DK r;()ElL
la position (u* l 're i ! (liez les dilTërentes races crojjhidieiis , du volume (le cet organe, de la ibiine de la prunelle etc. ; nous avons épalenient constaté que les tégumens extérieurs revêtent lœil tout entier, mais que ces tuniques sont sur cet endroit extrêmement minces, diaphanes, et se présentant sous la l'orme d'une lamelle hémisphérique , adhérante aux plaques qui composent le tour de l'orbite: il est évident que eallc lamelle comme partie intégrante de ia peau, se renouvelle lors de la mue, et que l'ancienne lamelle est rejetée avec l'épiderme. Le globe de l'œil , le plus souvent de forme orbicuiaire, est revêtu à sa face antérieure de la conjonctive (|ui, se repliant sur elle même, forme une cavité dans laquellesont versées les larmes, selon les observations de M. J. Cloquet ( i). La cornée est assez épaisse et offre un segment à- peuprès de la même péripliérie que la sclérotique; cette dernière tunique, également épaisse et très tenace, n'est supportée ni par des os ni par des cartilages: ses deux faces sont teintes d'un brun assez foncé ; on ohserve au fond du globe de l'œil un tiou orbicuiaire pour l'entrée du nerf optique, (psi perfore obliquement la substance de la sclérotique. A sa surface externe s'attachent les muscles du globe de l'œil , dont le nombre est comme à l'ordinaire de six. La choroïde, d'un tissu peu serré, a ses deux faces couvertes d'une pigment foncé. La ruischienne est assez développée. L'uis a une étendue considérable: la couleur qu'elle présente, varie d'une espèce à l'autre. La rétine, passablement épaisse, n'offic rien de particulier. L'existence des lames de la tunique vitrée ciiez les serpens n'a été démontrée que très récemment (2). La lentille crystalline , de forme sphérique, s'enfonce
(i ) i^Je'tn. (la Mus. t' 11 p. 62 saw : voir aussi Mùller dans Tieuf- MANN Zeit.schr. IV. I PL \i;)fig 14. — ['i) Voyez l'excellente analomie (lu Python à deux raies , publiée par M, Rf.tzius : Isis i832/^ ^12 siàv.
DK i;Ol\EILLE. 51)
(Je plus de la moitic dans rimiueiu- viliee , qui tst peu volumineuse.
La structure rie l'oreille démontre que les ophidiens ont l'o u ï e plus dure que la plupart des autres animaux de la classe des Amphibies. L'osselet de l'oreille étant enfoncé dans les chairs, vu le manque total de tympan, il s'en suit que les sons ne peuvent pénétrer dans l'oreille même qu'après avoir fait vibrer cette cuirasse épaisse que forment chez les ophidiens les tégumens généraux: cet osselet, appelé par CuviER l'étrier de l'oreille, quoiqu'il représente les trois osselets de l'oreille des animaux d'un rang supérieur, est en forme de fil qui se prolonge ordinairement d'un côté jusqu a l'arliculation de la mâchoire inférieure; tandis que l'autre bout est élargi en disque pour fermer la fenêtre ovale. Immédiatement derrière cette entrée de l'oreille intérieure se trouve une autre ouverture représentant , comme il a été constaté par M. WiNDiscHMANN , la fenêtre orbiculaire. Le même savant a observé que la structure de l'oreille interne des ophidiens se rapproche de celle de tous les sauriens qu il a examinés ; c'est à dire qu'on leur reconnaît un organe de forme ovale, appelé anneau cartilagineux et destiné à recevoir le nerf de l'ouïe , qui se distribue à sa surface: ce nerf forme d un côté un renflement assez considérable, appelé lagena à cause de la configuration de cette partie qui ressemble à celle d'une bouteille: voir Windischmann , /V. a fig. 12: organes de loreille interne d un Dipsas.
(;() uïîs TÉ(;LMr^NS.
DKS TEC; UM EX S.
Les t é g II ni e n s g é n ë r a u x des ophidiens , pour résister à l'influence des élémens et aux causes mécaniques extérieures , forment une cuirasse très épaisse qui revêt tout le corps de l'animal et qui est munie d'un épidémie souvent assez dur et corné. Pour obéir aux mouvemens de l'animal et à l'extensioTi des parties par laquelle estproduit l'agrandissementdu volume du corps, il fallait que cette peau lût divisée en un grand nombre de compartimens , séparés par des intervalles, de sorte qu'il résulte de cette construction autant d articidations susceptibles d'être rapprochées et éloignées les unes des autres. Ces compartimens saillans, qu'on appelé écailles lors([u'ils sont petits, lames ou plaques dans le cas opposé, sont formés par des couches de tégumens beaucoup plus épaisses que celles des intervalles, qui offrent au contraire une peau d'une organisation plus délicate, fortement contractée dans l'état de repos de l'animal et revêtue d'un épidémie très mince, peu transparent et mou. Il est évident que ces derineres parties ne paraissent à l'œil que lors de la dilatation du corps de l'animal: cachées presqut* conlinuellemenl par les bords des écailles , et privées de lumière, elles sont constamment d'une couleur blanchâtre , et ce n'est que chez (|uelques Tropidonotes , que le tissu muqueux de ces parties est teint , sui* la région du cou, d'un beau rouge vermillon, l! n en est pas aiîisi de <;ette portion du tissu muqueux qui entre dans la formation des écailles , el qui brille le plus souvent de tout léclat de larc-en-ciel , éclat plus ou moins vif suivant la nature de l'épiderme corné et transparent dont toutes les écailles sont revêtues: vodà , pourquoi plusieuis serpens et notamment ceux du genre Dendrophis présentent un système de coloration assez uniforme, quoicjue leur lissu muqueux soit orné des plus jolies teintes; il est également clair que les teintes des serpens doivent changer vers le temps de la
I)|<S rKGlIMEXS. (il
m\ic , où l'(''j)l(ierin(' se ternit en se détacliant insenslMeinent (les couches inféi ieures de la peau : ne laissant passer alors qu'imparfaitement les rayons de la lumière, elle les rellécliit dans un sens divers du sens ordinaire et fait paraître les couleurs des ophirliens sous un jour beaucoup moins agiéable qu aussitôt après la mue.
