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s^attirent à distance , sans aucune sorte de contact entre eux. Tandis que tous ceux qui sont au courant de l'état actuel des sciences physiques savent que Taction mutuelle des molécules des corps , même de celles du fluide répandu dans tout l'espace , auquel on donne le nom d éther, a lieu à travers des intervalles vides, à la vérité extrêmement petits , qui les séparent j et comme il serait impossible de supposer que , quand deux billes se frappent , les molécules placées à la surface de l'une puissent être plus près de celles qui leur correspondent sur la surface de l'autre, que ne le sont entre elles deux molécules voisines d'une même bille , il est évident que l'action du choc se fait sans contact, en vertu des mêmes forces répulsives qui tiennent écartées les unes des autres les molécules d'un même corps. Nous avons déjà vu, à l'article de l'ontologie, comment l'expérience jointe au calcul a démontré l'existence des espaces vides dont il est ici question, d'où résulte nécessairement l'impossibilité d'un véritable contact, soit entre les molécules d'uu corps, soit entre deux corps qui nous paraissent se toucher, parce qu'ils ne sont séparés que par une dislance inappréciable à nos sens.
L'action immédiate et réciproque entre la substance matérielle et la substance immatérielle, soit pour que la première communique à la seconde des sensations, soit pour que cr//e-c/ meuve la première,
est la Lase de loule métaphysique d'accord av«*c Tétai actuel des sciences. C'est sur celte action que l'on doit élablir l'existence et la distinction de ces deux sortes de substances , de même que c'est par elle que les hommes ont d'abord connu des substances immatérielles , comme cause motrice des mouvemens volontaires, ainsi que je l'ai dit dans la note placée à la fin de la préface de cet ouvrage. P Quel sens une autre objection tirée de la supposition que deux substances de nature absolument différente ne sauraient agir l'une sur l'autre, peut-elle avoir aux yeux d'un chimiste, qui sait au contraire que Faction entre les molécules des divers corps est d'autant plus énergique que ces molécules sont de nature plus difTérenle?
Enfin, qui pourrait croire que, dans un traité de philosophie imprimé il y a quelques années, oti trouve (à l'appui de l'opinioij, cpie défend l'auteur, savoir : que les substances créées ne subsistent que par une création continuée , sans laquelle elles retomberaient dans ie néant) celte comparaison : quil faut pour qu elles continuent d'exister que Dieu les recrée à chaque instant, comme les savans qui s'oc* cupent de mécanique admettent , pour quun mousse" ment imprimé se conserve et que le mobile ne re" tombe pas dans Vétat de repos , que la force qui a imprimé le mouvement continue d'agir à chaque instant.
Comment rauteur d'une pareille compaiaison )gnore-t-il que ces savans pensent précisément le contraire, et qu'ils éiablissent conformément à l'expélience, que le corps, une; fois mis en mouvement par la force qui a agi sur lui, continue à se mouvoir indéfiniment, à moins que d'^anires forces ne viennent à détruire ce mouvement. Si on peut conclure quelque chose de la comparaison dont il s'agit ici, c'est que la continuation indéfinie du mouvement après que Taction de la force a cessé , étant admise comme un des principes fondamentaux de la mécanique (i), les métaphysiciens doivent à plus forte raison reconnaître qu'une substance une fois créée subsiste indéfiniment, à moins qu'un nouvel acte de la puissance créatrice ne vienne à 1 anéantir.
2° Que pour développer les preuves de Texistence de Dieu, tirées de la contemplation de l'univers, il faut bien connaître cet uni\er5, afin de ne pas joindre, à des preuves irréfiagables, des raisonncmens fondés sur des erreurs manifestes, comme on en trouve
(i)Ce qu'on appelle inertie ôe la matière, c'est cette propriété, qu'à moins qu'une force n'agisse sur un corps , ce corps persévère dans l'état soit de repos , soit de mouvement où il se trouve, par quelque cause que ce soit, et que, tant qu'aucune force n'agit actuellement sur un point matériel qui a été mis dans l'état de mouvement par des forces qui n'eiintent plus , le mouvement de ze point est rcctili^jne, unifoimc et te continue indéfiniment; c'est sur cette propriété , qui est de l'esseoce de la matière, que repose toute la mécanique.
quelquefois dans des ouvrages écrils ^ soit à des époques où les sciences ne faisaient que de naître, soit par des hommpsqni les ignoraient.
