Restant de drèche
Il n’existe pas de province en ce royaume où cette matière ne soit employée comme engrais, et partout avec succès. Indépendamment de l’expérience générale, on en a fait quelques épreuves particulières. M.
Ujower a comparati vemen t examiné, j.° de la drèche moisie, mfi des os concassés, 3.° de$ râpures de corne, 4. 0 du fumier d’étable, 5.° du # sel, 6.° la poudre de Yanstake sur des
(1) Farn^er’s magasine, yol. JY..,, -
prairies, et le résultat fut clans l’ordre suivant, i.°la drèche, a. 0 le fumier d’étable, 3 .° et 4. 0 les râpures de cornes et les os concassés en égalité. Le sel et la poudre de Yanstake ne produisirent absolument rien (1).
M. Middleton essaya cinquante^ soixante bushels de restans de dreclie par acre dans une terre-glaise tenace et dans un fond d’argile jaunâtre; il obtint un bénéfice considérable, et il en résulta une moisson avantageuse. Mais sur des marais couverts de bruyères, cet engrais coûtant cinq livres sterlings le tonneau , ne rendit qiie les frais (a). Lisle , cultivateur d’une grande expérience , se servoit de cet engrais depuis nombre d’an-
(1) Report.
(a) Sociétés Transactions, vol. xvii.
nées. Quatre-vingts bushèls par acre ) sont préférables an fumier, pour le sarrasin, dans des terres argileuses, et donnent secondairement une excellente moisson d’orge. Avec la dre- „ che , j’ai singulièrement amélioré des pVair-ies froides , en y employant la * poussière sortant du crible*, le gros étant réservé pour engraisser des porcs. Dans le comté d’Hertford , on en employé de trente à quarante bushels par acre. Je m’en suis servi en diverses saisons et dans tous les sols possibles, et toujours avec Succès.
On peut attribuer ce succès à deux causes : premièrement la drèchc a éprouvé de la chaleur que nous avons reconnu avoir de l’eflfèt, mais dont les causes ne sont pas encore bien reconnues \ deuxièmement et
principalement , elle contient de»
portions germinatives de l’orge, à l’état sacclrarin , ainsi que de l’hydrogène et du carbone, et par conséquent elle ne peut manquer de fournil* directement' à la nutrition des plantes.
io. Des tourteaux de navette.
Depuis plus de cinquante ans, ils sont communément en usage dans le comté de Norfolk; lorsqu’on pouvoit les obtenir à quatre livres sterling, ou quatre livres dix sous par tonne, on en dunnoit une demi-tonne à chaque acre. Mais, dans les dernières années , le prix en est doublé et la quantité employée est dimiï nuée dans la meme proportion. Maintenant une tonne sert pour trois acres; M. Cokes , par une pratique
qu’on ne peut trop approuver, fait mettre ces tourteaux en poudre pour :
en semer la poussière avec la graine de turncps , et par ce moyen une tonnesuffitàcinqousixacres. Avant cette invention, on les concassoit seulement en petits fragmens, et en cet état, on les enterroit à la charrue six semaines avant les semailles, afin de leur donner le tems de se dissoudre en terre. Eu l’enterrant avec le sarrasin , on a reconnu que la réèolte étoit meilleure qu’avec du fumier; cependant les turneps n’ont pas autant donné secondairement que si le terrain avoit été fumé à l’ordinaire (i). Le marquis d’Exeter ( 2 ) a mis en comparaison , dans un ter-
(1) AnnalV, roi. U.
(2) Ibid, vol. xxix.
roir crayeux , deux quarters de tourteaux de navette par acre, à vingt • shellings le quarter, et deux autres engrais, l’un de chaux et l’autre de fumier de basse-cour; l’effet des tourteaux fut bien supérieur; la drèche et la suie donnèrent des produits égaux en sarrasin; mais les tourteaux de navette firent encore mieux. On .
peut, d’après une bonne théorie, reconnoître la manière d’opérer de cet engrais. Tous les corps oléagineux sont extrêmement abondans en hydrogène et en carbone; ils doivent donc être d’une très-grande utilité.