T. EVOLUTION PI.ANKTAIRE IA
animal. Des animaux el île tous les habitants de l'astre, le dernier à paraître est l'homme, être suprême.
Quand la vie organique a atteint le maximum d'intensité dont elle est susceptible à la surface de cette planète, celle-ci, abordant le septième et ultime stade, l'état igné, est ressaisie parle Pralaya. Elle entre en fusion, embrase l'espace autour de soi, éparpille lumière et chaleur à tous univers environnants: la voilà soleil.
Désormais c'est la dissolution progressive, jusqu'à ce que les forces,' peu à peu résorbées, aboutissent à s'équilibrer. Alors, dans le crépuscule vespéral de sonKalpa^ le monde réintègre le Vide.
Le noyau solide primitif d'une planète Pne doit rien au corps céleste S autour de quoi cette planète décrit son orbite, et sa constitution définitive est antérieure à l'incandescence de S . Mais tant que cette incandescence ne s'est pas déclarée, F ne peut qu'involuer ; pour que s'ouvre l'Avasarpini, il fout que S se soit transformé en soleil, et que ses radiations accourent féconder P.
La Terre n'a donc point jailli toute d'un bloc hors de l'astre dans les eaux duquel elle gravite^, et son existence était déjà longue à la date où celui-
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ci a pris feu. Mais la vie ne s'est éveillée à sa surface que lorsque et parce que cet astre est devenu soleil (1).
Bien plus, il est probable que P n'inaugure son mouvement de rotation sur son axe que lorsque et parce que S commence à lui envoyer des radiations, et que jusqu'à ce moment P présente à S constamment le même hémisphère.
De sorte que la Lune, loin d'être une étoile morte, ne se trouve encore qu'en son quatrième état, l'état minéral, tout au plus au début du cinquième, et que la vie végétale se développera à la surface de notre satellite, et que celui-ci tournera sur soimême, seulement après que notre globe se sera aHumé.
L'évolution particulière de chacun des trois règnes se rythme par cycles de 24,000 ans — chiffres ronds — fractionnés eux-mêmes en deux phases égales.
25,848 ans, telle est en effet la durée de l'année que les astronomes qualifient de platonique, et à l'expiration de laquelle tous les astres fixes, après
(1) Il n'est cependant pas impossible que certaines espèces végétales, par exemple les fougères, se soient épanouies avant que nous soient parvenues les primes radiations solaires.
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avoir accompli leur période appareille autour des pôles de récliptique, regagnent leur première situation relativement aux cercles de la sphère céleste (1), et 12,924 ans, tel est le temps que cette (( horde sidérale », comme dit Bérose, employé à se rendre de l'astérismedu Cancer à celui du Capricorne, ou de celui du Capricorne à celui du Cancer.
Au cours de l'année platonique l'axe terrestre se déplace, avec une vitesse qui longtemps est à peine sensible, mais qui soudain, sur la fin, se précipite etFrovable, jusqu'à ce qu'il ait dévié de 90 degrés. Puis il rétrograde durant une seconde
(l) Il y a vraisemblance que la valeur attribuée au Kalpa représente le produit d'une multiplication de la durée de l'année platonique par le cube de 7. Produit dont l'inexactitude doit élre imputée soit aux altérations qu'a pu lui faire subir une longue Inidition, soit au soin pris par le calculateur lui-même d'arrondir ses chiffres pour que la mémoire populaire se les assimilât plus aisément ; car il est difficile de croire que les astronomes hindus, du savoir de qui l'on a tant de témoignages slupétiants, aient erré cette fois précisément. L'idée qu'ils ont choisi pour multiplicateur le cube de 7 m'est suggérée par ceci que 7 est la somme des états traversés par la planète et que d'ailleurs 3 et 7, dans la vallée du Gange comme en tous temps par tous pays, étaient chiffres sacrés, pour ce que l'univorsalilé des manifestations de la nature sont réductibles en Cfs nombres premiers.