Ce que je \iens de dire suffit pour démontrer l'impossibililé de diviser les sciences en trois règnes, sous les noms de sciences d'nutoriié, de raison, et à'obseivnlion : de réunir dans le prrmier, comme le voudraient les auteurs des clnssifîcation=; que je me "vois ici obligé de combattre , la partie philosophique et la partie historique des sciences religieuses, pour passer ensuite à l'étude de la pensée humaine, et enfin à celle du monde matériel. Un tel arrangement rompt évidemment les rapports naturels des sciences et place ces dernières après celles qui ne peuvent se passer de leur secours. ïl suffit , d'ailleurs , de voir les résultais de cet arrangement , tels qu'on les trouve dans le t.^bleau des connais.sances humaines joint par le père Ventura à son traité de methodo pJîilosophandi publié k Rome en 1828, pour être frappé de toutes les anomalies qui en sont la suite. On y remarque en efiet que des s{?iences relatives aux sociétés , dont j'ai formé le dernier sous-règne de ma clnssiCcatiou, et qui sont liées entre elles par des rapports mutuels si nombreux et si intimes : les unes, comme la jurisprudence, réeonomie politique et la diplomatie où est placée la géographie politique et à laquelle se trou\e joint le comnieice, son t rangées paiini les sciences d'ûtifo/i/e, tandis que les autres, lUistoire
ci r.»rch('ûîogie (^h rexcopiion <le riiistolre sacrée et des aiuiqniU'S judnïques), ainsi que lart militaire, ne sont pas même noDimécs dans le tableau du père Ventura (i).
Reprenons maintenant les quatre embranchemeni des sciences noologiques, pour les définir, pour tracer avec précision les limites qui les séparent et déterminer Tordre dans lequel ils doivent erre rangés.
d. Éoumération et dèfinitioDt.
I. Sciences pîiitosophigues. En me servant de ce nom , je me suis conformé à l'usage , et non à Tél}^mologie, bien convaincu qu'il ne faut pas y avoir égard dès qu'un mot a passé dans le langage ordinaire.
(i) On voit d'ailleurs, dans ce tableau, det rapprocbemeni auxquels on ne peut qu'applaudir. Les lettres et les beaux-arts •ont réuois avec raison à Pidéologie , la dialectique et la pédagogique, quoique le titre de sciences de raisonnement ne leur conTieniie guère; mais les mots sont ici de peu d'importance. Les mathématiques se trouvent, coDformément à ce que j'ai établi lorsque je m'en suis occupé , parmi les sciences d'observation ; •eulement elles sont rangées d'une manière bien singulière. Cea sciences commencent par la cosmologie, vient ensuite la chimie; et c'est immédiatement après cette dernière science que sont placées les mathématiques ; et celles-ci sont suivies de la physique particulière , dont la liaison naturelle avec la chimie se trouve ainsi rompue. A la physique particulière succède l'astronomie, auivie de la médecine et de l'histoire naturelle , dont il eat difi« elle d'apercevoir let rapporta avec elle.
L embranchement des sciences où l'on s'occupe de la pensée considérée en elie-mème , où Ton étudie la nature , l'origine , le degré de certitude et la réalité de nos connaissances , les différens caractères des hommes, les lois de la morale et le principe de ces lois, se compose de vérités tellement liées entre elles , qu on a senti le besoin de réunir ces sciences sous une dénomination commune -, et , comme la plupart d'entre elles se trouvent comprises dans la partie de l'enseignement public , à laquelle on a donné le nom de cours de philosophie, on a adopté assez généralement pour ces sciences celui de sciences philosophiques. Les limites qui les séparent, tant des sciences précédentes que de celles qui les suivent, sont si bien marquées par la nature même de leur objet, qu'elles ne peuvent oflVir presque aucune difficulté. Je dois cependant remarquer ici que l'action réciproque du physique et du moral de l'homme donne lieu, entre les sciences médicales et les sciences philosophiques, à un point de contact, qui me parait exiger quelques éclaircissemens.
