‹ Essai sur la nature des engraisChapitre 31 sur 34 · Restant de drèche · texte numérisé non relu

Restant de drèche

Il n’existe pas de province en ce royaume où cette matière ne soit employée comme engrais, et partout avec succès. Indépendamment de l’expérience générale, on en a fait quelques épreuves particulières. M.

Ujower a comparati vemen t examiné, j.° de la drèche moisie, mfi des os concassés, 3.° de$ râpures de corne, 4. 0 du fumier d’étable, 5.° du # sel, 6.° la poudre de Yanstake sur des

(1) Farn^er’s magasine, yol. JY..,, -

prairies, et le résultat fut clans l’ordre suivant, i.°la drèche, a. 0 le fumier d’étable, 3 .° et 4. 0 les râpures de cornes et les os concassés en égalité. Le sel et la poudre de Yanstake ne produisirent absolument rien (1).

M. Middleton essaya cinquante^ soixante bushels de restans de dreclie par acre dans une terre-glaise tenace et dans un fond d’argile jaunâtre; il obtint un bénéfice considérable, et il en résulta une moisson avantageuse. Mais sur des marais couverts de bruyères, cet engrais coûtant cinq livres sterlings le tonneau , ne rendit qiie les frais (a). Lisle , cultivateur d’une grande expérience , se servoit de cet engrais depuis nombre d’an-

(1) Report.

(a) Sociétés Transactions, vol. xvii.

nées. Quatre-vingts bushèls par acre ) sont préférables an fumier, pour le sarrasin, dans des terres argileuses, et donnent secondairement une excellente moisson d’orge. Avec la dre- „ che , j’ai singulièrement amélioré des pVair-ies froides , en y employant la * poussière sortant du crible*, le gros étant réservé pour engraisser des porcs. Dans le comté d’Hertford , on en employé de trente à quarante bushels par acre. Je m’en suis servi en diverses saisons et dans tous les sols possibles, et toujours avec Succès.

On peut attribuer ce succès à deux causes : premièrement la drèchc a éprouvé de la chaleur que nous avons reconnu avoir de l’eflfèt, mais dont les causes ne sont pas encore bien reconnues \ deuxièmement et

principalement , elle contient de»

portions germinatives de l’orge, à l’état sacclrarin , ainsi que de l’hydrogène et du carbone, et par conséquent elle ne peut manquer de fournil* directement' à la nutrition des plantes.

io. Des tourteaux de navette.

Depuis plus de cinquante ans, ils sont communément en usage dans le comté de Norfolk; lorsqu’on pouvoit les obtenir à quatre livres sterling, ou quatre livres dix sous par tonne, on en dunnoit une demi-tonne à chaque acre. Mais, dans les dernières années , le prix en est doublé et la quantité employée est dimiï nuée dans la meme proportion. Maintenant une tonne sert pour trois acres; M. Cokes , par une pratique

qu’on ne peut trop approuver, fait mettre ces tourteaux en poudre pour :

en semer la poussière avec la graine de turncps , et par ce moyen une tonnesuffitàcinqousixacres. Avant cette invention, on les concassoit seulement en petits fragmens, et en cet état, on les enterroit à la charrue six semaines avant les semailles, afin de leur donner le tems de se dissoudre en terre. Eu l’enterrant avec le sarrasin , on a reconnu que la réèolte étoit meilleure qu’avec du fumier; cependant les turneps n’ont pas autant donné secondairement que si le terrain avoit été fumé à l’ordinaire (i). Le marquis d’Exeter ( 2 ) a mis en comparaison , dans un ter-

(1) AnnalV, roi. U.

(2) Ibid, vol. xxix.

roir crayeux , deux quarters de tourteaux de navette par acre, à vingt • shellings le quarter, et deux autres engrais, l’un de chaux et l’autre de fumier de basse-cour; l’effet des tourteaux fut bien supérieur; la drèche et la suie donnèrent des produits égaux en sarrasin; mais les tourteaux de navette firent encore mieux. On .

peut, d’après une bonne théorie, reconnoître la manière d’opérer de cet engrais. Tous les corps oléagineux sont extrêmement abondans en hydrogène et en carbone; ils doivent donc être d’une très-grande utilité.

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