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fails à Paris, à Loiithes et dans plusïcius aulros capitales. Des particuliers enfin se sont empressés de nous couiniuniquer tous les objets, qui pouvaient être de quelque utilité à mon travad.
La petite série d'Ophidiens de la Nouvelle Hollande, (jui fait partie du Musée des Pays-Bas, a été acquise à Londres. Le voyage de découvertes à la Nouvelle Guinée ^ entrepris dans les années iSi^j et 1828 par les ordres de notie Gouvernement colonial, nous a fourni un grand nombre d'objets d'Instoire naturelle intéressans et la plupart inconnus. Timor, Amboine et les autres îles adjacentes ont été explorées à différentes reprises par nos voyageurs. Une résidence continuelle de ces infatigables naturalistes, à Java, durant près de vingt années, a contribuée rendre les productions de la partie occideritale de cette île presque aussi connues que celles de lEurope. Mon ami le Docteur Strauss m'a rapporté une petite collection de Reptiles, formée pendajtit son séjour à Manado , à la pointe orientale de Célèbes. M. M. von Siebold et Bi^irgeront recueillis, pendant leurs voyages au Japon, une grande quantité d'ophidiens qui, appartenant toujouis aux mûmes espèces, nous ont appris, combien cet empire a été exploré sous lerapport de l'histoire naturelle. Nous ne possédons que peu de serpens de la Chine, de Sumatra], de Malacca et en général de la partie orientale de l'Asie: le Docieur de Witt établi à Dedford, nous en a présenté quelques uns; d'auties ont été acquis par nos voyageurs aux Indes. Un envoi, fl\it de Bengale
en 18:27 au Musée des Pays-Bas, coiUeiiail les dépouilles d'un bon nombre des espèces décrites par Russel. Les productions de Ceylan ne nous sont connues que d'après les échantillons originaires de plusieurs musées de la Hollande, et par une petite collection due aux soins obligeans de M. le Docteur Smith, Directeur du Soulli-African- Museum. M. Lichtenstein , enfin, nous a cédé quelques espèces d'Ophidiens , provenant du voyage de M. Eversman en Tartarie.
Les serpens de l'Europe nous ont été en partie communiqués par quelques uns de nos amis, en partie par plusieurs voyageurs et parle Musée de Vienne: nous devons à ce dernier établissement les serpens de l'Autriche et de la Hongrie ; l'infortuné Michdhelles nous a fait parvenir quelques échantillons recueillis en Espagne et la plupart de ceux qui habitent la Dalmatie, contrée visitée depuis par notre voyageur M. François Cantraine qui , explorant ensuite l'Italie, la Sardaigne et la Sicile , nous en a envoyé les productions; M. Roux nous a adressé les Reptiles du Sud de la France, M. Lenz ceux de l'Allemagne centrale^ etc. etc.
Le voyage de M. Rûppell a fourni à notre Musée la plupart des productions de l'Egypte. Le Colonel Humbert nous a rapporté plusieurs serpens pris dans les États Barbaresques , particulièrement dans les environs de Tunis. Amateur éclairé , M. Ghfford , consul Néerlandais à Tripoli, a exploré en naturaliste les environs de celte
YÎlle , il est vrai , peu riche en productions d'histoire naturelle. Le climat insalubre et destructeur pour la plupart des Européens qui visitent la côte de Guinée, est la cause que les objets d'histoire naturelle nous parviennent en si petit nombre de notre colonie, établie sur cette terre promise; cependant c'est à M. le Professeur Eschricht à Copenhague, que nous sommes redevables d'une trentaine de serpens, recueiilis dans les environs du fort Danois, sur cette même côte. La pointe australe de l'Afrique a été explorée par les naturalistes hollandais pendant une longue série d'années. MM. Kuhl , van Hasselt, Boie et Macklot, abordant la ville du Cap lors de leur voyage aux Indes , y ont formé des collections ; M. le Docteur van Horstok, mis à même par sa longue résidence dans cette ville, de se procurer les objets les plus rares, a fourni successivement à notre Musée les matériaux pour une Faune presque complète de cette colonie florissante; M.M. les Docteurs Smuts et Smith enfin, ont également contribué à enrichir nos galeries de plusieurs serpens africains peu connus.
