‹ Essai sur la nomenclature et la classification des principales branches d'art-et-scienceChapitre 5 sur 25 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DES QUALITÉS REQUISES DANS UNE DÉNOMINA- TION DONNÉE A UNE BRANCHE D'aRT-ET- SCÏENCE , ET DES DÉFAUTS DE CELLES QUI EXISTENT ACTUELLEMENT.

En nommant les différentes branches d'artet- science, on a en vue deux buts distincts, qu^on pourrait appeler but ordinaire et but sys* iémcUique. Le but ordinaire est simplement d'énoncer le contenu des' branches que Ton nomme ; le but systématique est de rassem-

bler ces dénominations dans une table systématique, c'est-à-dire de les rapprocher et de les distribuer, de manière à faire voir certains rapports qu'ont entre elles les diverses branches ainsi nommées, et conséquemment leurs sujets respectifs : soit des rapports de ressemblance et de différence , soit des rapports de dépendance.

Les qualités requises dans la dénomination dérivent nécessairement du but qu^elle est destinée à remplir. On peut dire que les deux qualités suivantes sont essentielles, tant pour les buts ordinaires que pour les buts systématiques..

1** Elle doit présenter à la vue d'autant de personnes que possible une idée du contenu de la branche d'art^et-science qu'elle, désigne, aussi claire, correcte et complète qu'on puisse le faire dans l'étendue d'un seul mot. ' ^

^ Pour les deax buts ct-dessus mentionnés, îl est également à désirer que la dénomination soit le plus souvent possible exprimée par un seul mot (qui sera nécessairement un sobstantif), et cela, non-seulement pour abréger^ mais encore pour éviter l'embarras qui a toujours lieu lorsque la

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2"* Elle doit fournir la réponse à cette question : La branche d'art- et-science qu'elle dé*

dénomination est composée de deux mots ou davantage. S^il n^ a qu'un seul mot de plus que le substantif, ce mot sera* nécessaîfement un adjectif; et par ce moyen, le substantif ne pourra recevoir d'autre adjoint, dont la place est déjà occupée par l'adjectifl Si la dénomination contient au-delà de deux mots, rinconvénient sera encore plus grand; car alors où. confondrait toutes ces parties avec le reste des mots qui composent la pbrase , où le substantif seul n'aurait formé qu'un seul membre. De sorte que, dans le cas de chacun de ces mots^ il pourrait j avoir une difficulté , momentanée du moins , de déterminer s'il a un rapport grammatical ayec la phrase eti général dans laquelle la dénomination simple n'aurait agi que comme substantif, pu bieq ayec la portipn de cette phrase, qui remplace le substantif convenable.

Telles sont les raisons qiii font, désirer cette simplicité pour tous les buts et à toutes les occasions ; mais , comme on le verra bientôt^ ce n'est que dans le discours ordinaire que la nature du cas l'admet. Dans une table systématique deux mots au moins ^ont nécessaires pour désigner chaque branche : l'un pour marquer le genre auquel appartient Ves-^ pèce; l'autre pour indiquer les caractères par lesquels cette espèce se distingue des autres espèces du même genre. -

On peut voir dans ma nouvelle table , et dans l'explication qui la suit, chapitre IV, comment, à mesure qu'on augmente le nombre des sous-divisions , le nom systématique devient de plus en plus long et de plus en plus compliqué, et cohn-

signe comprend-elle ou ne comprend-elle pas telle aulre branche moins étendue ?

3** Quant au but systématique , voici une troisième qualité qui se présente comme nécessaire dans toute dénominatiQn qui fait partie d'un arrangement méthodique ou tableau systén^ttique :

La dénomination doit être formée de manière à exprimer, par sa conjonction avec d'autres, les différents rapports de la branche d'art-et-science qu'elle .désigne avec les autres branches comprises dans le même système ; et cda d'une manière aussi claire, correcte et complète que possible. Ces rapports sont, d'un côté , l'identité de propriétés, et, d'un autre càté , la diversité de propriétés.'

rtkeni une dl^ndinÎDation équivalente serait de plus en plus difficile à coiftprcndre dans Tespacé ffvtù seul mot.

