La chaux
La première de ces substances a été classée avec les autres espèces de cendres, et on a traité de la quatrième dans la première division de ce Mémoire.
g 1. Du sel.
(1). Il est prouvé, par des expé-
( 1 ) Afin de rendre ce Mémoire aussi court qui est possible, je renverrai seulement aux auteurs qui ont traité ce sujet. Nnalli’s addemlaL|o Manures ,4 t. 35. Hunter’s F.velyn.
ricnces variées et trop nombreuses •jxtur être rapportées ici , que le sel marin agit comme engrais, clans certains cas, à un degré qui prouve sa bonté, lorsqu’il est employé convc- J nablement. Je sais que des auteurs ont écrit contre son usage; mais la connoissance générale de cet engrais est encore dans l’enfance, et l’on fera bien de se livrer à des épreuves qui puissent donner des résultats satisfaisans. En général on sait que la quantité de sel j à employer comme engrais, est peu considérable ; mais
\cl. 2 , p. - 5 . Wight , vo!. I , p. 246 , vol. iii , p. 3o2. Baker, p. i 5 . Boerhaave , p. 106.
Ho]li>ig>hcad, p. 27, t. 8. Communication ta tlic beau! of Agriculture , vol. I , p. 36 1 . Annal’s , vol. I , p. 1 47 ^ 2^0 ; vol. ni , par, 19 ; roi. 5 , p. i 4 9 , 527; vol. xxvm, pag. 2QO ^ et beaucoup d’autre*.
Cette quantité n’est rien moins què ^ déterminée. Il est par conséquent# très-facile de commettre des erreurs à ce sujet , comme à beaucoup d’autres, et il n’en faut pas davantage pour donner lieu aux rapports défavorables qui existent à cet .égard, et qu’on auroit prévenus avec de l’attention et des soins. Pendant plusieurs années, j’ai fait des expériences sur cette substance, et l’une d’elles m’a surtout parfaitement convaincu que le sel est un engrais puissant, surtout quand on l’ajoute à d’autres , ou a un tas de fumier ; et j’en ai été assez certain pour me décider à en faire répandre une petite quantité sur tous mes fumiers de basse-cour, à l’époque de l’amendement des terres.
Si à ces faits de pratique nous
joignons quelques remarques cmmïques dues à d’excellens écrivains, nous n’hésiterons plus à ce sujet, et nous sentirons au contraire facilement, que de pareils ‘résultats sont conformes à la nature et aux propriétés du sel.
« L’application de l’eau de mer à des végétaux , donne le gaz hépatique putrescent, formé par le mé^ lange des sucs végétaux avec les sels vitrioliques neutres contenus dans l’eau de mer. Le muriate de magnésie constitue uu quart de la matière saline de l’eau de mer. On a retiré un trèsrgrand avantage de son usage, pour provoquer la végétation, en la mélangeant avec du fumier. Elle renferme une puissance, septique qui excite la putréfaction Çi) ».
(<) Lord Dundouald.
** Cent parties de sel marin , contiennent cinquante-trois parties d’alkali (soude), et quarante sept d’acide ( i) ■*.
« Il est probable que le sel marin opère coipme accélérant la putréfaction ( 2 ) >». Une once sur douze lia te celle dessubs tances animales (3).
La conversion du sel marin en alcali , par la putréfaction , ne permet aucup doute sur futilité de son emploi ( 4 )».
. André et Parmentier sont aussi pour le sel ; ils prouvent que la pu.
tréfaction décompose les sels muriatiques (5). C’est ce que fait aussi la soude , lorsqu’elle est sèche.
(1) Kir u an.
(2) Bishop "Wulson.
§ 2. Du gypse.
Je ne connais aucun engrais sur lequel les rapports des agriculteurs soient aussi contradictoires que sur le gypse. Beaucoup de personnes ont avancé qu’il n’étoit pas un engrais , et que , par expérience , il n’étoit résulté aucun bénéfice de»son emploi ; tandis que d’autres ont présenté une série d’expériences annuelles, toutes plus ou moins avantageuses.