Il n'y a , à proprement parler, que deux pays du vaste continent de l'Amérique méridionale, qui aient été explorés sous le rapport de la Zoologie : le Brésil et la Guiane. Une partie des objets, produit des voyages de M. Natterer dans plusieurs provinces de cette première contrée et qui sont déposés au Musée de Vienne, ont été communiqués au nôtre. Le Prince de Neuwied, qui a visité la côte
orientale du Brésil, située entre le 1 3 et q 3 degré de latitude australe, a bien voulu nous céder les doubles des Reptiles recueillis par lui. Ces exemples ont été suivis par feu Spix, dont les courses se sont étendues plus au Nord, le long des bords du Maranon jusqu'à Baliie. Une petite suite d'opbidiens du Brésil, recueillis par M. M. Olfers, Freireiss et Beske fait également partie du Musée des Pays-i3as. Plusieurs envois de Reptiles originaires de la Province de St. Paul, nous ont été adressés de Paris, par M. Beske de Hambourg et par M. Boie de Kiel. Les belles et nombreuses collections que notre Établissement doit aux soins désintéressés de M. Dieperink, résidant à Paramaribo, nous ont fourni les moyens de faire l'énumération de la plus grande partie des productions de notre colonie à Surinam. Nous tenons du Prince de Musignano et du Professeur Troost àNashville, les Reptiles de l'Amérique septentrionale qui font partie de notre Musée. Le premier nous a rapporté un bon nombre d'objets, originaires des Provinces septentrionales des États-unis; le second , établi dans la Province de Tennessee , a mis beaucoup de zèle pour nous procurer les productions de la partie méridionale de l'Amérique du Nord.
J'ai omis dans l'énumération des moyens dont j'ai pu disposer, de faire mention des personnes qui ont bien voulu me céder des objets rares et qu'il m'aurait été difficile de me procurer, ou qui ont en général contribué à rendre mon travail le plus complet possible. Je me borne
à citer M. M. les Professeurs van Swinderen à Groningue, Vrolik à Amsterdam, van der Hoeven et van der Boon-Mescli à Leydeet le Docteur van Hoorn. M. Klinkenberg à Utrecht a mis à ma disposition les nombreuses richesses que contient son Musée. M. le Directeur du Cabinet d'histoire naturelle de Vienne m'a accordé la permission de publier les espèces inédites que nous, tenons de cet établissement. M. le docteur Thienemann à Dresde m'a cédé une vingtaine de figures de serpens faites sur le vivant à Surinam par le docteur Hering. J^dois surtout vanter la libéralité de M.M. les Professeurs Fremery et Litli de Jeude à Utrecht; ces savans ont poussé l'obligeance jusqu'à me laisser faire un choix parmi la précieuse collection de Reptiles confiées à leurs soins, et dont la plupart sont originaires deCeylan, de la côte de Guinée , de l'Amérique du Nord , etc.
Je venais de terminer mon ouvrage lorsque , à la suite d'une longue maladie, j'eus l'honneur, Monsieur, de vous accompagner dans un voyage à Paris et à travers une partie de l'Allemagne. Le grand nombre d'objets que j'ai vus pendant ce voyage, m'a obligé de faire plusieurs additions à mon ouvrage, additions qui cependant n'auraient pu être que de peu d'importance, si je n'avais eu la faculté d'examiner à loisir ces objets rares ou en partie nouveaux. Je dois cette prérogative à la complaisance extrême de divers savans qui se trouvent à la tête des Établissemens scientifiques; M. M. Duvernoy à Strasbourg et Cretzschmar à Francfort se sont empressés de me laisser un libre usage des collections confiées
à leurs soins. M. Ruppeîl, que j'ai l'avantage de compter parmi mes amis, m'a fourni des renseignemens sur les divers Reptiles qu'il a été à portée d'examiner lors de ses deux voyages ; enfin les observations de plusieurs amateurs de Paris, parmi lesquels je cite particulièrement M. le docteur Cocteau et M. Al. Lefèbre, m'ont été de la plus grande utilité. Il sera presqu'inutile de dire que le Musée de Paris m'a offert la plus ample récolte. Cet établissement, depuis de longues années le siège des sciences naturelles, le dispute toujours encor? par le nombre des objets, à la plupart des autres Musées. Tout le