année platonique pour revenir à sa position antérieure. Une troisième année platonique le voit redescendre dans le sens opposé un arc e\|uivalent, qu'il remonte tandis que s'écoule une quatrième année platoniq.ue, au sortir de laquelle il tend à renouveler la chute première. C'est ainsi que le pôle septentrional, qui au terme de la dernière année platonique se trouvait dans le Pacifique, parmi les îles Gilbert, coïncidera, au bout du présent cycle, avec une région de l'Océan Atlantique moins distante du cap des^Palmes que du cap San-Roque. Ensuite il recouvrera sa situation actuelle, puis il rejoindra l'intersection del'équateur actuel et du méridien complémentaire de celui de l'île de Fer. La cause de ces oscillations réside en les péripéties de la lutte où PurushaetPakriti, force centripète et force centrifuge, triomphent alternativement. Dès que la force centrifuge a accumulé le poids de la vie en un foyer, au point que l'équilibre du globe en soit compromis, la force centripète intervient, réfrène cette expansion, travaille à refouler les terres vers le cœur de l'astre. La force centrifuge alors entraîne celles-ci ailleurs, et c'est le soulèvement de ce contrepoids qui détermine l'inclinaison de l'axe de rotation.
l'évolution planétaire Ho
Chacun de ces déplacements déchaîne un déluge dont est perturbée la surface entière delà planète. Les trois continents (Dvipa), ou plutôt les trois membres de l'unique continent, se disloquent, se bouleversent, s'efforidrentsous les immenses vagues déferlées, sous le feu des volcans qu'a réveillés l'irruption de l'eau marine, sous les foudres où l'atmosphère se décharge d'une tension énorme, — cependant que, plus loin, en un lieu que le flot couvait, un sol neuf émerge, où la vie se va perpétuer.
Au milieu de l'année platonique, lorsque les étoiles fixes pénètrent dans le signe du Capricorne, c'est-à-dire lorsque l'axe de la terre, penchant depuis 12,924 ans , s'est déjà écarté très sensiblement du point qui fut son pôle, celui-ci, commençant à recevoir les rayons solaires sous un angle plusfavorable, s'échautfe, et les glaces qui le possédaient fondent, en une débâcle qui, sans jouer dans l'évolution planétaire un rôle aussi important que les déluges, n'en exerce pas moins, par les troubles géologiques et atmosphériques qu'elle occasionne, une influence profonde sur le développement des types végétaux et animaux. Car, en l'Avasarpini du Manvantara, chaque fois que la vie sombre,
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c'est pour resurgir plus forte et plus haute.
Tant que dure le stade évolutif d'un règMie, chacune des terres successives produit de ce règne des spécimens jusque-là ignorés, à elles propres, toujours supérieurs à ceux créés par le continent précédent, et inférieurs à ceux qu'apportera le continent à venir. Mais dès que ce stade est clos, non seulement il ne naît plus du règne év^olué nulle forme inédite, mais les formes connues demeurent immuables. C'est ce qui explique comme quoi depuis que l'humanité existe elle n'a pu constater l'apparition d'aucun minéral, d'aucun végétal nouveaux, ni la métamorphose d'aucun minéral en végétal, d'aucun végétal en animal.
Cette loi n'est pas moins vraie pour les subdivisions du règne, de sorte que, à peine l'évolution d'une espèce a-t-elle commencé, l'espèce qui a évolué antérieurement se fixe, et, si elle change, ce ne peut être que pour s'avilir, et peu à peu s'éteindre. Là est la raison pourquoi la physionomie et les moeurs des animaux ne varient plus spontanément, et pourquoi il nous est impossible de surprendre telle espèce à s'assimiler à telle autre, tel quadrupède à s'améliorer en quadrumane, tel anthropoïde à s'ériger en primate.
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Les déluges n'abolissent point la totalité des terres émergées, et tout continent soulevé se complète par maints fragments vestiges de ses prédécesseurs. Aussi les modes vitaux des continents déchus subsistent-ils auprès des modes du sol jeune. Pas tous cependant, car chaque année platonique en voit un grand nombre s'effacer sous la pression de causes multiples. Donc, si une espèce en voie d'évolution ne coexiste jamais avec une espèce supérieure, elle ne saurait non plus coexister avec toutes les espèces inférieures, et plus d'un anneau de sa chaîne généalogique doit nécessairement manquer à ses notions. C'est-à-dire que s'il est exact que l'intermédiaire entre le singe et l'homme soit indécouvrable, — ce dont il est d'ailleurs permis de douter, car un contingent relativement considérable de territoires attend encore des explorateurs, et même parmi les peuplades connues il en est beaucoup qui n'ont pas été étudiées suffisamment, — si cet être n'existe plus, il n'y a point lieu de s'en étonner, et sa disparition n'a rien que de très naturel.