Ici, comme dans la section précédente, nous sommes arreté par notre peu de connoissances. Nous devons, en conséquente, accueillir les rapports favorables, et attribuer le non-succës au sol , à la saison , ou à d’autres circonstances dont il n’à point été fait mention. Dans le cin-
quième volume des Transactions de la Société de Bath. On voit qu’il y a eu en Amérique plusieurs épreuves propres à prouver l’importance de cet engrais. On y trouve encore de semblables résultats obtenus de même en Allemagne. Ces observations sont multipliées dans les Transactions de la Société d’agriculture de New-York; et d’après les résultats, il n’est plus permis de mettre en doute le bénéfice qu’on peut obtenir au moyen de cet engrais.
.D’après des expériences répétées, M. Logan a formédes conséquences suivantes \ i°. Qu’il n’y a aucune différence entre le gypse américain et le gypse d’Europe; 2 °. qu’il agit immédiatement comme engrais dans les prairies ; et ensuite dans un égal degré sur les grains;3°, qu’une façon
ou main-d’œuvre continue de suite ’
sur . plusieurs récoltes; 4 0 . qu’il ne produit aucun effet remarquable lorsqu’on s’en sert comme ^l’une avant-façon pour les grains ; 5°. qu’il donne une augmentation de végétation dans des terrains argileux et compactes, mais pas assez pour payer les dépenses de l’engrais.
Par suite de ses expériences , M.
Chamelier Livingstone conclut: i°. Qu’en petite quantité le gypse n’a point d’effet sensî^e sur le sarrasin ; 2°. qu’il est généralement productif à l’égaré dii blé d’Inde ou maïs , pourvu! que ce soit dans des terrains ■ricfies et humidesç 3°. qu’il améliore des terrains pauvres , secs et sablon- ,nèùx ; 4 0 . qu’il s’adapte particulièrement aux treff les dans tous les terrains secs, ou dans les terrains Iiu-
mides , pendant une saison sèche ; -5°. qu’il n’a aucun effet dans le voisinage de la mer.
Mgis M. Smith , de Kent , est celui qui a communiqué au Bureau d’agriculture les observations les plus extraordinaires sur cet engrais; en prouvant que , par son usage ,il est résulté un bénéfice immense pour les treffles , la luzerne , le sainfoin , et en général pour toute autre espèce de récolte.
Il seroit utile de tenter de nouvelles expériences pendant l’espace de trois ans , et d’en donner les résultats dans un ouvrage périodique; deux années ne suffiroient peut-être pas, mais on pourrait obtenir, U troisième, un avantage considérable, surtout après une forte pluie, r II paraît qu’on n’en emploie com-
- ( ai 9 ) *
mu né ment que six bushels ■ par acre.
Des mélanges d’engrais ou composts,
. Les expériences concernant les mélanges sont si difficiles à faire, et il y a tant d’obstacles pour en constater rigoureusement les résultats , que, sur ce point, j-’avoue qu’il m’est
impossible de bien concevoir leur
usage. **
Si c’est pour ramasser de la terre , • de la tourbe , ou une substance calcaire à la place où l’on veut former un tas de fumier , afin de l’arroser d’urine , qui sans cela se perdrait , rieti de mieux; mais sous le rapport des mélanges, cela ne fait rien à 1# question. Répandre un lit, une couche de matière quelconque, sur un tas de fiimier, pour en tirer les
gaz, qui autrement se dissipent ^ cela est encore raisonnable ; mais cela n’a point trait à nos recheiv chésV/ • ' ;
Il a déjà été dit que certaines matières provoquent la fermentation, et je ne veux pas le répéter ici. La fermentation produi t les gaz qui s’exhajentdaqs l’atmosphère, etl’expé-t rience, le prouve suffisant! ment., Si des substances non fermentées étoient enfouies sous les sillons, une fermentation antérieure serôit nécessaire ;mai| nous copnoissong que le contraire a lieu , et tqu’il ç'y .p-pas un atome de perdu. Par le mélange, il se forme quelquefois une troisième manière d’être; mais, dix-neuf fois
sur vingt, c’est un état gazeux qui
se. dissipe. La seule prétention raisonnais qu’on paurroit donc avoir
en formant Une composition > ne seroit point de gagner aucune, matière additionnelle, mais d’éviter ati coh* traire un inconvénient; car , en supi posant que la vase qu’on retireroit d’uni marais fût stérile par son acidité , on pourroit Ip corriger en y mêlant de la potasse, sous quelque forme que ce soit, ou de la chaux, ou de la craie; mais ici se termine l’utilité des mélanges. Je n’admettrai point, puisque l’expérience l’a prononcé , que cela peut s’étendre à la tourbe; car le fait est plus que douteux, et son application a été reconnue très-avantageuse sans aucun semblable mélange. Je n’ignore pas , sur ce point, ce qu’on trouve dans des théories ingénieuses, et surtout dans le chapitre des engrais de la Philologie de Darwin. Mais je pense
que le seul moyen de faire avancer la science, est de s’en tenir aux faits, et de confiner la théorie avec toutes ses conséquences plus ou moins hasardées.
