S IV
Sciences du troisième ordre relatives aux procédés par lesquels on applique à la guérison des maladies, les connaissances acquises dans les paragraphes précédons.
Jusqu'à présent le médecin a appris à connaître les moyens qu'il peut employer pour la guérison des maladies , les circonstances d'âge , de sexe , de races et de temperamens qui peuvent modifier, soit les eûetsqu'i! en attend, soit les doses des médic*mens quil doit prescrire, et les maladies ellesmêmes, ainsi que les lois générales qui doivent Je guider dans le choix de ces moyens. Mais toutes ces connaissances ne suffisent pas au médecin .appelé auprès d'un malade ; il faut encore qu'il sache discerner la maladie \ déterminer le traitement qui lui convient , non plus en général , mais relativement à toutes les circonstances particulières à ce malade; prévoir, enfin, l'issue plus ou moins probable de la maladie. C'est là l'objet des sciences dont il me reste à parler ; et dont je dois commencer Ténumération par celle qui sert de base aux trois suivantes.
a. Énumération et définitions.
1 . Sémiographie. Pour que le médecin puisse déterminer la nature et le siège de la maladie dont il entreprend le traitement , il faut d'abord qu'il connaisse les signes d'après lesquels il doit faire cette détermination , qu'il distingue les signés idiopathiques de ceux qui ne sont que symptomatiques. C'est à la connaissance générale de ces signes que je donnerai le nom de sémiographie , de signe.
Ils font partie , pour la plupart , des phénomènes de la maladie que décrit le nosographe ; mais ils sont ici considérés sous un rapport bien différent. Par exemple , en décrivant une maladie , on doit dire : Le poids était rare ou fréquent, égal ou interminent ; la face était pâle ou fortement colorée y etc. Mais la sémiographie a un autre objet : quand elle fait connaître les différentes modifications du pouls , c'est pour y joindre l'indication de leur valeur comme signes, soit en elles-mêmes, soit relativement à leur coïncidence avec d'autres signes; en parlant des diflerens aspects de la face, elle dit ce qu'annonce chacun d'eux, etc. Il y a , d'ailleurs , des moyens de déterminer les maladies qui doivent être compris dans la sémiographie 9 quoique étrangers à la description de la maladie ; comme, par exemple, l'investigation des altérations organiques par la percussion , par l'emploi de la sonde, du stéthoscope, et de plusieurs autres ins-
trumens destinés à reconnaître ces altérations ; c'est encore ainsi qu'Hippocrate trouvait dans la saveur du cérumen des indications utiles ; et , aujourd'hui que la chimie a fait tant de progrès, il y aurait peut-être d'importantes recherches sémiographi— ques à faire en analysant comparativement les pro* duits des différentes sécrétions dans l'état sain et dans les diverses maladies où la composition chimique de ces produits peut être altérée. Les résultats de ces analyses comparatives pourraient fournir à lasémiographie des indications précieuses» et Ton sait que le chimiste à qui les sciences doivent la vraie théorie de la composition des substances végétales et animales , a déjà fait des travaux très-importans sur ce sujet.
a. Diagnostique, Le médecin appelé auprès d'un malade aura d'abord à faire l'application des principes de la sémiographie, pour découvrir la nature et le siège de la maladie. U faudra qu'il combine les diflerens signes qui se manifestent, qu'il apprécie la valeur qui est propre à chacun d'eux , celle qu'ils peuvent tirer de leur réunion, etc., dans le cas particulier qui se présente. Tel est l'objet de la diagnostique.
