‹ Essai sur la physionomie des serpens (volume 2)Chapitre 23 sur 26 · ENNEMIS DES SERPENS · texte numérisé non relu

ENNEMIS DES SERPENS

o\i les cicognes, rendraient-ils d'aussi bons ou de meilleurs services.

On parvient facilement à faire périr les serpens à coups de bâton , en leur cassant la colonne vertébrale ; mais outre que cette manière ne peut s'employer que pour les espèces de petite taille, elle a cela d'inconvénient que les individus ainsi tués sont de peu d'utilité pour les Cabinets. Pour éviter que cela n arrive, il vaut mieux de les retenir au sol au moyen d'un bâton au bout duquel on peut attaclier une espèce de pince qu'on leur applique sur le corps près de la tête. Pour les grandes espèces et pour celles qui habitent les arbres, il n'y a souvent d'autre moyen que de les abattre à coups de fusil. Les serpens aquatiques s'engagent quelquefois dans les filets que l'on tend aux poissons, et voilà peut-être le seul moyen de s'en rendre maître, vu qu'en nageant ils n'exposent presque jamais aucune partie de leur corps hors de l'èau. Mais le plus grand nombre de serpens innocens se prend facilement avec la main, soit en les saisissant par le cou, soit par la queue: plusieurs cependant ont la faculté de se redresser et de mordre, tandis que d'autres souillent leur agresseur d'un fluide fétide qu'ils font jaillir à une distance assez considérable. Il n'entre pas dans le plan de notre ouvrage d'exposer ici toutes les diverses manières que Ton peut employer pour faire la chasse aux serpens: pour avoir des informations exactes, que l'on consulte l'Ouvrage de M. Lenz, qui en traite amplement, et à qui une longue expérience a appris les moyens de s emparer facilement de ces êtres dangereux, et d'éviter en même temps les nombreux dangers que l'on court lorsqu'on s'en occupe. On trouve dans ce même ouvrage des lenseignemens relatifs à la meilleure manière de détruire ces reptiles malfaisans ou du moins d'en empêcher la trop grande multiplication; les remèdes (|ue ce savant énumère, consistent dans les points principaux suivans : d'abord, de détruire antant que possible

ENINRMÏS DKS Sr.UrFNS. 8,3

los nnimaiix ((iii servent de nouiTituro aux serpoiis, tels que les souris, les rats, les grenouilles et antres; de favoriser les oîinenùs des serpcns que nous avons cités plus haut, et parmi lesquels occupe le premier rang la cicogne, qui se rend doublement utile par les ravages qu'elles fait parmi les grenouilles; ensuite, de brûler la végétation des lieux infestés par un trop grand nombre de serpens ou, lorsque ce sont des plaines, de les labourer; enfin, de décerner une prime à ceux qui peuvent produire certaines parties des serpens qu'ils ont tués , abolissant en même temps l'usage d'accorder des primes pour la destruction de ces oiseaux rapaces qui font la guerre aux serpens, tels que les buses, les milans, les corbeaux, etc.

Des vers intestinaux de diverses espèces infestent les viscères des serpens. J'en ai souvent trouvé l'estomac, près du pylore, tellement rempli, que leur présence a dû causer des obstructions continuelles, si non la mort: accrochés aux parois intérieures de cet intestin, ces vers y étaient par peloton. D'autres se tiennent dans le canal intestinal , d'autres dans le mésentère , d'autres encore dans les membranes séreuses, principalement dans celles qui enveloppent le cœur et le poumon. Les vers intestinaux observés par M. RuDOLPHi(i)dans diverses espèces d'Ophidiens, appartiennent aux genres suivans: Ascaris, Distoma, Filaria, Echinorhynchus , Taenia, Strongylus, Trichosoma, Pentastoma et Cucullanus.

Les parasites qui, attachés extérieurement à la peau des serpens, sucent leurs sucs, sont en nombre beaucoup moins considérable que ceux dont nous venons de parler. On n'en a trouvé que d'un seul genre, de celui d'Ixodes , et particulièrement de l'espèce à thorax doré , que j'ai également observée sur des Tupinambis, des cochons, des Pangolins et plusieurs autres animaux des Indes-Orientales: M. MiiLLER(2)

(i) Entozoorum synopsis, p, '-j^i. — (2) ixodes orniopHiLUs Ao«rt Jeta XV J Pars II p a32 et suiv. PI. 67,

a fîecTit cet insecte» Metaxa (i) a observé, sur plusieurs ophidiens de i'Itaile, des parasites qu'il a reconiui loimei deux espèces du genre Acare. Daudin (2) parle d'autres, trouvés sur le Boa cenchria. J'en ai détaché de Pythons, du Dipsas dendrophila et de beaucoup d'autres serpens javanais.