11 résulte des lois établies ci-dessus, que la forme des écailles doit être déterminée par la direction des mouvemens, exécutés par les organes qu'elles protègent. Les écailles du tronc sont par conséquent disposées sur des lignes parallèles au contour des côtes; ces lignes sont entrecoupées sous un angle plus ou moins aigu par d'autres lignes , et c'est aifisi que se forment les bords des écailles. De la direction respective de ces lignes dépend la forme plus ou moins régulière des écailles: si ces lignes se croisent sous un angle droit, les écailles sont de forme carrée ; si au contraire une de ces liones est plus inclinée vers Taxe du tronc que l'autre, les écailles tiennent du rbombe, et s approchent d'autant plus du lancéolé ou même on linéaire, que ces lignes sont divergentes l'une de l'autre. 11 a? rive presque toujours que ces lignes dévient /le leur direction primitive en se courbant pour se réunir à la rangée médiane des écailles, du dessous de l'animal: de là que la forme des écailles à partir du dos , devient de plus en plus irrégulière , quoique ces organes gagnent à mesure en étendue. C'est constamment sur les parties antérieures du tronc que ces lignes, particulièrement celles qui se dirigent en arrière , sont inclinées vers l'axe du corps ; et voila pourquoi la forme des écailles qui revêtent cette région, doit servir de type à la description : vers la queue et sur ce membre même, les lignes se croisent sous un angle presque droit, et les écailles deviennent nécessairement moins irré<£ulières. Cette différence de forme des écailles sur les diverses parties d'un même individu est très sensible dans les Najas et les Xénodons, où les côtes du cou , moins
62 BES TÉGUMENS,
iucuiées que les autres , et susceptibles <1 une mobilité eoiisi- (lérabie d'arrière en avant, produisent un agrandissement du volume du corps dans le sens latéral: dans l'état de repos , les écailles de cette région se recouvrent par leurs bords latéraux; elles sont de forme effilée ou linéaire, tandis que ( eiîes de la queue, imbriquées comme d'ordinaire, sont de forme carrée. -^
Le nombre des rangées longitudinales sur lesquelles sont disposées les écailles , ne varie pas seulement suivant les espèces; ces anomalies s observent même fréquemment chez, divers individus de la même espèce; encore ce nombre <'St-il loin de se trouver le même dans les différentes régions du corps. C'est sur le cou , à une petite distance de la tête, que les rangées des écailles sont les plus nombreuses; vers le milieu du tronc, elles connnencent à diminuer, les deux écailles voisines de l'abdomen n'étant suivies que par une seule : ces rangées disparaissant petit à petit l'une après lîiutre, elles se réduisent au bout de la queue à une seule lame écailleuse. Le nombre des rangées longitudinales est ordinairement impair , tous les ophidiens ayant la ligne médiane du dos garnie d'une seule rangée d'écaillés, quelquefois plus grande et d'une forme différente des autres : l'exception que fait à cet égard l'Erpétodryas caréné, qui a le dos muni de deux rangées d'écaillés et où le nombre total des rangées est par conséquent pair, est d'autant plus remarquable qu'elle est unique dans tout Tordre,
On est tenté de croire que les rangées transversales se I rouvent toujours en nombre égal à celui des vertèbres ou des lames, qui garnissent le dessous du tronc; mais il n'en est pas ainsi chez les ophidiens dont le corps est revêtu d'un grand nombre de petites écailles de forme carrée , tels que les Boasj l'Eryx , plusieurs serpens de mer etc. En examinant les écailles de ces serpens , on voit , en partant de l'abdomen ,
])RS TKOîMENS. Vùl
que les Tanoo<\s d'écallIes, d'abord larges, deviennent étroites et se perdent entre d'autres rangées de très petites écailles qui descendent du dos.
