‹ Essai sur la philosophie des sciences, ou, Exposition analytique d'une classification naturelle de toutes les connaissances humaines (volume 2)Chapitre 25 sur 39 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Sciences cosmologiques relatives soit aux agens et à toutes les circonstances, tant externes qu'internes, qui conservent , altèrent, rétablissent ou détruisent dans les animaux l'ordre normal des phénomènes vitaux, soit aux altéra" tions dont il est susceptible*

lj 'homme et les animaux , objets de nos études dans les sciences zoologiques , y ont d'abord été considérés sous le rapport de l'organisation qui leur est commune , ensuite sous celui de Futilité que le premier peut retirer des derniers ; mais mille agens, mille circonstances diverses, tant externes qu'internes , agissent sans cesse sur; la vie dont ils sont doués, l'entretiennent, l'altèrent , la rétablissent , la détruisent. Cette organisation est en outre sujette à des modifications dues tantôt à l'action qu'exercent sur elle quelquesuns de ces agens ou de ces circonstances, tantôt à des causes internes inconnues. Il s'établit alors dans l'économie animale des séries de pbénomènes particuliers, auxquels on a donné le nom de maladies. Tels sont les objets que nous avons maintenant à étudier; les notions acquises jusqu'ici nous ont suffisamment préparés à cette étude.

Mais avant de m'en occuper, je crois devoir faire

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quelques observations. Je remarquerai d'abord que dans la zoologie , l'homme n'entrait que sous le rapport de son organisation , et comme placé à la tête de la série des animaux. La zootechnie , par la nature même de son objet , exclut de son domaine l'homme et ceux des animaux qui ont conservé leur indépendance; à l'exception toutefois des moyens de chasse et de pêche qu'elle indique contre ces derniers. Dans les sciences que nous allons parcourir , les végétaux , qui ont déjà cessé de nous occuper , et dont la vie n'est susceptible que de modifications infiniment moins nombreuses et moins variées, ne reparaîtront plus ; nous en verrons la raison dans le chapitre V , quand nous traiterons des sciences médicales considérées en général ; mais les animaux que l'homme s'est soumis joueront encore un rôle important, quoique l'homme lui-même soit le principal objet de cette branche de nos connaissances.

Je remarquerai ensuite que les sciences dont il va être question dans ce chapitre prennent le nom de médecine , quand il s'agit de l'homme , et d'arf vétérinaire , lorsqu'on s'occupe des animaux domestiques. Cette distinction étant une de celles qui constituent les sciences des quatrième et cinquième ordres dont j'ai annoncé que je ne m'occuperais pas , tout ce que je dirai sera général ; et comme l'homme est le principal objet des sciences dont il s'agit, pour éviter des circonlocutions qui

reviendraient sans cesse , j'avertis ici qu'an lien de dire la médecine et tart vétérinaire , Vhomme et ^animal malade , j'emploîrai seulement les termes relatifs à la médecine humaine.

Enfin , j'appellerai l'attention du lecteur sur une de ces circonstances dépendantes de la nature même des objets auxquels se rapportent les counaissances qu'il s'agit de classer , et d'après lesquelles on doit modifier les formes ordinaires de la nomenclature. Nous verrons, dans les observations par lesquelles le cinquième chapitre est terminé, pourquoi toutes les vérités dont se composent les sciences dont il est question dans celui-ci, présentent plus ou moins ce caractère de considérer les objets dont elles s'occupent, seulement en tant qu'ils sont cause des effets Utiles ou nuisibles qu'ils produisent sur la vie ou la santé de, l'homme et des animaux, et non point en eux-mêmes ni relativement à d'autres propriétés, ce qui ferait nécessairement double emploi, puisqu'ils ont dû être considérés sous ces autres rapports dans les sciences précédentes.

Il n'y a pas lieu d'être surpris qu'un même objet doive être étudié sous des rapports divers, nonseulement dans des sciences différentes appartenant a un même embranchement , mais encore , d'après la nature de ces rapports, dans divers embranchemens. Déjà nous avons dit que s'il s'agit d'un minéral , ses formes cristallines doivent être élu-

(liées dans celui des sciences dis que ses propriétés physiques et sa composition, l'usage qu'on en fait dans les arts , les lieux et les terrains où il se trouve, les travaux orycto techniques par lesquels on se le procure, doivent l'être successivement dans les quatre sciences dont se compose l'embranchement des sciences physiques.

Toutes les vérités dont il sera l'objet, sous ces diffcrens rapports, appartiendront aux deux embranchemens du sous-règne relatif aux propriétés inorganiques des corps. Mais Faction qu'il exerce sur l'homme et sur les animaux , soit comme remède x soit comme poison , ne. saurait faire partiede ce qui doitêtre étudié dans ces deux embranchemens. Elle ne peut l'être qu'après qu'on s'est occupé, dans celui des sciences naturelles , de leur organisation elle-même : et cependant ce n'est pas non plus dans ces dernières sciences qu'on doit comprendre les recherchas relatives au genre d'acr tion dont il est ici question. Il s'agit, en effet,- d'une propriété appartenant à un minera) ,màis qui ne lui appartenant que par rapport à des êtres vivans ne peut êire étudiée qu'après ceux-ci. La seule place que puissent avoir des recherches de cette nature dans la classification générale des connaissances humaines, est donc dans un second embran- -chement du sous-règne organique, celui dont nous allons nousi occuper, et où , pour éviter les doubles emplois, il faut admettre qûe quand on y traite d'un

corps, on doit considérer comme déjà connu, lout ce qu'il offre de relatif aux divers points de vue sous lesquels il a été étudié dans les embranchemens précédens , et ne plus s'occuper que de son action sur l'économie animale.

