‹ Essai Sur La Myélite Aiguë Centrale AscendanteChapitre 21 sur 24 · KA LS · texte numérisé non relu

KA LS

«eur, surtout au niveau de la région lombaire. Se oo

Mc ot {La rétention d'urine est complète : on retire de la vessie, avec he | l | sonde, ‘un litre environ d'urine jaunâtre 1 nè contient ni sucre, ni FRE FACE albumine. HS PS AISRT ARE A

SUR RUE “La langue est sèche, recouverte d’un épais enduit blanchâtre. | | Phi PT. La soif est peu vive, l'appétit nul. Il y à de la constipation. Le os nas je - ventre est souple. Le foie et la rate ne sont pas tuméfiés. a | ;

Les) joues ne sont pas colorées en rouge vif, le front est chaud à la | se ee. main. La peau des membres et particulièrement celle des membres in- : : férieurs est violacée et froide. La température rectale est de 3802. On prescrit une bouteille d’eau de Sedlitz et l'on fait appliquer douze ventouses scarifiées sur la colonne vertébrale. |

90 août. — Matin. Le malade a eu du délire de paroles toute la :

nuit. IL est plus abattu qu’hier ; il parle lentement et à voix basse. La

es respiration est irrégulière. Les battements du cœur sont réguliers, MO énergiques, (60 par minute). Le malade se plaint d’un peu de cépha- : lalgie et de douleurs rachidiennes aussi vives que la veille. La tête i 4 , reste toujours renversée ; on ne peut lui communiquer de mouvement us de flexion complète, à cause de la roïdeur des muscles de la nuque; les mouvements spontanés sont très-limités. La contractilité électrique | persiste aux membres inférieurs et supérieurs. à

| de | ;

Temp. rectale 37°9. Pouls 60. Prescriptions : calomel, 10 centig. (en 20 paquets, un toutes les heures); 12 ventouses scarifiées.

90 août, soir. — Le malade est dans le même état. La régionsacrée est devenue le siége d’un érythème qui est surtout prononcé du côté droit. P. 70, régulier etégal: T. R. 38°; R. 35 très-irrégu

lière.

2 août, 11 heures du matin, — P. 82, fort, avec quelques intermittences, et varie un peu de fréquence d’une minute à l’autre; T.R,. 383 ; R. 46, inégale, saccadée, diaphragmatique.

Les battements du cœur sont très-énergiques.

La peau est congestionnée, couverte de sueur; on fait apparaître très-rapidement la raie dite méningitique. Sa voix est si faible qu'on n'entend presque plus ce que le malade dit. Les pupilles sont égales ; les cornées restent transparentes. Les mouvements réflexes ont complétement disparu dans le membre inférieur droit. La sensibilité est. toujours conservée et intacte. La paraïysie des membres inférieurs n’est pas beaucoup plus prononcée qu’avant-hier. La contractilité électrique reste conservée. L'urine ne contient ni sucre, ni albumine; on a continué à sonder le malade. On constate au milieu, de la | plaque érythémateuse du siége une excoriation de la peau, du côté droit.

La mort survient à une heure du soir et paraît avoir été causée. par une asphyxie rapide.

Autopsie faite le 22 août.

Cavité thoracique : congestion pulmonaire, surtout à droite. Pas de tubercules. Cœur petit; piqueté héruorrhagique sur la face postérieure du ventricule gauche. Les cavités cardiaques contiennent du sang non coagulé.

Cavité abdominale : foie congestionné. Reins fortement congestionnés. Rate saine. Intestin grêle : les plaques de Pever sont saines. Estomac: congestions ecchymotiques de la muqueuse.

Cavité crânienne : la face interne de la dure-mère ne présente rien à noter.

Les méninges des circonvolutions sont un peu congestionnées, prin-

cipalement sur les parties centrales des hémisphères. On les enlève facilement, sans entraîner avec elles de substance cérébrale. . Cavité cachidienne: le liquide céphalo-rachidien ne présente pas d'altération. | | Moelle épinière: les vaisseaux sont un peu développés, surtout à la

partie postérieure. On ne trouve ni exsudation, ni productions néoplasi-

ques sur l’arachnoïde. Cette membrane est souple, mobile sur la piemère et n'est pas épaissie.

La moelle est ferme de toute son étendue. La substance blanche est normale ; la substance grise, examinée à différentes hauteurs sur des coupes transversales, est manifestement congestionnée, surtout au niveau des cornes antérieures.

L'examen microscopique, à l’état frais, de la substance grise des cornes antérieures permet de constater ;la présence d’un assez grand nombre de myélocites, de fines granulations; les cellules nerveuses sont rares ; iln'y a pas de corps granuleux.

Examen de la moëlle épinière après durcissement dans une solution faible d'acide chromique: les préparations ont été colorées par le carmin, éclaircies par l'essence de térébenthine et conservées dans le baume du Canada. !