monde accourt pour s'y instruire et parce que les amis des sciences y trouvent un libre accueil. Je ne parlerais pas de cette libéralité vantée tant de fois et à si juste titre, si des obligations particulières ne m'en faisaient un devoir. J'avais le bonlieur d'être lié depuis plusieurs années avec M. M. les Professeurs de Blainville et Valenciennes; à mon arrivée à Paris, M. Duméril m'a également honoré de sa bienvieillance, et Ij'ai trouvé un ami franc et sincère dans M. Bibron, naturaliste zélé et instruit, et l'émule de mes travaux dans l'Erpétologie. Tous ces Messieurs ont concouru à rendre mon séjour à Paris le plus utile possible : les nombreux matériaux qu'offre le Musée du Jardin des Plantes ont été mis à ma disposition, et on a bien voulu me prêter et me permettre d'emporter en Hollande toutes les espèces inédites ou celles que je désirais soumettre à un nouvel examen. J'ai revu, conjointement avec M. Bibron, au Jardin des Plantes,
toute celle belle collection de Reptiles, et cette revue a eu pour suite des relations d'échange, qui ne laisseront d'être de la plus grande utilité pour les deux Établissemens. Le nôtre a été enrichi par cet échange, d'objets de contrées, avecles-juelles nous n'avons pas de rapports, mais qui ont été visitées par des voyageurs français: telles sont la Pennsylvanie , la Caroline et la Nouvelle-Orléans, pays d'où M. M. Lesucur , Milbert, Bosc, Leconte, Barabino et d'autres ont fait parvenir les productions au Musée de Paris. Les Antilles ont été explorées par M. M. Plée, l'Herminier, Ricord, Poey, etc. ; Gayenne par Leschenault ; le Brésil par Langsdorf, Vauthier, de Lalande, Aug. St. Hilaire; le Paraguay par d'Orbigny; ce dernier voyageur a aussi fait une belle collection de Reptiles au Chilé, pays visité également par M. M, Lesson et Garnot, et par Gay. La Nouvelle Hollande a fourni plusieurs nouvelles espèces, découvertes par Pérou, Lesson et particulièrement par Quoy et Gaimard; d'autres ont été recueillies lors des dernières expéditions autour du monde à la Nouvelle Irlande, à la Nouvelle Guinée, à Waigiou, aux Philippines, aux Mariannes et notamment dans les environs de Manado à Célèbes. Feu Duvaucel avait fait au Musée de Paris des envois de Sumatra, Leschenault de Java , Diard de la Cochinchine, de Siam et de Bengale. Les grandes Indes ont été explorées par un grand nombre de voyageurs français, parmi lesquels nous ne citons que M.M. Leschenault, Reynaud, et particulièrement M. Dussumier, qui a visité presque tous les points des côtes
â\i l'Asie depuis les Seyclieiles et le Malabar jusqu a la presqu'île de Malacca. M.'\î. Goudot et Sganzin viennent de découvrir plusieurs ophidiens curieux à Madagascar , île vierge sous le rapport de l'histoire naturelle. Le séjour de feu Laîande au Cap a fourni au Musée de Paris la plupart des Reptiles propres à celte colonie. M. Perrotetena recueilli au Sénégal et on ne cesse d'en apporter des États Earbaresques, depuis rétablissement d'une colonie française sur cette côte. Il en est de même des Reptiles de l'Egypte, pays qui tient le prcinier rang avec le F>résil,parmî ceux qui ont attiré le plus grand nombre de voyageurs. Les Reptiles recuedlis par Olivier au Levant, sont encore les seuls connus de l'Asie occidenlale. M. Bory de St. Vincent a fait connaître tout récemment ceux de la Morée et M. Bibron ceux de la Sicile.
Les moyens littéraires dont j'ai pu disposer, ont beaucoup facilité mes recherches. Votre riche et belle collection de livres, Monsieur, a été toujours ouverte pour moi; aussi en ai-je fait usage, comme si elle était la mienne. M. le Professeur Geel, Bibliothécaire de l'Uni v'crsité, a bien voulu mettre à ma disposition tous les ouvrages dont j'avais besoin pour mon travail.
Les bontés dont M. Reinwardl m'a comblé, m'imposent le devoir de la reconnaissance la plus profonde : ce vénérable savant , autrefois mon Professeur le plus chéri, m'a communiqué et ses manuscrits et les nombreux dessins (i)
(i) J'ni commencé la publication de queltjues-iuis dans mes y/^^//- (ht/tfe/?^ dont la preniirrc livraison vient de paraître.