Une autre remarque à faire est celle-ci ': Les subdivisions d'une espèce n'émanent pas chacune d'un continent particulier; elles résultent
d'un développemenl inliiiie, poursuivi, soit sur une seule terre, soit sur plusieurs continents successifs; par exemple, telle race d'hommes vivant sur tel continent n'est qu'un mélissage de sujets d'au moins deux races de deux continents précédents. — Et les dissemblances entre ces subdivisions sont d'autant moins graves que l'espèce qu'elles fractionnent est plus élevée dans la hiérarchie universelle et que son progrès individuel est plus mûr; ainsi le type humain va s'unifîant peu à peu.
Le continent quel'avant-dernier déluge a détruit, Lemuria, offrait son centre là où s'étale aujourd'hui l'Océan Indien, entre les Mascareignes et l'Australie. Il était le domaine de la troisième race humaine, la noire-brune, dont les survivants se retrouvent, perpétuant l'apparence ancestrale aussi pure que possible, dans les autochtones de Madagascar et de Geylan, des Maldives et des Laquedives, des Nicobar et des Andaman, de la Mélanésie et de l'Australie. Les Polynésiens et les Micronésiens proviennent d'un mélange entre les Lémuriens et des conquérants de la quatrième race, avec, pourtant, prédominance de l'élément Lémurien, tandis qu'en Malaisie la proportion est
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presque égale, et que chez les Japonais, les Annamiles, les Khmers, les Thaïs, etc., l'élément Atlante prépondère. Dans le Dekkan le sang Lémurien a été à peine troublé par l'immixtion du sang- Aryen. A part les Hottentots et les peuplades naines du centre, qui ne sont que des Atlantes déchus, les multitudes africaines sont issues, elles aussi, de souche Lémurienne. Ces noirs ont fusionné, en Ethiopie, un peu avec les blancs, et dans la portion septentrionale du Soudan, à des degrés divers avec les rouges.
Le continent d'Atlantis, habitacle de la quatrième race, la jaune-rouge, a laissé son nom à l'Océan qui l'engloutit lors du dernier déluge. Il avait son foyer non loin à l'est du point où émergent actuellement les Bermudes. De son humanité les spécimens ont survécu innombrables. Ce sont — bientôt il faudra écrire : c'étaient — les indigènes des quatre Amériques : septentrionale, centrale, insulaire et méridionale, — sauf les tribus de l'extrême sud, qui sont Lémuriennes. Certaines familles du nord, surtout les Eskimos, ont subi dès la plus haute antiquité riniluence Aryenne, survenue avec les Skandinaves par la voie de l'Islande et du Groenland.
loO ESSAI SUR LA PIIILOSOPIIIR BoIDDIIlQUE
Ce furent les Guanches des Canaries, les Ibères — dont restent les Eskualdunaks — les Etrusques, les Pelages. Ce sont les Berbères, ce furent les Egyptiens des castes supérieures, — dont restent les Koptes.
Ce sont les Aïnos, les Kamtshadales, les Koriaks, les Tsliuktshes, les lukaghirs, les Iakutes, les Tunguses, les Buriales, les Mantshus, les Koréens. Des capitulations avec les Aryens ont altéré la physionomie ethnique, à peine chez les Chinois, les Mongols, les Tatars, les Ostiaks, les Vogules, les Zyrianes, les Samoyèdes, assez chez les Kaïssaks, les Turkmènes, les Kirghiz, les Bashkirs, les Lapons, beaucoup chez les Turks, les Finnois, les Madjyars.
L'architecture Atlante est caractérisée par les formes si remarquables de l'obélisque (Egypte, Mexique et Péru, menhir d'Irlande, de Grande- Bretagne, de France, d'Espagne et du Maghreb), du kromlek (Royaume-Uni, France, partie orientale de la Nord-Amérique), de la pyramide (vallée du Nil, Mexique et Péru, tumuli du bassin de rOhio, toits des pagodes chinoises), du pylône (Egypte, Mexique et Péru, Chine et Japon, dolmen de l'Archipel Britannique, de France,
L KVoUTlON PLANKTAIRK l.'il
de la pc'iiiiisule Ibérique, de Maurétanie) (1).
Le continent contemporain, sur ses trois tentacules : Amérique, Europe-Afrique, Asie-Australie, porte la cinquième race, la blanche-brune ou Aryenne.
