CHAPITRE SECOND
iCnirCIS C09M0LOGIQCBS QUI ONT POUR OBJET LES PROPRIÉTÉS IKOBGAHIQUES D£S CORPf , BT L*AARAK6EME5T DE CB8 CORPS D49S LE CLOBB TERRESTRE.
Nous allons mainienant éiudier ce même univers, non plus dans son ensemble, et en n'empruntant à Tobservalion que des notions de grandeur et des mesures, mais relativement aux matériaux dont il est composé, et en recourant à l'expérience pour découvrir toutes les propriétés de ces matériaux ^ en nous bornant toutefois aux propriétés inorganiques, et en remettant au chapitre suivant la classification des v«rJlés relatives aux êtres organisés.
Sciences du troisième ordre relatives aux propriétés inorganiques des corps, et aux phénomènes qu ils présentent considérés en général.
C'est ici que nous avons à examiner les propriétés inorganiques et les phénomènes que présentent les corps indépendamment de la diversité des lieux et des temps.
a. ÉDumération et déflDilions.
1 . Physique expérimentale. La première science relative à 1 objet spécial qui nous o(?cupe, renferme toutes les vérités qui résultent de l'observation immédiate des corps. Elle décrit leurs divers états, leur
dureté, leur élaslîcité, leur pesanteur, tous les phénomènes dus à leur action mutuelle, et les instrumens à l'aide desquels nous les constatons. Cette science a reçu le nom de physique expérimentale.
C'est bien à tort, suivant moi, qu'on a voulu borner la physique expérimentale à Tétude des propriétés générales des corps, et de celles de leurs propriétés particulières qui dépendent de Taction de la chaleur, de la lumière, de l'électricité, etc. Elle doit embrasser toutes celles qui ne supposent, pour se manifester, ni changement dans la combinaison des élémens des corps, ni ^vie dans ceux qui sont soumis à l'expérience. Si dans un cours, dans un traité élémentaire, où l'on n'offre qu'un précis de la science , on peut ne s'occuper que des propriétés dont je viens de parler, comme les plus importantes, il n'en est pas de même quand il s'agit d'un ouvrage destiné à l'exposer dans son ensemble. Tous les faits donnés immédiatement par l'expérience lui appartiennent 5 mais elle doit laisser à une autre partie de la physique générale, dont je vais parler sous le nom de stéréonomie, l'emploi des formules d'interpellation ou autres, à l'aide desquelles on parvient à donner aux résultats qu'on en déduit le plus haut degré de précision possible.
2. Chimie, Alors si l'on va chercher dans les corps les élémens dont ils se composent et les proportions dans lesquelles ces élémens sont combinés^ toutes les
vérités résultant de cette étude composeront une se» conde science du troisième ordre, déjà tonnue sous le nom de chimie. Elle doit être placée à la suite de la physique expérimentale, qui lui prèle la connaissance de propriétés auxquelles la chimie a recours à chaque instant, tandis qu'elle n'a rien à en emprunter, si ce n'est des corps tout préparés, sans que le physicien ait à s'enquérir de la manière dont ils l'ont été.
3. Stéréonoîiàe. En comparant les diverses valeurs que prend une des propriétés que présententles corps, lorsqu'on fait varier successivement les circonstances dont cette propriété peut dépendre, on détermine les lois des phénomènes, et de ces lois exprimées en formules, on déduit ensuite, à l'aide du calcul, toutes les vérités qui en dépendent. De là une autre branche de la physique générale, que j'ai cru devoir nommer stcréonomic, de <7T£p£Ôç, corps, ei voao?, loi. Il est vrai que lemot ^reoeô; ne s'applique proprement qu'aux corps solides j mais les Grecs eux-mêmes l'ont employé dans un sens plus général quRud ils ont fait lo mot aTùptouerrjiy.,
4. ^tomo/ogie. Pour connaître à fond l'objet des sciences qui nous occupent, il reste à découvrir les causes des phénomènes, et, quand on les connait, à en conclure ce qui doit arriver dans les cas qui n'ont pas encore été observés. Or, ces causes résident dans les forces que les molécules de la matière exercent
les unes sur les autres; c'est pourquoi j'ai donnù à celle science le nom d'atomologie, d'arouoç.
Elle suppose évidemment Télude des trois précédentes ; car, à moins d'en faire un roman semblable aux rêveries des anciens sur la nature, on ne peut remonter convenablement aux causes des phénomènes qu'après qu'on a acquis dans la physique expérimentale une connaissance générale des propriétés des corps; dans la chimie, celle des élémens dont ils se composent-, et surtout qu'après que la physique mathématique nous a fait connaître les lois des phénomènes, pui-que la pierre de touche de toute hypothèse sur la valeur et le mode d'action des forces moléculaires est dans la détermination, à l'aide du calcul, des diverses valeurs que doivent prendre, dans cette hypothèse, les qualités des corps à mesure que yarient les circonstances dont elles dépendent, et dans la comparaison des résultats ainsi obtenus avec ceux que fournit l'expérience.
Dans la plupart des traités qui existent sur les quatre parties de la physique générale, on sépare la chimie, qui en est la seconde. Mais on n'a pas eu jusqu'à présent le soin de faire la même chose pour les autres parties de la même science. — L'art de . faire les expériences précises , d'en corriger les résultats, les formules qui résultent de la comparaison de ces expériences, en un mot, ce que j'appelle pkyêî'^ que mathématique, se trouve intimement mêlé, dans
la plupart des traités destinés à renseignement, avec ce que j'ai désigné sous le nom de physique expéri' mentale. Les traités élémentaires où elle ne se rencontre pas, ne peuvent être regardés comme des traités de physique expérimentale proprement dite, parce qu'en abrégeant, pour les faire, des traités complets, onaôté indifféremment des choses qui appartiennent à la physique expérimentale, et d'autres qui sont du ressort de la physique mathématique. Cependant rien ne serait plus utile à l'enseignement qu'un traité de physique expérimentale qui décrirait tous les phénomènes , qui en montrerait l'enchaînement et la dépendance mutuelle, en réservant pour un autre traité également complet tout ce qui est relatif à la physique mathématique. Alors le premier pourrait être étudié avec fruit par des hommes qui n'auraient que quelques teintures des mathématiques , et devrait faire partie de l'instruction commune :1e second serait destiné à ceux qui se proposent de connaître la physique à fond, et, par leurs propres travaux, d'en étendre le domaine.
(• Classification.
Ces quatre sciences renferment toutes les connaissances que nous pouvons acquérir relativement à leur ohjel spécial. J'en ferai donc une science du premier ordre, à laquelle je donnerai le nom de PHYSIQUE GENERALE-, nom consacré par l'usage, mais dont j'étends seulement un peu la signification , en y
comprenant la chimie. Maintenant , des quatre sciences que renferme la physique générale, les deux premières réunies formeront la science du second ordre que j'appellerai physique générale élémentaire, et les deux dernières celle que je nommerai