Nous terminerons donc ici toutes les réflexions que nous pourrions faire à ce sujet.
De la nutrition des plantes*
Tous les corps organisés sont so- Jubles en hydrogène, nitrogène, oxigène, carbone, phosphore et soufre.
La grande découverte de M. Bertholet, que la différence essentielle existante entre les matières animales et les matières végétales , est que les premières contiennent le nitrogène, e t que les autres n’en ont point ( i ), ré-
(3) C’est une partie constituante dans quelques plantes. >
( aa3 )
duitla série des parties constitutives.
Par une suite d’expériences bien connues d’ingenholz , de Soteebier, etc. , il paroît que l’oxigène seroit produit d’une matière excrémentale par les végétaux éclairés par le soleil , à la grande purification de l’atmosphère pour l’usage de la respiration animale; tandis que, dans la même opération, les végétaux absorberoient un gaz nuisible qui infecteroit l’air respirable ; admirable sollicitude de cette divine sagesse , qui n’apparoît jamais plus évidemment,* que lors qu’on examine de plus près les travaux de la création !
D’après des expériences extrêmement nombreuses , et des observations faites par les premiers chimistes, il est constant que les deux substances qui jouent le plus grand rôle
dans la végétation > Sont Hiydro^èrtd»
et le carbone.- 0n doit toujours présupposé la présence dedà lumière* et de la chaleur. p 1 » •'•î*»
Daps là
détaillés dans les chapitres précé-' dens ", plusieurs d’entr’éux ont étél cités Comme n’opérant que méca^ niquement et donnant plutôt de la 1 compacité ou de la friabilité au sol, au lieu' de tendre à provoquer la fermentation dont les produits-sont le carbone et l’hydrogène.' Les au* très nourrissent les végétaux d’une 1 manière active , parce qu’ils 'abondent en ces principes, ou qu’ils peuvent se réduire en eux. ' • ■ '
Il n’est pas nécessaire d’insister sur l’importance de l’eau par rapport à la végétation. La décomposition immédiate de cette substance
nomenclature des engrais
composée , par les végétaux , n’est pas encore suffisamment éclaircie.
CepcndantM.Senebier indique fortement la probabilité que l’hydrogène combiné avec le carbone forme les huiles et les matières résineuses, et nous savons que l’oxigène est produit parles feuilles. M. Chantal et le docteur Pearsori ne doutent point de la décomposition. A laquelle de ces substances, de l’hydrogène]oü du carbone d’une importance si peu ^Ôupeonnéc, peut-on assigner les grands effets qu’on réConnoît en elleé ?
MM. Hassenfratz et Kirwan se sont
décidés .pour le catbône. Mais le doc-
■ «Bx f 1 \
teur Pearson combat cette opihiotf, et prétend qu’il n’est pas évident que le carbone donne la nutrition , si ce n’est lorsqu’il est joint à l’hydrogènè et à l’oxygène dans la matière vég^-
talc ; ou à l’hydrogène , l’oxigène et le nitrogène dans les matières aniznales.
L’expériencea prouyé que de l’eau imprégnée d’acide carboqjque est productive , et que le gaz acide carbonique a produit de bo^ çffiets. La conclusion qu’on en peut tirer n’est point décisive ; parce que l’hydrogène est mêlé dans toutes les épreuves *et qu’il en fait probablement pande.