Voici ce que l’on trouve sur des préparations qui peuvent servir comme de type de la lésion ; et qui ont été faites au niveau du renfleéement dorso-lombaire :

L’altération est limitée à la substance grise; elle porte: 1° sur les éléments nerveux : 2° sur la substance unissante ; 8° sur les vaisseaux.

4° La plus grande partie des cellules nerveuses des cornes antérieures ont disparu ; un seul des groupes antérieurs persiste.

IL-y a quelques cellules disséminées (10, 12, 15) dans le reste de la corne antérieure, La plupart de ces cellules présentent des dimensions normales ; elles sont munies de prolongements ; on y distingue parfaitement le noyau avec son nucléole. Ces cellules peuvent être considérées comme normales, ou comme n’ayant subi aucune altération appréciable.

On voit en outre, cà et là, des éléments qui n'ont, comme dimen-

Lisp sions, que 0, 015 à 0,020 millimètres ; ils se colorent par le carmin, le protoplasma offre les apparences de celui qui constitue les cellules nerveuses ; il ne paraît pas granuleux, mais ses contours sont mal accusés ; le noyau persiste. [l est probable que ce sont des cellules nerveuses en voie de destruction. | ” 9 Toute la matière granuleuse de la’ substance grise contient un nombre considérable d'éléments sphériques, se colorant par le carmin ‘de 0,005 à 0,007 millimètres de diamètre, ces éléments sont trèsconfluents et sont aecumulés en quelques points sous forme de masses irrégulières; c'est ainsi qu'ils sont très-abondants au niveau des groupes cellulaires, qui. ont disparu et qu'ils remplacent, pour ainsi dire, autour de ceux qui restent et au voisinage des cellules nerveuses plus ou moins altérées, qui ont persisté ; on en trouve également un grand nombre dans la zône qui entoure les vaisseaux. Nous pensons qu'il s'agit ici d'une prolifération de myélocytes.

3° Les parois des vaisseaux artériels sont recouvertes de noyaux dont les dimensions sont, en général, un peu inférieures à celles des précédents. Les gaines péri-vasculaires en sont remplies.

La substance grise des cornes postérieures présente également une multiplication nucléaire, mais qui nous à paru moins abondante qu'au niveau des cornes antérieures.

La substance blanche (tubes nerveux et névroglie) est tout-à-fait intacte. L’altération, ainsi que nous l’avons déjà dit, est exactement limitée à la substance grise.

Elle s'étend à toute la hauteur de la moelle épinière ; elle est presque aussi prononcée à la région cervicale qu'au niveau de la région dorso-lombaire. Toutefois Paltération des cellules est plus complète dans la région dorso-lombaire.

Les noyaux d’origine des nerfs de la région bulbaire inférieure ne présentent pas d’altération appréciable ; les cellules nerveuses sont conservées ; on trouve seulement un assez grand nombre d'éléments nucléaires sur les gaînes péri-vasculaires.

OgsErvariIoN III.

Myélite aiguë, à forme ascendante et à marche rapidement destruclive, paraissant liée au froid.

Observation recueillie par les docteurs E. Bancel et Liouville.

V.., garde-mobile, âgé de vingt ans, n'ayant présenté aucun antécédent pathologique, mais après avoir passé une nuit sur les remparts et s'être longtemps couché sur l'herbe refroidie, est pris de douleurs et de faiblesse dans les jambes.

* Le lendemain, 15 août 1870, il arrive à l'hôpital à grand peine soutenn à l’aide de deux bras.

Il se plaint de faiblesse dans les membres inférieurs, de rétention complète d'urine et de douleur au creux épigastrique.

Le pouls est à 80, assez régulier.

Le soir on constate une insensibilité des jambes et du tronc, limitée par un cercle passant vers les dernières vertèbres dorsales. Il n’y a pas de mouvements réflexes. La miction à été involontaire, probablement par regorgement.

Du reste le malade voit bien, entend et comprena parfaitement.

Des ventouses sèches et scarifiées sont appliquées dans la région dorso-lombaire. Après le cathétérisme, la sonde est restée à demeure.

Mardi 16. — Intelligence plus engourdie que la veille. Mal de tête. Sensibilité des membres supérieurs. L'insensibilité semble localisée dans les membres inférieurs et ne va que jusqu’à l'ombilic.

Le malade comprend plus difficilement. Toujours rétention des matières fécales et paralysie de la vessie. État typhoïde, de temps en temps, les bras cherchent dans le vague et ramassent les couvertures. Il paraît fatigué et répond mal aux questions. Un peu de délire la nuit. Pouls 66, cautères, pointes de feu dans la région dorso-lombaire.

Lavement purgatif.

Mercredi 47. — Délire toute la nuit, pas plus de fièvre, mais

crispation des dents.

Page 1