I. Ethnodicée» Les rapports de nation à nation
n'ont d'abord été réglés que par des usages qui s'étaient établis comme d'eux-mêmes-, mais, avec les progrès de la civilisation , sont venus des traités formels basés sur les intérêts réciproques des peuples qui les ont conclus. De ces usages , de ces traités et de la loi suprême du juste et de l'injuste qui existe de peuple à peuple, comme d'individu à individu, se compose le droit public des nations, qui est l'objet de la science du troisième ordre que je nomme Ethnodicée , d'e^vo: , nation , et oiv.r, , le droit.
1. Diplomatie. Mais ces usages et les traités ont, comme les lois, et peut-être plus encore, besoin d'être interprétés ; car ils s'occupent d'intérêts qui excitent eu général des passions plus violentes, conduisent trop souvent à l'emploi de la force et appellent ainsi sur les nations rivales tous les fléaux de la guerre. Cette interprétation suppose la connaissance de toutes les circonstances qui ont donné naissance aux usages, aux traités, de l'esprit qui a présidé à leur formation, des intérêts qu'ils ont ménagés ou compromis, etc. Tel est l'objet de la science qui a reçu depuis long-tem.ps le nom de Diplomatie.
3. Cybernétique. Les relations de peuple à peuple, étudiées dans les deux sciences précédentes, ne sont que la moindre partie des objets sur lesquels doit veiller un bon gouvernement \ le maintien de l'ordre public, l'exécution des lois, la juste répartition des impôts , le cboix des hommes qu'il doit em-
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ployer, et tout ce qui peut contribuer à l'amélioralion de l'état social , réclament à chaque insiant son attention. Sans cesse il a à choisir entre diverses mesures celle qui est la plus propre à atteindre le Lut ; et ce n'est que par l'étude approfondie et comparée des divers élémens que lui fournit , pour ce choix , la connaissance de tout ce qui est relatif à la nation qu'il régit, à son caractère, ses mœurs, ses opinions, son histoire, sa religion, ses moyens d'existence et de prospérité , son organisation et ses lois , qu'il peut se faire des règles générales de conduite , qui le guident dans chaque cas particulier. Ce n'est donc qu'après toutes les sciences qui s'occupent de ces divers objets qu'on doit placer celle dont il est ici question et que je nomme Cybernétique , du mot xuêêpvsTiz»; , qui, pris d'abord, dans une acception restreinte, pour l'art de gouverner un vaisseau, reçut de l'usage, chez les Grecs même, la signification, tout autrement étendue , de Vart de gouverner en général,
4» Théorie du poussoir. Enfin il nous reste à rechercher les causes qui ont amené l'établissement des divers gouvernemens, qui les conservent ou les ébranlent, qui produisent ou préviennent ces grandes crises qu'on appelle des révolutions, à remonter jusqu'à l'origine du pouvoir et à examiner les différens systèmes relatifs au principe même sur lequel il repose , tels que ceux du droit divin , de la souverai-
nelé nationale, de la raison ou de la nécessité des choses, d'un contrai explicite ou tacite entre les peuples et ceux qui sont appelés à les gouverner. De là une dernière science du troisième ordre qui a pour but de résoudre ces grandes questions et que je désignerai sous le nom de Théorie du poiwoii\
b. Classification.
Les quatre sciences que nous venons d'énumérer et de définir, comprennent toutes les vérités relatives aux moyens par lesquels les gouvernemens conservent les sociétés, en assurent la paix au dedans et l'indépendance nationale au dehors ; leur réunion constitue une science du premier ordre: LA POLI- TIQUE. Celle-ci se divise en deux sciences du second ordre. J'ai donné à la première, qui se compose de l'ethnodicée et de la diplomatie, le nom de syiîcimé- KiQUE , tirée de «ruy/e-ucva, traité, convention, ainsi que je l'ai expliqué pages xliv et xlv ^ et à la seconde, formée par la réunion de la cybernétique et de la théorie du pouvoir, celui de politique plvOPREME^T DITE, comme on le voit dans le tableau suivant :
Science du i" ordre. 1 Sciences du 2* ordre. I Sciences du 3* ordrt