' Quelque importants que soient ces rapports d'identité et de diversité de propriétés, et conséquemment de ressemblance et de différence, ce ne sont pas l^es seuls qu^il serait utile de présenter. Dans la pratique, une suite de rapports non moins importants sont ceux déconnexion et de dépen-

Telles sont les conditions que devraient remplir les dénominations de toutes les branches d'art-ct-science. Ce n'est que par le moyen de ' noms ainsi composés qu'on rendra claire, correcte et complète toute idée qu'on peut avoir formée, conçue, retenue ou communiquée du système entier d'art-et-science.*

dance d'une branche d'art-et-science à une autre, c'est-àdire ceux qui font voir quel degré de CQiinaissance une personne qui étudie telle ou telle science doit avoi^ de telle ou telle autre. Un législateur , par exemple, doit avoir une connaissance plus ou mois étendue de presque toutes les branches d'art-et-seîence. Mais il est aisé de yoir que les dénominations ne peuvent donner la moindre indication de cette espèce de rapports d'une branche à une autre.

> On donne d'ordinaire au champ d'art-et-scieoce le nom d'Encyclopédie, dérivé d'iv, en y de xuxXoç, ccrc/e^ et de iracjcca, éducation ou instruction^ c'est-à-dîre instruction en cercle. O n di t au ssi Cercle des Arts et des Sciences, Mais cette figure d'un cercle n'exprime qu'un espace qui sera toujours borné par la circonférence , ou qui^ du moins, ne pourra être étendu dans une de ses parties sans l'être également dans toutes. Cette inexactitude dans la figure , jointe au préjugé que l'on a souvent contre le moi Encyclopédie, ïnaiengàs^é à changer la figure d'un cercle en celle d'un champ. Voyex aussi page 27 d'autres développements sur l'idée qu'on doit

' G^est par les éclaircissements réciproques que les âënomitiations réfléchissent Tune sur Tautrff ; c^est par eux seuls que le plus de dé* veloppem'ent, par rapport au sujet qu^elles présentent peut être donné dans le plus petit fiombrede mots ainsi employés. C'est le moyen de renfermer le plus d^idées possible dans Je plus petit espace.

Les défauts dont est susceptible la dénomination correspondent avec les qualités qu'elle doit posséder. *0n peut dire qu'elle a un défaut lorsqu'elle ne possède pas tjuelqu'une des qualités que j'ai désignées comme requises, et ne petit, par conséquent, s'appliquer avec avantage à quelqu'un des buts çi-dessus mentionnés.

Toute dénomination prise isolément peut pécher par une de ces causes, V inexpression ou la mésepopression.

J'ai déjà f^iit voir que Tobjet d'un nom employé à désigner une branche d'art-et-science

avoir dé të' champ , et les raisons qui m^ont engagé à dîrç Pr^nchés d^àrt''et- science au lieu de Arts et Sciences.

est clê donner une idée de la nature , et pour cela du sujet ou de Tobjet de cette branche , aussi correcte et complète que le puisse faire un si petit instrument; et cela de manière à donner une réponse vraie et claire, affirmative ou négative, à la question qu^on pourrait élever si telle autre branche doit ou ne doit pas y être comprise. Lorsque ce nom manque seulement de remplir ces buts, il est simplement ineocpressif. Si au lieti de pécher seulement en ce qu^il ne donne pas cette idée instructive , il en présenté une , à la vérité , mais que cette idée soit étrangère au sujet, et par conséquent, en autant qu^on la reçoit, erronée etdélusive, dans ce cas il n^est pas seulement inexpressif, mais 9ussi méseocpressij

Il est vrai qu^une dénomination, quelque inexpressive ou même mésexpressive qu'elle soit d'abord , finirait, après un long usage, par devenir en quelque sorte expressive. On ne peut nier cette observation, ni même y opposer de doutes , et c'est pour cela que des noms inexpressifs et même mésexpressifs au plus haut degré remplissent souvent, jusqu'à un certain point , les buts que l'on s'est proposés en 'les employant.

Voiei donc un argument qui se présente fort naturellement. Si ce nom mésexpressif représente à celui à qui il ^st offert la branche d'artet-science à laquelle il est appliqué , quel est l'inconvénient, s'il y en a, de cette mésexpression primitive ? Quoique Tidée qu'elle nous a donnée au premier abord fût erronée, celle qu'elle a transmise à la longue est pourtant correcte ; et, en effet, il serait aisé de faire voir qu'on est parvenu à donner des idées toiit aussi correctes par des noms des plus inexpressifs, que par les noms le mieux adaptés aux objets qu'ils désignent..

Quelque plausible que paraisse cette objection, on peut y opposer une réponse aussi claire que décisive et satisfaisante.

