‹ Essai sur la numismatique rémoiseChapitre 6 sur 7 · MÉREAUX ET JETONS · texte numérisé non relu

MÉREAUX ET JETONS

L'ardeur avec laquelle on se lirre mainteuaut à Tétude des méreaux et des jetons qui jusqu'alors avaient été rei;arâés conune peu intéressants, m'engage à décrire ce que j'ai pu recueillir.

Je ne veux pas expliquer ce qu'étaient les méreaux, ni m' occuper de la raison pour laquelle ils avaient été créés; assez de savants se sont occupés de ces questions, et j'arviverai, sans augmenter mon travail, à k description des pièces que j'ai rencontrées.

La sainte Vierge tenant l'enfant Jésus : M.EGGLESI£ • REMENSIS.

^. Dans le champ, un grand A accosté de deux étoiles ; au-dessous, une fleur : ORATE PRO MORTVIS* 1556.

(Cuivre, M. Saubinet.)

Ce méreau appartient à l'église métropolitaine.

La représentation dans le champ de l'image de la Vierge sous l'invocation de laquelle était placée la cathédrale jus^ tifie cette attribution. Quant à la lettre A qui figure au revers, je ne puis l'expliquer qu'en proposant d'y recon-naitre l'initiale du mot AVE, que l'on rencontre sur quelques méreaux de cette époque.

J'ai vu à la Bibliothèque kapérïàle un mérei^Jiur lequel

72 mJMISIIATIQirB KÊMOÎSE.

se trouve un grand A couronné , accosté de deux fleurs de lis , MONETA ANNIVERSARIORVM. Au revers , les chiffres XIL — REQVIESCANT IN PAGE.

La sainte Vierge tenant l'enfant Jésus. Dans le champ, les lettres A.C. — ORATE.PRO.MORTVIS.VI.

( Cuivre. M. Saubinet. )

Ce méreau , frappé d'un seul côté , me parait , par sa fabrique, appartenir au xvi» siècle.

L'analogie qui existe entre cette pièce et celle que je viens de décrire me la fait attribuer à Reims. Les méreaux bractéates ne sont point rares : saint Amat de Douai , le chapitre d^Évreux, saint Martial de Limoges., et les églises de Saint- Valérien et de Saint-Philibert de Toumus firent frapper des méreaux en plomb et en cuivre dont un côté seul reçut une empreinte. Les lettres A. G. qui occupent le champ doivent être les initiales des mots ADORANDA GRVX, ou plutôt encore les derniers vestiges de TA et de Yvo.

Quant au chiffre VI, je crois pouvoir l'expliquer en disant qu'il signifiait six deniers, somme allouée à ceux qui assistaient à l'office , pour lequel ce méreau était une marque de présence.

|Pl. VI, N* 7.|

La sainte Vierge tenant l'enfant Jésus , au-dessous \m grand f gothique de chaque côté, dans le champ la lettfe R, le tout dans un contour formé de onze demicercles reliés entre eux à leurs extrémités par des fleurs de lis.

^. Dans le champ, un grand D gothique surmonté de la

NUmSlIATlQDE ifiHOlSE. 7S

date 1695 , accosté de deux R et enfermé dans un contour formé de quatorze demi-cercles reliés entre eux à leurs extrémités par des fleurs de lis.

( Cuivre. M. Saubinet. )

Quoiqu'il n'y ait que les lettres R dans le champ du revers et de la face qui puissent légitimer l'attribution que je ferai à Reims de ce méreau, la présence du type de la Vierge me parait justifler cette attribution. Le grand U gothique indique la valeur de ce méreau.

(PL. VI, N- a)

Je proposerai également de classer à Reims le jeton suivant» bien que rien ne puisse favoriser cette attribution , si ce n'est la présence de la lettre R.

( Cuivre. M. Saubinet. )

Saint Paul debout tenant d'une main le livre des épltres, et s'appuyant de l'autre sur un glaive nu. Dans le champ S«P« deux fleurs de lis, un R couronné et un croissant.

^. Un grand R reposant sur un croissant. Dans le champ S. P et deux fleurs de lis. Exergue : 1649.

(Cuivre. H. Saubinet. )

L'attribution à Reims de ce méreau n*est fondée que sur la présence de la lettre R ; aussi ne puis-je le classer parmi ceux de notre ville sans faire l'observation que les lettres S P doivent être les initiales du chapitre pour lequel il aurait été frappé. Reims n'ayant au nombre de ses églises que celles de Saint-Pierre le Vieux et de Saint-Pierre les Dames qui puissent réclamer ces initiales , et ne pouvant reeon-

7A Nini£nUTIQ0B UËMOISB.

naître l'image de saint Pierre dans celle qui figure &>«.. face de cette pièce, je ne classe ici ce méreau que pour . conserver la place que les numismatistes qui s'en eoni occupés lui ont attribuée jusqu'à ce jour.