Les modilications de forme que présentent les lames é( -ailleuses chez les diverses espèces de serpens, sont variées à l'infini. Leurs bords sont tantôt arrondis, tantôt tronqués au bout , tantôt alongés en pointe plus ou moins aiguë. Leur épidémie est le plus souvent assez dur, et les bords des écailles sontsniilans, en sorte qu'elles se recouvrentles unes les autres, <'()nin)e les tuiles d'un toit: on désigne ces écailles propies à lu plupart des serpens par l'épithète d'indjriquées; d'autres ophidiens au contraire et particulièrement les serpens de mer ont, à l'exception d'une seule espèce, leurs écailles revêtues d un épiderme très mince, et ces organes, parfois très petits, se montrent sous la forme d'un hexagone. La peau qui occupe les intervalles entre les écailles est, chez ces ophidiens, l)eaucoup moins dilatable que chez les autres serpens, et cette particularité se trouve au plus haut degré chez les Acrochordes où les innombrables petits compartimens de la peau ne sont guère susceptibles d'être écartés les uns des autres.
Les écail'es des ophidiens offrent le plus souvent une surface unie et lisse ; niais dans un j^rand iionihre d'espèces elles présentenl une saillie longitudinale pinson moins tranchante, tantôt mucronée, tantôt émoussée et quelquefois réduite à une simple protubérance sphérique, comme dans plusieurs serpens de mer: c'est ce qu'on appelé des écailles carénées. Ces csrènes, quelquefois assez oblitérées, comme dans plusieurs Couleuvres , n'occupent alors que les rangées supérieures des écailles dorsales; d'autres espè(^es en ont toutes les rangées hérissées; mais leur développement diminue toujours vers le dessous, en sorte que les deux rangées voisines de l'abdomen en sont le plus souvent dépourvues. Plusieurs autres espèces de serpens du genre Dipsas et
(;4 DES TEGUMENS.
îiotainment le Psaniniophis laceitina , présentent au contraire des écailles creusées d'un sillon longitudinal plus ou moins profond , mais les espèces qui offrent ce caractère se trouvent en très petit nombre. On ignore l'usage de ces ditférences dans la conformation de la surface des écailles; on a supposé que les carènes étaient particulièrement propres aux serpens aquatiques, mais il n'en est pas ainsi, et nous verrons dans la suite que des espèces d'un même genre et très voisines entre elles, ne diffèrent souvent que par la présence ou l'absence de ces saillies: peut-être ne serventelles qu'à prêter une plus grande solidité aux tégumens.
La ligne médiane des parties inférieures des ophidiens est le plus souvent garnie de lames écailleuses plus larges que les autres, mais celles de la queue sont presque toujours différenmient organisées de celles de l'abdomen. Ces dernières sont disposées sur une seule rangée qui se prolonge uniformément depuis l'anus jusque sous la gorge, où elle se perd. Ces lames, dont les terminales sont toujours divisées en deux, sont quelquefois très étroites, comme dans les Tortrix , les Boas etc., et ressemblent alors aux écailles du tronc; elles ont plus détendue chez, d autres serpens , et le plus grand nombre de ces animaux en offre de très larges , qui montent sur les flancs , en entourant une bonne partie de la périphérie du tronc: c'est alors que leur forme, dépendant en entier de celle du tronc, varie suivant le genre de locomotion que l'animal exerce, et qu'elles sont tantôt convexes , tantôt anguleuses aux côtés et planes en dessous , tantôt îiiême à angles latéraux échancrés. Leur surface, unie chez la plupart des ophidiens, l'st munie de deux protubérances chez les Hydrophis proprement dits , ce qui provient probablement de ce que chacune d'elles consiste en deux lames, soudées ensemble: plusieurs autres espèces du même genre offrent ce caractère très remarquable que la ligne médiane de l'abdomen est indiquée par la suture produite par la rangée
d'écaillés dont l'iiacuiu' de ses coK's est: garnie; les Acrochordes enfin ont un»? crête saillante qui règne le lon^ de l'abdomen hérissée de très petites écailles miicronées • vt des écailles semblables recouvrent toutes les parties de leur corps.
Les lames écailleuses du dessous de la queue ne forment une seule rangée mitoyenne que ohez les Boas, l'Eryx et plusieurs autres ophidiens; la plupart des autres animaux de cet ordre ont cette partie garnie d'une double rangée de plaques et c'est de cette diliérence que dérive l'expression de plaques divisées , en opposition de plaques ou de bandes simples.