I^st prouvé encore par plusieurs expériences que la fertilité du sol est en raison de la quantité de gaz hydrogène qu’il recèle; et l’efficacité des engrais s’accorde assez avec les mêmes proportions. Le charbon de bois, mis en poudre et distillé, donne une grande quantité de gaz hydrogène.
J’ai trouvé que le gaz hydrogène,
obtenu par la dissolution du fer dans l’acide sulphurique est très-avantageux à la végétation. Je n’affirmerai cependant pas , que dans ce cas , il soit absolument dépouillé de carbone, mais la quantité en est beaucoup troppetite pour permettre d’attribuer cet effet à cette substance.
Une observation de M. Fourcroy jette un assez grand jour sur cette matière. « Le charbon de bois, dit cet excellent chimiste, décompose l’eau, ayant une plus grande affinité avec l’oxigène, qu’il n’en a avec l’hydror gène ». n
Cette observation fait disparoître beaucoup de difficultés concernant l’insolubilité du charbon de bois*dans l’eau. M. Kirwan dit, qu’un grand désir seroi t accompl i, si on découvroi t
le moyen de rendre le. charbon de bois soluble dans l’eau. Le docteur Ingenhouss écrit, qiiè cette substance est totalement insoluble et même inaltérable. Cependant il est évident d’après les expériences dfe quelques' autres chimistes , qu’il existe quelques substances qui ont le pouvoir de la dissoudre. Selon M. Thomson (i), la potasse a cette propriété. Messieurs Davy et Sener bièr rèmarquent : lamêmè'èhoSepouè les alkalis purs, quand ils ne sont pas combinés avec les acides.' Le doc-
teur Ddrwyn à aussi observé que le carbone absorbe avetT une grande avidité toutes les émanations putrides. Cellés-ci consistent principale* mént en am moniaqüe , hydrogène
ÀÂ .1 i
(i) Chemical fessays/yol. iÿ.
«ni m
et acide carbonique , et elles sont le produit immédiat de la dissolution des corps animaux ou végétaux.
L’hydrogène et le nitrogène produit sent de l’ammoniac qui , combiné
avec le carbone, peut former un foie de carbone, et peut rendre ainsi le carbone soluble dans l’eau-, en contribuant fortement à l’accroissement
des végétaux. Senebier dit ,* dans
un autre endroit, « qu’il l’a trouvé
insoluble dans l’eau , o$ que les al-
kalis seuls ont la puissance d’en dis-
soudre quelques parties ». M. Davy remarque encore que « le charbon •de Tbofë et de l’eau, mis dans ! unë
bouteille, donr^ent lentement un air
très-inflammable ». Ici , nous tenons la chose la plus Intéressante : si là solution du chabbbn dé bols dans i’eau, sàit par temps, là 1 potasse
oft le contact avec le sol , coïncide avec l’émanation du gaz hydrogène , on ne doit pas être étonné que le pharbon de bois agisse comme engrais.
J’ai actuellement devant moi vingtquatre vases pleins d’eau , avec des plantes qui y croissent' sur des morceaux de liège percés. A chacun d’eux j’ajoute diverses substances, et entr’autres , du charbon de bois, qui opère évidemment comme un puissant engrais. Mais dans le vase dans lequel je n’ai rien ajouté , l’effet du charbon n’est rien , comparé à • celui des autres vases dans lesquels, le gaz hydrogène, obtenu par de la limaille de fer et de l’acide sulfurique extrêmement étendu, est absorbé chaque jour par les racines des plantes. Ici la supériorité est évidente.
Cependant on est forcé d’admettre qu’il existe à cet égard quelques difficultés. M Chaptal observe que le gaz obtenu par le mélange du fer et de l’acide sulfurique tient plus ou moins de charbon en dissolution , parce que le fer lui-même contient cette substance (i). Il seroit donc à désirer qu’on pût appliquer l’hydrogène , privé de carbone , comme le seul mojen propre à décider, à laquelle des deux substances on doit attribuer quelqu’effèt.
C’est une recherche de grande importance, que celle qui conduiroità savoir à quel degré l’oxigène est contenu ou produit par les ma-
(i) M. Senebier observe de même que le û»r entre dans la composition de l’àii; inflamma-
tières qui opèrent comme engrais.
