STATISTIQUE
Nous avons examiné systématiquement 213 malades dans le service de notre Maître, M. Ameuille. Il nous a fallu d’une part considérer le siège, l'importance et le type de traitement de la lésion pulmonaire, d’autre part séparer les laryngites tuberculeuses, dont le diagnostic ne souffrait aucune discussion, des aspects un peu particuliers que présentaient certains larynx de tuberculeux et que nous appellerons les cas suspects. En effet, au cours de nos examens il nous a été donné d’observer des aspects anormaux (corde dont le bord était un peu rosé, corde légèrement concave, aryténoïde un peu plus gros que son homologue, muqueuse pâle ou rouge, enfin tout ce qui, anormal, doit éveiller l’attention chez le tuberculeux). Nous rappellerons que dans les observations 1, 20 et 32, la laryngite tuberculeuse débuta par des lésions qui paraissaient bénignes.
Notre examen systématique consistait d’une part dans l'étude de l'observation clinique du malade et surtout des radiographies pulmonaires, d'autre part en lPexamen du larynx même en l’absence de tous signes fonctionnels, ces divers résultats étant comparés les uns aux autres.
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Sur nos 213 malades nous avons relevé 39 cas de laryngite tuberculeuse et 13 cas suspects. La proportion générale atteint les chiffres suivants : 18,33 % des malades présentaient une laryngite, 6 % étaient suspects.
Sur les 213 cas il y avait 131 hommes et 82 femmes.
Sur les 131 hommes nous relevons 24 laryngites, ce qui donne une proportion générale de 18,3 %. On pouvait répartir ces malades ainsi :
— 13 ayant une tuberculose pulmonaire bilatérale et présentant 21 laryngites, soit un pourcentage de 28,7 % ;
— 29 traités par pneumothorax, avec 3 laryngites, soit 10,3 % ;
— 21 porteurs d’une tuberculose unilatérale, légère ou en attente d’un pneumothorax, aucun cas de laryngite,
— 4 pleurésies avec participation pulmonaire, 3 pleurésies d'apparence primitive, 1 thoracoplastie, tous ces cas sans aucune lésion laryngée.
Les cas douteux pouvaient se répartir ainsi :
— chez les bilatéraux, 4 cas, soit 5,4 % ;:
— chez les malades porteurs d’un pneumothorax, 2 cas, soit 6,8 %.
Sur les 82 cas féminins, il existait 15 laryngites tuberculeuses donnant une proportion générale de 18,3 %. Ces cas peuvent être répartis ainsi :
— 39 malades atteintes de lésions bilatérales présentaient 13 laryngites, soit 33,3 % ;
— 20 cas traités par pneumothorax montraient 2 laryngites, soit 10 % ;
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— 1 pleurésie avec participation pulmonaire, 4 pleurésies d'apparence primitive, 14 tuberculoses unilatérales, 3 thoracoplasties, 1 phrénicectomie ne présentèrent aucun cas de laryngite.
Les cas suspects étaient ainsi répartis :
4 cas pour 39 tuberculoses bilatérales, soit 9,7 %; 2 cas pour 20 pneumothorax, soit 10 %.
Sur les 39 cas de laryngites tuberculeuses, que nous avons diagnostiquées, nous avons relevé l’observation de 35 d’entre elles qui se répartissent ainsi :
— 21 chez l’homme ;
— 14 chez la femme.
D'après l’âge nous trouvons :
chez l’homme : de 21 à 30 ans, 3 cas, soit 14,4 % de 31 à 40 ans, 13 cas, soit 62 %
de 41 à 50 ans, 1 cas, soit 4,7 %
de 51 à 60 ans, 3 cas, soit 14,4
au delà de 60 ans, 1 cas, soit 4,7 %
chez la femme : de 16 à 25 ans, 4 cas, soit 28,4 & de 26 à 35 ans, 6 cas, soit 42,6 %
de 36 à 45 ans, 3 cas, soit 21,3 %
de 46 à 55 ans, 1 cas, soit 7,1 %
D’après leur date d'apparition, par rapport à l’évolution de la tuberculose pulmonaire :
1° Les laryngites terminales ou vraisemblablement terminales au nombre de 25 cas, soit 71 % environ (observations 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 20, 21, 25, 24, 25, 27, 28, 29, 33, 35).
2° Les laryngites survenant au début de l’évolution : 1 cas, soit 2,8 % (N° 16)
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3° Les laryngites survenant au cours de l’évolution : 9 cas, soit 25,7 % environ (observations 17, 18, 19, 26, 50, 51, 32, 34).
D'après l'évolution :
1° Evolution grave : nous avons trouvé 25 cas, soit 71 % (observations 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 15, 14, 15, 17, 18, 20, 23, 24, 25, 26,-27, 29, 31).