La tête des ophidiens est très rarement revêtue d'écaillés semblables à celles du corps; on y distingue toujours plusieurs lames plus grandes que les autres, garnissant les divers organes placés dans le crâne. La plupart des serpens ont même la tête munie de plaques de forme plus ou moins déterminée et symétrique , toujours à surface unie, mais dont l'arrangement et la configuration sont sujettes à d'innombrables modifications. Comme la conformation de ces lames écailleuses offre des caractères faciles à saisir , on s'en est servi pour en tirer des traits distinctif, ce qui a donné lieu à une nomenclature, inventée tout exprès pour désigner ces organes suivant les régions qu'ils occupent. Les plaques des Couleuvres proprement dites étant celles qui offrent le plus de svmétrie dans leur disposition, on peut les regarder comme forme normale; toutes les autres paraissant modelées sur ce type , il est facile d'y rapporter les nombreuses modifications qu'elles éprouvent soit par excès soit par défaut. Les plaques qui revêtent les parties immobiles flu crâne, comme celles du sommet de la tête, jouissent d'un mouvement très limité ou nul. La peau qui entre dans leur formation est très mince et le plus souvent collée au crâne. On observe très généralement sur le sommet de la tête une plaque impaire, la
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verticale, qui offre pour ainsi dire un centre immobile, autour duquel se rangent les autres lames écailleuses: ordinairement en pentagone dont la hase regarde le museau , cette plaque est tantôt très effilée, tantôt extrêmement ramassée selon la forme générale de la tête, et elle affecte la forme trigone ou hexagone ou même lancéolée suivant la nature des lames qui Fenvironnent; elle est de configuration irrégulière chez plusieurs Boas , ou même divisée en deux par une suture longitudinale; chez d'autres ophidiens son volume se réduit tellement qvi'elle cesse de se distinguer du reste des écailles.
Cette plaque est le plus souvent suivie d'une paire d'autres lames, appelées occipitales, d'une configuration se rapprochant de celle du trapèze , mais très diverse selon les genres et même selon les espèces : ces lames se touchent toujours par leur bord interne, et ce n'est que chez le Tortrix scytale et le Xénopeltis que , placées vers les côtés de la tête, elles reçoivent une plaque mitoyenne surnuméraire, et se confondent parmi les écailles du tronc. Les occipitales n'existent jamais que conjointement avec la verticale: elles sont très petites chez plusieurs espèces des genres Dipsas, Xénodon, Homalopsis , Hydrophis, Tortrix, Boa etc.; on n'en voit que des vestiges dans le Trigonocéphale cenchris, et elles sont remplacées par de petites plaques de forme très irrégulière chez plusieurs Boas.
Les surciliaires sont une paire de plaques placées à côté de la verticale , et protégeant le dessus de l'œil; elles débordent presque toujours l'orbite , formant une voûte tant soit peu mobile, au dessous de la quelle le globe de l'œil peut librement exercer les mouvemens limités dont il jouit. Leur forme et leur étendue varient à l'infini: tantôt convexe tantôt échancrées à leur bord externe , le plus souvent voûtées et quelquefois planes, elles sont relevées dans l'Acanthophis, tandis que leur surface se trouve chez les autres
DES TEGUMENS. (17
opludioîis dans le inenic plan avec le sonimet de la tête. Elles sont placées très en arrière chez plusieurs Tortrix , et fondues dans la masse de la plaque oculaire unique chez le Tortrix scytale. Existant même dans heaucoup de serpens dont la tète est dépourvue de plaques, elles sont remplacées chez d'autres par un tour de petites écailles.
Deux paires de plaques, les frontales antérieures et postérieures , revêtent, chez la plupart des ophidiens, le sommet du museau. Leur forme est en grande partie déterminée par les bords latéraux de cette partie , de sorte qu'elles sont elfilées chez les Dryiophis, trapues chez les Dipsas etc. Les antérieures le cèdent en étendue aux postérieures: celles-là sont quelquefois très petites , comme chez plusieurs espèces des genres Lycodon, Dipsas, Elaps, Homalopsis etc. ; chez d'autres Homalopsis elles sont réduites à ime seule paire, enchâssée entre ou derrière les nasales, qui viennent occuper leur place; chez les Hydrophis, les Tortrix et les Calamars proprement dits, elles disparaissent totalement, et on ne voit alors qu'une seule paire de frontales. Leur nombre est au contraire plus élevé chez d'autres ophidiens , comme chez plusieurs Boas, le Trigonocéphale hypnale, l'Hétérodon , l'Hvdrophis colubrin ; chez d'autres Boas, elles sont remplacées par de petites plaques de forme irrégulière , qui se confondent parmi les écailles. Les modifications qu'éprouvent les formes de ces plaques dans les diverses races d'ophidiens sont nombreuses, comme on peut le voir,- en examinant les figures de nos planches.
Le museau des serpens est toujours terminé par une plaque plus ou moins développée, et constamment échancrée en dessous , pour recevoir le bout de la mâchoire inférieure. La conformation de cette plaque rostr al e varie suivant son usage. Le plus souvent en pentagone, dont la forme est déterminée par celle du nmseau, elle est large et très bombée chez la plupart des ophidiens; ciiez d'autres, tels que les
(Î8 DES TÉCUTMENS.
fî(''t(;ro(U)ns , le Naja lisemacliate, TEi-vx , plMslonrs Trigoiio* rcphales etc., elle est obliquement Tronquée en dessous; chez les Dryiophis enfin , elle erstrc dans la formation de l'appendice mobile dont le museau de ces animaux est pourvu.
