‹ Essai sur la nature des engraisChapitre 10 sur 34 · Tourbes · texte numérisé non relu

Tourbes

Nous pourrais ranger quelque sol que ce soit dans ces divisions Lès deux articles précités renferment généralement tout ce qui concerne l'enlèvement des gaxons et Técobtrage ; d’autant plus que , dans

ce c$s, les substances animales sont

trop peu considérables pour mériter une certaine attention ; et que la des- * tructiou des auimaux vivans, tels que

les vers et les insectes, «Toit être en»

visagée nirome étant depeu deconséquence dans ^opération en général. 7

M. Kirwan dît « que l’action d’enlever et de brûler des gazons réduit les racines des végétaux en charbon et en cendres, et prépare en conséquence un stimulant pour la nutrition des végétaux. *

Lord Dundonald observe « que c’est seulement des cendres de végétaux frais et encore en pleine croissance qu’on peut obtenir les subfrr tances salines, ou les sels alkalins,.

tandis qu'on ne peut obtenir rien de semblable de la tombé, eu de la matière végétale livrée à l’inertie* La matière sali-oe obtenue dans le procédé consiste en tartre vitriolé ’ t i’alkali des végétaux brûlés, se coin-

forne avec l’acide vitriolique , qm est contenu en différens états de corabinaispn ou dans une multitude’ de terrains. Le tartre vitriolé possède des propriétés extrêmement puissantes pour provoquer la végétation, «r II procure, comme le remarque M. Sennebicr, la décomposition de l’eau'. On verra ci-après qug. l 'hydrogène est une des nourritures les plus actives des plantes ; raison pour laquelle tout ce qui aide à cette décomposition , joue un très-grand rôle dans •la végétation,

M. Fourcroy pense que les cendres des végétaux, que l’on avoit supposées ne consister qu’en terre et eh argile, après en avoir retiré l’alkali fixe par la lixiviation, sont ; principalement des phosphores' calcaires, comme celles des os des- an i-

maux. Le lord Dundonald partage’ cette opinion. Cette observation est des plus importantes et mérite d’être suivie. Quant à ce qui regarde la calcination des terres, celles de .Par-

gile et de la matière calcaire ont déjà été décrites, et cotte opération est très-avantageuse dans une foule de circonstances.

La terre-glaise présente des combinaisons très -variées de sable , d’argile et de terre calcaire. Les effets du feu, à l’égard du sable, qui se trouve mêlée dans la terre glaise ,,

ou qui se voit à l’œil ‘dans une glaise

sablonneuse, ne sont pas encore assez connus, et les conséquences qu’on pourroit en tirer ne seroient pas marquées au cachet de Pexactitudé.

S’il m’étoit permis de discuter ce point, je supposerai que le feu n’a^

joute rien h la nature du sable qui puisse le rewclre plus fertile. Ctette opération est seulemenign propre à rompre son dernier degré de Cohésion, quelle qu’en soit l’origine , et le rendre ainsi plus préjudiciable qü’u- 4ile. Le fer, en» combinaison avec J’air atmosphérique , reforme cette agrégation (i). Dans tous les cas »

cette question est digne des médi-, tâtions Téunres des chimistes et des cultivateurs : mais en ceci, comme ailleurs , il faut plus expérimenter que raisonner.

L’effet de la chaleur est remarquable dans cette opération Dans les endroits où l’écobuage a eu lieu, l’expérience a démontré qu’il étoit nécessaire d’enlever toutes les cen-

(l) Davy.

rfres de la placé où le feu avoit.été fait ; c r est pourquoi des cultivateurs très-soigneux ont enlevé meme jusqu’à une partie de la terre non calcinée ; alors , dans ces espèces de creux , il se manifeste une végétation plus forte iét un ton de verdure

plus prononcé que dans tout le reste du champ cultivé. On en pourroit donc inférer , que la chaleur gêné- raie y en expansion , a un bien plus grand effet qu’on ne le soupçonne

communément.

§ 2. Des propriétés des cendres gui proviennent de relèvement des gazons et de leur combustion.

Les cendres végétales, absorben t Ta* eide carbonique de l’atmosphère (i).