En premier lieu, l'argument objecté suppose un certain temps, plus ou moins long, pendant lequel le nom mésexpressif donne l'idée d'un sujet tout différent de celui qu'il devrait représenter. Tant que cela dure , toute proposition dans laquelle entre ce nom est contradictoire avec lui-même ; et ce n'est qu'après un laps de temps plus ou moins long que la nouvelle idée , en déplaçant peu à peu la première, fait cesjser

la confusion qui en résulte, confu^on dont le moinidre inconvénient serait de retarder les progrès du commençant qui cherche à se faire une idée du sujet qu^il étudie « si ces contradictions ne Fen rebutent au premier abord. Car combien ne faut-il pas souvent de temps pour former dans Tesprit d'un commençant, d'un jeune commençant surtout, la connexion des noms Histoire naturelle^ Philosophie naturelle^ etc., dont nous allons bientôt faire voir la méscxpression , avec les différents sujets particuliers qu'on tteut y comprendre ?

Ensuite , comme je l'ai déjà fait remarquer, un autre but de ces dénominations est d^obvier aux doutes qui pourraient s'élever dans l'esprit de l'écolier sur l'étendue de la branche d'art-etscience qu'on lui présente. Mais, lorsque le nom est méseîcpressif , par quelle règle peut-il résoudre ce doute ? Le nom , considéré en sa signification primitivç , la seule qui puisse se présenter à son jugement, loin d'y jeter la moindre lumière, ne lui donne que des idées fausses, et ce n'est qu'en avançant dans l'étude de la branche qu'il parviçndra à rectifier cette erreur,

Pour donner des exemples de ce que je viens

lO QUALITÉS :ET défauts

de dire sur les diéfauts dont cette espèce de dénomination est susceptible, examinons maintenant les termes Histoire naturelle^ Philosophie naturelle^ et Maii^^ématigueSyious trois en usage universel pour désigner trois des premières divisions du champ d'art-«t-science.

Le terme composé Histoire naturelle dcsigpe ceHe dont Tobjet est la matière en général considérée dans son état naturel. Par état naturel on entend Fétat où Va laissée la nature ' ayant que l'art humain, dhrigé parla science humaine, ne lui ait fait éprouver aucun changement.

Cet ensemble de tous les corps dans leur état naturel se compose d'abord de notre globe, ensuite de notre univers. Je dis d'abord de noire globe^ les autres oi'ét^nt d'aucune importance pour nous, excepté par leurs rapports-avec celui où nous vivons.

Dans notre globe la matière est sous la forme.

' Nature, Il est évident que ce n'est que pour me conformer à l'usage, si universellement adopté, de personnifier la cause de tous les effets produits sans l'influence humaine , que je me sers de cette expression inexacte.

DES DIÎNOMINATIONS. Il

OU àe corps entièrement privés de vie , ou- de cotps doués de vie mais privés de sensation , ou bien de corps doués en même temps de vie et de sensation. Toutes ces premières divisions de là branche d'art-et-science en question sont assez correctement désignées par les termes Minércdogie^ Botanique ou Phytologie, et Zoologie; tous trois fermes compris cfaacunMans Fespacc d^un seul mot , et tous en usage familier.

Et si on se sert du lAot Uranologie ou même Astronomie pour désigner l'autre division de cette branche (dont Tobjet est tous les corps modifiés dont nous pouvons avoir connaissance, et qui ne sont pas compris dans notre globe), on ne peut opposer de graves objections à la nomenclature ainsi donnée à ces premières divisions de l'Histoire naturelle.'

' Le mot Minéralogie seul n'a pas la fixité de signification qui seniit à désirer , pnîsquMl désigne quelquefois tout ce qui regarde les corps inorganisés ^ quelquefois ce qui regarde les caractères distinctifs seulement de ces corps. Ainsi dans la nouvelle table > f ai désigné la première branche par le mot ^narganologie j et j'ai réservé le mot Minéralogie pour la ^conde , qui lui est plus souvent attribuée.

