Classification
Les quatre sciences dont nous venons depnrler se
(i) La seule analogie des quatre sciences du second ordre comprises dans la nosologie avec celles dont se compose la zoo- Icie, aurait pu suffire pour déterminer entre elles le même ordre dont les réflexions précédentes viennent de démontrer la nécessité. En effet, la nosologie tient, dans les sciences médicales, la même place que la zoologie dans les sciences naturelles, et si l'on compare leurs subdivisions correspondantes , on remarque entre elles l'analogie la plus complète. La zoograpliie et la nosographie décrivent toutes deux les caractères extérieurs, Tune des animaux, l'autre des maladies auxquelles ils sont exposés. Aux mœurs, à la manière de vivre des premiers répondent les divers phénomènes que présentent les secondes sous l'influence des modes de traitement auxquels elles ont été soumises. L'auatomie animale et Panatomie pathologique vont chercher, à l'égard des uns et des autres , dans l'intérieur de Torganisalion , des caractères plus cachés. La thérapeutique générale fait pour les maladies ce que Cait la zoonomie pour les animaux ; elle en compare tous les caractères , toutes les circonstances ; elle les dispose en classification naturelle, e:ipression des lois qui établissent entre ces caractères des dépendances mutuelles , et de même que la zoonomie dit d'après quelles lois telle nourriture , telle habitation , etc. , conviennent en général aux divers ordres de subdivisions de la classification naturelle des animaiix, la thérapeutique générale établit les lois d'après lesquelles les divers groupes de maladies exigent des exercices , des régimes, des médicamens déterminés. Enfin, comme la physiologie animale a également pour objet d'expliquer les phénomènes vitaux et les fonctions des organes , indépendamment des altérations morbides qu'ils peuvent éproa- ▼er, le» modifications qui transforment en divers matériaux organiques les alimens et l'air introduits dans l'économie animale ,
rapportent à un même objet spécial : la connaissance des perturbations de l'état normal des pLénomènes
eufin la formation même des organes depuis l'instant où l'animal commence à exister ; ainsi la physiolo^çie médicale s'occupe égar lemeut des phénomènes et des fonctions, lorsque la vie est altérée, de l'action des régimes et des médicameus sur les individus malades , et enfin , de tout ce qui peut donner naissance à une maladie. 11 y a sans doute une différence totale . quant à la chose même , entre la formation ou le développement d'un organe, et la génération ou les progrés d'une maladie ; mai? comme cette difforecce vient de la nature des objets dont nous nous occupons, l'analogie n'en subsiste pas moins dans la manière dont nous les étudions , en remontant des phénomènes observés à leurs causes; et cette analogie place nécessairement, dans toute méthode naturelle, ces deux genres de recherches, l'un dans la zoologie, l'autre dans la nosologie , à des lieux correspondans des deux séries de vérités dont ces sciences se composent.
C'est évidemment dans la physiologie médicale que l'on doit s'occuper de toutes les questions relatives à l'origine et aux causes des maladies, signaler celles qui se transmettent des pères aux enfans , examiner si l'altération des parties solides est la seule cause à laquelle on doive les attribuer, comme l'a soutenu longtemps une école peut-être trop exclusive. Plusieurs maladies ne sont-elles pas au contraire dues à Ia présence, dans les liquides animaux , de substances qui n'y existent pas dans l'état de santé, ou ne s'y trouvent qu'en bien plus petite quantité , soit qu'elles y soient produites par des combinaisons entre les élémens de ces liquides, différentes de celles qu'ils doivent former pour l'entretien de la vie, comme , dans le sang des enfans attaqués du carreau , se produit la substance particulière qu'y a trouvée M. Chevreul, soit qu'elles y soient introduites, comme le virus variohque dans l'inoculation , et y déterminent la formation de nouvelles particules semblables aux premières ; d'où résulte la production d'une grande quantité de ce virus dans l'individu qui , par cette
vitaux, auxquelles on a douné le nom de maladies. On a vu, à l'article de la nosographie , pourquoi je