3. Thérapeutique spéciale. Ce n'est que muni de toutes les connaissances comprises dans les sciences médicales dont j'ai parlé jusqu'ici , que le médecin peut se livrer à la pratique de son art. Appelé auprès d'un malade, il devra d'abord dé ter-
miner la nature et le siège de la maladie à l'aide de la diagnostique , il aura ensuite à appliquer les lois de la thérapeutique générale , en modifiant , s'il y a lieu , le traitement d'après les diverses circonstances , relatives au sexe, à l'âge, au tempérament, à l'état du malade, etc. J'ai hésité long- temps sur le nom que je donnerais à cette partie des sciences médicales , dans laquelle consiste essentiellement l'art du médecin , et qui est comme le but vers lequel tendent toutes les autres, J'avais d'abord pensé à celui de clinique ; mais il m a semblé que je me mettrais par là en opposition avec l'usage qui attache à ce mot l'idée , non d'une science , mais de l'enseignement fait par un professeur auprès du lit d'un malade. Cest pourquoi j'ai préféré celui de thérapeutique spéciale, parce qu'il s^agit ici de l'application, des lois et des préceptes de la thérapeutique générale à l'individu que le médecin est appelé à traiter*
4» Prognosic. Comme 1 issue d'une maladie dé-
Pend du traitement que suivra le malade , ce n'est qu après avoir déterminé ce traitement que le médecin peut juger de la manière dont elle se terminera. Lorsque, par exemple, il est appeléauprès d'un malade attaqué de la fièvre produite par les exhalaisons d'un marais ou par 1 aria cattiva des ruines de Kome , il ne doit pas dire : Ce malade mourra presqu infailliblement , comme cela arriverait s'il était abandonné aux seules forces de la nature ; mais
le médecin doit déterminer le traitement , y corn-
»... i \, 7 prendre 1 emploi du quinquina prescrit à 1 époque
convenable, déterminée par le retour des paroxismes , et établir un prognostic tout opposé au premier, en disant : Le malade guérira par l'emploi du quinquina. Tous les moyens qui peuvent aider le médecin à résoudre ce grand problème de l'issue d'une maladie d 1 après la connaissance , soit des causes des phénomènes morbides , soit de l'action des remèdes , qu'il a puisée dans la physiologie médicale , constituent une nouvelle science du troisième ordre, à laquelle on peut donner le nom de prognostique ou de prognosie, dex/>/yv*r<*, con-. naissance de ce qui doit àrriyer , mot que l'usage a depuis long-temps restreint aux prognostics de la médecine. J'ai préféré prognosie , quoique j'aie employé précédemment le mot diagnostique pour une science analogue ; outre l'euphonie , f ai été déterminé dans ce choix, par le désir de mettre plus d'harmonie dans ma nomenclature des sciences, en indiquant, par cette désinence que la prognosie est une de celles qui exigent des Connaissances plus approfondies.
Il m'est arrivé , relativement à Tordre que j'établis ici entre la thérapeutique spéciale et la prognosie, la. même .chose qu'à l'égard de celui dans lequel j ai range précédemment la thérapeutique générale et la physiologie, médicale ; Ton m'a ob* )%cté surtout que l'usage était de traiter de. la ma-
tolère dont on doit asseoir le prognostic «Tune maladie , immédiatement après la* détermination du diagnostic , et avant de s'occuper du traitement qui lui convient. Mais outre ce que je viens de dire sur la nécessité d'avoir arrêté le traitement qu'on croit le plus convenable avant de pouvoir prévoir l'issue favorable ou fatale de la maladie , dans tous les cas où cette issue dépend du traitement, ce qui suffirait seul pour placer la prognosie après la thérapeutique spéciale; il arrive bien souvent qu'on ne peut conjecturer, avec quelque degré de certitude , l'issue de la maladie , qu'après qu'on a vu le succès ou l'inutilité des premiers secours qu'on a administrés, c'est-à-dire, après l'emploi des moyens de la tbérapeutique spéciale , nouvelle raison de placer celle-ci avant la prognosie , dont les jugemens doivent souvent consister à dire : Pissue de telle maladie sera favorable où fatale , suivant que tel remède produira ou ne produira pas tel effet , et peuvent changer, dans le cours d'une même maladie, non-seulement d'après de nouveaux accidens, mais encore d'après les effets produits par le traitement auquel on a eu recours.
b. ClsJtificitioa.
C'est dans les quatre sciences du troisième ordre que nous venons de parcourir , c'est surtout dans les deux dernières que les connaissances relatives aux maladies prennent le caractère d'un art; on
peut dire que jusque-là le médecin étudiait pour
connaître, et que maintenant il étudie pour pratiquer. C'est ce qui m'a déterminé à donner à la science du premier ordre formée de la réunion de ces sciences le nom de MÉDECINE PRATIQUE.
La médecine pratique se partagera en deux sciences du deuxième ordre ; la première qui comprend la sémiographie et la diagnostique , c'est-àdire , ce qui est nécessaire pour déterminer la nature et le siège de la maladie, prendra le nom de de sémiologie. Quant à la seconde , formée par la réunion de la thérapeutique spéciale et de la prognosie, comme c'est à elle que commence d'une manière plus spéciale l'exercice pratique de l'art de guérir , j'ai cru ne pouvoir lui donner un nom plus convenable que celui de MÉDECINE PRATIQUE PRO- PREMENT dite. Voici le tableau des sciences comprises dans la médecine pratique. J'ai suivi pour les deux sciences du second ordre dont elle se compose le même mode de nomenclature que pour celles dont se compose l'hygiène , et pour les mêmes raisons.