Les serpens se rendent utiles par la destruction d'animaux nuisibles, tels que de petits rongeurs, de vers, d'insectes, de mollusques, etc., auxquels ils font la chasse. Autrefois on employait les serpens dans la médecine, et cet usage s'est. conservé chez beaucoup de peuples, quoiqu'il ait été rejeté par les nations les plus civilisées. Très récemment cependant le docteur Marikrosrv (3), de Rosenau en Hongrie, dit avoir employé avec succès le fiel des serpens contre l'épilepsie.

Le préjudice que les serpens causent dans plusieurs contrées, surpasse de beaucoup leur utiUté. Les espèces venimeuses se multiplient tellement dans certains pays entretropiques et particulièrement dans l'île de la Martinique, qu'elles deviennent un véritable fléau et qu'elles font périr annuellement un grand nombre d'hommes et d'animaux domestiques. Les serpens aquatiques font souvent assez de tort aux lacs et aux rivières poissonneuses ; les espèces terrestres mangent des mammifères, des oiseaux utiles à l'homme , et en détruisent Très souvent les nids pour dévorer les œufs ou les petits.

Chez nous, les serpens ne font des petits qu'une seule fois par an; la copulation a le plus souvent lieu dans les premières belles journées des mois d'Avril ou de Mai. Pour

(1) Monogr,/, 7 ^^ 9- — " (2) jRept. vol. F, p. 20a. — (3) Hufelani* Jonrn. année i85i c((h. 10.

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s'accoupler, les deux sexes s'entortillent avec leurs corps, en sorte qu'ils ne paraissent former qu'un seul individu à deux têtes qui se regardent lacecontie l'acej le mâle introduit alors dans la cloaque de la femelle les deux corps cylindriques et hérisses d'épines qui, en se retournant sur eux-mêmes, ont été retirés du dessous de la queue: les deux sexes restent ainsi réunis pendant plusieurs heures (i); mais on ne saurait au juste fixer la durée de l'accouplement. Il faut, du moins chez nos espèces indigènes , un espace de trois à quatre mois, avant que les œufs soient prêts à être pondus: durant cet intervalle, ils subissent déjà une espèce d'incubation dans le ventre de la mère; car en ouvrant les œufs après qu'ils ont été pondus, on y aperçoit presque toujours un fœtus plus ou moins développé et quelquefois même entièrement formé. Dans ce dernier cas, les petits ne sont renfermés que dans une membrane mince, qu'ils déchirent au moment même de naître, pour commencer leur existence indépendante. Dans un grand nombre de serpens, au contraire, les œufs sont enveloppés d une tunique tenace et de nature coriace ou plutôt tenant de celle du parchemin: les petits, n'étant qu'imparfaitement développés lors de la ponte de ces œufs, il leur faut quelquefois l'espace d'un mois et davantage avant d'éclore. Voilà sur quoi repose la distinction que l'on fait entre serpens vivipares et ovipares: distinction qui, à la vérité, n'est fondée que sur le plus ou moins de développement du fœtus dans l'œuf, lors de la naissance, ou sur la nature de l'enveloppe extérieure de l'œuf. Les ophidiens sont donc toujours ovipares et c'est à tort que l'on a comparé cette espèce de génération vivipare à celle des manmiifères , où le petit reçoit sa nourriture de la mère au moyen d'un placenta.

Les conditions nécessaires pour le développement de

(i) LtNZ. p. St et suiv.

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rembiyon dans l'œuf sont, selon Mr. Heuholdt (i): i liamidi té produite par une faible fermentation végétale, conjointement avec une température proportionée (entre + 2û et -^ 6" R)] enfin, des circonstances propres à favoriser l'absorption et l'évaporation à travers l 'enveloppe extérieure de l'œuf, C'estdelàquelesserpens recherchent, pour déposer leurs œufs , des lieux où ces conditions se trouvent combinées, tels que des tas de fumier ou de feuilles, amassés dans les endroits exposés au soleil ; c'est pour le même motif que plusieurs espèces ovipares aiment à s'établir dans le voisinage des maisons, dans des serres, etc.