C'est par le but qu'on se propose dans les diverses sortes de recherches qui sont relatives à celle action qu'il faut déterminer le règneoù chacune d'elles doit être placée. Ainsi, quand on étudie l'influence du moral de l'homme sur sa santé , les travaux intellectuels, les sentimens, les passions qui peuvent l'altérer sont considérés sous le rapport médical. La science
DBUXISMB PARTI!. It
qui eu résulte el que j'ai nommée phrênvgiélîque , doit donc appartenir aux sciences niétlicales ; tandis que, au contraire, c'est au moraliste à s'occuper de l'action du physique sur le moral, m même temps que de toutes les autres causes qui peuvent influer sur nos déterminations ; et c'est pourquoi j'ai placé la pliysiognomoniedans les sciences philosoplrlques.
Quant au rang de ces sciences dans ia classification naturelle des connaissances humaines, il me semble qu après qu'on a établi que toutes celles qui sont relatives à la pensée , ne doivent venir qu'après les sciences cosmologiqucs, on ne peut se reiuser à ranger, immédiatement à la suite de ces dernières, l'embranchement des sciences philosophiques. Ce n'est, en elFet, que quand on s'est livré à une élude approfondie de la pensée, qu'on peut passer à celle des divers moyens par lesquels elle se manifeste au dehors et se communique d'un individu à un autre. Sans doute, le principal de ces moyens^ , le langage , est nécessaire pour l'élude de la pensée, comme il l'est aussi pour celle des sciences cosmologiques ^ mais ce n'est pas une raison pour placer les sciences philosophiques après celles que j'ai nommées nootechni- (jues et qui ont tant d'emprunts à leur faire. 1-i'analyse du langage suppose celle de la pensée, comme les recherches relatives à la littérature, aux beauxarls , à l'éducation , supposent celle des scntimens, des [»assions, des diveis cora( iè:es des liomnies, etc.
2. Sciences nootech niques. On a pu remarquer dans la première partie (3e cet onfrrtî^e, que, parmi les objets des sciences du premici' et du troisième embranclieniens , qui sont étudiés d'une manière générale , on choisit , en quelque sorte , ceux qui tiennent de plus près à l'homme pour en faire le sujet des reclierclies spéciales dont se composent le second et le quatrième embranclitniens. Ainsi, dans Fensemble du monde, objet du premier embranchement, on choisit, pour les étudier dans le second d'une manière spéciale, les corps que nous pouvons approcher et soumettre à l'expérience. De même, parmi toutas les propriétés qui distinguent les êtres vivans des corps inorganiques , et dont s'occupe en général le troisième embranchement, on considère à part, pour en faire Tobjetdu quatrième, ce qui est relatif aux mojens de conserver la vie et la sauté de rhorame et des animaux qu'il s'est soumis.
La même chose se retrouve ici. Les actions des hommes sont traitées en général dans lembranchement des sciences philosophiques, sous le rapport de leurs motifs et de leurs conséquences, de la volonté qui les détermine , etc. Parmi ces actions, Tembranchement suivant : celui des sciences nootecliniques, se borne à étudier celles que l'homme fait dans la vue de transmettre h ses semblables , ses idées de tout genre , ses sentimens, ses passions , etc., de modifier leur pensée de quelque manière que ce soit. Ce
sont toujours les scîejices relatives aux moyens 6'agir qui viennont h la^suîle de celles où Ton se propose surtout de connaître.
Ces réllexions uc peuvent laisser aucun doute sur la place qu'on doit assigner aux sciences nooiecluiiques ; et nous en verrons un dernier exemple lorsqu'il sera question de la division du dernier sousrègne en sciences ethnologiques et politiques. Quant à présent, il me suffira de remarquer que c'est ce caractère (ïaction. exercée par l'intelligence et la volonté d'un homme sur d'autres intelligences et d'autres volontés, qui dislingue les sciences nootechniques de toutes les autres, et qui place nécessairement parmi elles la pédagogique , puisque celle-ci consiste dans Vaction de Tinstituteur sur les facultés intellectuelles et morales de Télève, et dans le choix des moyens les plus convenables pour que celle action produise les meilleuts résultats possibles.
3. Sciences ethnologiques. Le langage est le lien des sociétés -, sans lui, elles ne pouriaient ni se former, ni subsister. Les sciences uooiechniques doivent donc, dans Tordre naturel, précéder les sciences ethnologiques.
C'est encore la pensée de l'homme qu'étudient celles-ci -, mais ce n'est plus la pensée considérée en elle-même, ou dans les moyens iiar lesouels elle se manifeste : c est \n pensée dans les sociétés liumaines agissant i\i2v\\\H' i^ouune un Sf^il lionime, possétlajii
un territoire, y élevant des mouumens qui en conservent le souvenir aux races futures, tantôt s'agrandîssant, s'éclaîraul , tantôt exposées à des revers, et quelquefois disparaissant des contrées où elles avaient fleuri, pour faire place à d'autres nations , éprouvant des révolutions politiques, des révolutions religieuses, etc., etc.