On nomme labiales les plaques qui garnissent le bord des lèvres ; elles sont le plus souvent disposées sur une seule, quelquefois sur deux ou plusieurs rangées, ou plutôt on voit plusieurs plaques surnuméraires, enchâssées entre ces plaques labiales: ce cas a lieu chez les Hydrophis , chez plusieurs Homalopsis etc. Le nombre , la configuration et la disposition de ces plaques sont très variables et l'énumération de ces disparités rentre par conséquent dans la partie spéciale de mon travail j on peut cependant observer que celles de la lèvre supérieure vont en diminuant vers le bout du museau , chez la plupart des serpens , ce qui a en quelque sorte lieu dans un sens inverse à la mâchoire inférieure. Il arrive le plus souvent que les labiales supérieures forment le dessous du bord de l'œi!.
Cet organe a alors ses bords latéraux gainis de plusieurs petites plaques, qu'on désigne sous le nom d'oculaires. Beaucoup d'ophidiens n'en offrent qu'une antérieure unique, tandis que le nombre des postérieures varie de deux à quatre, selon les espèces: quelquefois elles se prolongent au dessous de l'œil, et chez beaucoup de serpens à tête revêtue d'écailles, elles sont petites et forment une rangée entourant Tœil darjs toute sa périphérie. Chez le Tortrix scytale, toutes les plaques marginales de l'œil sont fondues en une seule, au i'entre de laquelle est placé cet organe.
Il arrive rarement que les narines percent la plaque nasale sans la diviser verticalement en deux ; ce cas a cependant lieu chez plusieurs espèces des genres Tortrix, Boa, Elaps et chez la plupart des serpens venimeux proprement dits; quelquefois même, comme dans d'autres Elaps, les
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narines s'ouvrenl précii=i^iiient t^ntre deux [«laquos de forme diverse, dont on peut regarder la postérieure comme plaque frênaie. La confit^uration des nasales et leur disposition subit des modificalions considérables dans les diverses espèces d'ophidiens: chez les serpens aquatiques, ces lames sont ordinairement rapprochées au sommet du museau , et tiennent quelquefois lieu des frontales antérieures, comme dans les Hydrophis: mais ordinairement elles occupent les côtés du museau, touchant à la rostrale par leur bord antérieur.
Elles sont le plus souvent suivies d'une autre plaque, la frênaie, qui s'étend jusqu'aux oculaires antérieures; cette plaque manque cependant dans un grand nombre d'ophidiens, tandis que sa place est occupée dans d'autres par deux, trois ou plusieurs lanies d'étendue et de configuration très diverses.
Les lames temporales n existent que conjointenjent avec les occipitales et les labiales supérieures, entre lesquelles elles sont placées, et dont dépend leur nombre et leur configuration.
Nous avons dit plus haut que le bord de la mandibule inférieure est presque constamment garni de lames, dont on distingue la mitoyenne placée au bout et répondant à la rostrale. La seconde paire se prolonge le plus souvent sous le menton , pour se réunir à une ou deux paires de plaques enchâssées entre les labiales, et qu'on désigne sous le nom de mentales. Quoique de forme assez variable , elles manquent rarement, et leur bord intérieur forme toujours ce sillon profond qui contribue tant à l'élargissement de cette partie de la peau, et que l'on connaît sous le nom de fente g u 1 a i r e.
Une terminologie plus étendue pour désigner ces lames écallleuses nous ayant paru superflue, nous concluons ici cette partie de notre travail , rappelant toutefois qu'il est facile de s'y reconnaître, si l'on fait attention que ces termes
sont toujours dérivés de Ja région qu'occupent les organes: c'est ainsi que l'on nomme écailles gulaires celles qui se prolongent entre les labiales et les premièi es bandes abdominales qui, le plus souvent divisées, portent à leur tour le nom de plaques gulaires; la dernière plaque abdominale, également divisée et recouvrant l'orifice de l'anus, s'appele anale etc. etc.
Les ophidiens diffèrent infiniment entre eux relativement a leur port et à l'ensemble de leurs formes. Ces dernières dépendent en grande partie de leur manière de vivre, de la nature des lieux ou de l'élément qu'ils habitent et en conséquence aussi du genre de locomotion qui leur est propre. Les espèces qui fréquentent les arbres se distinguent particulièrement par leurs formes effilées , tandis que celles qui préfèrent les plaines ou qui se retirent dans des terriers , sont reconnaissables à leur corps ramassé et terminé par une queue très courte; intermédiaires entre ces deux tribus, quant au développement des parties, un grand nombre de serpens préfèrent le séjour à terre, mais grimpent et nagent cependant avec plus où moins de facilité; d'autres enfin , qui se plaisent plus particulièrement dans les lieux humides ou qui ne quittent jamais les eaux, offrent des formes très variées et plus ou moins propres à ce genre de locomotion.