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traulmaiix qu il a fait l'aire aux lutlos; sans sa bibliotlu-que choisie, j(^ n'aurais jamais pu terminer mon travail; il m'a aidé de ses conseils , et j'ai été assez heureux , grâce à l'amitié dont il m'honore , pour profiter souvent de ses lumières.
Je ne répéterai pas ici , ce que je dois à feu II. Boie; mes faibles paroles ne suffiraient pour exprimer les sentimens que j'éprouve en repassant dans ma mémoire les momens c[ue la présence de cet infortuné savant rendait si précieux. Sa douceur, sa bienveillance et toutes ces qualités d'une ame noble et élevée, le faisaient aimer de chacun qui le connaissait; pliilantrope aussi zélé qu'éclairé, il n'employait sa vaste érudition que pour en faire profiter ses amis et ses découvertes étaient le secret de tout le monde. J'ai eu le bonheur de jouir du commerce journalier de cet excellent homme et je regrette que ce commerce n'ait été que de très courte durée. Boie a bien voulu me confier, lors de son départ, ce grand nombre d'observations qui ont été publiées plus tard par son frère ; arrivé aux Indes , il n'a cessé de me communiquer des notes relatives aux mœurs, à la manière de vivre des Ophidiens que je me suis empressé d'incorporer dans mon livre. Son jeune élève et ami, M. Mùller, digne successeur de ses travaux, a suivi un si bel exemple en nous faisant parvenir un grand nombre de dessins faits sur le vivant par notre défunt ami , le jeune van Oort. Plusieurs autres de mes amis, parmi lesquels je compte particulièrement M.M. St. Clair Massiuh,
M. le professeur Caiitraiiie et M. Susanna Aduiinistraleur du Muséum , ont bien voulu me seconder de leurs talens: je leur en témoigne mes remercimens sincères. — Enfin , je ne saurais terminer ces pages, sans avoir rendu grâce aux précepteurs de ma première jeunesse , M.M. le Docteur Winkler et le Professeur Schmidt à Altenbourg en Saxe : s'il y a quelque mérite dans mes ouvrages sous le rapport de l'art, on doit l'attribuer au second; le premier m'a inspiré ce goût profond pour l'étude de l'histoire naturelle, qui m'a décide ensuite à me vouer entièrement à cette belle science.
Je crois avoir dit tout ce qui est nécessaire pour l'intelligence de mon livre. Son but sera rempli s'il emporte votre approbation. Monsieur, et s'il est favorablement accueilli de cette partie du public qui préfère la simplicité aux innovations.
H. SCHLliGEL.
Il 1 7 II p -';: —
HES OPHÏDIEIVS KN GEIVERAL.
On a coutume de com|>rendre sous le nom de seipens tous <:es reptiles qui joignent au défaut total d'extrémiLes, une forme de corps extrêmement déliée; un examen plus rigoureux démontre cependant que plusieurs animaux qu'il faudrait, en suivant ces principes, classer parmi les serpens, offrent, dans l'ensemble de leur organisation, des traits qui les éloignent, sous tous les autres rapports, des serpens , auxquels ils ne ressemblent que par leurs formes alongées. On est parvenu de nos jours, grâce aux recherches des anatomistes, à distribuer parmi les batraciens quelques uns de ces êtres anomaux, dont cependant la plupart sont demeurés mêlés confusément dans les méthodes. En parcourant d'un coup-d'oeil rapide la grande série des reptiles à corps revêtu d'écaillés, on parvient à découvrir que ces animaux, à l'exception des Ghéloniens, sont modelés sur deux types, désignés en style familier sous les dénominations de lézards et de serpens , et dans la science, sous celles de sauriens et d'ophidiens. Mais, en comparant ces animaux les uns aux autres, on s'aperçoit que la forme plus ou moins alongée du corps existe dans toutes les nuances (i); que le développement des extrémités diminue à mesure que l'espèce se rapproche du second type 5 que la fonction des côtes connne organes de locomotion , augmente dans le même degré; que des espèces
(i) Les Scinques, le Seps, le Pygodactyle , le Monoclactylc, le Pygopus , le Chalcis, le Télradaclylc, l'Opliisaïuc , le Pseiulopus etc.