Ainsi, par exemple, les effets nuisibles produits par les exhalaisons des marais , doivent être étudiés dans les sciences dont nous allons nous occuper ; mais la nature des gaz dont elles se composent , celle des substances qu'ils entraînent avec eux, les phénomènes chimiques qui se passent dans leur production par la putréfaction des végétaux ou des animaux, qui leur donne naissance , tout cela fait partie de la chimie ces végétaux et ces animaux appartiennent à la borr tanique et à la apologie. C*est aussi dans cette dernière science qu'on doit faire connaître les reptiles venimeux, la sécrétion de leur venin doit être expliquée dans la physiologie animale , et il ne reste plus ici qu'à examiner l'action qu'il exerce sur la vie de l'homme et des animaux», et les phénomènes morbides qui résultent de celte action. De même, la composition et la préparation des médicamens , par exemple , les qualités. qu'ils doivent présenter et auxquelles on en reconnaît la bonté , n'appartiennent point aux sciences dont nous allons parler , mais à la technologie. Le pharmacien les prépare et les vend comme le fabricant 4e couleurs prépare et vend les matières colorant

tes ; l'un et l'autre ont également recours, pour se guider dans leurs opérations, à la. chimie appliquée aux arts , qui est comprise dans la partie de la technologie à laquelle j'ai donné le nom de physique industrielle.

La préparation des médicamens suppose sans doute des connaissances plus approfondies qu'il n'en faut , par exemple , pour construire des instrumens de chirurgie , ou pour préparer nos alimens ; les erreurs du pharmacien peuvent avoir des suites trop funestes pour qu'on n'exige pas de lui de longues études ; mais est-ce une raison pour ne pas comprendre l'art qu'il exerce parmi ceux dont on s'occupe dans la technologie, à moins qu'on n'en séparât aussi, pour les placer dans les sciences médicales, ceux du coutelier et du cuisinier, parce que le chirurgien emploie des instrumens fabriqués par le premier , parce que le médecin prescrit des al i mens préparés par le second.

De cette circonstance particulière aux sciences dont nous avons à traiter dans ce chapitre , il résulte d'abord que celles du troisième ordre , comprises dans une même science du premier , ne différent pas seulement entre elles, parce que les mêmes objets y sont considérés sous différons points de vue , mais encore par une diversité dans la nature de ces objets , qui rend les uns plus propres à être considérés sous un point de vue , les autres sous un autre, ainsi que nous le verrons à mesure

que nous en ferons rémunération. Dès lors ces sciences du troisième ordre, appartenant à ufte même science du premier , sont plus indépendantes entre elles que dans les embranehemens pré* cédens ,. et lorsqu'on les groupe deux à deux pour en former des sciences du second ordre, on ne saurait dire qu'une de ces dernières soit plus élémentaire que l'autre. Ne pouvant donc plus , comme je l'ai fait jusqu'ici , désigner une des deux sciences du second ordre comprises dans une même science du premier, parle même nom que celle-ci en joignant à ce nom celui d'élémentaire, il a fallu recourir à un autre mode de nomenclature. Je craignis d'abord d'être obligé de créer, pour celles de ces sciences du second ordre auxquelles l'usage n'avait assigné aucun nom , de nouveaux mots tirés de la langue grecque , moyen dont je ne me Suis servi dans ma classification que quand cela in a paru indispensable ; mais je m'aperçus bientôt que parmi les deux sciences du second ordre comprises dans chacune de celles du premier que réunit l'embranchement dont il est question dans ce cha* pitre, il y en avait toujours une qui se rapportait plus particulièrement k l'objet que cette dernière considérait d'une manière plus générale , en sorte qu'elle pouvait être désignée par le même mot , suivi de l'épitnète proprement dite , et que l'autre science du second ordre exigeait seule un nom à part; seulement, tant que j'avais employé celle

d'élémentaire, c'était toujours à la première science du second ordre que cette épithète s' appliquait nécessairement , tandis qu'il n'y avait pas de raison pour que ce fût la première ou la seconde à laquelle convînt celle de proprement dite , en sorte que la signification précise du nom adopté pour la science du premier ordre et la nature de l'objet auquel elle se rapportait, devaient seules être consultées à cet égard.

Sciences du troisième ordre relatives aux effets produits en général par les divers agens et les 'différentes circonstances qui peuvent modifier les phénomènes vitaux dans Vhomme et dans les animaux qu'il s % est soumis.