Un tronc latéralement comprimé s'observe dans la plupart des ophidiens, mais aucune famille offre ce caractère à \in degré aussi saillant que ces serpens d'arbre que nous avons compris dans le genre Dipsas , et les serpens de mer qui ont le ventre plus ou moins complètement en carène
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afin de mieux fendre les eaux. Les serpens au coiiiraiie qui méritent plus particulièrement le nom de terrestres , tels que les Tortrix, les Calamars, les Elaps etc., se distinguent par leurs corps plus ou moins cylindrique. D'autres, tels que les Tropidonotes, également terrestres quoique bons nageurs, ofirent un ventre très large et arrondi vers les flancs. Plusieurs Boas ont la faculté de rendre à leur tronc, lorsqu'ils marchent ou pendant la natation , les mêmes formes qu'on observe chez les Tropidonotes ; mais leur tronc devient latéralement comprimé par un mouvement opposé des côtes lorsqu'ils se préparent à grimper ou à se rouler en dedans. Ces changemens de volume du tronc, qui s'opèrent lors de l'exécution des mouvemens , à un degré plus ou moins considérable chez tous les ophidiens, rentl la détermination exacte de leurs formes assez difficile : pour indiquer celles du corps, nous nous sommes bornés à décrire la figure qu'offrent les coupes transversales faites , l'une au milieu du tronc, l'autre à la queue près de sa base, d'où il résulte que les serpens à tronc comprimé présentent une coupe en ovale plus ou moins alongé , qui s'approche chez les Hydrophis de la forme lancéolée ; dans les serpens complètement terrestres ou à corps cylindrique , la coupe est plus ou moins orbiculaire; les nageurs, ou ceux dont le ventre est large, convexe et le dos allant un peu en carène, ont la figure de cette coupe , triangulaire ou en pentagone à angles très émoussés. Cette dernière figure s'observe dans un degré plus parfait chez les serpens où le dessous, plus ou moins applati, est séparé des flancs par un angle obtus: c'est ce qu'on appelé abdomen anguleux. Cette circonstance a particulièrement lieu dans beaucoup de serpens grimpeurs ; plusieurs Dendrophis orit même les bords latéraux du ventre garnis d'un angle saillant en forme de carène.
La forme de la queue est encore plus variée que celle
du tronc: aussi cet organe remplit-il des fonctions très di^verses. Excessivement ramassée et courte , d'égale grosseur efi conique au bout , la queue des serpens fouisseurs sert à seconder, à diriger les mouvemens du tronc y ou peut-être aussi i* touiller dans la terre. Un peu plus longue mais très vigoureuse et conique chez la plupart des serpens terrestres, elle offre un point d'appui solide pour le corps, dont elle supporte tout le poids, lorsque l'animal s'érige et se raidit en bâton. Pour remplir les fonctions de rame et de gouvernail, elle est aplatie dans le sens vertical , courte et de forme lancéolée, chez les serpens de mer,* mais cette configuration n'est pas absolument nécessaire pour la locomotion dans les eaux ,* car beaucoup d autres ophidiens aquatiques ont la queue conformée comme d'ordinaire. Quand ce membre est long et grêle , comme chez les serpens d'arbre , il acquiert , outre ses fonctions ordinaires , celles de se rouler autour des branches, et de capturer ou entortiller dans ses replis les animaux dont ces serpens font leur nourriture. Cependant, une queue prenante proprement dite, c'est à dire celle qui a la faculté de se rouler complètement en dedans , ne se trouve que chez les Boas; plus elle devient courte, plus elle est propre à s'accrocher à un objet quelconque , pourvu qu'elle puisse l'embrasser: elle est alors assez vigoureuse pour soutenir l'animal tout entier suspendu à un seul point. Les Boas nageurs n'ont pas la queue différemment organisée, et ce n'est que chez les Acrochordes qu'elle devient un peu comprimée. Le bout de la queue est le plus souvent muni d'une siniple écaille soit conique, soit plus ou moins pointue ou crochue; cette pointe est convertie en épine dure chez le Crotale muet ; mais les autres Crotales l'ont pourvue d'un instrument bruyant tout particulier, souvent assez volinnineux , quoique ce soil un simple produit de l 'épidémie.
La tète n'ollre pas toujours des rapports de formes avec
J'OUIMKS. 73
]es autres parties du corps. Elle est , par exemple, très grosse et ramassée dans les Dipsas qui cependant ont de même que Jes Dendrophis, les formes du corps efHlées , quoique la tète <le ces derniers soit très alongée et grêle. On f oit par cela que la forme de la tête se règle plutôt daprès le genre de nourriture des espèces. Celles qui avalent des animaux de grande taille relativement à la leur, ont par conséquent une tête grosse dont les parties peuvent se dilater, et c'est l'opposé chez celles qui vivent de vers, d'insectes ou d'animaux de petite taille et à formes élancées. Chez ces dernières espèces la tête esta peine distincte du tronc, le plus souvent courte , arrondie au bout , et orosse : tels sont les Tortrix , les Calamars , les Elaps etc. Chez les premières au contraire , elle est très large à la base , assez distincte du tronc et conséquen)ment susceptible de se dilater au plus haut degré; ce qui a particulièrement lieu chez les serpens venimeux proprement dits et chez quelques espèces des genres Dipsas, Xénodon , Boa , Coluber etc. Le museau achève de déterminer la configuration générale de la tête ; il est tantôt court et gros, tantôt arrondi ou tronqué , tantôt effilé et pointu. Chez les uns, il se termine en écaille dure et retroussée; chez d'autres il s'alonge en une appendice charnue et mobile. Quelquefois, comme dans l'Erpéton, on voit de ces appendices de chaque côté du museau ; mais celles que portent plusieurs Vipères sur la région surciliaire, ne sont que des écailles prolongées en pointe plus ou moins développée. Le bout du museau déborde toujours la mâchoire inférieure, dont les bords se logent dans ceux de la supérieure , cependant , l'échancrure de la plaque rostrale laissée pour en faire jaillir la langue , empêche que la bouche puisse se fermer hermétiquement, et ce n'est que chez les serpens aquatiques proprement dits que les bouts des mâchoires s'emboîtent si exactement que l'entrée de l'eau devient impossible.