i DKS OPHIDIENS EN GÉNÉRAL.
assez voisines offrent souvent de grandes disparités dans la disposition des extrémités, ou bien qu'elles ne se distinguent l'une de l'autre que par le défaut ou la présence des extrémités (i): en un mot, que le rôle que jouent chez les sauriens les formes générales et les organes de locomotion, est totalement subordonné à l'ensemble de l'organisation (2). Il est donc évident que des caractères empruntés de ces parties-là , devaient toujours conduire au système artificiel ; il résulte également de ce que nous venons de dire, que les deux types sur lesquelles saurienset les ophidiens sont modelés, selient par de nombreuses formes intermédiaires. De là vient aussi que plusieurs naturalistes ont refusé d'adopter les deux divisions précitées, qu'ils ont fondues toutes deux en une seule. Cette manière de voir est également susceptible de défense et d'opposition ; et ce n'est point pour faire hommage à un système quelconque, que je m avise de suivre telle ou telle vue. Cepen-
(i) Les Amphisbènes et le Chiiole,
(1) Un examen comparatif des objets m'a démontré que ces sauriens anomaux , c'est-à-dire, à formes alongées et à extrémités rudimentaires, appartiennent toujours par l'ensemble de leur organisation à quelque espèce de l'une ou l'autre des familles de cet ordre, parmi lesquelles ils doivent être distribués. On ne peut nier par exemple , qu'il V a un passage graduel des Scinques à l'Anguis et aux A.contias , par l'intermède des Scinques brachypus, decreensis, serpens, seps, du Pygodaclyle et du Bipes: êtres moins différens entre eux par leur organisation que par leurs formes, et qui ne composent qu'une seule famille, celle des Scincoïdes, delaquelle on ne saurait exclure ni les Ablephares ni le Gymnophthalme. Le même passage graduel existe dans la famille des Lézards, des genres Lacerta et Tachydromus au Monodactyle; on y peut ajouter comme espèce anomale le Pygopus. On pourrait rapprocher dans la méthode le Tetradactyle, le Chalcis, le Pseudopus et rOphisaure. Viennent enfin la famille des Amphisbènes : Chirotes, Leposternon, Amphisbaenaet celle des Typhlops: Typhlops, Rhinophis, Uropellis.
J)ES OPHIUlEiNS KN GÉNÉRAL. 3
(laiit, ooniiiie je me suis proposé de traiter dans mon livre des serpens proprement dits, il convient de donner la définition des êtres que je comprends sous cette catégorie. 11 est très facile de se taire une idée d un serpent, lorsqu on prend pour type une ties espèces où tous les caractères de l'ordre se trouvent réunis; mais il est difficile de consigner des marques distinctives qui séparent d une manière tranchée les ophidiens des sauriens.
Les conditions principales de Texistence des êtres que 1 on désigne sous le nom de serpens , me paraissent consister en: un corps très alongé pourvu d'une queue et revêtu de tégumens cuirassés d'écaillés dures; qui se meut, supporté par les côtes, au moyen d'ondulations latérales; dont laforme est concentiée, par rapport aux dimensions transversales, sur le volume le plus petit possible; mais dont les parties sont susceptibles d'un élargissement extraordinaire, ce qui permette aux serpens d'avaler les animaux volumineux, que la nature leur a assignés pour nourriture. Or , pour répondre à ce but, la charpente osseuse de la tête des serpens, ne forme pas, comme dans la plupart des autres vertèbres, une masse immobile; mais les parties qui la composent sont réunies les unes aux autres, de manière que toutes, excepté celles qui embrassent le cerveau, sont susceptibles d'une mobilité plus ou moins grande et le plus souvent en sens divers. Ce sont particulièrement les os qui entrent dans la conformation de la mâchoire inférieure , qui déterminent la configuration de la tête. Le développement des caisses, leur mode d'attache, la mobilité dont ces os jouissent n'étant point fixés au crâne par leur bout inférieur; enfin l'organisation des deux branches de la mâchoire inférieure qui sont réunies, aulieude symphyse par des ligamens élastiques, et parcelasusi ceptibles de s'écarter considérablement : voilà les circonstances qui contribuent principalement à cet élargissement énorme de ia gueule des serpens. Le défaut total de pieds entraine