L'embranchement que j'ai formé de ces sciences me paraît suffisamment caractérisé par la définition même des objets auxquels se rapportent les sciences dont il se compose. Une seule difficulté pourrait se présenter à l'égard des limites dans lesquelles il doit être circonscrit. Elle est relative à l'hiérologie nue j'ai placée dans rembrancliemenl dont il s'agit ici, et qu'on pourrait croire plus convenable de comprendre dans les sciences politiques. 11 en serait en effet ainsi dans le cas où l'on rangerait, parmi ces dernières, toutes les causes qui peuvent influer sur l'exis* tence des nations elles vicissitudes qui en ont marqué les diverses époques : mais déjà la philosophie de l'histoire a étudié ces causes, en tant qu'elles résultent de l'enchaînement des événemens et sont indépendantes du libre choix des peuples et des gouvernemens. L'influence des relierions sur les destinées des sociétés humaines présente aussi ce dernier caractère. Ce sont des causes, il est vrai, mais non pas des moyens qu'on puisse employer à volonté j ( t nous avons défini les sciences politiques : Sciences
ncoîogiques reJal'wes aux moyens par lesquels les nations pourvoient à leurs besoins, à leur dé^ fcnse et à tout ce qui peut contribuer à leur conservation et à leur prospérité. Quelque analogie que présententau premier cor.pd'œil l'étude des religions d'une part, et celle des lois civiles et politiques de l'autre, ces considérations établissent, entre les sciences qui s'en occupent, trop de différence pour qu'on doive les rapprocher. Les lois sont laites à volonté par le législateur^ et elles ont pour but d'assurer aux citoyens la tranquillité et la libre jouissance de ce qui leur apparlif^nt : de là, la nécessité, dans ^'intérêt des autres, de forcer à leur obéir ceux qui voudraient les enfreindre. Au contraire, les religions reposent sur des convictions qui ne dépendent d'aucune puissance humaine j le but vers lequel elles tendent, leur véritable objet, c'est de développer dans le cœur de Ihomme tous les seniimens qui l'élèvent à son créateur par la reconnaissance et l'adoration, et d'assurer à ceux qui en suivent les préceptes , la félicité qu'elles leur montrent dans une autre vie. C'est volontairement que i homme religieux conforme sa conduite à tous les devoirs qu'elles prescrivent ; dès lors, leur élude doit être placée dans les sciences ethnologiques, quoique celle des lois le soit dans les sciences politiques \ et compter l'hiérologie au nombre de ces dernières, ce serait profaner les rapports de l'homme avec Dieu,
4- Sciences politiques. Ces sciences sonl à l'égard de celles qui les précèdent dans le second règne, ce que les sciences médicales sont par rapport aux autres sciences cosmologiques. Elles ont pour objet de conserveries peuples et d'améliorer leur état social , comme les sciences médicales de conserver la vie des hommes et des animaux domestiques, et de les faire jouir du meilleur état de santé possible.
Ce que nous venons de dire- suffit pour prévenir toute difficulté au sujet des limites qui les séparent des autres sciences. Quanta la place que je leur assigne à la suite des sciences ethnologiques , elle est suffisamment justifiée , i° par cette circonstance qu'elles empruntent des secours à presque toutes les sciences précédentes, soit que l'on considère ceux que toutes les parties de l'économie sociale et de l'art militaire réclament des sciences mathématiques, physiques, naturelles et médicales, soit qu'il s'agisse des secours que la cœnolbologie et l'art militaire proprement dit, reçoivent des connaissances ethnologiques et historiques, soit enfin qu'on fasse attention à tous les emprunts que la iiomologie et la politique doivent faire à la connaissance du cœur humain, qui est un des principaux objets des sciences philosophiques, et à l'histoire, ainsi qu'à l'hiérologie \ 2° par le même caractère que nous avons déjà remarqué à l'égard des sciences nootechniques : en effet, c'est encore ici l'étude des moj^ens à'agir qui vient après
celle des objets sur lesquels l'action doit èîre exercée. Dans les sciences nooiecbnic|ues Thomme se proposait de modifier la pensée de ses semblables, étudiée dans l'embranchement précédent pour la connaître. ^Maintenant, il a pour objet d'a^//' sur les nations dont il s'est occupé , dans l'embranchement fjui précède, sous le même rapport de simple connais» sarice,
h. Classification.