; Occupons -nous d'abord de l'influence des agens et circonstances par lesquels nous produisons ou <jui produisent malgré nous des modifications dans l'organisme, soit , dans l'un et l'autre cas , qu'elles nous soient utiles ou nuisibles; car, ainsi que nous allons le yoir ,:en énumérant ces agens , il n'est pas moins utile de connaître les avantages que nous pouvons retirer des premiers , que les suites fâcheuses que peuvent avoir les seconds , pour se servir des uns et éviter les autres, la distinction qu'on établit entre ces agens ou circonstances t suivant qu'ils sont utiles ou nuisibles, ne pouvani

conduire qu'à des subdivisions du quatrième ou cinquième ordre , dont U ne doit point être que** tion dans cet ouvrage.

a. Enamérttion et définitions,

z . Pharmaceutique. Nous ayons d'abord à con^ sidérer les effets produits par diverses 'substances qui , n'entrant pas dans le régime habituel des êtres, animés , ont la propriété de modifier les phénomènes Vitaux , ou même de les faire entièrement cesser. On a donné à Oes substances le nom de remèdes ou de poisons , selon que l'action en est avantageuse ou funeste , distinction qui ne saurait être prise en considération , quand il s'agit de définir la science qui délit également les étudier, pour qu'on puisse avoir recours aux uns , quand ils peuvent être utiles , et se préserver des dangers auxquels on pourrait êtrë exposé par les autres. C'est pourquoi j'ai désigné la science qui s'occupe des effets produits par ces diverses substances sous le nom de pharmaceutique , du mot grec <pa Pi aaxivTix», qui vient de <p«^*«/<rif, action de médicamenter, et aussi d'empoisonner, a cause du double èens du mot 9*p/KaxoM celui de y*ipÀ*tv*u étant tout à fait étranger à la préparation des médicamen* nom-, jttéè en grec *«^**Mroif«. Aussi, emploient-ils l'ex* pression ^p^aKtvrnui , dans le sens que je donne aci au mot pharmaceutique, comme celui de Vi«rfrr«MÎ dans le sens que je conserverai pour désigner, la

science dont je parlerai tout à l'heure sous le nom de diététique : seulement comme, ils, ne distinguaient pas la physique médicale des autres sciences du premier ordre dont je vais m' occuper dans la suite de ce chapitre, et qu'ils ne traitaient des moyens d'agir sur l'économie animale que sous le point de vue de leur utilité , Us considéraient la diététique et la pharmaceutique comme faisant partie de ces sciences x et ils n'y admettaient que les ; connaissances relatives aux régimes et aux subs-

tances médicinales qui nous sont utiles ; tandis que je comprends , en. outre , dans la diététique la détermination des effets nuisibles des régimes insalubres ; et, dans la pharmaceutique, celle de Faction, que les poisons exercent sur l'organisme , confor-, mément à U double signification du mot primitif

a. Traumatologie. Nous avons ensuite à étudier 1 action qu'exercent sur l'organisation de l'homme et des animaux les agens extérieurs qui l'altèrent; soit lorsque cette action sépare des parties naturellement unies, comme il arrive dans les coupures, les ruptures, les fractures, et dans les opérations chirurgicales ou l'on retranche ce qui nuirait à la vie , où Ton ouvre les vaisseaux et les diverses cavités du corps, etc, ; soit quand la même .action, s'exerce en comprimant ces parties, les contondant ou les désorganisant d'une manière quelconque , . tant lorsque cela a lieu par accident, que quand le chirurgien s'en sert comme d'un moyen de guérison.

Tels sont les effets produits par les brûlures , l'action des caustiques , etc. ; mais s'il s'agit de piqûres , de morsures, on pourra avoir à considérer séparément la blessure en elle-même qui doit être étudiée ici , et l'introduction dans les tissus organiques d'une substance qui est un véritable poison, et dont l'action est par conséquent du ressort de la pharmaceutique. » » ■

Il n'était pas facile de trouver un nom convenable pour la science que nous avons à considérer dans cet article , parce que ceux que i'usage a assignés aux différentes branches de l'art de guérir , ont été en général choisis seulement dans l'intention de désigner l'usage qu'on, fait dans cet art des moyens qu'on emploie pour conserver la santé , préserver des maladies on les guérir , et que , comme je l'ai déjà dit, on ne doit point séparer, dans l'étude des agens de même nature, les recherches où l'on se propose seulement d'en connaître les effets, de celles qui ont pour objet d'en tirer, comme moyens de guérison, tous les avantages qu'ils peuvent nous procurer. L'étymologie du mot pharmaceutique et celle des noms diététique et phrénygié tique, par lesquels je désignerai les sciences du troisième ordre dont je m'occuperai tout à l'heure, me permettaient d'en étendre la signification conformément a ce principe ; mais il »'en est pas 4e même des mots chirurgie ou méde»