On a remarqué que l’hydrogène sulfuré (i), est la base de l’acide muriatique. Bertholet veut que l’hydrogène soit une partie constituante.
^ Il n’y a point d’ammoniac dans
l’urine récente, mais bien dans celle qui est fermentée (2). La cinquième partie de l’ammoniac est du gaz hydrogène ( 3 ).
Le sel qu’on obtient des plantes ne consiste pas entièrement en potasse. On trouve dans les cendres , du sulfate de potasse , du muriate de potasse, du sulfate de chaux , du phosphate de chaux (4).
- prt \ # t f t f Î)') ' ' l f K 2 Tï il tl QOO 1 ^
( 1 ) Manchester Memoir’s , vol. ▼.
- ** (a) M. Fonrcroy.
/ • \ (3) M. Bertholet. "• 1 “
(4) Thompson.
<;âsè
La potasse est composée de chaux ,
et d’hydrogène : la soude de ma-
gnésie et d’hydrogène (i). * ^
La magnésie est composée de chaux et de nitrogène , et par conséquent de carbone, d’hydrogène et de nitrogène (2).
La gomme est composée d’oxi-
gène , d’hydrogène , de carbone , de nitrogène et de chaux ( 3 )*.
. Les huiles sont composées de carbone et d’hydrogène (4).
Dans la putréfaction, le l 2 3 4 ^âz hydrogène est émis en abondance.'
Connection entre les substances sulfuriques et inflammables.
(1) Gnyton. > , a * "
( 2 ) Ibid. • .
(3) Thompson, " . ’
(4) Lavoisier.
Si on considère bien ces combinaisons, il paroît qu’on rencontre l’hydrogène en un très-grand nombre de matières qui servent d’engrais, et qu’il seroit très -difficile d’en trouver une seule qui n’en forme, n’en contienne, n’en émette ou n’en attire.
Le terme indiqué par la Société ne permettoit aucune expérience en grand. Je n’ai pu me livrer qu’à quelques-unes qui pussent jeter un.peu de jouteur les plus intéressantes de ejes recnerches.
i°. La question relative au fumier long ou pourri paroissoit être l’une des plus importantes. C’est pourquoi j’ai pris de la paille différemment préparée , dans un champ d’orge ; la paille hachée produisit comparativement neuf grains; celle qui avoit
trempé trois heures dans Purine fraîche en donna cinquante ; trempée pendant quinze heures , soixantetrois ; pendant trois jours , cent vingtsix; cette paille séchée, trente-neuf; quant au poids de la tige et du grain ; la paille hachée donna quarante-huit ; celle trempée pendant trois heures, cent vingt) celle de quinze heures, cent trente ; celle de trois jours, trois cents; et séchée , cent.
Les résultats, quant à Purine, sont tels qu’on PaVoit espéré. Mais quant aux produits de la paille séchée, ils prouvent, aussi clairement qu’une expérience puisse le faire , que chaque atome de matière végétale , déposée dans le sol , commence immédiatement à se décomposer , et qu’il n’est pas 'nécessaire de chercher à obtenir une fermentation prématu-
rée pour la nutrition des pJantes.
.2°. Des chimistes d’un grand talent ont assigné au carbone une si grande importance pour la nourriture des plantes, et sa résolution dans l’eàu est tellement désirée , que j’en ai fait le sujet de plusieurs expériences. Le sol sans engrais donna , comme ci-dessus , de neuf à quarantehuit ; le charbon de bois sec et en poudre , vingt-six à quatre-vingt-dix ; des cendres vierges et du charbon de bois , en parties égaîes , mêlés et employés à sec, quarante-six à cent; le même mélange, mouillé d’eau , vingt -huit à cent quinze ; mais comme je l’ai remarqué en diverses expériences , les cendres neuves étoient en trop grande quantité, et elles détruisirent les quatre cinquièmes des plantes; sans cet accident
le produit eût été de cent quarante à cinq cent soixante-quinze. Le résultat fut encore reinarquabléà d’autres égards ; les cendres neuves ont-, .chez les chimistes, la réputation devoir peu d’effet pour la dissolution . du charbon ; cependant , étant ainsi appliquées au sol , il paroît qu’elles en ont eu une très-grande. J’ai remarqué que., dans l’emploi des cendres neuves, soit seules , soit mélangées avec du charbon , il est facile de se tromper en excédant la dose ; ce qui n’arrive point avec le nitrate de potasse (de la cCndre neuve et de J’esprit de nitre en égale quantité ) , qui provoque puissamment la végétation , donnant quatre-vingtdeux à cent quatre-vingt-cinq ; le nitre commun trente-cinq à. quatrevingt-quatre.
