HISTORIQUE
Il n'existe dans les auteurs anciens qu’un très-petit nombre de documents relatifs aux maladies spinales. Cependant la paralysie, l’anesthésie des membres, la paralysie des réservoirs et la dyspnée sont indiquées par Hippocrate comme des symptômes des altérations de la moelle (4).
Le moyen-âge et la renaissance s’écoulèrent sans rien ajouter à ces notions rudimeniaires; aussi peut-on dire avec vérité que l’histoire des maladies de la moelle date seulement de la fin du dernier siècle.
41, Œuvres d’Hippocrate, traduction Littré.
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En Iialie, P. Franch (4) (1791), publie son traité dé pathologie dans lequel il rattache à la moelle plusieurs affections jusqu'alors inconnues. Après lui, Macari (2) et de Bergamaschi (1810) donnent, sous la dénomination vague de spinitis, une description de l’inflammation de la moelle et de ses enveloppes. |
Nous ne ferons que signaler, pendant les années suivantes, un certain nombre de thèses soutenues soit à Paris, soit à Montpellier, dont les auteurs ont gardé avec l’expression vicieuse de spinitis les doctrines confuses de leurs devanciers.
Vers la même époque, en Allemagne, Harless (3) (1814), dans sa thèse inaugurale, et d’autres auteurs après lui, prenaient pour ütre de leurs travaux sur la moelle l’expression beaucoup plus juste de myélte ou myélitis. Déjà, les faits plus nombreux et les lésions mieux observées permettaient de séparer la myélite de la ménmgite et même la myélite aiguë de la myélite chronique.
Enfin, Ollivier d'Angers (4) (1821) résume dans son beau traité les connaissances acquises jusqu’à ce jour sur les maladies de la moelle et apporte de nombreux faits personnels. À dater de ce moment, les recherches se multiplient et nous ne saurions suffire à rappeler dans cette rapide exposition les nombreux travaux sur la question, publiés par Abererombie, en Angleterre, par Bouillaud, Calmeil, Rostan, Laugier et les auteurs du Compendium, en France.
4. Franck. De cur. hom. morbis epitome, 1792. 9. Macari. Annales cliniques de Montpellier, 1810, t. XXII. 3. Harless. Dissertat. inaugur. de myelitide, Erlaugen, 1814.
Z. Ollivier d'Angers. Maladies de la moelle, t. IT, p. 302 ; 3me édition, 1837.
QUE Los
C’est l’époque où la physiologie expérimentale, s’inspirant des belles recherches de Ch. Bell et de Magendie sur les fonctions dévolues aux racines antérieures et aux racines postérieures de la moelle, poursuit avec ardeur l’étude de ces difficiles problèmes ; il est intéressant de suivre les progrès réalisés par la clinique, à mesure que la phystologie ouvre à l’observation des horizons nouveaux.
Aussi Calmeil pourra-til écrire, dans le dictionnaire en trente volumes publié en 1839, les lignes suivantes que nous reproduisons : « C’est surtout en metlant à profit les notions physiologiques, rapidement acquises depuis quelques années sur les fonctions d'ensemble du système nerveux, de chaque portion spéciale de ce système, en réfléchissant sur les faits sans nombre qui sont venus offrir une base solide au diagnostic des maladies du cerveau et du cervelet que l’on a été conduit à motiver le diagnostic différentiel des maladies de la moelle épinière. Par malheur, il est un certain nombre de désordres fonctionnels qui paraissent provenir de la moelle rachidienne dont la véritable nature semble devoir encore rester cachée pour longtemps. »
Ün avenir plus prochain que ne le croyait Calmeil devait éclairer la plupart des points dont l'obscurité lui paraissait alors si profonde.
En eflet, la physiologie fait chaque jour une nouvelle conquête; Flourens découvre le nœud vital; lœuve de Magendie est contnuée par Larget; et M. Brown-Séquard, pour ne citer qu'un exemple afférent à notre sujet, montre qu'une plaie du côté droit de la moelle entraîne dans le côté correspondant du corps la paralysie musculaire, la pa-
ML M ralysie vaso-motrice et, du côté gauche, la paralysie desdiverses espèces de sensibilité.
Bientôt Cruveilhier (1) (1853), figure la lésion de la sclérose en plaques, signale une des altérations fréquentes de l’atrophie musculaire progressive, et Duchenne de Bou- Jogne (2) (4858-1859) trace l’histoire clinique de l’ataxie locomotrice progressive.
Beaucoup de publications importantes, parmi lesquelles les thèses maugurales de Frène, de R. Pellarin, de Tellier, de Bailly. etc., etc., mériteraient une mention spéciale. Mais, obligé de restreindre ce chapitre de notre thèse, nous ne pouvons signaler que les articles les plus autorisés, notamment l’histoire de la myélite aiguë dans les ouvrages classiques de pathologie mterne de Grisolle de MM. Hardy et Béhier et de Monneret.
Mais l'étude de la la myélite devait encore subir de nouvelles modifications, Bientôt Wirchow, Bidder, Kollhiker démontraient la présence du tissu conjonctif dans la moelle et faisaient netlement ressortir l'importance des modifications cellulaires de ce tissu dans les inflammations chroniques de l'organe.
En 186%, M. Jaccoud (3), dans son beau traité des pa- raplégies et de l’ataxie, nous donne un remarquable exposé de l’état de la question et des merveilleux progrès successivement réalisés dans la pathologie de la moelle.
Toutefois, la science ne va pas rester stationnaire.
En France, sous l’énergique impulsion de MM. Charcot
4. Cruveilhier. Bullet. de l’Acad. de méd. 1855, t. VIII. 9. Duchenne de B. Mémoire sur l’alaxie locomotrice progressive.
Archives gén. de méd. déc. 1858, avril 1859.