‹ Essai sur la physiologie Des ÉpithéliumsChapitre 5 sur 13 · PET (VE · texte numérisé non relu

PET (VE

Le 30 mai, l'anus contre nature est parfaitement établi; je racle avec soin le pourtour de son orifice, et par ce raclage, j'obtiens des cellules épithéliales sphériques en assez grande abondance, mais d’un diamètre peu considérable (fig. 1, pl. 1). Chaque celluleest pourvue d’un noyau ovoïde assez brillant, sans nucléole; la préparation renferme une assez grande quantité de noyaux isolés et libres, en tout semblables à ceux-là. En outre; on trouve d’autres cellules plus ou moins allongées, ovoïdes, présentant grossièrement la forme d’une semelle; quelques-unes sont très-minces. Ne seraient-ce pas des cellules prismatiques de l'intestin en voie de transformation, se modifiant pour aboutir à la forme sphérique? Le 31, je puis vérifier la fausseté de l'hypothèse qui précède; une préparation me permet de voir aujourd'hui les mêmes éléments qu'hier, mais je trouve aussi des plaques et des lambeaux assez considérables de matière amorphe en voie de segmentation, et cette segmentation, autant que je puis en juger par les lignes grisâtres quise dessinent assez nettement, donne lieu à des cellules de forme analogue à celle qui hier m'ont frappé.

Le 1° juin, même état qu'hier.

Le 3, toujours quantité de cellules complétement sphériques et de cellules ovoïdes; d’autres assez nombreuses présentent un contour légèrement anguleux, quelques-unes d’entre elles sont assez grandes et présentent deux ou trois noyaux; des granulations graisseuses réfractant fortement la lumière ont envahi plusieurs d’entre elles. Quelques corps fusiformes réguliers, d'autres ovoïdes, plus ou moins arrondis, se montrent aussi, On voit encore de larges plaques en voie de

ie segmentation, les lignes grisâtres qui indiquent en quelque sorte les projets de cellules, circonscrivent des espaces ovales ou circulaires. Quelques plaques offrent l'aspect du vitellus au moment de sa première segmentation. C'est à grand’peine qu'on trouve encore dans les préparations quelques noyaux libres; ils étaient de beaucoup plus abondants lors du dernier examen. Pendant la semaine qui s’écoula après l'examen que je viens de rapporter, une investigation quotidienne me fit remarquer un état absolument analogue; c'était toujours le même aspect de cellules, toujours la même forme, sans modifications importantes. Alors, craignant d’enflammer la plaie par des raclages réitérés, et aussi parce que j'avais en vue, en faisant cette expérience, la vérification d’une hypothèse, selon moi bien autrement importante, ne pouvant être jugée que si les choses restaient dans cet état pendant un temps plus long, je laissai vivre l'animal sans examiner davantage son nouvel anus. Il a ainsi été conservé jusqu'au 5 juillet, jouissant d'une bonne santé, plein de gaieté, mangeant avec appétit el ne paraissant nullement incommodé de son infirmité, qui a cependant été pendant tout ce laps de temps aussi complète que possible, car tous ses excréments n'ont eu depuis l’ouverturede l'intestin d’autre issue que le nouvel anus pratiqué à son flanc. Le 3 juillet, ce chien fut mis à mort, — et tels sont les faits que J'ai constatés sur le pourtour de son orifice. — En examinant les points voisins de l’union de l'intestin à la peau, on trouve de larges cellules épithéliales, sphériques, portant un, deux ou trois noyaux d'ordinaire assez volumineux, avec un beau nucléole central. La plupart de ces cellules mesurent de 0", (14 à 0%. 04: d’autres

sont encore plus volumineuses, bien que la majorité présente seulement 0°".02. Ces cellules sont pointillées de fines granulations graisseuses, sans que celles-ci soient jamais assez abondantes pour masquer le noyau. Sauf le volume généralement plus considérable et les granulations graisseuses, les cellules sont représentées par la fig. 1. Il existe peu, très-peu de cellules polygonales; presque toutes sont délimitées par des lignes courbes ; mais les granulations graisseuses ne manquent dans aucune d'elles, et cependant, en dehors des éléments, la préparation n’en présente pas. — Plus profondément se trouvent des noyaux ovoides comme ceux qui sont contenus dans les cellules, et comme eux porteurs d’un nueléole. Les noyaux ne sont pas libres, disséminés et flottants ; ils sont en quelque sorte accolés et forment des plaques.

Ce n’est pas ici le lieu de donner les résultats que ce même animal m'a fournis; je les exposerai dans la troi” sième partie de mon travail.

Voiei une autre expérience faite dans un autre sens.

La 25 mai, je pratiquai sur un chien l'opération sutrante : je fis à l'angle interne de son œil gauche une incision partant de la muqueuse et se nralongeant en bas, dans une étendue de deux centimètres environ. J’empêche la plaie de se cicatriser en écartant les lèvres par une suture. Cette ineision divise la peau et le tissu souseutané. |

Les jours suivants, la plaie suppure; pas d'examen. : Le 30, la suppuration semble tarie; je fais avec la pointe d’un scalpel un premier raclage, qui fait trèslégèrement, ne donne que des leucocytes ; en raclant un peu plus fort, j'obtiens toujours une quantité considé-

rable de leucocytes, mais en recherchant avec attention, on trouve quelques épithéliums sphériques de dimensions très-peu considérables et très-transparents. Îls sont pourvus d’un noyau. C'est en vain que je recherche des noyaux libres.

Le 1% juin, je déterge la plaie avec une très-fine éponge, et je trouve des cellules sphériques assez abondantes, très-peu de noyaux libres.

Le 4 juin, plus de suppuration; cellules sphériques plus volumineuses; noyaux libres extrêmement rares.

Enfin, le 12 juin, j'obtiens par lé raclage de belles cellules d’épithéliums pavimenteux ; elles sont assez volumineuses, à contours pâles, à beau noyau,environnées dans la préparation de matière amorphe granuleuse. Ce sont des cellules appartenant bien à la plaie, d’abord parce qu'elles sont très-abondantes, puis parce qu'avant d'examiner, j'ai projeté avec une seringue un filet d’eau sur la plaie pour être bien sûr de n’examiner pas des cellules provenant de la desquamation qui s'effectue à la surface conjonctivale.

Page 1