(0 Plies tley. *

^(fes tendent vers leur décomposé tion, et contiennent trois parties d’acide carbonique et un quart légèrement inflammable ; elles opèrent pendant quelques années,réab* sorbanten hiver les principes qu’elles avoient perdues en été (f).

Je m’imagine que l’avantage résultant de l’écobuage sur quelques sots, dépend de lâ chaleur émanée lors de la combustion des fibres vé-' gétales , réunissant l’ofcigëne avec l’argile, qui forme plus de la moitié de la masse des gazons , tels qu’on les enlève du sol (a).

On ne peut point douter que let cendres produites par l’écobuage, n’opèrent ainsi que le feroit un en-

(1) Fabrony,

(2) Darwin-

grais très-puissant; puisque les neuf .

dixièmes des épreuves nombreuses faites^en tant «de comtés, s’accordent pour prouver que les produits sont extrêmement vigoureux et généralement supérieurs à tous ceux que l’on obtient par tout autre engrais. Ils ont été tellemen t vigoureux, abondans, et pour ainsi dire gigantesques, que le sol en.eSt demeuré dans un état d’inanition et dÿmpuissance.

Cet objet, dans la théorie actuelle de l’agriculture, est un de ceux qui demandent plus que les autres l’attention du chimiste expérimenté.

L’examen qui a été fait des cendres des végétàux ét de celles dès terres a eu rapport au bénéfice résultant de leur usage; cependanpil est bien loin, d’être satisfaisant* relatiyemlent :

à la végétation éborme qui aétéla*

.«aiite de l’opération de la combustion des gazons. J’ai entrepris un grand nombre de courses dans l’intention: de découvrir la théorie de î^énobuage ; mais mes recherche»

«’ont pit entièrement me satisfaire* La formation du charbon de bois, du sulfate de tartre et du phosphate de chaux, avec la décomposition de l’eau et l’oxigénation de l’argile, joint; ap changement mécanique opéré par le feu, doivent certainement être considérés comme une partie importante de l’amélioration. ■ j > • 1 •

§ 3 V enlèvement des gazons et la,

$ combustion .

La pratique commune est 'de couper le galon à deux pouces de profondeur dans des fonds tourbeux;

dans les autres fonds h un pouee et demi seulement : cependant un pouce est la profondeur générale.

M. Wilhes, du comté de Derby, a fait lever les gazons, àneufpou^ ces de profondeur au moyen de la charrue, et brûler le sillon entier au moyen du charbon de terre ; cette méthode double la quantité du terrain écobué , mais elle opère une»

immense amélioration sur l’espace soumis aussi profondément à Iâ combustion. J’ai mi d’autres cas, dans lesquels on a voit brûlé quatre pouces d’épaisseur avec le plus grand succès. Dans les bruyères du comté de Cambridge, on lève les- plantes à la charrue , à la profondeur d’un ou deux pouces. Dans les sables, on fait cette opération aussi légèrement qu’il est possible. j * i, .

L’attention principale que l’on doit avoir dans l’opération de l’écobuage est de prendre garde à une trop grande calcination ; car l’opinion générale de ceux qui ont le plus pratiqué cette espèce d’engrais, est qu’il vaut mieux que les gazons soient plutôt comme rôtis ou convertis eu scories, que réduits en cendres. Si on brûle par une bise un peu forte, souvent le sable se vitrifie , et en plusieurs années, peut-être même’ jamais, il ne sera réintégré dans un état capable de contribuer pour quelque chose à la nourriture des végétaux : aussi trouve-t-on une pratique particulière chez les cultivateurs qt& craignen t cet inconvénient • avant de procéder à la combustion, ils font secouer en temps sec la plus grande partie de la substance ter-

reuse de leurs gazons enlevés, en faisant promener la herse par-dessus.

Les gazons en deviennent plus minces , et alors on applique le feu , sous ]e*vent, aux monceaux qu’on en a fait. Cette méthode peut être regardée, à de certains égards, comme très - particulière , attendu qu’elle donne seule une substance carbonisée connue sous le nom de cendres

noires , qui , semblable à la terre à brique rouge , offre , dans le principe, peu de fertilité, mais qui est susceptible d’absorber postérieurq- ' ment l’humidité de l’atmosphère.