La position des yeux et des narines dépend du
genre de vie des es[)èces. Les aquatiques oui ces (jrg.iîies souvent assez peu développés, dirigés vers le ciel et par conséquent placés au sommet de la tête ; il en est de même chez les Toi Irix et plusieurs serpens terrestres : chez d'autres et particulièrement chez plusieurs serpens d arbre ils sont larges et plus ou moins latéraux. Les serpens venimeux terrestres offrent très souvent des narines extrêmement ouvertes, et il y a une famille entière de venimeux proprement dits, où ces organes sont suivis d'une seconde fosse creusée dans le maxillaire, et qui parait remplir les fonctions d'un organe d'odorat accessoire. 11 est bon d'observer que les fossettes creusées dans le bord des lèvres chez plusieurs Boas, ne communiquent nullement avec l'intérieur de la tête, et n'offrent en conséquence aucune anologie avec celles des Trigonocéphales et des Crotales.
La bouche des ophidiens, plus ou moins fendue suivant le degré de dilatation dont les parties de la tête sont susceptibles et suivant la forme de cet organe, offre tantôt des bords flroits, tantôt des bords en S, et quelquefois montant en angle |)ius ou moins obtus vers la connnissure des lèvres. Les diversités de forme et de disposition des parties de la tête des ophidient» que nous venons de mentionner, donne à chacune des espèces une physionomie particulière d'autant plus caractéristique que les traits en sont saillans; imprimée dans la mémoire, elle sert à faire reconnaître les nombreuses races de ces êtres intéressans. Les circonstances qui contribuent le plus à rendre caractéristique la physionomie des ophidiens, sont une tête large, haute, anguleuse, cordiforme et revêtue de petites écailles à surface inégale, une bouche fendue et à bords courbés, de grosses lèvres, de larges fossettes aux côtés rl'un museau tronqué ou retroussé au bout, enfin de petits yeux à pupille alongée, et ombrag'és par des lames surciliaires saillantes: caractères qui sont le plus souvent réunis chez des espèces à formes lourdes, tels que les serpens venimeux proprement dits et d'autres. Cependant ces traits prononcés ne constituent
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pas toujours le caractère distinctif des opliidieus dangereux; car plusieurs espèces innocentes , tels que i'Hétérodon , les Homalopsis^ les Boas et d autres joignent à leur physionomie l'arouclieun naturel doux; tandis que les Elaps, les Najasetles Bongares, qui ne se distinguent guère des Couleuvres par des signes extérieurs, sont pourvus des mêmes armes redoutables que les Vipères, les Crotales etc.
Le cou des ophidiens offre le plus souvent les mêmes formes que leur tronc, et ce n'est que dans les Najas ou dans plusieurs Xénodons que les côtes, plus droites que d'ordinaire et susceptil)les d'un mouvement considérable dans le sens horizontal , produi-sent la forme plus ou moins aplatie du cou ; il faut cependant remarquer que la plupart des serpens ont la faculté d'aplatir et d'élargir le cou, ce qui s'observe lorsque, émus de colère , ils font entendre ces sifllemens qui préludent ordinairement à 1 attaque.
Il est impossible de fixer des lois constantes du système de coloration chez les ophidiens. Tantôt uniformes et ternes, tantôt brillantes et d'un éclat égal à celui des pierres précieuses, leurs teintes sont variées à l'infini et très diversement disposées, non seulement chez les différentes races, mais souvent aussi chez les espèces d'un même genre. Chez d'autres genres au contraire, on observe, dans les espèces voisines, unecerlaineconformité dans la distribution descouleurs, qui sontsouventanalogues aux objets qui environnent les lieux habités par ces animaux. Beaucoup de serpens grimpeurs par exemple, présentent une livrée d'un vert uniforme, absolument semblable à celui des feuilles; tandis que d'autres , tels que plusieurs espèces des genres Dendrophis elDryiophis, ressemblent
sous ce rapport à de petites branches nues; enfin il en est, les- Dipsas, dont le système de coloration rappelé les vieux troncs d'arbre revêtus d'une mousse fine et abondante. Les serpens qui habitent les eaux douces se font souvent remarquer par des teintes sombres et uniformes; le vert, le jaune et le bleu, couleurs qui ornent le corps des serpens pélagiques, les confondent avec les vagues au vaste océan. Les habitans du désert, tels que l'Eryx, la Vipère de l'Egypte eî;c., se disdinguent à peine du sable, si uniformément ix^pandu dans cet^ tristes lieux ; d autres serpens fouisseurs se reconnaissent à leurs belles couleurs polies, fortement irisées, et dont le rouge domine sur les parties inférieures. Une multitude d'autres ophidiens offrent des couleurs qui imitent tan lot le brun terne d'un sol tourbeux, marécageux ou ombragé par d'épaisses forets , tantôt le vert des herbes , tantôt les teintes bigarées des lieux revêtus de mousses et de hchens; enfin il y en a dont la livrée, ornée descouleurs les plus éclatantes, paraît rivaliser avec la pompe qu'étalent les fleurs des végétaux tropiques. On remarque particulièrement les espèces de cette dernière catégorie parmi les serpens terrestres et parmi les giimpeurs, de sorte que l'on peut citer comme les plus beaux des ophidiens les espèces <lont le corps est entouré de bandes alternes de rouge vermillon, de noir, de blanc ou de jaune: tels sont lesCoronellii^ venustissima et coccinea , le Lycodon formosus, plusieurs espèces des genres Tortrix et Hétérodon , la plupart des Elàps , le Naja lubrica , le Dendrophis ornata et le Dipsas macrorhina. D'autres Dendrophis, plusieurs Dryiophis, certains Dipsas etc. sont également remarquables par la splendeur et par Id diversité des teintes qui ornent leur livrée.
