mal gré, toute la société chrétienne de cette époque. Et dépendante non seulement religieusement et moralement, mais aussi intellectuellement et littérairement. Que tous, d’un Racine à un La Fontaine, furent touchés, ce n’est que l'évidence, une évidence il est vrai bien souvent oubliée et quelquefois -ignorée. Cependant ce n’est pas qu'une société cultivée qui en fut touchée. Quelques années plus tard, le mouvement atteindra toute la population. Dans son « Journal historique et anecdotique », Barbier écrit : « La bonne ville de Paris, en 1733, est janséniste de la tête aux pieds ». Et il précise bien que ce ne sont pas seulement les magistrats, les avocats, les professeurs, mais encore tout le gros de Paris qui tiennent pour la doctrine sans rien entendre aux distinctions et aux interprétations par animosité contre Rome et les jésuites... « Les femmes, femmelettes et jusqu'aux femmes de chambre s’y feraient hacher », ajoutet-il. Ainsi, l'excitation atteint chacun. Si grandes que soient les déformations, si avérément faussés que soient les échos des polémiques, si incompris que soient dans la bataille théologique le sens véritable des écrits... toutes ces choses prouvent quand même que les textes vont souvent plus loin qu’ils ne veulent aller. Je concède que la preuve ici est grossière. En ramenant cette grossièreté à plus de modestie on arriverait à une appréciation plus équitable qui ne voudrait à la fois ni des calomniés et des diffamations intellectuelles dont on chargea la doctrine de la morale portroyaliste, ni des dangers dont elle s'est bien chargée ellemême, sans doute à son insu.

\ Si je veux me faire encore mieux comprendre, j'ajouterai cette autre diversion...

Après avoir remarqué, dans son livre pour son « frère

l'incroyant » (10), combien c'était pour mieux s'identifier avec l'humanité pécheresse que le Christ, à la surprise et presque au scandale du Baptiste, se faisait d’abord donner le baptême de la pénitence dont lui seul n'avait aucunement besoin, Georges Goyau fait derechef cette autre remarque qui vient comme accroître le sens de la première : « Et c'était pour Jésus un autre moyen de s'identifier avec l'humanité pécheresse, que de se laisser tenter par Satan ; il laissait s'approcher de lui la tentation, lot commun de ses frères humains ; mais avec la sagacité et l'autorité d’un Dieu, il démasquait le tentateur. » (rx)

En méditant sur ces vérités, un chrétien peut s'assurer de son pouvoir pour démasquer — lui aussi — le tentateur ; puisqu'aussi bien c'est à ce devoir que le tient la morale chrétienne qui, si elle ne lui commande rien d’impossible et lui conseille de fuir la tentation, lui offre alors le moyen de ne point succomber et celui, le seul qui lui convient, de démasquer le démon dans l'humilité de sa nature concupiscente. Il n'aura pas à se laisser tenter. Quelque conscience qu'il ait de son état, le chrétien ne peut pourtant pas ne pas savoir combien nombreuses seront les occasions à Satan, cependant qu'il lui restera toujours sinon avec l'autorité d'un Dieu, du moins avec l'autorité d’un fils de Dieu, d’avoir, lui, à ne pas laisser s'approcher la tentation. Il lui faut livrer le combat non point directement, certain alors d’être vaincu par la présomptueuse assurance qu'il aurait eue en ses forces, mais il le faut livrer là où le Mal a mis par avance toutes ses espérances : le goût de l’homme pour sa personne et pour tout ce qui le flatte, Et le livrer — qu'on m'entende bien — en se dérobant puisqu il n'y à de meilleure façon de tromper l’archange révolté que cette humiliante dérobade, ce refus du combat. De plus, dans l'exode de tout ce qu'il y a de mieux dans l'homme devant le danger de la tentation, il y a, comme impliquée, cette prière que ne manquera point de prononcer un CoœnE chrétien qui veut vraiment être rempli de l'esprit du Père :

(ro) G. Goyau. Le Christ.

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