Il est probable que le centre du continent prochain apparaîtra dans la région méridionale du Pacifique, sous la longitude de File de Pâques et lalatitude de TAraucanie. Sa race, la pénultième, sera sans doute jaune-blanche, résultante d'une fusion entre les Chinois, qui depuis un demi-siècle se propagent avec une rapidité si extraordinaire sur toute la périphérie du Grand Océan, et les colons européens, dont l'expansion, particulièrement en Amérique et en Australie et Nouvelle- Zélande, n'est pas moins admirable. Car la vie, comprenant que les terres actuelles ne sauraient tarder à lui manquer, déjà afflue, inquiète et avide, vers le point où elle pressent que va surgir un sol vierge (2).
(1) L'arc de triomphe grec, et partant latia, n'est qu'un plagiat du pylône égyptien.
(2) Il serait di'placé ici de développer davantage la théorie ■de l'évolution planétaire. Elle est d'ailleurs exposée longuement, — soutenue de tous les arguments qu'accumulent en sa faveur l'astronomie et la météorologie, la dynamique et la
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chimie, la géologie el la paiéonlologie, l'anthropologie ol la linguistique, l'archéologie^vla hiérologie, la mythologie et le folk-lore, — en deux livres, dont l'un, qui est à l'impression, s'appelle : Les races et les continents : La Lémcrie et l'Atlantide, el l'autre, en préparation, porte le titre même du présent chapitre.
LES UPADHIS
Il n'est pas une école de métaphysiciens qui ne se soit préoccupée de dégager un à un les éléments constitutifs de la personnalité humaine, de leur imposer des étiquettes, de rechercher les lois de leurs corrélations.
Quant à fixer l'essence, et par suite le nom, de chacun de ces éléments, la discussion ne pouvait que se pérenniser très acerbe, mais sur leur quantité même, l'unanimité, en tous temps et par tous pays, a été parfaite.
Cette quantité, c'était fatal, est le nombre premier 3.
Corps, Ame, Esprit, telle est la plus vulgaire de ces divisions.
La Kabbale sémitique disait : Nefesh, Ruash, Neshamah.
Paracelse a écrit: Corps terrestre, Corps sidéral, Archée divine.
Les Modern-Spiritualists du Royaume-Uni et de la Nord-Amérique, et les Spiriles français et latins, appellent le deuxième terme : Périsprit, et le dernier, indifféremment : Esprit ou x\me.
Cependant, de même que les trois couleurs primordiales se décomposent sur le spectre en sept rayons, et selon cette règle que n objets sont susceptibles de se combiner un nombre de fois égal à gn 1 jgs I ^ 3 __ I ^ 7,^ Ig ternaire
humain, scrupuleusement analysé, s'est souvent projeté en septénaire.
Ainsi l'Egypte comptait le Sah, leKha, leKhaba, le Khu, le Ak, le Sa, et le Osiri ;
Le Yi-King mentionne : le Kweï, le Shan, le Kweï-Shan, le Zhing, le Po, le Khi, et le AVun ;
et l'Avesta donne : le Tamwas, l'Ushtanas, le Keherpas, le Tevishis, le Baodhas, le Urwonem, et le Frawashem.
L'Hindu Kanàda, fondateur de la philosophie Vaïseshika, enseignait que dans tout corps on doit distinguer:
Dravya, la substance ;
Guna, les propriétés de la substance ;
LES UPADHLS loo
Karman, l'exercice de ces propriétés ;
Samanya, le produit de cet exercice;
Visesha, la modalité déterminée pour la substance par ce produit ;
Samavaya, la relation entre cette modalité et l'exercice des propriétés de la substance ;
et Abhava, la notion subjective du corps.
Le Buddhisme a adopté un fractionnement analogue.
Rupa. la « forme » physique, royaume de Prakriti, est l'ensemble de tout ce qui dans l'homme est à l'état solide. Sankaratsharya prononce: Annamaya Kosa, enveloppe inerte de Maya.
Prrnla, la « vitalité », comprend tout ce qui participe du liquide autant que du solide. Il faut y voir la vie propre des cellules organiques (i). C'est l'effet dont la cause réside en l'opposition de Prakriti et de Purusha, — Brahma dans l'homme ; — dès que les deux adversaires se réconcilient, Rupa se dissout.
La somme de ces deux premiers éléments équivaut au corps terrestre de Paracelse, au Nefesh de la Kabbale.
(l) Pour les correspondances physiologique?, se reporter aux travaux de Gérard Encausse.