‹ Essai sur la philosophie des sciences;Chapitre 59 sur 70 · CHAPITRE CLXQLIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXQLIEME

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Nous venons de parcourir toutes les sciences relatives à la FESSÉE , qui forment la seconde des deux grandes divisions de toutes les connaissances humaines. Nous avons vu quels sont les objets tant spéciaux que généraux de ces sciences, et les rapports respectifs d'après lesquels nous les avons classées en sciences de divers ordres , en sous-embranchemens et en embranchemens. Il nous reste maintenant à examiner ces embranchemens eux-raèmeS, à montrer leurs caracières disiinclifs et à les réunir en sous-règnes et en règnes.

Mais avant de nous occuper de ce travail , il se présente une question sur la([uelle je crois devoir revenir, quoique la pluj ait des motifs qui tendent à la décider se ti ou vent indiqués dans cet ouvrage et particulièrement dans Tiniroduclion. L'ordre naturel des connaiss^nce«? huTniine? ex^gf-t-i! . comme

e l'ai admis, que les sciences noologiques ne viennent qu'après les sciences cosaiologiques, ou devaient-elles être placées avant ces dernières, ainsi qu'il a été fait dans quelques unes des classifications proposées par divers auteurs? Il est évident qu'il ne peut rester de doute à cet égard , lorsqu'on consulte l'ordre naturel des objets mêmes de nos connaissances : puisque l'existence de l'homme suppose celle du monde matériel , du globe qu'il habite, des végétaux et des ani* maux dont il lire sa nourriture et tous les secours que ses besoins réclament le plus impérieusement. Bien d'autres considérations viennent à l'appui de cet arrangement. Il paraît que ceux qui l'ont rejeté ont surtout été portés à le faire, parce qu'ils pensaient qu'il fallait d'abord s'occuper des sciences qu'ils jugeaient les plus importantes, taudis qu'on doit au contraire commencer par celles qui sont un préliminaire nécessaire pour s'élever plus haut, et terminer chaque grande division de la série par les sciences qui profilent de toutes les connaissances précédentes pour résoudre les questions d'un plus haut intérêt , soit relativement aux besoins de l'homme et à sa conservation, soit à la morale , à l'éducation , à la religion et au gouvernement des états. On a dit que Dieu étant la première cause de tout ce qui existe , les sciences religieuses devaient être placées les premières. Mais l'homme peut-il connaître Dieu , avant de connaître le monde et sa propre pensée , qui se ma-

nifesleul d'abord à lui par la sensibilité, raclivilé et la conscience ? N esl-ce pas rordrc admirable de l'univLTS qui lui rcvèle riniciligence et la puissance itifîuics ? Deux routes le nièncnl à Dieu \ d'abor»^, cet ordie uiènie, où lout osl prévu , et cpje n'ont pu prévoiries èlres qtii lui doivent leur propre coiiservanon*, la nécessité d'une cause à tout ce qui existe , et d'une cause intelligente à Texistence d'un monde où 1 intelligence est partout manifeste. Mais celle route ne pouvait contiuirc Tiiommequ'à une connaissance bien imparfaite dcsaliributs de son Créateur, des devoirs qu il exigeait de lui, el de la {in pour laquelle il lavait ciéé. Il a donc fallu que Dieu suppléai à la faiblesse de resj)rit bumsin, en lui ouvrant, par la révélation , une seconde route qui le conduisît à lui. De là, (Ivux oljeis d étude tout à-fait indépendans l'un de l'autre cl cju il me paraît impossible de rapprocher dans Tordre naturel des sciences. La lliéologie i.atu relie et la ibéodicée font évidemment parliedes sciences pbilosopbiqties proprement dites, (jue serait un cours uu un iraité de pbilosopliie où il ne serait pas question de Di( u ? C est , d'ailleurs, à ces sciences que les recherches riîlalives à ce grand oljet ont élé rjpj ortée?. La révélation , au conli-aire, comme Tctude de toutes les n ligions qui l'ont méconnue , n'appartient elle pas aux S(iences bisioritpies? Toules 'es preuves, sur lesquelles elle s'appuie, ne sont-elle<; pas du doinaine de Tbisloire? Ne

se irouveni-elJes pas uniquement dans ceile du peuple que Dieu s'était choisi , avant qu'il vînt parmi les hommes ies enseigner lui-même, et dans Thisloire de rÉgilse depuis la naissance du Christianisme? Dès lors, sous tous les points de vue, Thiérologie et ia controverse qui y est comprise , ne peuvent venir qu'à la suile des autres sciences elhnoiogiques, lesquelles doivent elles-mêmes êire nécessairement précédées des sciences nooîogiques [)roprcment dites. A toutes les raisons que j'ai déjà apportées pour que celles-ci soient placées après les sciences cosmoiogiques , ne faut-il pas encore fjouier les motifs suivans :

1** Que les questions agitées par les méta,)liYsiciens ne peuvent être traitées convenablement par ceux qui ignorent ces dernières sciences. iS'est-il pas surprenant que dans le dix-neuvième siècle, les écrits de philosophes justement célèbres conlienuent des assertions et des raisonnemens d après lesquels il est évident qu'ils n'ont pas la moindre idée de la physique moderne j telles sont , par exemple , les objections que Ton trouve dans des ouvi âges qu'étudient les aspiians au baccalauréat pour répondre à l'examen de philosophie. Une de ce» objections consiste en ce que des substances quelconques ne peuvent agir qu'autant qu'elles sont en contact; tandis que, depuis jNew ton , les mathématiciens et ies astronomes admettent généralement que ies corps célestes

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