cine opératoire. Quoique la connaissance des effets funestes produits par les plaies , les fractures , etc., soit aussi nécessaire au chirurgien que celle des instrumens dont il se sert et des opérations qu'il doit pratiquer, et que ces deux genres de connaissance , si on voulait les distinguer , ne pussent donner lieu, dans la science du troisième ordre qui nous occupe, qu'à une de ces divisions du quatrième ou du cinquième, étrangères au plan de mon ouvrage, il m'était évidemment impossible de donner cette extension à la signification des mots chirurgie ou médecine opératoire, dont l'étymologie , conforme à l'usage qu'on en fait , est en contradiction manifeste avec une semblable extension* J'ai donc cru devoir adopter, pour désigner la science du troisième ordre dont nous parlons , le nom de traumatologie , de rfàvfM, plaie , contusion , blessure, et dont rien n'empêche d'étendre la signification, comme on l'« fait pour tant d'autres dans les mots scientiOques que nous avons tirés du grec. Dès lors le mot traumatologie s'appliquera également bien à tout ce que j'ai rapporte à la science que je nomme ainsi , soit qu'il s'agisse fîes blessures, compressions , etc., arrivées par accident; de celles que le chirurgien est dans le cas d'opérer ; des mojens ou des instrumens auxquels il a recours pour atteindre son but ; soit même des expériences faites sur les animaux vivans , par lesquelles

on se proposerait d'essayer les moyens chirurgie eaux avant de les pratiquer sur l'homme , mais s'il s'agissait de fournir à la physiologie animale les faits sur lesquels elle repose , et ceux dont elle attend les nouveaux progrès qu'elle ne peut faire que par ce moyen, ce serait à cette dernière science, et non à la traumatologie > qu'appartiendraient les expériences faites dans ce but ; de même que ce n'est pas dans la pharmaceutique , mais dans la physiologie animale > qu'on doit placer les expériences sur l'introduction de matières insolites dans l'organisation , qui seraient faites uniquement dans la vue de résoudre des questions relatives à la physiologie. v

3. Diététique. Dans les deux sciences précédentes, les effets des moyens qu'elles étudient se manifestent en général presque immédiatement, en sorte que rien n'est plus facile que de les constater par l'observation ou l'expérience» Il n'en est pas de même des effets produits par les causes de modifications organiques dont je vais m'occuper. L'action plus lente de ces causes ne peut ordinairement être reconnue que par la comparaison de ce qui arrive, dans des circonstances semblables, à des individus dont les uns sont soumis à cette action , et les autres ne le sont pas. Elles comprennent tout ce qui est relatif au régime, lors* qu'on prend ce mot dans le sens le pltts général , et qu'on l'applique non-seulement à l'homme, mais

encore aux animaux que nous pouvons observer d'assez près pour les étudier sous ce point de vue. Ces causes sont, par exemple, les alimens dont ils se nourrissent , la température ou les divers degrés d'humidité de l'air qu'ils respirent, les lieux qu'ils habitent , leurs travaux habituels , les divers genres d'exercices des organes locomoteurs et des organes des sens , les difierens modes de repos plus ou moins prolongés, etc. L'étude des modifications utiles ou nuisibles produites dans l'économie animale par ces différentes causes, est l'objet d'une science que les grecs ont nommée «IWmTixiî , d'où nous avons tiré le nom de diététique que je lui conserverai.

Ce que nous avons remarqué plus haut relativement à la traumatologie et à la pharmaceutique, s'applique également à la diététique. On doit, par exemple, comprendre dans cette dernière science les expériences faites dans la vue de juger des avantages que nous pourrions retirer des nouvelles substances alimentaires proposées par ces hommes qui , en multipliant nos movens d'existence , se sont placés au premier rang des bienfaiteurs de l'humanité , mais non celles qu'on ferait pour étendre nos connaissances en physiologie, expériences qui doivent être rapportées à cette dernière science.

C est aussi dans la diététique qu'on doit étudier les conséquences nuisibles d'un exercice forcé ou

trop long-temps continué de» organes musculaires, de même qu'une trop consiante application de ceux de nos sens que cette application pourrait altérer, ou détruire , comme il n'arrive <{ue trop souvent à celui de la vue.

Les exercices gymnas tiques , les procédés orthopédiques et les expériences par lesquelles on peut chercher à les perfectionner et à en constater les avantages , doivent être décrits ici , tandis que l'application de ces procédés pour prévenir ou guérir des infirmités , qu'on doit regarder comme des maladies , appartient à des sciences dont nous parlerons plus tard , la prophylactique et la thérapeutique spéciale ; de même que les opérations de la, chirurgie doivent être décrites dans la traumatologie, tandis que leur application, dans les divers cas où il convient d'y avoir recours , appartient aussi aux deux sciences que nous venons de nommer.

4. Phrénygiétique. Les 9 phénomènes vitaux peuvent être modifiés par un dernier genre de causes qu'on a eu tort, si je ne me trompe, de ne pas considérer comme devant être l'objet d'une science à part; car l'étude des effets qui leur sont dus, aussi nécessaire au médecin que celle de la pharmaceutique , de la traumatologie et de la dîétéjtique , ne peut évidemment être comprise dans, aucune de ces trois sciences. Je veux parler des modifications que les causes morales apportent

dans l'organisation ; telles sont les passions » la concentration de l'attention sur certaines idées , la tristesse, la gaieté, une profonde douleur, une grande joie, le changement dans les relations ordinaires de l'homme avec ceux qui l'entourent, soit qu'il résulte d'une nouvelle position sociale , ou qu'il soit prescrit par le médecin , etc. , etc. Je réunirai tout ce qui est relatif aux effets produits par des causes de ce genre dans une science du troisième ordre, k laquelle je donnerai le nom de phrénygiéfyue, déduit, précisément comme diététique l'a été de *Wr«, du mot composé 9ptw?iW ( i) , par lequel j'ai cru pouvoir supposer que les Grecs auraient désigné l'influence utile ou nuisible que le moral de l'homme peut exercer sur sa santé , s'ils avaient eu ces idées à exprimer, de même qu'ils auraient probablement nommé q>p«wA»>»oi la science qui porte en français le nom de phrénologie.