opération , n'en a reçu que quelques molécules ? N'est-ce pas là un phénomène organique tout semblable à celui qui a lieu lorsque , à cause de l'instabilité de l'équilibre chimique des élémens du sang , ces élémens se combinent dans les rapports nécessaires pour former, sous l'influence de la substance cérébrale , de la fibrine 5 de la graisse, etc., de nouvelles particules des mêmes »ubstances , qui vont ensuite se déposer là où il s'en trouve déjà , pour nourrir les organes dans la composition desquels elles doivent entrer, tandis que d'autres substances , comme l'urée , produites de la même manière dans le sang , en sont séparées et rejetées au dehors par les organes sécrétoires destinés à opérer cette séparation ? Comme il n'y a point d'organes sécrétoires pour la matière du carreau , pour le virus variolique , la première se dépose sur les viscères , le second , après avoir produit des symptômes fébriles plus ou moins intenses, se porte sur les tégumens, s'y réunit en vésicules , qui , après s'être desséchées , fournissent cette poussière qui va produire la même maladie chez d'autres individus. N'est-il pas évident qu'alors l'irritation des organes, manifestée par la fièvre, n'est pas la cause de la maladie, mais un premier effet de la véritable cause: la production d'une substance nuisible dans le sang par une combinaison insolite de ses élémens, soit qu'elle ait lieu par une cause interne, comme dans le cas du carreau, soit qu elle résulte de l'introduction de quelques molécules d'une substance semblable , venues du dehors, comme dans la variole. Cette loi en vertu de laquelle les élémens du sang se combinent sous l'influence des diverses substances organiques, de manière à former de nouvelles molécules semblaDles à celles dont ces substances sont composées, peut être considérée comme présidant également aux phénomènes de la nutrition, de la transmission de» maladies héréditaire'" , de la propagation des maladies contagieuses d'un homme ou d'un animal à un autre, et de celle qui a lieu de proche en proche chez un même individu ,
ne pouvais me dispenser de comprendre dans l'étude de ces perturbations, non seulement les phénomènes qu*elles présenteraient si la maladie était abandonnée à elle-même, mais encore ceux qu'elles offrent sous l'influence de toutes les circonstances où se trouve le malade, parmi lesquelles je comprends les divers traitemens qui peuvent lui être prescrits. C'est cette considération qui m'a déterminé à donner à la science du premier ordre , formée de la réunion de ces quatre sciences du troisième, le nom de NOSO- LOGIE , de préférence à celui de pathologie , dont l'étymologie est à peu près la même, mais auquel l'usage a imposé une signification trop restreinte, en ce qu'on en exclut tout ce qui est relatif au traitement de la maladie, restriction qui rend celui de nosologie plus convenable pour désigner l'ensem ble de la science du premier ordre qui comprend
comme il arrive dans les cas de carie, de cancer, de gangrène; elle se retrouve même dans les matières organiques privées de vie ; soit , par exemple , quand la carie sèche , que la nature a destinée à débarrasser les arbres des branches mortes sur pied , s'établit , comme il arrive trop souvent , dans quelque point des bois transportés dans un chantier, et s'étend ensuite de proche eu proche ; soit lorsque la fermentation déterminée par la présence de la substance à laquelle on a donné le nom de ferment, produit , dans le liquide tenant en dissolution des matières susceptibles de fermenter où elle a été introduite, de nouvelles molécules de ferment , précisément comme la présence dans le sang d'une très petite quantité de virus variolique , suffit pour y produire un grand nombre de nouvelles molécules de ce virus.
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lout ce que nous savons sur les maladies , cl sur les traiLemeus qui conviennent à chacune d'elles , lorsque Ton considère ces deux objets d'étude d'une manière générale.
1(3 nosologie se divisera en deux sciences du second ordre , la nosologie proprement dite qui comprendra la nosographie et l'anatomie pathologique ; et Tiatrologie , où je réunirai la thérapeutique générale et la physiologie médicale. On ne trouve pas dans les écrits des auteurs grecs que le temps a épargnés le mot tarpoXoyca, mais ou y trouve le verbe laTpoAo'/iw, je disserte j ou f écris un traité sur la médecine, la guérison des maladies j dont il se déduit précisément comme les Grecs eux-mêmes ont tiré Tê/v&Ao'/ta de TîXvoAO'/iw. Je crois que, dans la vue de former un nom pour la science du second ordre dont il s'ag;ii ici, il est bien plus dans le génie de la langue grecque de faire le mot iatrologie, comme on y a fait le verbe iarpo/oyeu, que de le former directement avec le mot tarpeta, guérison, action de guérir, ou d'un de ses synonymes dont les Grecs n'ont déduit aucun mot composé , et cela avec d'autant plus de raison que ce mot larceta n'est aînsi terminé que parce que les premiers auteurs grecs qui ont écrit sur la médecine l'ont fait dans ledialecieionien, où il répond au mot inusité îarpï;, dont se formerait régulièrement Urpo^o'/éci) et IxTooioYta.