Variétés. Aux dates de 1618-166i. — Bibliothèque impériale.

Je n'ai point rencontré d'autres méreaux religieux qui puissent être classés parmi ceux de Reims , et j'arrive au jeton bien connu des arquebusiers.

Saint Antoine debout : S' ANTOINE PATRON DE M" LES ARQVEBYZIERS DE REIMS. A l'ei^ergue, h renversé.

^. Trophée d'armes. PRO RE6E ET PATRIA. P. G. R. Exergue : 1707.

( M. Saubinet. )

Établie en 1527 par François I pour remplacer les arbalétriers dont l'origine remonte au milieu du xiv* siècle, la compagnie des arbalétriers est célèbre dans l'histoire de notre ville. Son organisation curieuse, les privilèges qui lui furent accordés, le récit des fêtes qu^elle donnait et auxquelles elle conviait les villes voisines , tout concourt à donner à ce jeton une valeur historique.

Composée dans l'origine de bourgeois choisis pour veiller à la défense de la ville, cette compagnie, par la ^te, ne se recruta plus que parmi les gens habiles au tir de Tarbalète; vers le xvu" siècle, elle n'était plus qu'une institution vieillie conservant encore quelques-uns des privilèges qui lui avaient été accordés, et s' éloignant du but pour lequd elle avait été créée.

Il y eut à Reims difiTérentes coB^>agnies d'archers : celle

mUISlUTIQUE BftMHSS. 76

de Saûit-Sébastien, recrutée parmi la jeunesse , qui s'exerçait près de la porte Dieu-Lumière ; celle du ban de Saiut- Rémy, dont le jeu de paume fut abandonné à l'bôpital général en Ithh ; enfin celle de l'arcbevèché et du chapitre, dont le tir était & la porte Gérés, et le lieu de réunion dans la rue Large. C'est près de cet emplacement que François I fit bâtir, en 1537, le château de l'Arquebuse.

Les privilèges de ces sociétés étaient nombreux, et ceux accordés aux plus adroits dans le tir de l'^alète sont assez curieux pour devoir être rapportés.

Le vainqueur des fêtes annuelles qui se célébraient à la Trinité était reconnu roi et conduit en triomphe au château de l'Arquebuse; il avait le drmt de faire entrer dans le courant de l'année quaû^-vingts pièces de vin. Quant à celui qui pendant trois années consécutives était assez heureux pour être trois fois vainqueur, le titre d'empereur lui était accordé, avec le droit de faire entrer en ville, chaque année et pendant toute sa vie, trente pièces de vin.

Je ne vois pas la raijson qui avait fait prendre aux arquebusiers de Reims saint Antoine pour leur patron, puisqu'on 1718, sur la porte Gérés, près de laquelle ils tiraient leur oiseau, on voyait l'image de sainte Barbe entre les armes de la ville et celles de la compagnie des archers.

(PL. VU, N* i.)

GAROLA LOTHARINGU FVND. A. 16A7. Buste du cardinal de Lorraine.

]^. UNIYEBSITAS REMENSIS. 1756. Écusson aux armes de FDniversité.

( Ai^nt. M. Saubinet. )

(Variété. — Cuivre. M. Saubinet. )

76 IfUMISMATlQUB RÉMOISE.

Petit-fils de René II , duc de Lorraine , Charles , cardinal de Guise, archevêque de Reims, fonda FUniversité. Pen^ dant son séjour à Rome, en 1537, il avait sollicité et obtenu de Paul III la permission d'établir en notre ville une Université. Au mois de mars 1647, Henri II confirma les privilèges octroyés par le pape , et le parlement enregistra cet édit en 15A9.

Cette médaille est un jeton de présence que Ton distri» buait aux séances de TOniversité.

GAROLYS^CARDI. DE LOTH. ARCH. DYX RHEM. Écusson aux armes de Lorraine , surmonté du chapeau de cardinal.

i^. CRESGAM ET TE STANTE VIREBO. Pyramide surmontée d'un croissant, autour de laquelle est une branche de lierre *.

( Argent. La bibliothèque du petit séminaire. )

(Cuivre. M. Saubinet. )

Variété. Même face.

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