LE BUDDIIISME EN EUROPE
par Karma. La Grâce, délîguration de cette volition salvatrice qui continue à agir après l'entrée (lu Buddha en Nirvana. La Prédestination, déâguration de Karma.
La confession, la prédication en langue vulgaire, la vénération des saints et de leurs reliques, rinfaillibilité papale, le monachisme, la hiérarchie et le costume du clergé, le chapelet et le scapulaire, ont été empruntés directement au Buddhisme, le baptême au Brahmanisme, les rites, la tonsure et le célibat des prêtres, à la fois au Buddhisme et au culte officiel dans la vallée du Nil.
L'iconolâtrie est aryenne par excellence et égyptienne; telle concrétion ne saurait se concilier avec le génie sémitique.
La morale chrétienne, si inférieure qu'elle se montre en regard de la morale de Gautama, n'en dérive pas moins de celle-ci ; l'altruisme ne fut oncques endémique en Israël.
Ce n'est qu'à une époque assez tardive qu'un courant sémitique s'est manifesté au sein du Christianisme. Et ses victoires sont toujours précaires et stériles. La tradition aryenne, dans l'instant qu'elle semble enfin écrasée à jamais, resurgit sous un masque nouveau, sans cesse et partout elle-
même. C'est Origène et sa réincarnation, face exotérique de la transmigration de Taiiha. Ce sont les Manichéens, et les Albigeois, et la multitude des hérésies, ce sont les Templiers, Buddhistes parfaits. Et au réveil de l'étouffante tyrannie du Biblisme, c'est l'éclosion de la métaphysique germanique. Et plus près de nous c'est ce Schopenhauer, qui partage avec son compatriote Wagner, autre Buddhiste, le rare et précieux privilège d'être hyperboliquement vilipendé surtout de ceux qui ignorent ses œuvres. C'est enfin l'apparition et la si prompte diffusion du Martinisme, du Modern-Spiritualism, du Spiritisme, et la renaissance de l'Hermétisme.
Cette lutte engagée dans l'intellectu alité européenne entre le principe aryen du Védo-Buddhisme et le principe sémitique du Judaïsme, n'est d'ailleurs qu'un mode du cosmique dynamisme dualiste. Et cotte manière d'envisager l'évolution du foyer de la race blanche-brune peut être étendue à cette race entière, qui serait le conflit de deux impulsions issues, l'une de la Lémurie par l'Indo- Chine, l'Inde, le pays de Jvush et l'Ethiopie, l'autre de l'Atlantide par l'Egypte, la Phénicie, l'Étrurie, la Keltide, l'Ibérie, la Chine. Et alors, la loi qui
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régit le développement d'une entité s'appliqiiant nécessairement à toutes les entités de même ordre, il serait permis d'énoncer en formule que l'évolution d'une race est celle du dynamisme réalisé par l'opposition des virtualités des deux races qui ont évolué antérieurement.
Mais si l'on se restreint à étudier la rivalité entre la souche aryenne et la souche sémitique, on se convaincra que celle-ci représente l'incitation négative ou féminine, la force centripète, et celle- Là l'incitation positive ou masculine, la force centrifuge. Le Sémite en effet, par sa faculté caractéristique d'assimilation, est essentiellement passif; au contraire l'Aryen créateur est tout activité. Ce dernier, par son panthéisme (amphibologie, car lorsque la divinité est partout, elle n'est nulle part) et par son éthique universaliste, est l'expansion ; l'autre par son monothéisme (théisme pur) et par son éthique individualiste (euphémisme pour égoïste), est la rétraction. L'Aryen est la dynamogénie: il détruit, c'est-à-dire qu'il transforme, et la transformation est le progrès ; l'autre est l'inhibition : il conserve, c'est-à-dire qu'il immobilise, et l'immobilité est le recul.
L AVENIR DU BUDDHISME
De même que l'évolution politique agrège en tribus les familles, éléments premiers cle l'organisme social, et plus tard les tribus en peuplades, puis groupe celles-ci en nations, puis rapproche les nations en ligues ethniques, puis fusionne les ligues ethniques en fédérations continentales et enfin cimente l'union planétaire de l'humanité, — de même l'évolution religieuse transforme les cultes de famille en cultes de tribu , et ceux-ci en cultes de peuplade, auxquels succèdent les cultes nationaux, qui s'effacent devant les cultes ethniques, dont le crédit passe aux cultes continentaux, et enfin ces derniers sont remplacés par un culte universel.
Mais chaque stade de l'évolution politique ne coïncide pas dans le temps avec le stade corres-
2i(j ESSAI SUR LA PHILOSOPHIE POUDDHIQUE
pondant de l'évolution religieuse. Il ne suffit pas qu'un mode social ait pu être conçu, pour qu'il tombe en réalisation immédiate. Après avoir été longuement et curieusement coordonné dans Tintellectualité, il lui faut se frayer la voie à travers le monde moral. Et c'est seulement lorsqu'il a franchi cette seconde crise, qui certes n'est pas la moins pénible, qu'il dépouille l'état de potentialité pour celui d'effectuation.
De sorte que tout stade de l'évolution sociale s'offre simultanément au stade du degré antérieur dans l'évolution éthique, et celui-ci simultanément au stade du degré antérieur dans l'évolution intellectuelle.
C'est ainsi par exemple que l'humanité contemporaine, qui sur le plan social entre à peine dans l'ère ethnique (Pangermanisme, Panslavisme, Panhellénisme, Panlatinisme) , aspire sur le plan de l'inconscience passionnelle au continentalisme (coalition américaine), et s'élève déjà sur le plan intellectuel, du continentalisme (Christianisme d'Europe, Buddhisme d'Asie, Islamisme d'Afrique), à l'universalisme (philosophie scientifique).
Une dernière remarque nécessaire est celle-ci : de même que chaque unité politique est constituée
L AVENIR DU BUDDHISME "Ul
par l'absorption d'iiu certain nomljre d'unités d'un degré inférieur en la plus, développée d'entre elles, de même chaque unité cultuelle devient par la capitulation de plusieurs unités du degré inférieur en face de la plus mûrie d'entre elles.
Il en résulte que des trois cultes actuels qui représentent l'ère du continentalisme, deux doivent disparaître : il n'est pas sans intérêt de rechercher lequel a le plus de chances d'atteindre à l'universalité, ou mieux, lequel semble appelé à contribuer pour la part majeure à l'élaboration de l'intellectiialité prochaine.
Or, il est reconnu que l'évolution politique s'accomplit de l'Autorité (monarchique, oligarchique, polyarchique ou synarchique, peu importe), à l'inautorité (an-archie), l'Arbitrage se substituant peu à peu à l'Arbitraire dans les rapports de la collectivité (ou de ses mandataires supposés) à l'individualité, et l'Altruisme à l'Egoïsme dans ceux des individualités entre elles.
Celles des trois religions au fronton desquelles seront inscrits ces trois principes :