Mais il n^en est pas ainsi du nom donne a Tensemble de ces divisions. A l'époque où Fon fprmala dénominatioii composée Histoire nafyirelfcy le substantif flw/owng était déjà approprié à la désignation de la branche d'enseignement dont l'objet était «les différents états des per- :»sonnes et des choses, et les différents événe- ^>ments qu'on savait ou que l'on supposait avoir »eu lieu dans les temps passés.» Le présent en était entièrement exclus, ou bien ce n'était que conmie un point qui terminait Thistoire. En ajoutant à cette définition l'adjectif naturelle , on a pour signification primitive de cette dénomination c< la relation naturelle des différents »états des personnes et des choses, et desdiffé- »rents événements qui ont eu lieu dans les temps »passés. » Or avec quelle justesse peut-on appliquer le terme Histoire naturelle ainsi défini aux différentes divisions si bien nommées Uranologiej Minéralogie^ Phytologie ou Zoologie P

On donne ordinairement le nom de PhUoso^ phie naturelle ' à la branche d'art-et-science

' La branche qui est ainsi désignée en Angleterre est plus communément appelée Physique par les philosophes français.

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dont Tobjet est la matière en 'ge'néral, considérée par rapport aux modificaiions que lui fait subir Vart humain sous la direction de la science hur maine^ en y ajoutant peut-être les propriétés qui ont été découvertes dails ces corps par le moyen. des changements que leur a fait subir ce m^me art.

Prise en eile-môme, la. Philosophie (d,&fiXf«, amour^ et de «-of let , sagesse) est t amour de la sagesse. En ajoutant à cette définition le mot na* turely on a V amour naturel de la sagesse j qui devait être la signification primitive du terme Philosophie naturelle , av^nt que Tusage arbi-^ traire ne lui ait attribué le sens qui s^ rattache aujourd'hui^

Je ne vtxxla pas avancer ici ni même insinuer que rétude de la* Mécanique et de la Chimie n'offre pas des moyens de satisfaire à une affec^» tion aussi louable que Tamour de la sagesse ; mais sans parler de la Rhétorique, de la Poésie ou des autres Beaux-Arts, Tamour de la sagesse ou la sagesse même peut tout aussi bien se manifester dans rétude de la législation , ou dans celle de la morale privée, que dans l'étude des machines ou dans celle des différentes méthodes

l4 QUALITÉS ET DÉFAUTS

de composer, décomposer , et recomposer les parties élémentaires des pierres, plantes ou animaux.

L'objet de la branche d'art-et-scîence désîgnéasous le uQm A^ Mathématique est la quantité en général considérée isolément ou par rapport à la forme. Par la quantité on entend Tespace occupé par. la matière , abstraction i^ite de ses autres qualités ou propriétés.

La signification du mot Mathématique (de fjLùiùtifAay ce qu'onpeut apprendre) comprend tout ce qu^on a appris ou qu'on peut apprendre. Ce terme désigne donc (dans sa signification primitive du moins) toute autre portion d'artnetscience comprise dans le i^ystème le plus étendu, aussi-bien que la branche particulière à laquelle un long usage Ta restreint dans ces derniers temps. IL comprend TArt de la législation et TÂrt du jeu d'épingles, comme la Géométrie et l'Algèbre.

Toutes ces trob dénominations sont donc inexpressives ; et les deux premières (Histoire naturelle et Philosophie naturelle)^ donnant continuellement une idée fausse de leurs objets,

DES DENOMINATIONS. . i5

sont, dé plus, méscxpressives. Mais quoique elles énoncent toutes des propositions également fausses , ce yn0t ne produit pas , dans chacune d'elles, le même inconvénient.

L'emploi du terme Mathématique ne parait point entradner d'inconvénient pratique très grave ; car les personnes qui ignorent entièrement la signification générale et primitive de ce mot n'en conçoivent pas une idée différente de celle que lui a attribuée l'usage particulier; et même, pour ceux qui la connaissent, cette signification primitive a été tellement dénaturée par l'usage , qu'elle ne peut se présenter que fort rarement à leur esprit.

Mais l'inconvénient de l*inexpression ainsi réunie à la mésexpression se manifeste d'une manière bien pbis apparente et incontestable dans le cas de la Philosophie naturelle. Quelques personnes^ par exemple, donnent ce nom à la même branche que d'autres appellent Phi-losophie eoopéîimentale. Ces mots, tous les deux déplacés, doivent-ils ou ne doivent-ils pas être synonymes dans leur signification moderne? Aucune de ces dénominations ne donnant la moindre indication du sujet auquel on les ap-

plique, qui est-ce qtii entreprendrait de ré-^ pondre à cette question? Et*il est assez clair que les significations pi^mtives de ces mots ne fournissent point de données propres à nous faire résoudre cette difficulté.