On a erronément avancé que les serpens venimeux mettent toujours des petits vivans au monde , et que les serpens non venimeux seuls pondent des œufs; il n'en est pas ainsi, car il y a plusieurs de ces derniers qui sont vivipares , tandis que certaines espèces de la première tribu pondent des œufs comme la plupart des couleuvres, il paraît même que cette diversité dans la génération n'a aucun rapport avec l'organisation de l'animal même, vu que ces deux modes de génération se trouvent quelquefois chez des espèces très voisines d'un même genre : la Coronelle lisse par exemple, produit de petits vivans comme notre Vipèie conmiune, mais plusieurs autres Coronelles pondent des œufs renfermés dans une enveloppe coriace; il en est de même avec le Python à deux raies, tandis que le Boa rativore est complètement vivipare; parmi les venimeux, il y a les Najas et plusieurs autres qui sont ovipares.

Durant la ponte, les serpens se tiennent étendus à terre et lèvent seulement la queue pour faire sortir les œufs; cette opération n'est ni longue ni pénible. (2) Les œufs des Ophidiens contiennent, avant le développement de l'endnyon , un fluide homogène d'une couleur jaune foncé, et analogue

(j) Ch'C/iii;t iiVSo p. /j cl suiv. ~~~ (v.) Lenz p /jfjB,

au juuiie (le 1 œut d'oiseaux. Il paraît (juc ic fluide blanc manque totalement dans l'œuf des serpens : aussi se distinguent-ils de celui des oiseaux par le défaut total de chambre aérienne. Le jaune est enveloppé d'une tunique propre qui est pourvue d'un grand nombre de vaisseaux sanguifères , dont les troncs principaux se rendent, conjointement avec le conduit du vitellus, à Tombilic de Tembryon: cette tunique, appelée allantoïde par plusieurs physiologistes, a été regardée par d'autres comme l'analogue du chorion. (i) Probablement cette tunique est-elle composée, comme dans l'œuf des tortues, de deux lamelles dont l'extérieure contenant les vaisseaux sanguifères, peut être comparée au chorion de l'embryon des mammifères, tandis que l'intérieure est la véritable allantoïde. (2) L'embryon même est renfermé dans une membrane séreuse, l'amnios. Le conduit du vitellus donne dans l'intestin grêle près du pylore ; mais l'ouverture ombilicale ne se trouve pas toujours en face de cette région : chez le Trigonocephalus Atrox où elle est près de l'anus, le conduit du vitellus est obligé, pour se rendre au duodénum, démonter dans 1 intérieur de la cavité abdominale^ tout le long des intestins.

Le nombre de petits que font les Ophidiens en une seule ponte, diffère considérablement d'une espèce à l'autre. Je n'en ai observé dans plusiein\s Calamars qu'une dixaine; quelques Couleuvres en font jusqu'à 20 ou 25; j'en ai trouvé 3o et davantage chez le Trigonocéphale Atrox, et l'on dit que notre Couleuvre à collier en pond jusqu'à Ao. En ouvrant le ventre d'un serpent plein , on voit les œufs serrés les uns

(1) C'est pour cette raison que les uns nient l'existence de l'aliantoide dans l'œuf des Ophidiens, tandis que d'autres opinent pour le contraire; comparez: Desmollins AIcm. ci. la Soc. mcd. ; Rathkb ap. BuRUACH Phys, 11. p, /,oy et 563 ; IIelholdt Oiersigt, etc. —

(a) TiEDEWANW Jubelfeicr p. a5.

hj\ DÉVELOPPEMENT.

contre les autres et rang*3s en pelotons, occuper Jans toute leui étendue les oviductes qui ressemblent alors à un chapelet. L'embryon a tous ses tégumens sans teintes, et les yeux extrêmement développés et saillans j la tête est bombée, le museau court , en pente et ressemblant à celui d'un marsouin ou an bec d'une poule. A mesure que le fœtus se développe, ses ibrmes se rapprochent de celles de l'animal parfait. Pour se défaire de sa prison, le serpenteau, probablement à force de se remuer , parvient à déchirer les tuniques qui le tiennent enfermé. Cette opération se fait aisément lorsque ces tuniques sont membraneuses , comme dans les espèces vivipares; mais il faut de grands efforts pour lompre l'enveloppe coriace des œufs proprement dits: trois ou jjuatre fentes longitudinales, rapprochées du bout de l'œuf, indiquent le lieu par où le serpenteau s'est échappé, (i).