3°. Les résultats des differentes épreuves sur le gypse , dans plusieurs .contrées, ont été extrêmement contradictoires; je brûlois d’analyser son application. La terre, sans addition , donna, comme ci-dessus, de neuf à
quarante-huit; par la seule addition du gypse, soixante-un à cent soixante; et dans une autre épreuve, employé avec de l’eau , il doubla la force de la végétation. Ces résultats furent décidément contraires à mon attente.
« 4°. Ce que nous avions à l'égard du sel marin étoit tout aussi en contradiction que les épreuves sur le gypse.
La pleine terre rapporta , comme dessus, neuf à quarante - huit ; au moyen du sel, appliqué seul en différentes quantités , quarante à quatrevingt-seize , cinquante à cent vingt.
vingt-huit à quatre-vingt-dix, trente six à cent, trente-un à soixante-dix; mais, par l’addition de la chauk, il donna , soixante-huit à cent soixante-
quinze, quarante à cqnt vingt. Sur la totalité „ le l’ésultat est vraiment décisif (i).
5°. Au moment de ces épreuves, d’autres substances étoient encore en expérience. La pleine terre donna, comme dessus , neufà quarante-huit; la soude, quatre-vingt-un à deux • - - ■ . . ..
* (i) Le sol d*n* lequel les épreuves ont été
frites ayant été analysé , les tiaq cenU grains
s sont trouves contenir ; • ,
; Sable, .. . .«
Ar ff i,c * . . / 364-
Carbonate de chanx , o
' • , - ... ■) \ • : ]5oo.
-fit le ton t était fortement imprègne de f sf. *
cent dix * produit remarquable ; le sel gris , soixante-trois à cent quararite-neuf; la limaille de fer, quarante à cént; la magnésie , quarante à cent vingt. - '
Si on demandoit quel est l’usage pratique de toutes ces recherches, la réponse s’en trouveroit dans le programme de la société ? Peut-on concevoir qu’une assemblée de patriotes si éclairés demande à être informée si le fumier, la marne j la chaux , les excrémens et la drèche , opèrent comme engrais ? et désireroit-elle un mémoire sur la nature et la propriété de ces substances, si les connoissances nécessaires étoient le partage de tout cultivateur ? ses vues sont évidemment fort étendues et très-philosophiques. Plus ces sub.
stances seront soigneusement analy-
sées, plus on les examinera dans lês effets de leur combinaison avec les différens sols , et plus cette branche de l’agriculture s’étendra et s'améliorera.
Ce but ne peut être atteint que par l’application de la chimie et en la faisant marcher de front avec les procédés végéta tifo. Très-peu de chimistes sont cultivateurs ; nous lie pouvons donc faire autre chose que de combiner les fai£s découverts parles uns, avec les résultats des observations ; des autres.
Mais vires acquiriteundo, la science prospère ; et en dirigeant l’attention des observateurs vers ce point , de la manière que le fait la Société de Bath , il est à espérer qu’on ne peut manquer d’obtenir quelques lumières sur un sujet, pour lequel cepen-
dapt il faudroit un siècle entier d'expériences , afin de le mettre dans
tout $on jour.
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Depuis la publication de ce Mémoire « M. Arthur Youug a inséré dans ses ÀnnateS.
dû Agriculture , de nouvelles expériences sur les effets de diverses substances dans l'a végé-, tation. Ces expériences fort curieuses font un supplément nécessaire du Traité des engrais du même auteur j o’«*t ce tjui nous a engagé de les joindre à notre traduction. Les estima-blés rédacteurs de la Bibliothèque britannique les ont traduites et publiées dans leur recueil du mois de décembre 1807.