C'est à la phrénygiétique qu'appartient l'étude des phénomènes si dignes d'attention, qui sont dus à cette exaltation de la sensibilité et de quelques-unes de nos facultés intellectuelles , qui a été désignée sons les noms d'extase, de somnambulisme et de magnétisme animal.

Il n'est pas nécessaire, pour observer les effets

Ci) J'ai forme ce mot de <Pp" y > qui signifie en gênerai la force rdme ou de ta pensée , et qui comprend , par come'qntrit, le$ effet* qu'elle pent produire sur l'organisation, et de vyn**, santé.

produits sur l'organisation par les pensées et les passions humaines , d'avoir étudié celles-ci comme le fait le moraliste; il suffit d'en avoir cette connaissance générale que les relations sociales en donnent à tous les hommes. Ce n est donc pas là un emprunt que les sciences médicales font aux sciences du règne noologique, qui ne viennent qu'après dans ma classification ; mais c'est , au contraire, si l'on plaçait dans ces dernières les vérités dont se compose la phrénygiétique , qu'on tomberait dans l'inconvénient d'être obligé, en traitant des stiences médicales dont nous allons parler sous les noms S hygiène , de nosologie et de médecine pratique , d'avoir recours à des sciences qu'on ne connaîtrait pas encore ; car on ne peut se passer, dans la théorie comme dans la pratique de la médecine , des connaissances relatives à l'influence que le moral de l'homme exerce sur sa santé.

b. Classification.

La réunion de ces quatre sciences du troisième ordre forme une science du premier à laquelle je donne le nom de PHYSIQUE MÉDICALE.

Pour se faire une idée nette du sens que j'attache à ce nom , et de l'emploi que j'en fais pour désigner une science du premier ordre , tandis que je donnerai celui de physiologie médicale à une science du troisième qui en est bien distincte , il faut faire alteution à la signification toute différente que l'u-

«âge a assignée aux deux mots physique et pbysio:* logie , quoique , d'après leur étymologie , ils semblent devoir être synonymes. Je regarde comme un principe fondamental, en fait de nomenclature, de n'avoir aucun égard à l' étymologie des mots devenus français , et dont l'usage a fixé la signification. Or, quoique physique et physiologie soient dérivés du même mot fvwu, qui n'aurait dû s'appliquer qu'aux êtres qui naissent , croissent , se reproduisent et meurent , le Jus et norma toquendi a décidé , en français , que le mot physique comprendrait tout ce que nous savons en général sur les corps, et particulièrement tout ce qui est relatif à leurs propriétés inorganiques et aux phénomènes qui en résultent , soit qu'on l'ait appris par l'observation et l'expérience , soit qu'on l'ait déduit de l'explication des phénomènes. D'un autre côté, T usage a décidé que le mot physiologie, non-seulement ne s'appliquerait qu'à des connaissances relatives aux corps organisés, mais encore ne désignerait que celles de ces connaissances qui sont relatives soit àl'explica.tion des fonctions et de la formation des organes , soit À celle des modifications que peut éprouver l'organisation elle-même, c està-dire , en général , à la recherche des causes de la vie, et aux diverses applications des résultats qu'on déduit de la connaissance de ces causes.

C'est d'après la signification assignée par l'usage aux deux mots -dont il est ici question., que j'ai du

donner le nom de physique générale â la science du premier ordre relative aux propriétés inorganiques des corps , les seules qui restent aux matériaux des corps organisés , quand , après leur mort , oh isole ces matériaux pour les étudier sous les rapports physiques et chimiques. J'ai dû aussi nommer physique industrielle , physique minérale, des sciences du troisième ordre comprises dans lâ technologie et l'ôryctotechnie , et où Ton applique les principes de la physique générale à là recherché des causes et des effets qu'elles doivent produire , parce que, dans ces dernières, les corps sont encore considérés sous le rapport de leurs propriétés inorganiques. Dès lors la restriction donnée par l'usage au mot physiologie ne me permettait de l'employer 'pour aucune Science du premier ordre, mais seulement pour des sciences dû troisième composées de vérités relatives À la dépendance mutuelle des causes et des effets , considérée dans les êtres vivans, telles que lés sciences auxquelles j'ai donné les noms de physiologie Végétale , agricole , animale.