La distribution des couleurs est variée à l'inlini chez les serpens: les uns ont le corps rayé longitudinalement, chez d'autres il est entouré de bandes transversales; il est souvent tacheté, quelquefois parsemé de points ou de marbrures; tantôt c'est un fond clair qui est relevé par des traits de toute
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■ç^pècc , tantôt (test la couleur foMC'éc cpii (louiiuc, et la lolnJc primitive ne s'entrevoit qu'indistinctement: de là la orande difficulté de rendre par des descriptions les nuances infinies de la livrée des serpens. Cette difficulté est souvent at^ravée par les changeniens qu'éprouvent les teintes avec l'âge, dans les différentes périodes de la vie etc. ; encore sont-elles le plus souvent diverses dans les deux sexes, et les variétés accidentelles que l'on observe à cet égard sont très nombreuses; la vivacité des teintes subit enfin des métamorphoses continuelles, produites par le changement de la peau. On peut établir la loi, que plus l'individu est jeune, plus vives sont les teintes, plus distincte en est la distribution ; car souvent les teintes qui ornent les jeunes s'effacent totalement avec l'âge ou deviennent absolument uniformes : témoins les Coluber <.'anus, melanurus, l'Homalopsis buccata, le Xénodon severus et d'autres.
La faculté de changer spontanément de teinte, faculté que possèdent plusieurs batraciens, un grand nombre de sauriens , et particulièrement les caméléons, ne s'observe qu'à un degré inférieur chez les ophidiens et notamment chez les serpens grimpeurs distingués par leur couleur verte.
On n'a que peu étudié les différences qui existent relativement aux couleurs entre le mâle et la femelle et les changemens que chacun des deux sexes peut éprouver dans les principales périodes de la vie ; quelquefois, comme chez notre ïropidonote à collier , les deux sexes se ressemblent parfaitement, ce qui n'a point lieu chez la Vipère commune, où la livrée de la femelle subit d'assez considérables modifications avant que l'individu ait atteint le terme de sa croissance, tandis que les mâles offrent au sortir de l'œuf des teintes analoijues en tout aux adultes du même sexe.
Nous avons déjà parlé plus haut de la grande influence (|u exerce la mue sur la beauté primitive des teintes: les < hangemens qii'elle produit sont dautant plus dignes de
l'attention des naturalistes, que la unie s'opère insensiblement et qu'elle se répète plusieurs fois chaque année.
Il arrive presque toujours que les teintes des ophidiens s'effacent en grande partie après la mort ou que, exposées à l'influence des liqueurs fortes, elles éprouvent des changemensplus ou moins marqués. Le noir, le brun, le jaune d'ocre et plusieurs autres couleurs ternes ne perdent cependant pas toujours même le lustre que réfléchit la surface unie des écailles; au nombre de ces espèces qui conservent leurs teintes après la mort, appartiennent les Calamaria arctiventris et Brachyorrhos, le Tortrix maculata, le Xénopeltis, le Coronella rufula, les Lycodons hebe et subcinctus , les Coluber constrictor, Aesculapii et melanurus, plusieurs espèces des genres Naja, Homalopsis, Yipera et beaucoup d'autres. La couleur verte se ternit après la mort, perd de sa vivacité, ou passe au bleuâtre: elle se communique facilement à l'esprit de vin, qui en est alors coloré. Le blanc perd presque constamment sa pureté et devient sale ou jaunâtre, tandis que le jaune clair passe au blanchâtre. Il en est de même des belles teintes rouges dont le corps de plusieurs serperis est orné; cette couleur disparaît presque totalement après la mort , passe au jaune blanchâtre ou au brunâtre. Le bleu, si rare dans l'ordre des ophidiens, s'efface chez la plupart; il en est de même des taches d'un vert très clair. Presque toutes les autres teintes intermédiaires se ternissent ou perdent, du moins en partie, leur éclat, après avoir été exposées à l'influence des liqueurs fortes.
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