Science du i'* ordre. I Science» du «• ordre. Sciencet du î« ordre.
(Sémiographie DUgnoitiqnc
MEDECINE PRÀT.
{Thérapeutiqv* •p«*i«l«.
Progsotie.
Omutatiom. Il a été aité au lecteur ôé recouaaUr» 4a»c U
séoûographie, science de par* obleVtanon , le point de fui autoptiquc de 1 art de guérir ; dans la diagnostique , où la nature de la maladie est l'inconnue du problème, le point de vue cryptoristiquc. Lea caractères du point de vue troponomique ne sont pas moins évidens dans la thérapeutique spéciale où il s'agit de comparer et de combiner toutes les connaissances que peuvent fournir la diagnostique , Tanatomie pathologique et la crasloristiquc, sur la nature et le siège de la maladie , et sur le tempérament dû malade , arec les moyens de guérison. prescrits par les lois de la thérapeutique générale; enfin on reconnaît ceux du point de vue cryptologique dans la prognosie où il s'agit de prévoir l issue de la maladie , d'après la connaissance des causes qtri la détënhlnèront, et qn* tiennent, les unes à ta nature de la maladie, les antres à l'action des et des autres mojens qui seront employés pour la guérir.
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1 ordre relatives aux agens èt & toutes les circonstances, tant externes qu'internes, qui conservent, altèrent, rétablissent àu détruisent fordfe normal Ides phénomènes de la vie dans les ani-
Maintenant que nous avons parcouru toutes les sciences qui ont pour objet spécial les agens et toutes les circonstances-qu* peuvent influer sur la vie, il nous reste à définir les quatre sciences du premier ordre auxquelles toutes les autres se trouvent ramenées , a discuter le rang que chacune d'elles doit occuper dans l'embranchement résultant de leur classification. .
a. Enuraératîon et définition!.
i . Physique médicale. Je sais qu'en plaçant la physique médicale et les sciences du second ordre dont elle est composée , avant celles qui ont pour objet l'étude des maladies, je m'écarte d'un usage assez généralement reçu; mais outre les raisons que j l ai déjà indiquées et sur lesquelles j'aurai bientôt occasion de revenir, j'ai encore été déterminé dans cet arrangement par la considération, que quoique les différentes parties de la physique médicale aient été surtout cultivées pôur y chercher des moyens dè médication, ces sciences auraient pu l'être dans la seule vue de coniiaitre les effets produits par les agens et les circonstances qu elles étudient.
Le caractère qui distingue la physique médicale consiste en ce que l'action de ces agens et circonstances y est considérée en général, et indépendamment dès modifications qu elle peut éprouver dans les divers individus. Ce caractère est commun à toutes les sciences du troisième ordre qu'elle contient, et c'est lui qui précise l'idée que j'attache à chacun des noms par lesquels je les ai désignées. En sorte que quand j'assigne p . par exemple, celui de diététique à la troisième y j'enten^que Ja diététique se borne à faire connaître les effets généraux des divers régiraès, et c'est én cela, que, malgré la confusion qu* on a souvent faite de* mots diététique et hygiène, j'ai cru devoir étaWir entre ces
deux mots une distinction complète, et consacrer l'usage du dernier à l'application quon fait aux individus des moyens décrits dans les quatre sciences du troisième ordre comprises dans la physique médicale , à la conservation de la santé , en se guidant, lorsqu'il y a lieu, dans cette application, sur 1 étude des différences d'âge , de sexe , de races , de tempéramens, etc., qu'ils présentent , soit pour prévenir les maladies dont ils sont menacés , soit pour fortifier et améliorer leurs tempéramens; Çn sorte que ce que j'appelle hygiène est , conformément au véritable sens de ce mot, l'art de conserver et de prolonger la vie, tandis que dans la diététique, il ne s'agit que de connaître les effets des diflerens régimes indépendamment des applications qu'on fera ensuite de cette connaissance.
a . Hygiène. €es applications sont l'objet de l'hygiène, et comme elles dépendent du tempérament, de l'âge, du sexe, etc., des individus , l&erasiologie, composée de la crasiograpbie et de lacrasioristique, doit être comprise dans l'hygiène , ainsi que je l'ai déjà remarqué, puisque , avant qu'on s'occupe de ces applications , il faut bien qu'on ait étudié ces tempéramens en eux-mêmes , et qu'on ait appris à les reconnaître aux caractères qui les distinguent. On a vu dans la note de la page i56 , jusqu'à quel point cette manière de concevoir l'hygiène , comme une science où l'on s'occupe de tout ce qui convient à chaque individu selon son âge , son sexe,
son tempérament , etc. , est conforme à l'usage généralement adopté par les médecins dans l'emploi qu'ils font de ee mot, et les motifs qui m'y ont fait apporter une restriction indispensable.