Maintenant qu'il s'agit d'étudier les effets produits pâr les circonstances physiques et lés divers àgens qui, de quelque règne qu'ils soient tirés, agissent à la manière des corps inorganiques , j'ai dû donner à la science du premier ordre , qui considère successivement ces circonstances et ces agens sous les différehs points de vue que présente leur étude , le nom de physique médicale dans le m£rae

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frens où j'avais dit physique générale. J'appliquerai) au contraire, quand il sera question des maladies et des traitement qui leur conviennent , celui de physiologie médicale à la science du troisième ordre, où Ton s'occupe dos causes des phénomènes qu'elles présentent et des effets qui résultent des divers trai-» tem ens prescrits aux malades.

Il est évident que l'action du moral sur le physique de l'homme produisant des effets organiques dont il faut que le médecin s'occupe, comme des autres circonstances qui peuvent modifier les phénomènes vitaux , la phrénygié tique doit être comptée parmi les sciences médicales et comprise dans le premier règne ; tandis que l'action du physique sur le moral , étudiée par le philosophe lorsqu'il cherche à découvrir les causes de tout genre qui déterminent les caractères , les mœurs, les passions des hommes, doit être comprise, au contraire, dans le second règne , où les vérités relatives à

cette action trouveront place dans la science à laquelle j'ai donné le nom iïEthogénie.

La physique médicale se divisera en deux sciences du second ordre. Je donnerai à la première le nom de physique médicale proprement dite , parce que les moyens d'agir sur l'économie animale dont elle s'occupe produisent des effets qui ont lieu et s'ohservent en quelque sorte immédiatement, comme ceux que détermine l'action mutuelle des corps inorganiques soumi/aux expériences de la

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physique générale ; elle comprendra la pharmaceutique et la traumatologie. Pour la seconde , composée de la diététique et de la phrénygié tique , îl fallait nécessairement faire un nouveau mot ; j'ai adopté celui de biotologie, de fann , genre de vie, tout ce qui est habituel dans la manière dont chacun vit.

Voici le tableau de cette classification :

Scient* du mordre. | ScUncet du v ordre. J Sciences du 3» ordre.

PI

/Pari. vIdic rao»*EM. bit*. ^ A £ Diététique.

ÏUW MliDlCALE.. 7

> BlOTOlOClly. s ............

( Phréojrgi<Uqo«.

Observations. A l'égard de l'objet spécial des présente ce tableau, la pharmaceutique, dont tous les effets sont d observation immédiate , est évidemment le point de vue autoptîque : la traumatologie , où il s agit surtout de découvrir quels sont les procédés et les instrumens les plus propres à donner à l'art chirurgical tonte la perfection dont il est susceptible , en offre le point de vue cryptoristique , et se trouve ainsi occuper dans la physique médicale la môme place que l'anatomie animale dans la xoologic. La diététique compare les changemens qu'on peut faire subir au régime de l'homme et des animaux domestiques , avec les effets qui en résultent , et établit des lois générales qui nous font connaître les avantages et les înconvéniens des divers régimes t c'est donc là le point de vue troponomique du même objet. Enfin, la phrénygié tique étudie des causes de changemens dans les phénomènes vitaux , dont le mode d'action, comme tout ce qui tient à l'action de l'a nie sur les orgaues, est un des mystères les plus cachés de la vie. *On ne peut méconnaître a ce caractère le point de vue crypologique de la physique médicale.

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Sciences du troisième ordre relatives à l'application des vérités dont se compose la physique médicale , à la conservation de la vie et de /'é- Cat normal des Jonctions organiques auquel

on a donné le nom de santé.

II ne suffit pas d'avoir étudié en eux T mêmes les divers moyens d'agir sur l'organisation , et, de connaître en général les effets , soit utiles , soit nuisibles , produits par l'emploi de ces moyens» il faut, savoir quel est, dans les diverses circonstances qui peuvent se présenter , l'usage que doivent en. faire les hommes , soit pour eu* , soit pour les animaux qu'il leur importe de conserver; et d'abord nous les employons dans deux buts tout à fait difîerens, suivant que nous nous proposons de conserver la santé d'individus actuellement bien portans, ou de rétablir celle d'individus malades. Dans le premier cas , le seul dont il sera question dans ce paragraphe, on doit surtout recourir aux moyens qu'étudient la diététique et la phrénygié tique; dans le second , ces deux sortes de moyens doivent encore êlreemployés, mais il faut presque toujours y joindre ceux que décrit la traumatologie et la pharmaceutique. De plus , leur application à la conservation de la sanlé ne saurait être la même pour les diflérens individus ; elle dépend entièrement des diverses modi-

fications de l'organisme , auxquelles on a donne le nom de tempéramens , des différences qu établissent entre eux l'âge , le sexe , Tétai où ils se trouvent , la diversité des races et une foule d'autres circonstances. Les mêmes exercices , les mêmes régimes que beaucoup d'hommes peuvent supporter sans aucun inconvénient , peuvent être très-nuisibles pour d'autres ; et ceux qui peuvent seuls conserver la santé de certains individus , ne sont plus pour d'autres d'aucun avantage. L'étude de ces différences est donc indispensable pour pouvoir déterminer l'emploi 'les moyens auxquels il convient de recourir pour la conservation de la santé. S'il s'agit d'individus malades, cette même étude est encore nécessaire; mais il faut y joindre celle de toutes les maladies dont ils peuvent être affectés, celle des moyens généraux qui doivent être employés dans le traitement de chacune de ces maladies , la connaissance des signes auxquels on les reconnaît et du traitement qui convies t à chaque malade ; de là les sciences dont nous nous occuperons dans les deux paragraphes suivans. Passons à l'examen des sciences dont nous devons traiter dans celui-ci.

