MÉDECINE PRAT
( SÉMIOtOOI»..
VMiDBCIIfK PRAT. PROP. DITE. ^
Sémiographie.
Diagno$tique.
Thérapeutique »pecialf.
Prognosie.
Obiertàtions. Il a été aisé au lecteur de reconnaître dans la
scanographie, science de pure observation , le point de vue autoptique de l'art de guérir ; dans la diagnostique , où la nature de la maladie est l’inconnue du problème, le point de vue ervptoristique. Les caractères du point de vue troponomique ne sont pas moins évidens dans la thérapeutique spéciale où il s'agit de comparer et de combiner toutes les connaissances que peuvent fournir la diagnostique, l’anatomie pathologique et la crasioristique, sur la nature et le siège de la maladie , et sur le tempérament du malade , avec les moyens de guérison prescrits par les lois de la thérapeutique générale; enfin on reconnaît ceux du point de vue cryptologique dans la prognosie où il s'agit de prévoir l'issue de la maladie , d’après la connaissance des causes qui la détermineront, et qui tiennent, les unes à la nature de la maladie , les autres à l'action des remèdes et des autres moyens qui sex'ont employés pour la guérir.
Définitions et classification des sciences cluprem ier ordre relatives aux agens et a toutes les circonstances , tant externes qu internes, qui conservetit, altèrent, rétablissent ou détruisent l'ordre normal des phénomènes de la vie dans les animaux.
Maintenant que nous avons parcouru toutes les sciences qui ont pour objet spécial les agens et toutes les circonstances qui peuvent influer sur la vie, il nous reste à définir les quatre sciences du premier ordre auxquelles toutes les autres se trouvent ramenées , à discuter le rang que chacune déliés doit occuper dans l’embranchement résultant de leur classification.
a. Enumération et définitions.
i. Physique médicale. Je sais qu’en plaçant la physique medicale et les sciences du second ordre dont elle est composée , avant celles qui ont pour objet l’étude des maladies, je m’écarte d un usage assez généralement reçu; mais outre les raisons que j’ai déjà indiquées et sur lesquelles j'aurai bientôt occasion de revenir, j’ai encore été déterminé dans cet arrangement par la considération, que quoique les di décentes parties de la physique médicale aient été surtout cultivées pour y chercher des moyens de médication, ces sciences auraient pu l’être dans la seule vue de connaître les effets produits par les agens et les circonstances qu elles étudient.
Le caractère qui distingue la physique médicale consiste en ce que l’action de ces agens et circonstances y est considérée en général, et indépendamment des modifications qu elle peut éprouver dans les divers individus. Ce caractère est commun à toutes les sciences du troisième ordre qu elle contient, et c’est lui qui précise 1 idée que j’attache à chacun des noms par lesquels je les ai désignées. En sorte que quand j assigne , par exemple , celui de diététique à la troisième, j’entends que la diététique se borne à faire connaître les effets généraux des divers régimes, et c est en cela que, malgré la confusion qu’on a souvent faite des mots diététique et hygiène , j’ai cru devoir établir entre ces
deux mots une distinction complète, et consacrer l’usage du dernier à l’application qu on fait aux individus des moyens décrits dans les quatre sciences du troisième ordre comprises dans la physique médicale , à la conservation de la santé , en se guidant, lorsqu’il y a lieu, dans cette application, sur l’étude des différences d’àge , de sexe , de races , de tempéramens, etc., qu ils présentent, soit pour prévenir les maladies dont ils sont menacés, soit pour fortifier et améliorer leurs tempéramens ; en sorte que ce que j’appelle hygiène est, conformément au véritable sens de ce mot, l’art de conserver et de prolonger la vie, tandis que dans la diététique, il ne s’agit que de connaître les effets des différens régimes indépendamment des applications qu’on fera ensuite de cette connaissance .
2 . Hygiène. Ces applications sont l’objet de l’hygiène, et comme elles dépendent du tempérament, de l’âge, dusexe, etc., des individus , la crasiologie, composée de la crasiographie et de la crasioristique, doit être comprise dans l’hygiène , ainsi que je l’ai déjà remarqué, puisque , avant qu’on s’occupe de ces applications , il faut bien qu’on ait'étudié ces tempéramens en eux-mêmes, et qu’on ait appris à les reconnaître aux caractères qui les distinguent. On a vu dans la note de la page i56 , jusqu à quel point cette manière de concevoir l’hygiène , comme une science où l’on s’occupe de tout ce qui convient à chaque individu selon son câge , son sexe ,
son tempérament , etc. , est conforme à l’usage généralement adopté par les médecins dans l’emploi qu’ils font de ce mot, et les motifs qui m’y ont fait apporter une restriction indispensable.