3. Nosologie. C'est ici que la manière dont j'ai distribué les sciences médicales paraîtra plus contraire à celle dont on les dispose ordinairement. Dès que je m'occupai de leur classification , la première question que je me fis , fut celle-ci : dans l'ordre naturel des sciences relatives A l'art de guérir, et qui doivent comprendre la connaissance des moyens de guérison, celle des tempéramens , et celle des maladies, avant qu'il soit question d'appliquer ces diverses connaissances à la pratique, doit-on commencer par l'étude de ces moyens et de ces tempéramens, pour qu'en traitant ensuite des maladies, on puisse, à mesure qu'on s'en occupe, parler des diverses médications auxquelles on a recours pour les combattre, et des modifications que la diversité de tempérament doit apporter dans l'emploi qu'on en fait ; ou faut-il , au contraire, s'occuper d'abord des maladies > ensuite des moyens de guérison, afin de dire, en traitant de cbacun de ceux-ci , quelles sont les maladies auxquelles ils doivent être appliqués ? vaut-il mieux enfin décrire en dernier lieu les divers tempéra* mens, eu joignant à ces descriptions l'indication des modifications qu'ils doivent apporter dans le traitement de chaque maladie ?
Cette question ne fut pas pour moi difficile s résoudre. Admettre un de ces deux derniers arrangemens, celait faire de la science un chaos ineitricable, et morceler toutce qui est relatif à une même maladie, partie dans l'étude générale des maladies, partiedans celle des moyens de guérison, partie dans dans celle des tempéramens. Je ne pouvais cependant qu opter entre ces divers arrangemens pour qu'aucune des vérités que doivent contenir les sciences médicales , ne fût oubliée; (adoptai donc le premier que j'ai suivi dans ce qui précède ; mais il me restait à chercher par quelle raison on commence ordinairement l'étude de la médecine par celle des maladies; il me parait que c'est parce que les divers agens qui sont 1 objet de la physique médicale ayant été considérés seulement comme des moyens de guérir , on, avait pensé qu'il fallait, avant d'en traiter, avoir parlé des maladies a la -guérison desquelles ils étaient destinés , et je vis en même temps qu'il su (Esait déconsidérer ces ag^ns sous un point de , yne plus général , c eat-à-dire, comme comprenait toutes les causes qui entretiennent, altèrent, rétablissent ou détruisent la série normale des phénomènes vitaux,, pour qu il devînt naturel de les traiter d'abord en euxmêmes et indépendamment des maladies contre lesquelles on doit ensuite les employer.
4 * Atideçine pratique. Quant à la médecine pratique, il suffit, pour lads&nir, d* dfce qu'elle a pour
objet d'appliquer aux individu* malades toutes les connaissances acquises dans les sciences précédentes, pour déterminer la maladie , le traitement qui lui convient, et, autant qu'il est possible, prévoir Lissue qu'elle doit avoir. Je me bornerai à observer que la nosologie , comme la physique médicale , sont des sciences où Ton ne s'occupe que des faits généraux , indépendamment des dispositions particulières des individus, et que c'est dans l'hygiène et la. médecine pratique seules qu'on a égard à ces dispositions. Dans les deux embranchemens précédens, la première el la troisième des quatre sciences du premier ordre dont ils étaient composés , nous offraient des sciences proprement dites; la seconde et la quatrième présentaient le caractère d'applications utiles qui en distinguent les groupes de vérités auxquels on a donné le nom d'arts. La même chose se retrouve ici jusqu'à un certain point; la physique médicale et la nosologie sont des sciences proprement dites, l'hygiène et la médecine pratique ont pour objet l'application aux besoins de l'homme des vérités étudiées dans les deux premières; mais le caraçtère d'art ne s'y prononce complètement que dans l'hygiène et la médecine pratique proprement dites , parce qu'avant d'en venir à l'application , il faut que l'hygiène et la médecine pratique générales étudient comme simple objet de connaissance, l'une les divers tempéramens, l'autre les signes caractéristiques des maladies.
b. Clarification.