&• Ennmération et définitions.

1. Crasiographie . On a écrit beaucoup de volumes sur les tempéramens , quoiqu'on n'ait pas encore donné de nom à la science qui s'en occupe. Mais je ne pouvais l'omettre dans une classification

qui doit embrasser sans exception tout l'ensemble de nos connaissances , et où je me suis proposé de préparer une place à tous les ouvrages qui existent. D'ailleurs, l'importance du sujet eût seule suffi pour me déterminer à distinguer d'abord sous le nom de crasiographie , du mot xp«»u dont les médecins grecs se sont servis pour désigner ce que nous nommons tempérament , une science du troisième ordre qui ait pour objet de décrire les divers tempéramens et toutes les circonstances qui les accompagnent. D'après son étymologie , ce mot peut être pris dans une acception très-étendue , et comprendre , nonseulement les différences d'âge, de sexe, de race, etc., qui peuvent exister entre les divers individus, mais encore , pour ne rien omettre de tout ce qui doit faire partie de la science dont il est ici question , les différences qui tiennent à l'état où se trouve Fin» dividu, par exemple, à celui de la gestation, de l'ai* laitement , etc.

2. Crasioristique. Le médecin reconnaîtra- t-il toujours sûrement le tempérament de celui qui le consulte ? ne faudra-t-îl pas qu'il distingue les signes seulement symptomatiques de ceux qui sont vraiment idiopatbiques? C'est là une sorte de diagnostique qui est , par rapport aux tempéramens , ce que la diagnostique proprement dite, dont je parlerai tout à l'heure, est par rapport aux maladies. La connaissance des signes auxquels on distingue les divers tempéramens, et de la valeur relative de ces signes,

m'a semblé devoir être l'objet d'une autre science du troisième ordre à laquelle j'ai donné le nom de cmsio ris tique,

3 . Hygionomie. Après qu'on a étudié, d'une part, dans les quatre sciences du troisième ordre dont se compose la physique médicale , tous les genres d'action que peuvent exercer sur l'homme et les animaux les divers exercices des organes soumis à l'empire de la volonté , les agens et toutes les circonstances extérieures qui peuvent modifier les phénomènes vitaux 5 de l'autre , dans la crasiograpbie et la crasioristique , les circonstances organiques indépendantes de la volonté , qui influent sur ces modifications, et font que ce qui est utile à l'un peut être nuisible à l'autre , on a tout ce qu'il faut pour qu'en partant de la comparaison de tous les faits observés relativement à ces divers genres d'action modifiés par toutes les circonstances organiques qui tiennent au tempérament, à 1 âge, au sexe, etc., des individus et à l'état où ils se trouvent, on en déduise des lois générales d'après lesquelles on puisse , pour chacun d'eux, déterminer les exercices et le régime les plus convenables pour la conservation et l'amélioration de sa santé. C'est de l'ensemble de ces lois que se compose la science du troisième ordre à laquelle je crus, dans le premier moment , devoir donner le nom d'hygiène , mais je n'eus pas besoin de beau r coup de réflexions pour remarquer qu'il y avait une autre science du même ordre qui s'occupait aussi de

la conservation delà santé, en cherchant de quelles maladies un individu donné peut être menacé , et quels sont les moyens qu'il doit employer pour les prévenir; cette science dont je vais parler sous le nom de prophylactique, devait dès lors , comme la précédente, faire partie de l'hygiène. Enfin, je reconnus que la signification de ce dernier mot , suivant l'usage adopté par les médecins , était encore plus étendue, et que, dans la science ainsi nommée , il fallait comprendre en outre tout ce qui est relatif à la connaissance des tempéramens, c'est-à-dire , la crasiographie et la crasioristique. J'ai donc été obligé de créer un nouveau mot pour celle cpii se borne à l'emploi des moyens hygiéniques et aux lois qui doivent le régler, et je n'ai point trouvé d'autre moyen de lui assigner un nom convenable , que de la désigner sous celui d'hygionomie, ou science des lois relatives à la santé, v>*ti*, conformément à ce que j'ai fait pour les sciences où l'on se propose de déduire des lois générales de la comparaison des faits observés. On dira peutêtre que l'on peut déterminer théoriquement, dans certains cas , les exercices et le régime qui conviennent aux divers tempéramens ; mais qui ne voit que toute théorie à ce sujet ne peut être déduite elle-même que de la comparaison des faits , et que si l'observation n'avait pas fait remarquer les bons effets de ce qui est utile , les inconvéniens de ce qui est nuisible , on n'aurait pas

même pu soupçonner que la conservation de la santé dépendit de l'emploi de ces moyens. G est dans l'hygionomie qu'on doit placer l'étude approfondie de tout ce qui est relatif à l'éducation physique des enfans, aux exercices et aux régimes qui conviennent aux nourrices , aux femmes enceintes, aux gens de lettres, à ceux qui exercent des professions insalubres, aux précautions que doivent prendre ceux qui habitent ou surtout qui vont habiter les pays chauds , etc. ; tout cela doit être considéré comme formant dans cette science du troisième ordre des subdivisions du quatrième ou du cinquième dont je n'ai point à in occuper ici.

