ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les lésions anatomiques qui appartiennent à la myéhite spéciale dont nous essayons d’esquisser ici les principaux traits, sont presque exclusivement du ressort de lhistologie et nous montrent quelle influence ce mode d investigation de date toute moderne a exercée déjà et est appelé à exercer encore sur la pathologie de la moelle et du système nerveux en général.
Mais avant d'aborder l’étude des altérations des éléments qui entrent dans la composition de la moelle, nous croyons devoir rappeler brièvement comment se présentent à l’état normal les différents éléments.
La moelle épinière, nous disent les traités d'anatomie, est un long cordon nerveux, contenu dans la cavité rachidienne et revêtu d'enveloppes protectrices appelées méninges.
Elle commence à l’entrecroisement des pyramides et finit à la queue de cheval, vers le corps de la deuxième vertèbre lombaire.
Elle est formée de deux substances fondamentales, la
| A substance blanche et la substance grise et d’une substance unissante accessoire, appelée névroglie, qui représente dans le tissu nerveux, l'élément conjonctif répandu dans les autres systèmes de l’économie, bien que pour des micrographes distingués elle diffère de ce dernier par des caractères nettement tranchés.
La substance grise, centrale, forme de chaque côté de la ligne médiane deux colonnes principales unies entre elles par la commissure blanche en avant et, en arrière, par la commissure grise au centre de laquelle se trouvent le canal épendymaire.
Ces masses centrales de substance grise se divisent ellesmêmes en corne antérieure et en corne postérieure, ayant chacune des attributions distinctes, l’une pour le mouvement et l’autre pour la sensibilité. |
En dehors de la substance grise, et lui servant en quelque sorte d'appareil de protection, est située la substance blanche entourée elle-même intimement pas la pie-mère et ses nombreux prolongemenis.
Un riche lacis vasculaire à parois épaisses complète cette disposition anatomique.
Voyons maintenant, ce que nous apprend lhisiologie sur la structure comparée de la substance grise et de la substance blanche.
Substance grise. — Son principal élément est la cellule perveuse avec un ou plusieurs prolongements. On la trouve aussi bien dans les cornes antérieures que dans les cornes postérieures, mais avec des dimensions différentes, s’il faut en croire bon nombre d’anatomistes. Les cellules nerveuses des cornes antérieures sont plus volumineuses et ont des
* protons phs nombreux : mais. s PL n 'est pas possible PR . dans l'élat actuel de la science , d'accepter | la division de | ces cellules en cellules motrices, sensitives et sympathiques, u 1 comme le voulait Jacubovitch, les travaux de M. Charcot ont bien établi que des troubles trophiques très-différents. se manifestaient suivant que les cellules antérieures ou les Ur cellules postérieures étaient altérées. Nous reviendrons: sur ro ces faitsau chapitre de la symptomatolagie. | ni ne EL . Entre les cellules, Ja névrolgie forme une traîne conjonc=. k, tive à mailles fines et serrées et l’on ÿ voit eir ‘euler de nom- breux vaisseaux capillaires. ..
* Substance blanche. — Elle est constituée par îles she | nerveux blanchâtres prenant leur origine dans les cellules de la substance grise. Le cylindre d’axe entouré de myéline est supporté par le réseau très-nettement dessiné de la né- Ne k vroglie. Le système capillaire sanguin paraît moins dé t NAS ei, = | loppe que dans la substance grise. Çà et là pénètrent de. à nie. ces trainées de tissu conjonctif émanées de la pie- mère, que nous avons déjà signalées. | Free eh Ces indications générales nous étaient nécessaires pour ne 4 Va ie exposer les modifications que linflammation imprime aux | 4 | = différentes paries constituantes de la moelle. Toutefois, il nous serait difficile, dans une affection dont la marche est ordinairement si rapide, d'établir une ligne de démarcation bien nette entre les différentes périodes auxquelles on a l’habitude de rapporter les désordres anatomiques. Aussi décrirons-nous successivement les altérations de la substance te blanche, de la substance grise et de la névroglie, sans prés ne tendre donner du processus pathologique une rigoureuse interprétation. |
; ; oh SONE”
RO oo
Examen de la moelle à l'œil nu. — « Dans la myélite centrale, dit M. Jaccoud (Traité de pathologie interne), il y a quelquefois une injection de la pie-mère et une légère intumescence de la moelle, mais toute modification extérieure peut faire défaut. » Dans tous les cas particuliers dont nous avous reproduit l’histoire, l’examen direct a permis de constater seulement un peu de vascularisation de la pie-mère et une rougeur plus ou moins intense sur les coupes transversales de la moelle, surtout au niveau de la substance grise. En général, la consistance de la moelle nest pas sensiblement modifiée ; elle ne paraît pas ramollie ; M. Hayem (1) croit même lavoir trouvée un peu augmentée.
La suppuraton est très-rare ; le cas de Carswell (2) est à peu près unique dans la science, tous les autres faits de de myélite suppurée n’étant en réalité que des méningites suppurées. | ;
Autour de la moelle, M. Hayem a vu les veines rachidiennes et le tissu cellulaire péri-méningien fortement congestionnés, la dure-mère elle-même hypérémiée, les vaisseaux sous-arachnoïdiens gorgés de sang et plongés dans un tissu infiltré de sérosité trouble. Quelques adhérences peuvent exisler entre la dure-mère et l’arachnoïde.
Examen histologique. — Substance blanche. Elle peut être fort peu altérée. Chez le malade de M. Martineau, les lésions ont paru limitées à la substance grise (il est vrai que le malade est mort le cinquième jour après l'apparition de la paraplégie). Quand il existe des lésions de la substance blanche, elles portent : {° sur les tubes nerveux et leur