Ces quaire embranchemens renferment toutes les sciences qui se rapportent à la pensée humaine : le second des deux grands objets de toutes les sciences. Nous en formerons en conséquence le second règne des connaissances humaines : et, ainsi que je Tai annoncé dans la première partie, page 28, je lui donnerai le nom de règne des SCIENCES NOO- I.OGTQUES, dugrecvooç intelligence, pensée, sentiment, dessein, volonlé, dont la signification s'étend à tout ce que, à l'exemple de Desrartes et des philosophes qui l'ont suivi, j'ai compris sous le nom de pensée. Car, ce n'est pas seulement ce qui appartient à renlendement, que les Grecs ont exprimé par ce mot : ils s'en sont aussi servi pour désigner les sentimens, les passions, les volontés, etc., ainsi qu'on peut le voir daus la thèse remarquable que M. Hamel, professeur-suppléant de littérature grecque à la
Faculté de Toulouse , a publiée, sur la psj-clioîogîe d'Homère. Ce règne se partage naturellemeul en deux sous-règncs. Nous aurons, d'un côté, les sciekces koo- LOGiQUES PROPREMENT DITES, quî comprendront les sciences philosophiques et noott^chniqucs , c'est-àdire, lout ce qui concerne la pensée en eîlc-nièmc et les moj'ens dont les iiomnies se servent pour la manifester, et pour modifier celles de leurs semblables ^ de l'autre côté, nous aurons les 5CIE^CES sociales ^ nom qui convient à la réunion des sciences ethnologiques et politiques, où Ton étudie les sociétés hu» mai nés.
Voici le tableau de cette cîassiikaiion ;
Règne. I Sous-regnes. t Embranchemcns,
Philosophiques.
SCIENCES ) (^Nootechniques.
N00L0GIQ13ES. \ (Ethnologiques.
ÎrliilO!
Noott
SOCIALIS,
Politiques.
OBSEnvATioifS. Avec un peu d'attention on reconnaîtra aisément dans cette classification une nouvelle et dernière application des quatre points de vue que j'ai fait remarquer dans toutes les classifications partielles dont la réunion reproduit la classification générale , à laquelle j'étais arrivé en partant de considérations entièrement difTérentes , soit que ces classifications partielles se rapportassent à la division d'une science du premier ordre en quatre sciences du troisième, soit qu'elles eussent pour objet celle d*un embranchement en quatre sciences du premier ordre^ ou enfin Il diTÏsioD d*uQ régne en quatre embranchemens»
Ainsi , on reconnaît le point de vue autoptique de Tobjet général des sciences noologiquee : la pensée humaine , dans les science» philosophiques, fondées sur l'obserTation iminédiate que chacun peut faire de sa propre pensée. Les sciences nootechniques présentent le caractère cryptoristlque , puisque en étudiant , par exemple , le langage , elles nous découTrent ce qui est caché sous les signes qu'il emploie , et que , d'ailleurs , les langues, qu'on a appelées avec raison des méthodes analytiques , décomposent la pensée; et sous ce rapport, l'embranchement des sciences nootechniques doit , dans le régne uoologique auquel il appartient , te trouver à la même place que les sciences crypto ris tiques du troisième ordre (qui présentent pour la plupart le même caractère de décomposition analytique) occupent chacune dans la science du premier ordre dont elles font respectivement partie.
Quant aux sciences ethnologiques , elles étudient principalement les changemens qu'ont éprouvés les diverses société» humaines j elles comparent ces changemens et cherchent à en établir les lois. Sous ce rapport , elles offrent tous les caractères du point de vue que j'ai appelé troponoraique. Enfin , le caractère du point de vue cryptologique ne peut être méconnu dans les science» politiques , qui recherchent des causes, étudient des effets , prévoient et préparent des résultats , en s'appuyant constamment sur la dépendance mutuelle des causes et des effets.
Seulement, comme il s'agit de la division d'un règne en embranchemens , il faut prendre ce» quatre point» de vue dans le sens le plus général et le plus large , comme nous l'avons fait, lorsqu'il a été question d'y rapporter les quatre embranchemens dont se compose le règne de» science» cosmologiquet.
nN.