1 DES OPHlDlEiNS EN GÉNÉRAL.
nécessairement celui des pièces solides, telles que le sternum, le bassin etc. , qui lient ces membres au corps: les côtes, libres par cette raison, jouissent d'une mobilité plus uniforme, et contribuent par cela à l'élargissement de la cavité intestinale et à ce changement de forme du corps, si sensible dans les diverses positions que le serpent prend en rampant, en nageant ou en grimpant. Pour obéir à ces divers mouvemens , les tégumens généraux se trouvent divisés en nombreux compartimens qui forment autant d'articulations , parallèles aux parties qu'elles revêtent ; les écailles qui forment les articulations au dessous de l'animal , sont ordinairement plus grandes que le reste et remplissent la fonction de pieds , les côtes s'attachant au bord latéral de la face interne de ces James. L'espace de la peau nue entre les écailles est plus considérable que chez tous les autres reptiles, et , à la gorge cette peau nue, pour se prêter à l'écartement des mandibules, s'offre sous la forme d'une fente longitudinale appelée sillon gidaire. C'est par cette organisation des tégumens généraux que ces tuniques , contractées à l'état de repos, se prêtent à l'élargissement extraordinaire des parties internes.
11 résulte de ce que je viens de dire sur la nature des serpens, qu'il faut exclure de cet ordre les Amphisbènes et les Typhlops , quoique les derniers se lient sous beaucoup de rapports aux ophidiens et qu'ils font en quelque sorte le passage à ces reptiles. C'est ce rapprochement qui rend difficile sinon impossiblelétablissement de caractères servantde distinction aux deux ordres voisins des sauriens et des ophidiens. Appuyons cette thèse de quelques exemples. Le sillon gulaire , propre à tous les seipens, à l'exception des Acrochordes, se voit également chez plusieurs sauriens tels que les Lézards etc. Quelques espèces d'ophidiens offrent des vestiges d'extrémités postérieures, analogues à ceux que l'on observe aux sauriens apodes, ([uoique leur conformation porte à croire que ceux des derniers êtres leprésentent le bassin, tandis que ceux
DIlS ()1>H[|)1R]NS EJ\ GKNEKAL. 5
lies opliiiliens répondent aux extrémités postérieures. L'or'^anîsation de la langue chez les Varans et les Tejus ne se distingue presque en rien de celle des ophidiens. Le manque de paupières ne peut point offrir de caractère distinctif car ces organes se rencontrent, dans tous les degrés de développement, chez les diverses espèces de sauriens: quelques espèces, telles que l'Abléphare et le Gymnophthalme , en sont totalement dépourvues; lœil exigu des Aniphisbènes , des Typhlops. de l'Acontias cœcus, est revêtu destéfjumens jrénéraux en sorte que ces animaux ont la vue si basse, qu'ils en sont presque aveugles; l'Acontias meleagris au contraire , a les yeux garnis dune paupière inférieure; le Pygopus présente lin rudiment de paupière orbiculaire , bordant l'œil dans toute sa circonférence , sans avoir la faculté de se fermer sur cet organe; chez plusieurs Geckos enfin les paupières se présentent sous la forme de prolongemens de la peau , trop peu développés pour servir de protection aux yeux. Une des parties les plus caractéristiques du crâne des sauriens est la columelle, petit os pair et linéaire qui réunit les pariétaux aux ptérygoïdiens; cet os manque cependant aux Typhlops , aux Aniphisbènes et même aux Acontias. Le développement de l'oreille externe s'observe dans toutes les nuances, depuis les sauriens aux ophidiens; les dernières traces se voient chez l'Anguis et l'Acontias, pour disparaître totalement dans les Aniphisbènes et les Typhlops. Les os-suspensoirs simples, les caisses des serpens, remplacés chez la plupart des sauriens par deux pièces, se trouventchez l'Acontias, quoiqu'ils manquent aux Aniphisbènes et aux Typhlops.
L'ensemble des os du crâne pourrait peut-être offrir les meilleurs traits de distinction entre les deux ordres voisins, si quelques espèces de la famille des Typhlops, les Uropeltis, ne se rapprochaient aussi de ce coté des ophidiens. 11 est bon cependant de se faire une idée des principales différences,
qui distinguent le crâne des sauriens de celui (U\s serpens
i; DES OPHlDifiiNS EN GENEllAL.