L'Astronomie, par exemple (quoiqu'à bien parler, on doive la rapporter plutôt à l'Histoire naturelle, en tant qu'elle consiste en observations simples, sans leur application à la pratique) , l'Astronomie est ordinairement regardée comme appartenant à la Philosophie naturelle ; doit-elle donc être aussi rapportée à }gi Philosophie expérimentale ? La lumière qui en provient, à la bonne heure ; mais pcut-oti prendre pour sujets d'expériences les étoiles elles-mêmes, comme on peut le faire à l'égard des étolks de- mer.

Et la Chimie appartient-elle ou n'appartientelle pas au domaine de la Philosophie naturelle? Oui , répondra tel auteur , car il la comprend sous cette dénomination. Non , répondra tel autre , car il ne l'y comprend pas. En tout cas n'apparticnt-elle pas à la Philosophie expérimentale? N'y a-t-il pas tout autant, pour ne pas dire plus, d'expériences dans l'étude de la

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Chimîeque dans aucune partie de la Mécanique, qu^on a plus particulièrement appelée Philosophie expérimentale.

Mais encore, pour décider la question si la Chimie doit ou ne doit pas être comprise datis la Philosophie naturelle, il est très évident qu^on ne peut se fonder ni sur la raison ni sur le plus ou moins d^analogie qui existe entre elles : ainsi les discussions que pourrait soulever cette difficulté seraient interminables; car tandis qu^un de ces termes, la Philosophie naturelle y est non seulement iiiexpressif mais aussi mésexpressif, l'autre, X^Chimiey par l'obscurité de son origine ne donne aucune indication de son sujet.

Quelques auteurs, comme je Tai déjà dit, ne regardent pas la Chimie comme faisant partie de la Philosophie naturelle, parce que cette dernière branche avait été long-temps enseignée avant qu'on se fût occupé de la Chimie, dont on ne connaissait alors que quelques fragments épars ; ainsi dès qu'on se fut adonné à Fétude de cette nouvelle branche , elle fut regardée comme entièrement distincte et indépendante.

î8 QUALITÉS Lï DÉFAUTS

G est ainsi que lorsque les limites de ces portions aussi considérables du champ d^art-et* science ne sont fixées que par l'arbitraire , ridée que tout esprit en conçoit ne peut être que plus ou moins imparfaite et toujours erronée ou indécise.

Cherchons maintenant la source de ce vice si généralement répandu dans la Nomenclature scientifique. Elle me paraît se trouver dans la grande différence qui existe entre Tétat actuel de ces branches d'art-et-science , et celui où elles se trouvaient lorsque , pour la première fois y on jugea convenable de lier dans l'esprit par un seul nom ce qu'on en connaissait. A cette époque, les différentes expériences et observations particulières faites sur une branche d'artçt-science , quoique nombreuses peut-être, n'ont dû être qu'isolées et éparses, et l'idée qu'on entretenait de leur ensemble n'a dû être que fort imparfaite. Ainsi, quand même le nom qu'on aurait choisi exprimât bien cette idée , ce qui n'a pu être ^ue très rare , les connaissances plus exactes qu'on aurait acquises postérieurement sur le même sujet, en changeant cett« idée,, ont dû nécessairement rendre dès lors le nom impropre à leur désignation.

DES DÉNOMINATIONS. IQ

Prenons pour exemple la branche d'art- etscience qui porte encore le nom iY Electricité. La racine de ce mot tiré du grec signifie ambre \ si on Teûtprise du latin, on aurait ôilAmbérisme. On ne Ta ainsi appelée que parce que, au milieu du grand nombre des différentes substances qui, en subissant la même opération, présentent les mêmes apparences (savoir, d'attirer et ensuite de repousser les corps légers), le hasard fit que Tambre fut la première où l'on découvrit cette propriété.

Le terme Magnétisme, ne fut pas d'abord aussi impropre à désigner les phénomènes qu'il représente déjà depuis long-temps ; mais cette signification a été beaucoup étendue par des observations postérieures. On a donné ce nom à la branche qui traite ^des propriétés qu'on a découvertes dans fa substance mikiérale nommée en latin magner ^ en français aimant^ et que Ton croyait exclusivement possédées parce minéral. Plus tard, on a trouvé, non seulement que cette propriété peut être transmise au fer (une des substances élémentaires de l'aimanf), mais encore qu'elle appartient naturellement au nickel, autre substance métallique qui n'a de commun avec les deux premières que les

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