Cependant , comme je l’ai expérimenté moi -même dans ma propre culture, on rencontre encore d’autres circonstances qui influent sur ce point : tels que l’état de l’atmosphère lorsqu’on enlève les gazons, la

profondeur à laquelle on les fouille et leur âge. Toutes ces considérations doivent avoir lieu lorsque l’on veut établir les opérations sur des bases certaines, *

§ 4. État dans lequel V application des cendres doit avoir lieu.

On rencontre à ce sujet beaucoup de différences dans la pratique générale. Il y a deux méthodes : l’une de répandre les cendres et de labourer la terre immédiatement après; l’autre de les répandre immédiatement, mais de les laisser exposées aux influences de l’atmosphère pendant quelques mois , et de les enterrer ensuite. L’on doitàM.Wedge une triple expérience qu’il fit dans le même champ , situé sur les hau-

teurs de New-Market, dans un fonds calcaire recouvert d’une mince cou*

ché sablonneuse. Dans une partie du champ, les gazons furent levés et brûlés immédiatement, les cendres furent répandues sur le terrain et on les laissa, exposées à l’air jusqu’à l’automne, saison où la terre fut labourée et préparée pour recevoir du froment ; une autre partie fut levée et brûlée plus tard ; on laissa les cendres amoncelées , efc elles ne furent enterrées qu’avec les semailles; l’autre tiers fut labtmré, sans que les gazons aient été brûlés, à Cause du mauvais temps. La première portion fut celle qui produisit le plus, la seconde rapporta moins et la troisième fut, sans aucune comparaison, très- inférieure aux deux autres. Ceci me paroît dé-

montrer que les cendres absorbent quelque chose de l’atmosphère , qui ajoute à leurs qualités fertilisantes.

§ 5. Application .

Les circonstances qui me paroîs- &ent devoir être envisagées sous ce point de vue * sont :

i°. L’action de répandre les cendres ;

3°. La profondeur du labour.

L’observation que les cendres procuroient plus 'd’amélioration après avoir été quelque temps exposées à l’J^lion de l’atmosplière , fut probablement le motif qui engagea M.Tuke, d’York, a employer sur les terrains élevés du Lincoln, une pratique qui mérite d’être remarquée;, elle consiste à lever au milieu du terrain une" portion de terrp , suf-

fisamment spacieuse pour y placer les tàs à brûler, cl Vu lever les plantes qui' s’y trouvent, afin de la labourer ensuite pour y former les monceaux de gazons; de sorte que, par ce moyen, le terrain se trouve labouré avant que les cendres soient répandues. On obtient par- là deux effets essentiels. Premièrement l’exposition des cendres à l’air, çt secondement elles ne sont pas enterreçs ail fond du sillon, mais elles sontPcon-

t rj r » -

servées à la surface, afin de s’y combiner avec le sol, en prévenant leur précipitation.

Les résultats de l’action de répandre les cendres sur le terrain , dépendent d’un travail manuel, comme

pour toute autre espece d engrais.

La pratique générale, si nous en exceptons cependant quelques cas

particuliers, est de donner tr?s - légèrement le premjer labour. Une multitude d’observations ont conyaincu les cultivateurs dans presque toutes les parties du royaume, que ces cendres ont une tendance à s’en*

foncer, et en conséquence on cheiv cbe. h les retenir le. plus pyps possible de la surface par de légers labours, principalement au commencement. En labourant avant que de les répandre, on est dispensé de suivre cette méthode.

§ 6. Saison.

Comme l’opération ne peut être N entièrement terminée que par un beau temps, il est ordinaire de la

commencer en mars , mois dans le-

quel le vent du nord règne davantage que dans tout autre temps.

( io3 )

Lorsque l’espace à brûler est grand , on continue l’opération dans le mois de septembre ; et lorsque les cendres ont acquis toute leur amélioration par les influences de 1 atmosphère, chacun peut les enterrer d’après l’arrangement et l’ordre des travaux qu’il jugera les plus convenables.

§ 7. Du sol.

Comme la quantité de l’engrais que l’on obtient par ce moyen , dépend entièrement de l’épaisseur des gazons; je passe à la considération des terrains où l’opération de les lever se recommande le plus.

J’ai fait, choix de deux sols de nature différente : l’un de collines tourbejjses, l’autre de glaise médiocre; dans tous deux mon succès a été complet. Mais comme les informa-

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