Les os de la face de ces derniers ne forment jamais une masse immobile perforée par les narines et composée par des pièces engrenées les unes dans les autres, tel qu'on l'observe chez les sauriens: chez les ophidiens, l'intermaxiilaire, de forme comprimée et en trigone, est toujours libre, mobile et jamais soudé aux maxillaires au moYen de sutures: ces derniers os, lorsqu'ils sont réunis intimement aux frontaux antérieurs, n'offrent qu'une attache assez étroite, et jouissent toujours d'un certain degré de mobilité ; les bords latéraux des nasaux enfin sont toujours libres dans toute leur étendue. Les ptérygoïdiens se présentent constamment sous la forme d'os effilés, déprimés, peu larges et articulés avec la tête au moyen de ligamens , qui cèdent avec facilité aux mouvemens plus ou moins limités que ces pièces sont capables d'exécuter. Aucun ophidien n'a la bouche armée de dents grosses , coniques et perpendiculairement enchâssées: ces organes chez les serpens, ressemblent au contraire à des crochets, courbés en arrière et ont leur pointe acérée ; en outre , les serpens ont , à l'exception du seul Oligodon, le palais muni de dents semblables à celles des mâchoires , tandis que l'on trouve chez les sauriens seulement des traces de dents palatines en forme d'aspérités petites et irrégulières.
On voit de tout ce que nous avons dit sur l'organisation des ophidiens, que ces reptiles sont particulièrement remarquables sous le rapport de la locomotion et sous celui de la manière comme ils avalent leur proie. Ce sont aussi ces conditions qui modifient l'ensemble de leur organisation : la première détermine les formes générales du corps ; la secoode celles des parties internes. On observe, en examinant la position générale des intestins, que les mêmes organes qui, chez la plupart des autres vertébrés occupent une ou plusieurs cavités spacieuses, se trouvent resserrés , chez les ophidiens, à cause de la forme effilée de leur tronc, dans un cylindre étroit et long. Il est évident que cette disposition ne pouvait avoir
DES 01MIII31E1NS EN (iËNKllAL. 7
lieu sans de grauils tliaiigeiiiens clans ia coriloiniation des viscères et sans rompre la symétrie bilatérale. Voilà pourquoi le cœiir est tantôt éloigné , tantôt rapprocln^ de la tête , suivant quelestoinao a plus ou moins détendue; voilà pourquoi on ne voit le plus souvent qu'un seul poumon, s'étendant quelquefois en avant du cœur , mais situé ordinairement derrière cet organe: ce poumon est presque toujours terminé par une espèce de sac plus ou moins développé servant de réservoir de Tair. La forme du foie se trouve , par les mêmes raisons, modifiée en un ruban étroit , s'étendant du cœur au pylore. La vésicule du fiel, pour ne pas être gênée dans l'exercice de ses fonctions , lorsque lestomac est rempli, est éloignée du foie , et placée dans la même courbure du duodénum qui reçoit le pancréas et la rate. L'estomac ressemble à un cylindre long et peu spacieux. Suivent les intestins, dont les nombreuses inflexions sont remplies de graisse, et qui aboutissent , après être descendus en ligne droite , dans la cloaque. La partie inférieure de la cavité abdominale n'étant pas assez spacieuse pour recevoir le reste des organes , il en résulte la disposition anomale des reins, des testicules ou des ovaires ; la verge enfin et un organe sécréteur sont logés dans la queue.
Il est évident d'après ce que nous venons de dire, que la forme de la plupart des organes internes des serpens, n'a aucune influence sur l'exercice de leurs fonctions; nous verrons même plus tard, que la disposition de ces organes diffère non seulement dune espèce à l'autre, mais qu'elle varie même quelquefois entre les individus de la même espèce.
La disposition des organes extérieurs au contraire, présente des formes plus constantes; mais ces parties sont modifiées suivant que l'espèce liabite les arbres, la terre ou les eaux. La locomotion s'exerce cependant très uniformément: ce sont les mêmes mouvemens , qui font glisser le serpent sur la terre , qui le poussent à travers les profondeurs de l'élément humide, ou qui l'aident à s'entortiller autour les branches des arbres.