AIZ
33 bis
Londres, — Head, Hist, num.A p. 445, fig.
Londres.
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Pétersbourg.
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33 5is
Paris, vente Cousînéry d'après Lenormaot, 49 (je n'ai pas retrouvé cette pièce).
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Paris.— M. S. 23 ; Lenormant, 48.
Berhn, Pétersbourg.
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Berlin. [PI. VIII, fig. 3].
* Usurpation de Socrate Chrestos (Nicomède IV). s Première reslauratioa de Nicomède lU.
s A la fin de cette année, la Blthynie est conquise par Hithridate Eupator.
* Vers le milieu de celte année, la Bithynic fut arrachée à Hithridate par Fimbria, à la tdte des légions valériennes. Sur les prétendues monnaies de l'an AJS (Eckbel, d'après Sestini, Leil. III, i46 et coll. Bunbury),voir plus loin.
B Traité de Dardanus, 2« restauration de ISicomède III.
s Au commencement de cette année, mort de Nicomède III et annexion de la Bithynie par les Romains.
Cette longue série de tétradrachmçs, indice d'une fabrication singulièrement active qui ne s'est ralentie que dans les dernières années, appelle plusieurs observations.
1* Types. Le type du revers de nos tétradrachmes est le même que sous Prusias II ; la tête de l'avers reste identique pendant toute la série, les légères variantes qu'on peut y remarquer tiennent à Tart ou au caprice du graveur. Ain^i, les fils de Nicomè le II ont conservé sur leurs médailles, à l'exemple des rois d'Egypte et de Pergame, la tête de leur père, que le public y avait vu figurer pendant cinquatite ans. Il faut voir dans cette mesure un témoignage de la piété filiale, vraie ou simulée, qui valut à Nicomède III le surnom dePhilopator, et que le Pseudo-Scymnus vante aussi chez son frère, l'usurpateur Socrate.
2* Légende. Elle se distingue de celles des tétradrachmes des rois précédents par l'addition d'un surnom, placé entre le titre royal et le nom propre. Cet ordre est insohte et ne se retrouve pas sur les statères d'or dont il sera question plus loin.
3^ Poids. Sous Nicomède II, les poids oscillent, en général, entre 16 et 17 grammes, comme sous les Prusias (le tétradrachme Imhoof de l'an 166 atteint même 17 gr. 21). Pendant le premier règne de Nicomède III et l'usurpation de Socrate, les poids fléchissent sensiblement : en 205 ^93/2 av. J.-C.),13 gr.92; en 207 (91/0 av. J.-C), 14 gr. 37. Ce fait atteste une situation troublée, une administration obérée et malhonnête. Pendant le second règne de Nicomède III (84-74), le pays jouit de la paix et de la prospérité, les poids se relèvent en conséquence (en 223 = 75/4
av. J.-C, 16 gr. 92). Cependant, le dernier tétradrachme de la série, frappé pendant la maladie du roi ou peut-être même après sa mort, no pèse plus que 15 gr. 17.
4** Fabrique. L'aspect des pièces subit des fluctuations parallèles à celle des poids. Presque toujours, quand les poids sont faibles, la gravure est négligée ; sur quelques tétradrachmes, notamment sur le dernier, le portrait est une véritable caricaiure et le revers n'est pas plus soigné. Très souvent, les pièces sont d'une largeur et d'une platitude exagérées : j'ai déjà signalé ce défaut à profios des tétradrachmes de Prusias II, mais il s'accentue beaucoup sous les Nicomède.
5* Monogrammes. Chaque pièce porte un monogramme unique — et non plus deux comme sur beaucoup de pièces de Prusias — qui représente une signature de magistrat. En consultant le tableau (planche IX), on remarquera que le même monogramme se reproduit pendant deux ou plusieurs années consécuiives, puis s'éclipse pour reparaître quelquefois plus tard : ainsi le même officier monétaire pouvait conserver ses fonctions pendant plusieurs années, ou y être appelé à plusieurs reprises. Souvent une même année offre, sur des coins différents, deux (rarement trois) monogrammes; il n'est pas rare alors que ces monogrammes se répètent l'année suivante (par exemple 179 et 180, 183 et 184). On peut en conclure qu'il y avait dans le royaume deux ateliers monétaires princi[^aux (probablement Nicomédie et Nicée), qui fonctionnaient parallèlement.
&^ Dates. Les dates constituent le principal intérêt
de notre série de tétradrachmes. L'usage de dater la monnaie d'après une ère fixe et invariable firit naissance en Phénicie et fut adopté par les Séleucides après la conquête de cette province. Leur exemple fut bientôt suivi par les Parthes, qui adoptèrent Fère des Séleucides et, par un renchérissement d'exactitude, ajoutèrent l'indication du mois à celle de l'année. En Asie mineure, les rois de Pergame n'employèrent jamais de dates; ceux deCappadoce se contentèrent, comme les Ptolémées, des années régnales. Au contraire, Nicomède II de Bithynie introduisit, dès son avènement, le système syrien, et Mithridate Eupator, à là suite, sans doute, de son voyage en Bithynie, en fil autant : les monnaies pontiques portent, comme celles des Parthes, l'indication du mois; quant à leur ère, on verra qu'elle est identique à celle des Bithy* niens.