3. Nosologie. C’est ici que la manière dont j’ai distribué les sciences médicales paraîtra plus contraire à celle dont on les dispose ordinairement. Dès que je m’occupai de leur classification , la première question que je me fis, fut celle-ci : dans l’ordre naturel des sciences relatives à l’art de guérir, et qui doivent comprendre la connaissance des moyens de guérison, celle des tempéramens , et celle des maladies , avant qu il soit question d’appliquer ces diverses connaissances à la pratique, doit-on commencer par l’étude de ces moyens et de ces tempéramens, pour qu’eri traitant ensuite des maladies, onpuisse, à mesure qu on s en occupe, parler des diverses médications auxquelles on a recours pour les combattre, et des modifications que la diversité de tempérament doit apporter dans l’emploi qu’on en fait; ou faut-il, au contraire, s’occuper d’abord des maladies, ensuite des moyens de guérison, afin de dire, en traitant de chacun de ceux-ci , quelles sont les maladies auxquelles ils doivent être appliqués ? vaut-il mieux enfin décrire en dernier lieu les divers tempéramens, en joignant à ces descriptions l’indication des modifications qu’ils doivent apporter dans le traitement de chaque maladie?
Cette question ne fut pas pour moi difficile à résoudre. Admettre uu de ces deux derniers arrangemens, c’était faire de la science un chaos inextricable, et morceler tout ce qui est relatif à une même maladie, partie dans l’étude générale des maladies, partiedans celle des moyens de guérison, partie dans dans celle des tempéramens. Je ne pouvais cependant qu’opter entre ces divers arrangemens pour qu aucune des vérités que doivent contenir les sciences médicales, ne fût oubliée; j’adoptai donc le premier que j’ai suivi dans ce qui précède; mais il me restait à chercher par quelle raison on commence ordinairement lélude de la médecine par celle des maladies; il me paraît que c’est parce que les divers agens qui sont l’objet de la physique médicale ayant été considérés seulement comme des moyens de guérir , on avait pensé qu il fallait, avant d’en traiter, avoir parlé des maladies à la guérison desquelles ds étaient destinés , et je vis en même temps qu il suffisait de considérer ces agens sous un point de vue plus général , c’est-à-dire, comme comprenant toutes les causes qui entretiennent, altèrent, rétablissent ou détruisent la série normale des phénomènes vitaux, pour qu’il devînt naturel de les traiter d’abord en euxmemes et indépendamment des maladies contre lesquelles on doit ensuite les employer.
4. Médecine pratique. Quanta la médecine pratique, ii suffit, pour la définir, de dire quelle a pour
objet (l’appliquer aux individus malades toutes les connaissances acquises dans les sciences précédentes, pour déterminer la maladie, le traitement qui lui convient, et, autant qu’ilest possible, prévoir 1 issue qu’elle doit avoir. Je me bornerai a observer que la nosologie , comme la physique médicale , sont des sciences où 1 on ne s’occupe que des faits généraux , indépendamment des dispositions particulières des individus, et que c’est dans l’hygiène et la médecine pratique seules qu’on a égard à ces dispositions. Dans les deux embranchemcns précédées, la première et la troisième des quatre sciences du premier ordre dont ils étaient composés , nous offraient des sciences proprement dites ; la seconde et la quatrième présentaient le caractère d’applications utiles qui en distinguent les gi oupes de vérités auxquels on a donné le nom d’arts. La même chose se retrouve ici jusqu’à un certain point; la physique médicale et la nosologie sont des sciences proprement dites, l’hygiène et la médecine pratique ont pour objet l’application aux besoins de l’homme des vérités étudiées dans les deux premières; mais le caractère d’art ne s’y prononce complètement que dans l’hygiène et la médecine pratique proprement dites , parce qu’avant d’en venir à l’application , il faut que 1 hygiène et la médecine pratique générales étudient comme simple objet de connaissance, l’une les divers tempéramens , l’autre les signes caractéristiques des maladies.
]). Classification.