4. Prophylactique. Les hommes sont sujets à des maladies différentes, selon leurs divers tempéramens (1). Un tempérament sanguin fait craindre l'apoplexie , tel autre tempérament expose à telle autre maladie ; il en est de même de l'état où se trouve l'individu , et d'une foule d'autres circonstances qui peuvent annoncer ce dont il est menacé.

(1) Les anciens n'avaient distingué que qoalre tempéramens : les modernes en ont reconnu quelques-uns de plus , les tempérainens nerveux, athlétique , etc. Mais, si je ne me trompe, ou devrait donner \ ce mot une plus grande extension , en signalant, par exemple , le tempérament phthisique dans ceux qui , sans être encore atteints de phthisie, en offrent les signes précurseurs; les tempéramens rachitique, scrophuUux , etc. L'étude des signes auxquels on reconnaît ces tempéramens, caractérisés par les maladies qu'ils font craindre, est une partie importante de la crasior ristique.

C'est de toutes les recherches relatives aux moyens à employer pour prévenir les maladies qu'on redoute , que se compose la science à laquelle on a donné le nom de prophylactique , à l'imitation des grecs qui l'appelaient ^o<pwa«xtikiî. Les moyens généraux de se préserver, par des précautions convenables, de certaines maladies auxquelles pourraient donner naissance des agens ou des circonstances extérieurs, doivent aussi appartenir à cette dernière science.

h. Classification.

Nous réunirons ces quatre sciences sous le nom commun d'HYGIÈNE , confo rmément à la signification assignée à ce mot, sinon dans l'usage qu'on en fait ordinairement dans la conversation , du moins dans les cours et les ouvrages où l'on traite de cette science (1). Elle se divisera en deux scien-

(i) On n'irise ordinairement l'hygiène en trots parties. La première, qui traite de ce qu'on nomme le sujet de l'hygiène , c'està-dire , de toutes les différences d'âges , de sexes, de tempéramens, etc., et des signes qui les caractérisent, se compose précisément des deux sciences do troisième ordre qne j'ai comprises dans la crasiologie; la seconde, qui a pour objet ce qu'on appelle la matière de l'hygiène, c'est-à-dire, les moyens par lesquels on peut agir sur l'économie animale pour conserver la santé et prévenir les maladies, ferait ici un double emploi, puisque, tant qu'ils sont considérés d'une manière générale, ces moyens ont dû être étudiés dans la physique médicale , particulièrement dans la diététique et la plxénygiétique , et que tout ce qu'on peut avoir à en dire relati-

ces du second ordre, la CRASTOLOGTE et riiYGIÈNB proprement DITE ; car , d'après l'étymologie et même d'après l'usage ordinaire- de ce mot dans la conversation , c'est cette dernière science que désigne proprement le mot hygiène. La crasiologie comprendra la crasiographie et la crasioris tique ;

Tentent au cas où ils sont appliques à la conservation de la santé, rentre dans ce qu'on regarde comme la troisième partie de l'hygiène. Cette troisième partie, dans la division qu'on fait ordinairement, doit en effet a\>ccnper, suivant l'expression usite'e, des applications de Vhygihne. Elle est composée de l'hygionomie et de la prophylactique, et répond exactement à la science du second ardre que j'ai nommée hygiène proprement dite.

Ainsi, la signification que je donne au mot hygiène m diffère de celle où il a été employé par ceux qui l'ont pris dans l'acception la plus étendue, qu en ce que je n'y comprends que la première et la troisième partie dont ils composent cette science, et que je place la seconde dans la physique médicale ; mais qui ne.voit qye l'action sur l'économie animale des différens exercices, des divers régimes, n'appartient pas pins à l'hygiène qu'aux sciences dont je parlerai bient6tsous les noms de thérapeutique générale et de thérapeutique spéciale; car ce sont aussi des moyens de guérison qui font partie du traitement général des diverses maladies , et de celui qu'il convient de prescrire aux individus malades d'après leur tempérament et les circonstances où ils se trouvent. Si donc on plaçait l'étude de ces moyens dans l'hygiène, il faudrait en traiter de nouveau dans les deux sciences dont je viens de parler. Or, ces sortes de répétitions sont précisés? entl'inconvéoient que j'ai voulu éviter en réunissant à part, dans une science du, premier ordre., la physique médicale , tout ce qui est relatif aux causes de tout genré qui peuvent agir sur l'organisme , considérées indépendamment du but qu'on se propose lorsqu'on a recours à leur action, soit qu'elles aient pour effet de conserver , altérer , rétablir ou détruire l'ordre normal des phénomènes vitaux.

et dans l'hygiène proprement dite seront réunies l'hygionomie et la prophylactique. Voici le tableau de cette

Science du ordre. I Sciences dU a* ordre. I Science» du 3« ordre.

| Sciences dit *• ordre. |

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