‹ Essai sur la philosophie des sciences, ou, Exposition analytique d'une classification naturelle de toutes les connaissances humaines (volume 2)Chapitre 5 sur 39 · XXV1J · texte numérisé non relu

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plus tard ces haines questions , dans un trailé spécial; mais alors la découverte que fit OErsted , de l'action qu'exerce sur un aimant un fil métallique où l'on fait passer un courant électrique , m'ayant conduit à celle de l'action mutuelle que deux de ces fils exercent l'un sur l'autre, me força d'abandonner le travail psychologique dont je viens de parler, pour me livrer tout entier aux* expériences et aux calculs que j'ai publiés sur cette action mutuelle. J'espère pouvoir reprendre un jour ce travail interrompu; mais j'ai cru devoir en présenter dans ce que je -viens de dire un aperçu, qui servira peutêtre à faire mieux voir jusqu'à quel point la classification des sciences et des arts dont nous allons nous occuper est fondée sur' lai nature de notre intelligence. Au mois d'août i832, cette classification était achevée et ses résultats consignés dans le tableau qu'on trouvera h la fin de cet ouvrage. Il me restait a exposer l'ensemble des idées sur les quelles ils reposent; c'est alors que, me trouvant a Glermont, M. Gonod, processeur au collège royal de cette ville, m'offrit de m'aider 'dans cette exposition. M. "Gonod a côns^ tamment coopéré à la rédaction de l'ouvragé que je publie aujourd'hui , rédaction qui lui appartient autant qu'à moi-même Je ne sâu«

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rais lui témoigner assez ma reconnaissance pour le de'vouement avec lequel il s'est consacré à cette publication , pour le secours que m'ont prêté sa plume exercée et celte pénétration remarquable qui lui faisait trouver sans cesse l'expression la plus propre a rendre ma pensée. Je me plais à le remercier ici de sa participation à un travail qui , sans lui , eût pu être indéfiniment ajourné.

Plus d'un an après , et lorsque l'impression de la première partie de cet ouvrage était presque achevée, des considérations toutes différentes de celles que je viens d'exposer , me conduisirent, le 12 décembre i833, à retrouver, pour la troisième fois, par des considérations toutes différentes , les mêmes divisions et subdivisions de l'ensemble des vérités dont se composent nos sciences et nos arts , telles que je les avais d'abord établies , et qu'ensuite au moyen des points de vue dont je viens de parler, je les avais obtenues de nouveau, précisément dans le même ordre.

Ces considérations, où je parvins en examinant la manière dont les mêmes divisions et subdivisions se déduisent les unes des autres, m'ont fourni une nouvelle clef de ma classification , qu'on pourrait substituer à celle dont je me suis servi. Dans ce ras , il n'y aurait pas un mot à changera tout ce qui, dans

cet ouvrage , est imprimé en gros caractères ; mais les observations, qui le sont en caractères plus petits , devraient être remplacées par d'autres , où serait exposée cette nouvelle manière de coordonner toutes les parties de ma classification. De ces deux clefs, la première me parait la plus philosophique , la plus féconde en applications et en déductions nouvelles, et je la crois même la plus propre à fixer ma classification dans la mémoire; la seconde me semble plus pratique et peut-être plus aisée à saisir : sous ce rapport , elle pourra convenir à un plus grand nombre de lecteurs. Mais ce qui me frappe le plus, c'est que deux moyens aussi difiërens entre eux s'accordent à reproduire , et dans le même ordre , les divisions et subdivisions des connaissances humaines, que j'avais d'abord établies indépendamment de l'un et de l'autre.

Cet accord est , selon moi , la preuve la plus convaincante que ces divisions sont fondées sur la nature même de notre esprit et de nos connaissances. Quand j'ai découvert cette seconde clef, l'impression de mon ouvrage était, comme je viens de le dire, trop avancée pour que je pusse en montrer successivement toutes les applicflions ; mais afin de satisfaire à cet égard le leeteur, je me propose de terminer mou travail par un appendice , dans

lequel je donnerai tous les détails qu'il pourrait désirer à ce sujet.

Par là, le texte des deux parties de mon ouvrage présentera au lecteur ma classification dégagée de toute vue théorique , et fondée uniquement sur le rapprochement des vérités et des groupes de vérités dont les analogies sont les plus nombreuses et les plus intimes ; les observations qui accompagnent ce texte lui offriront un premier moyen d'obtenir àpriori les mêmes groupes de vérités , précisément dans Tordre où ils ont été d'abord rangés ; enfin , il trouvera dznsV appendice un second moyen d'arriver au même but. En exposant les considérations sur lesquelles repose ce second moyen , je trouverai l'occasion de développer mes idées sur la manière dont les diverses branches des connaissances humaines naissent les unes des autres , comme le premier vient de me fournir l'occasion d'indiquer les rapports qui existent entre la classification que j'ai faite de ces connaissances , et la nature et les lois de la pensée. Peut-être est-il plus utile , pour mettre en évidence les rapports mutuels qui lient entre elles toutes les sciences f de ne donner la préférence ni à l'une ni à l'autre de ces deuft manières d'en coordonner les divisions et subdivisions, mais de les exposer l'une après l'autre comme se

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prêtant un mutuel appui, en tant qu'elles conduisent à la même classification par des routes différentes.

Cette classification fait partie d'une science à laquelle j'ai donné le nom de malhésiologie , de fjL<tdti(rtç> instruction , enseignement , et qu'on retrouvera définie et classée dans la seconde partie de cet ouvrage.

La mathésiologie est pour celui qui veut étudier ou enseigner, ce que sont pour le naturaliste les sciences auxquelles j'ai donné les noms de phytonomie et de zoonomie ; dans celles-ci , on s'occupe des lois de l'organisa* tion des végétaux et des animaux , et de la classification naturelle de ces êtres ; dans la mathésiologie , on se propose d'établir , d'une part, les lois qu'on doit suivre dans l'étude ou l'enseignement des connaissances humainés, et, de l'autre, la classification naturelle de ces connaissances.

J'ai cru nécessaire en écrivant cette préface de faire le récit qu'on vient de lire, parce que , s'il est quelques motifs qui puissent autoriser la persuasion où je suis que la classification exposée dans mon ouvrage est réellement fondée sur la nature des choses, et faire partager celte persuasion au lecteur qui s'est fait une idée juste de ce que doit être une classification naturelle, ce, sont sans doute les suivans :

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i°. Le grand nombre même des changemens que j'ai faits successivement à cette classification. En effet, chaque changement ne pouvait m'être suggéré que parce que je venais à découvrir de nouveaux rapports entre les sciences que j'avais d'abord mal classées faute d'avoir aperçu ces rapports ; et je n'adoptais une nouvelle division ou une nouvelle disposition des sciences , qu'après avoir comparé les raisons qui militaient en sa faveur avec celles qui m'avaient auparavant conduit à en admettre une autre, et après m'être assuré que la seconde était en effet préférable à la première. Quand il est question d'une méthode artificielle , une fois que les principes en sont posés , elle" ne peut plus être susceptible d'aucune variation. Dès que Linné eut établi ses classes et ses ordres du règne végétal d'après le nombre et les rapports mutuels des étamines et des pistils , il ne pouvait plus y avoir rien à changer dans son système, dont la création n'exigeait que quelques jours, ou même que quelques heures; tandis que , pour arriver à la classification naturelle de toutes les plantes , il a fallu passer par les essais de Linné lui-même et ceux d'Adanson , par la classification beaucoup meilleure de Bernard de Jussieu , où il restait cependant entre des végétaux qui n'ont aucune analogie , plusieurs rapprochemens inadmis*

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