De ces quatre sciences du premier ordre, toutes relatives au même objet général défini dans le titre de ce chapitre , je formerai l’embranchement des SCIENCES MÉDICALES; et comme les deux premières étudient les phénomènes produits par toutes les causes tant externes qu’internes qui peuvent modifier l’organisation animale, sans que cette élude tienne d’abord en rien à la guérison des maladies à laquelle le médecin les applique ensuite , de même que les sciences physiques proprement dites s’occupent des effets produits par les propriétés inorganiques des corps , indépendamment de leur application à l’étude du globe terrestre , j’ai cru qu’il serait bon d’indiquer cette analogie, en donnant le nom de SCIENCES PHYSICO-MÉDICALES au sous-embranchement formé par la réunion de la physique médicale et de l’hygiène. Quant à l’autre sous-embranchement qui réunit la nosologie et la médecine pratique, si l’on fait attention à l’acception ordinaire du mot médical, on trouvera, je pense, comme moi, que le nom qui leur convient le mieux est celui de SCIENCES MÉDICALES PROPREMENT DITES.
Voici le tableau de cette classification.
Embranchement. | Sous-embranchemens.
Sciences cia i*. ordre.
MEDICALES.
[ Phtiico-médicales.
MkOlCALEJ IROPRi DITES...
Physique medicale.
Hygiène.
( Nosologie.
\ Médeeine pratique.
On sera peut-être étonné du grand nombre de sciences dans lesquelles se trouve ici partagé le groupe des connaissances relatives à l’art de guérir. Mais si on y réfléchit, on verra que ces divisions existent réellement ; que chacune est assez importante pour être considérée comme une science à part, par le nombre et la variété des vérités quelles renferment. On sait au reste combien ces divisions ont été plus multipliées encore dans les ouvrages des médecins , tant anciens que modernes. Je n’ai eu presque qu’à choisir entre des noms connus depuis long-temps ; mais la plupart de ces noms n etant pas définis avec précision , j’ai dû. les définir de manière à établir entre les différentes sciences médicales des limites tranchées, et appeler successivement l’attention sur chacune des parties de cet ensemble. Quelle que soit l’importance de ces sciences relativement au but qu’elles se proposent , la conservation ou le rétablissement de la santé, peutêtre en ont-elles une plus grande encore aux yeux de ceux qui mettent au premier rang les progrès de l’intelligence humaine, on sait que c’est aux recherches persévérantes que les médecins ont faites de tout temps dans la vue de perfectionner leurart, que nous sommes redevables de la plupart des sciences physiques et naturelles ; sans eux la chimie, la botanique , l’anatomie , la physiologie animale et beaucoup d’autres sciences n’existeraient peut-être pas.
Obsebtations. Il me semble presque inutile d’insister ici sur
l'analogie manifeste que présentent les quatre sciences dont nous venons de parler, avec les quatre points de vue que nous retrouvons partout dans la série des connaissances humaines. Comment, relativement à l'objet général de cet embranchement , le lecteur n’aurait-il pas reconnu le point de vue autoptique dans la physique médicale , dont tous les faits sont immédiatement donnés par [ observation et l’expérience ; la cryptorislique , dans l'hygiène , où l'on s'occupe d’abord des dispositions internes , causes cachées de la diversité des tempéramens et de toutes les modifications qu'ils apportent dans les phénomènes vitaux ; où l’on se propose ensuite de découvrir les moyens par lesquels on peut conserver la santé des hommes ou des animaux qui nous sont utiles, et prévenir les maladies dont ils sont menacés? Les maladies sont des changemens plus graves dans 1 ordre normal de ces phénomènes : à partir de 1 invasion d une maladie quelconque , c'est une nouvelle série de phénomènes qui s'établit dans l’organisation. La nosologie, qui s’occupe de ces changemens , qui les décrût, se propose de découvrir les organes dont l’altération en est la cause , ainsi que les lois générales qui déterminent les moyens les plus convenables pour ramener les phénomènes vitaux à l'ordre accoutumé et qui cherche à expliquer les causes de ces changemens, et l'action des remèdes , présente dans toutes ses parties quelque chose du point de vue troponomique qui ne se manifeste entièrement que dans la thérapeutique générale. Enfin, la médecine pratique, que Ion pourrait regarder plutôt comme un art que comme une science proprement dite, et dont toutes les parties ont pour objet de parvenir à la solution de ces trois problèmes, reconnaître dans chaque malade la maladie dont il est affecté, déterminer le traitement individuel qui convient à celle maladie , et eu prévoir l’issue, présente aussi plus ou moins , dans toutes ses parties , les caractères du point de vue cryptologique.