‹ Essai sur la nature du torticolis congénitalChapitre 4 sur 11 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans la lutte qu’il engage contre toute affection, le praticien dispose de plusieurs moyens dont l’un des plus efficaces est le traitement étiologique qui coupe le mal dans sa racine. Mais l’idéal c’est de pouvoir empêcher les atteintes de la maladie par des mesures précoces qui constituent le traitement préventif. Dans l’un et l’autre cas, on suppose connue Ja cause première exacte qui détermine les lésions. Malheureusement, si beaucoup d’affections se présentent avec une cause évidente — et il faut en retrancher celles dont cette cause connue est inaccessible dans l’état actuel de nos connaissances — nombreuses sont celles où règne encore une obscurité totale.

Le prmier devoir des chercheurs est alors d’essayer de mettre un peu de lumière dans leur mécanisme en s’entourant d'éléments de tous ordres, cliniques, anatomiques, histologiques, etc. Parfois, les éléments réunis sont insuffisants. On est alors réduit à l'hypothèse ; bâtie par le pur raisonnement, elle a pour base soit des analogies, soit des faits anormaux, soit des expériences négatives. Sans qu’elle soit démontrée, on doit toujours la justifier, parfois, on peut la vérifier par un traitement d’épreuve qui joue le rôle de pierre de touche. Il arrive ainsi qu’elle se révèle

féconde par les méthodes qu’elle engendre ou les résultats qu’elle procure. On ne Jui en demande souvent pas davantage et la science progresse ainsi d'hypothèse en hypothèse jusqu’à la preuve finale et la thérapeutique élective.

En ce qui concerne le torticolis congénital qui fait l’objet de ce modeste travail, l'obscurité est encore presque complète, malgré les travaux éminents de nombreux chirurgiens. Les hypothèses variées qui se sont succédées jJusqu’à nos jours, en ont fait tantôt un torticolis obstétrical, tantôt un torticolis congénital, apportant chacune une contribution à l’étude de la question, mais sans jeter une clarté définitive sur ce trouble mystérieux, souvent bénin certes, mais si disgracieux qu’il nécessite presque toujours une intervention chirurgicale.

Pour notre part, nous n’avons pas la prétention d’élucider le problème, mais nous allons nous efforcer, avec l'appui de plusieurs observations, de ramener l'attention sur une théorie pathogénique déjà ancienne et qui, bien que séduisante, a toujours été rejetée pour des raisons diverses, dont la principale semble être la fragilité des documents anatomo-patholo.ique ou leur appréciation inxecate.

Grâce à l’obligeance de M. le Professeur Etienne, nous aVons pu recueillir un ensemble d'observations qui nous permettent d'envisager de nouveau cette hypothèse ; nous allons le faire le plus objectivement possible.

Tout d’abord, nous allons exposer brièvement l’état acluel de la question en examinant dans l’ordre chronologique les diverses théories qui ont successivement prévalu.

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