La plus ancienne date de la série des Nicomède est l'an 150, la plus récente 224 : l'intervalle est de 74 ans. Or, entre l'avènement de Nicomède II (149) et la mort de Nicomède III (74), il s'est écoulé 75 ans. Suivant donc qu'on admet que le premier tétradrachme daté est de l'année même de l'avènement de Nicomède II ou de l'année suivante, on placera le point de départ de l'ère bithynienne en automne 298 avant J.-C. ou 297 : aucune autre époque n est possible. (Les Bithyniens, comme les autres peuples de l'Asie mineure hellénisée, faisaient certainement usage de l'année macédonienne, ou d'une année analogue, commençant vers l'équinoxe d'automne.) De ces deux dates, c'est la seconde qui me paraît préférable pour plusieurs raisons : 1° Il existe des tétradrachmes non
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le date de la série des Nicomède est 'écente 224 : l'intervalle est de 74 ans.
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3, comme les autres peuples de l'Asie lisée, faisaient certainement usage de nienne, ou d'une année analogue, coml'équinoxe d'automne.) De ces deux seconde qui me paraît préférable pour •ns : 1" Il existe des tétradrachmes non
datés, au moins un, celui de Milan (voir le tableau ci-dessus). U est plus naturel de les placer avant la série des pièces datées qu après : la première année de Nicomède II, 149/8, se trouve ainsi représentée. 2* Entre les années bitbyniennes 209-212, il y a une lacune ^ Cette lacune s'explique parfaitement avec Tépoque d'octobre 297, car alors 209 Bith. = 89/8 avant J.-C, année à la fin de laquelle la Bithynie fut conquise par Mithridate, et 212 Bith. = 86/5, année où la Bithynie fut reconquise par Fimbria et put recommencer à frapper monnaie au nom du roi légitime. Au contraire, avec Fépoque d'octobre 298, 209 Bith. = 90/89 avant J.-C. et 212 Bith. =87/6 avant J.-C, on ne s'expliquerait pas que Nicomède n*eût/>a^ frappé monnaie à la première de ces dates, où il commandait une armée de 50,000 hommes, et encore moins qu'il eût frappé monnaie à la seconde, où son royaume était tout entier aux mains de Mithridate.
Ainsi, déjà pour des raisons intrinsèques, l'ère octobre 297 est très vraisemblable ; mais cette vraisemblance devient presque une certitude, si on rapproche la série bithynienne de la série pontique, dans laquelle cette ère d'octobre 297 est assurée '. Les rapports de commerce entre les deux royaumes voisins, qui
* Sestini donne, à la vérité, un tétradrachme de l'année 211 et M. Waddington croit en avoir vu un dans la collection Bunbury; mais i! n'y a probablement là qu'une fausse lecture : AU pour AIS. Un des tétradrachmes de Londres avec Tan AI2 (mon. 53) est si bizarrement gravé que le A peut très bien passer pour un A. Au reste, Pexistcnce même prouvée d'un tétradrachme de Pan 211 nMnfirmerait pas mon système, car la ville de Ghaicédoine est probablement restée fidèle à Nicomède pendant toute la guerre.
« Voir Eckhel, II, 381, d après Cary et FrOhlich (deux monnaies de Sauromale II, de l'an 413, ont l'une la télé de Trajan, l'autre celle d'Adrien ; le changement de règne eut lieu en août 870 de Rome = 117 ap. J.-C).
avaient probablement conclu une alliance monétaire, recommandaient tout naturellement l'adoption d'une ère commune — absolument comme entre les Parthes et les Syriens. Comme la première monnaie bilhynienne datée est de Fan 450, et la première pontique de 202 *, on voit que la priorité appartient à la Bithynie, plus avancée d*ailleurs en civilisation que le Pont. La prétendue ère pontique o\i achéménide est, en réalité, une ère bilhynienne; l'origine correspond sans doute à la prise du titre royal par Zipœtès, au moment où l'attention de Lysimaque était détournée sur les affaires de Macédoine par la mort de Cassandre. La seule objection qu'on puisse faire est l'indication de Syncelle, ou plutôt de Denys, d'après laquelle le royaume de Bithynie aurait duré 213 ans ^; mais tout le monde reconnaît que les dates de Syncelle, dans ce passage, sont absurdes et son texte de Denys était sans doute corrompu : au lieu de 213, il faut lire 223, ce qui rt^pond à la véritable durée du royaume bithynien (297 — 74 avant J.-C).
Outre les tétradrachmes d'argent que je viens d'étudier, Nicomède II a frappé quelques statères d'or* C'était une innovation assez hardie , car jusque-là le monnayage d'or avait été considéré comme le privilège des grandes dynasties^ Séleucides et Ptolémées ; cependant, Mithridate II de Pont, sans doute au moment de son alliance avec Antiochus le Grand, avait déjà émis
1 Je rappelle que la monnaie datée de Mithridate Evergète, aa 173 (Vaillant), est fausse.
s Syncelle, p. 276 G. De même, p. 313 D, il fait durer le royaume de l'an du monde 8268 à 5480 (233-21 av. J.-G.).
quelques slatères d'or. Les statères de Nicomède appartiennent aux premières années de son règne , les plus florissantes ; en voici la description :