2° Etat stationnaire : nous avons compté 5 cas, soit 14 % environ (observations 16, 19, 28, 32, 33).
3% Laryngites tendant à régresser : 2 cas, soit 5,4 % environ (observations 22, 30).
4 Les observations 21, 34 et 35 sont trop courtes pour qu’il soit possible d’en tirer des conclusions.
D’après la latence. — Nous avons trouvé un nombre assez considérable de laryngites absolument latentes à l’autopsie, ainsi qu’à l'examen clinique, c’est pourquoi nous pensons avec Kanonÿ qu’il serait important de faire pratiquer un examen systématique du larynx chez tous les tuberculeux pulmonaires, afin d’en tirer un pronostic à défaut d'indications thérapeutiques (observations 3, 7, 9, 16, 17, 18, 28, 32).
D'après les causes favorables. — Nous n'avons rien de probant au point de vue influence favorable du métier ; nous ne relevons que 2 cas où la syphilis aurait pu jouer peut-être un rôle ; nous avons un cas où la grossesse a certainement favorisé l’apparition de la laryngite.
D’après le siège et l’évolution des lésions par rapport aux lésions pulmonaires :
1° Laryngites siégeant ou évoluant du même côté que les lésions pulmonaires les plus évolutives : 14 cas, soit 40 %, ainsi dénombrés : 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 15, 224192779234
2° Laryngites ne siégeant pas ou n’évoluant pas du même côté que les lésions pulmonaires les plus évolutives : 7 cas, soit 20 %, dont les numéros sont : 12, 15; 16,18, 20,28, 51:
3° Il existe des cas où les lésions sont bilatérales tant au larynx qu'aux poumons, ce sont les observations suivantes : 5,10, 11, 14 21,2223 24/25, 26,29, 30, 33, 35, soit 40 % environ.
D'après le début des lésions constaté cliniquement ou à l’autopsie :
1° Les cas où l’on peut affirmer le début :
a) Sur les cordes : 11 cas sur 35 (N°: 1, 7, 12,47 19, 22, 27, 28, 31, 32, 34) ;
b) Sur les bandes : 2 cas sur 35 (N°: 8, 18).
Nous n’avons pas observé le début sur une autre partie du larynx.
2° Cas où il est très probable que le début se fit sur les cordes : 3 cas sur 35 (N° 9, 13, 16).
Les autres observations étaient prises trop tardivement pour qu’il fût possible d’en tirer des conclusions.
D'après le siège des lésions. — Nous distinguerons les cas autopsiés des autres observations. Voici le tableau que nous obtenons :
= Vo —-
Observations Observations avec autopsies (14 cas) sans autopsies (21 cas) COTES MOT) MER Er 19 (90 %) LANOOS CR TRE L'OPCTAMTE MR SAN EE 14 (66 %) ANVtéNOoIdesN CAT: O2 CHINE) OL A RE 9 (43 %) Épisiotte mms. OACCANDIE Ferre Les 6 (28 %) Rég. inter-arytén. SPAS ES RP ne 6 (28 %) Etage sous-glottique 7 (50%) ......... ? ÉRTAMONS Te 20 CECI) PART # HPTACNEC ne ANR re 4 FANBUE HHATYHL re AU SE) m0, 1 (4,7 D)
Nous notons d’autre part que la majorité des lésions observées à l’autopsie étaient des ulcérations ne dépassant en profondeur la sous-muqueuse.
Résumé. De notre statistique, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :
1° Les laryngites tuberculeuses apparaissent avec le maximum de fréquence à la fin de l’évolution de la tuberculose pulmonaire ; elles seront d’autant moins fréquentes que leur date d'apparition sera plus rapprochée de celle du début de la tuberculose pulmonaire.
2° Nous avons remarqué que ,parmi les tuberculeux unilatéraux, seuls les malades traités par un pneumothorax ont présenté des cas de laryngite.
3° Les lésions prédominaient dans la majorité des cas sur les cordes et les bandes, les autres parties du larynx étaient peu touchées, et il ne nous a pas semblé que les lésions trachéales étaient aussi fréquentes qu’il est habituel de le dire.
4° La concordance du siège ou de l’évolution des lésions laryngées et pulmonaires ne semble pas être vérifiée par nos observations, car dans notre statistique, nous obtenons une différence trop faible entre les cas favorables et les cas défavorables à cette concordance, pour qu’il soit permis de laffirmer.
5° Etant donné la fréquence des laryngites latentes, nous insisterons encore sur l’intérêt d’un examen systématique du larynx chez les tuberculeux pulmonaires.
6° L'évolution de la laryngite tuberculeuse peut être capricieuse, et quelquefois peut se terminer de façon favorable.