De ces quatre sciences du premier ordre, toute* relatives au même objet général défini dans le titre de ce chapitre , je formerai l'embranchement dçs SCIENCES MÉDICALES ; et comme les deux premières étudient les phénomènes produits par toutes les causes tant externes qu'internes qui peuvent modifier l'organisation animale, sans que cette étude tienne d abord en rien à la guérison des maladies à laquelle le médecin les applique ensuite , de même que les sciences physiques proprement dites s'occupent des effets produits par les propriétés inorganiques des corps , indépendamment de leur application à l'étude du globe terrestre , fai cru qu'il serait bon d'indiquer cette analogie , en donnant le nom de sciences physico-médicaxes au sous-embranchement formé par la réunion de la physique médicale et de l'hygiène. Quant à l'autre sous-embranchement qui réunit la nosologie et la médecine pratique, si l'on fait attention à l'acception ordinaire du mot médical, on trouvera, je pense, comme moi, que le nom qui leur convient le mieux est celui
de SCIENCES MÉDICALES PROPREMENT DITES.
Voici le tableau de cette classification.
Embranchement. I Sous-embronchemen». I Scieneet du ordre.
— igi —
On sera peut-être étonné du grand nombre de sciences dans lesquelles se trouve ici partagé le groupe des connaissances relatives à l'art de guérir. Mais si on y réfléchit, on verra que ces divisions existent réellement ; que chacune est assez importante pour être considérée comme une science à part, par le nombre et la variété des vérités qu'elles renferment. On sait au reste combien ces divisions ont été plus multipliées encore dans les ouvrages des médecins , tant anciens que modernes. Je n'ai eu presque qu'à choisir entre des noms connus depuis long-temps ; mais la plupart de ces noms n'étant pas définis avec précision , j'ai dû les définir de manière à établir entre les différentes sciences médicales des limites tranchées, et appeler successivement l'attention sur chacune des parties de cet en* semble. Quelle que soit l'importance de ces sciences relativement au but qu'elles se proposent , la conservation ou le rétablissement de la santé, peutêtre en ont-elles une plus grande encore aux yeux de ceux qui mettent au premier rang les progrès de l'intelligence humaine, on sait que c'est aux recherches persévérantes que les médecins ont faites de tout temps dans la vue de perfectionner leur art, que nous sommes redevables de la plupart des sciences physiques et naturelles ; sans eux la chimie, la botanique , l'anatomie, la physiologie animale et beaucoup d'autres sciences n'existeraient peut-être pas.
fl me semble presque inutile d'insister ici
l'analogie manifeste que présentent les quatre sciences dont nous venons de parler, avec les quatre points de vue que nous
retrouvons partout dans la série des connaissances humaine?. Comment, relativement à l'objet général de cet embranche» ment , le lecteur n'aorait-il pas reconnu le point de vue autoptique dans la physique médicale , dont tous les faits sont immédiatement donnés par l'observation et l'expérience ; le cryptoriatique , dans J hygiène , où l'on s'occupe d abord des dispositions internes , causes cachées de la diversité des tempérament et de toutes les modifications qu'ils apporte ut dans les phénomènes vitaux ; où Ton se propose ensuite de découvrir les moyens par lesquels on peut conserver la santé des hommes ou des anima nx qui nous sont utiles, et prévenir les maladies dont ils sont menacés? Les maladies sont des changemeus plus graves dans Tordre normal de ces phénomènes : à partir de 1 invasion d'une maladie quelconque, c'est une nouvelle série de phénomènes qui s'établit dans l'organisation. La nosologie, qui s'occupe de ces change mens , qui les décrit, se propose de découvrir les organes dont l'altération en est la les lois générales qui déterminent les moyens les plus nablespour ramener les phénomènes vitaux à l'ordre accoutumé) et qui cherche à expliquer les causes de ces changement, et l'action des remèdes , présente dans toutes ses parties quelque chose du point de vue troponoinique qui ne se manifeste entièrement que dausla thérapeutique générale. Enfin, la médecine pratique, que l'on pourrait regarder plutôt comme un art que comme une science proprement dite, et dont toutes les parties ont pour objet de parvenir à la solution de ces trois problèmes , reconnaître dans chaque malade la maladie dont il est affecté, déterminer le traitement individuel qui convient a cette maladie , et en prévoir l'issue , présente aussi plus ou moins parties , les caractères du point de vue cryptologiqtte.
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