‹ Essai sur la nature du torticolis congénitalChapitre 10 sur 11 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Les malformations congénitales, c’est-à-dire, les lésions observées après la naisance, ne sont que des séquelles de maladies qui ont évolué loin de notre observation. Ces maladie peuvent avoir des causes diverses.

En premier lieu, l’une des cellules germinatrices qui vont donner naissance à l’enfant peut être altérée avant la fécondation. Celà pourrait expliquer les observations de torticolis héréditaires rapportées par de nombreux auteurs.

D'autre part, l’œuf étant normal, il peut fort bien, au cours de son évolution intra-utérine être frappé par une maladie soupçonnée maïs inconnue qui laisserait indemne Porganisme maternel. Il y a beaucoup de virus connus qui séjournent chez les individus porteurs de germes sans le moindre dommage pour eux. Cependant, ces individus sont extrêmement dangereux par le risque de contagion qu’ils représentent et ils sont à tous moments capables de transmettre la maladie à des sujets plus réceptifs. Pourquoi n’en serait-il pas ainsi de la mère au fœtus ? Et dans ca cas, la maladie qui frapperait ce dernier pourrait dans les cas extrêmes le tuer ou guérir sans laisser de traces, mais dans les cas moyens, elle provoquerait des suites durables, des séquelles tardives, en un mot ces troubles que l’on n’observe qu'après la naissance et auxquels on donne le nom de « congénitaux » pour en marquer la prove-

—. ire

nance sans qu’on puisse en expliquer le mécanisme. Le torticolis congénital n’en est qu’un cas particulier et sa cause première peut logiquement être rattachée à une maladie des centres nerveux.

L’existence de lésions de myosite localisées dans le sterno-cleido-mastoïdien n’infirme nullement la valeur de cette hypothèse. Elles sont indiscutables, mais Couvelaire a montré que très souvent le spirochète y est en cause. D’ailleurs dans la plupart des cas de cet ordre, le traitement mercuriel associé avec le port d’un petit appareil plâtré, Prenant appui d’une part sur l’épaule, d’autre part sur la moilié correspondante du crâne, suffit pour amener la disparition de la lésion du sterno-cleido-mastoïdien et empécher l’évolution du torticolis.

Nous pouvons donc nous résumer en cinq points :

1° Certains cas de torticolis congénitaux peuvent être dus à une lésion localisée dans le sterno-cleido-mastoïdien.

2° Dans l’immense majorité des cas, le point de départ paraît être une lésion centrale intéressant toute une région (région cervico-faciale).

3° Cette hypothèse est basée sur la multiplicité des lésions qui intéressent non seulement le sterno-cleido-mastoïdien, mais les tissus périmusculaires, les muscles de la nuque du même côté, le squelette, les articulations.

4° La seule autopsie dont les résultats ont été publiés, montrant l’altération de da corne antérieure de la moelle cervicale du côté de la lésion, serait en faveur de cette hypothèse.

5° Nous ignorons la cause première de ces altérations.

Ainsi, voilà amplement justifiée l'hypothèse de Golding Bird. Nous nous permettons d'espérer que des déductions plus profondes que Îles nôtres lui donneront un jour prochain toute sa valeur spéculative.

Page 1