‹ Essai sur la physionomie des serpens (volume 2)Chapitre 22 sur 26 · SERPENS MONSTRUEUX · texte numérisé non relu

SERPENS MONSTRUEUX

On a quelquefois , mais très rarement, observé des serpens monstrueux: à ce nombre appartient la Couleuvre à deux têtes prise aux bords de l'Arno, que Redi conserva vivante pendant plusieurs semaines , et dont il a fourni la description dans un de ses ouvrages (i). Lacépède (2) a rassemblé plusieurs autres faits relatifs à des serpens à deux têtes, et donne lui même la figure d'un individu semblable, conservé dans les galeries du Musée de Paris. Le portrait d'un troisième serpent à deux têtes se trouve che/ Edwards (3). M. de Froriep en possède également nn individu, dont cependant les têtes et les queues sont parf\ùtement séparées. M. Mitchill (4) lait mention de plusieurs monstres de ce genre, observés dans l'Amérique Septentrionale; les têtes de ces sujets étaient plus ou moins réunies ensemble, de sorte que quelques uns ne présentaient que trois yeux et une seule mâchoire inférieure. On a trouvé dans le même pays un serpent, probablement de l'espèce appelée Coluber constrictor, dont toutes les parties étaient tellement défigurées par une maladie, que l'on a cru reconnaître dans cette espèce de monstre, le fameux serpent de la Mer du Nord, si célèbre par sa taille énorme. On voit l'extrait de la dissertation , publiée exprès à ce sujet à Boston , dans le Journal de Physique^ tome 86, p. 397.

(1) Observât, lll p. 1 siiiv, — (2) Qurtr/r. ovip. Il PL 20, fig, 1 p. 475. ■ — (3) Oiseaux, PL 207. — (4) Silliman Jouhk X p. 48; voir Isis 18^2 p. 10/^6.

ENNEMIS DES SERPENS. h\

enns:mis Di:s sb:upens.

Les scrpcns ont de nombreux ennemis parmi les animaux. CJniversellement détestés, l'homme en tue, indifférenmient que leur nature soit venimeuse ou innoffensive, partout où il s'en présente à sa vue. Toutes les contrées du globe offrent certains manmiifères qui poursuivent les serpens avec une ardeur acliarnée; chez nous, ce sont principalement: le blaireau , le hérisson, les belettes, les martes et le putois qui contribuent à la destruction des serpens ; dans les contrées tropiques de l'Ancien Continent, ils rencontrent des ennemis terribles dans les civettes, les mangoustes et d'autres carnivores. Plusieurs oiseaux leur font une guerre continuelle: tel est particulièrement le messager du Cap, monté à ce qu'iî paraît expressément sur de longs pieds enéchasses pour rendre ia morsure des serpens infructueuse, dans l'Amérique Méridionale, ce sont le faucon rieur et d'autres oiseaux deproio qui les poursuivent avec acharnement; les grandes cicognes des Indes, telles que le marabou, détruisent un grand nombre de serpens ,• en Europe il faut compter parmi leurs ennemis, outre les cicognes, les corbeaux , les milans et plusieurs buses. Dans les mers tropiques ce sont les requins qui dévorent avidement les serpens pélagiques; enfin , beaucoup d'ophidiens se font même entre eux une guerre mutuelle , n'épargnant quelquefois pas même leur propre race.

En transplantant les animaux ennemis des serpens , dans des contrées que ceux-ci infestent , on pourrait peut-être empêcher lu trop grande multiplication de ces dangereux reptiles. On a fait cet essai, en transportant le messager du <^ap dans les colonies à sucre françaises des Indes Occidentales (i); peut-être les mammifères que nous venons de citer

Page 1