^^ a jMjr K' a- s^L'^a.^'N T

Les petits au sortir de l'œuf, diffèrent ordinairement de leurs parens , outre leur taille , par un système de coloration plus vif et plus tranché, par une tête plus émousée et plus arrondie, par la grandeur des yeux, et parle moindre déve loppement de l'épiderme et de ses appendices. Au reste, ils sont pourvus de dents parfaitement semblables à celles des adultes, aussi en font ils tout de suite usage, et les venimeux , instruits par l'instinct du pouvoir de leurs armes, élèvent et baissent alternativement leurs crochets, et se défendent contre les attaques avec cette fureur , innée à toute leur race. On a

(ï) Voir, pour ce qui a rapport au développement de l'œuf des serpens, l'excellent Mémoire du professeur HERUOLnT, accompagné de belles platicjïes: Oversigt 1819 •• — 3o^;. /» cl suiv. avec Jig. a.

DÉVFXOPPEMEINT. 8î)

longtciiips cru que la queue est, en projxullon du tronc, plus courte chez les jeunes que cliez les acliiUes, et que ce membre offre en conséquence chez ceux-là un nombre moindre de plaques souscaudales. S'il en était ainsi, il faudrait supposer qu'il se développe avec 1 âge de nouvelles plaques, connue on l'observe chez les Juins; mais comme le nombre des plaques correspond à celui des vertèbres , il faudrait également supposer la production de nouvelles pièces osseuses , ce qui est peu probable chez des êtres d'un ordre aussi élevé que celui dont nous traitons. D'ailleurs, les recherches que j'ai faites à cet égard, m'ont prouvé le contraire, vu que parmi une grande quantité d'individus, les jeunes n'offraient, quant au nombre des plaques , d'autres différences avec les adultes que celles qui ne sont dues qu'au hazard: pour être sûr du fait, j'ai répété ces expériences sur un grand nombre d'espèces les plus diverses, et j'ai toujours obtenu le même résultat. Peu de temps après leur naissance, lespetitsophidiens subissent la première m u e. Cette opération se répète , chez nous , suivant les observations de M. Lenz , cinq fois par an, savoir: tous les mois depuis la fin d'Avril jusqu'au commencement de Septembre ; d'où il résulte qu'il n'y a point de changement de peau pendant le sommeil d'hiver. Il serait d'un grand intérêt de savoir, combien de mues subissent les serpens dans les climats tropiques où l'engourdissement n'a pas lieu. Dans la domesticité, une manière de vivre peu propre à la nature des êtres, influe notamment sur les fonctions de la peau dont l'épiderme ne se renouvelle plus dans des périodes déterminées et fixes; très souvent alors, cette opération est assez longue et si pénible, que l'animal souffre beaucoup , ou qu'elle est quelquefois suivie de la mort. Pour rejeter l'ancien épiderme, qui conmience à se détacher par la tête, et notamment le long des bords des lèvres , le serpent s'engage dans les mousses, dans les herbes ou dans les bruyères, et parvient,au moyeu d un mouvement progressif lent et continu^

90 DÉVELOPPEMtNT.

ou d'un fi oltciiHiit , à se (îobarasser petit à petit de la tunique extérieure de sa peau, qui est déjà remplacée en dessous par un épidémie nouveau. La dépouille ainsi enlevée se trouve tournée à l'envers d'un bout à l'autre, et présente un sac à surface réticulée plus ou moins diaphane, plus large que le corps du serpent à cause du dilatement des intervalles membraneux, et qui n'offre, à l'exception de celles de la gueule et des narines , d'autre ouverture que l'orifice postérieur du tronc ; car tout le monde sait , que la liiembrane hémisphérique protégeant extérieurement le globe de l'œil, fait partie des tégumens extérieurs et tient par conséquent à la dépouille rejetée. Cette dépouille, d'abord molle, se dessèche bientôt , et se conserve facilement dans les Cabinets ; mais il arrive rarement de les rencontrer entières , vu qu'elles se déchirent souvent pendant l'opération que nous venons de décrire. Nous en possédons quelques-unes qui sont fojt belles de plusieurs espèces exotiques, qui prouvent que le dépouillement se fait de la même manièrecheztouslesserpens. Les changemens qu'éprouvent les Ophidiens avant d'avoir acquis le terme de leur développement sont encore peu étudiés. Aussi quelquefois, ainsi que nous l'avons dit plus haut, la livrée des deux sexes offre-t-elle dans les diverses périodes de la vie des différences considérables. Les mâles ont souvent la queue plus grosse et plus longue que les femelles, probablement parce. que ceux-là ont les organes de génération logé dans une cavité à la base de ce membre; les femelles au contraire « acquièrent une taille plus forte que les mâles , et leur tronc est alors d'un volume plus considérable. On ignore absolument l'âge, auquel parviennent les diverses races de serpens, quoiqu'on puisse leur supposer une vie très longue, comme à tous les autres reptiles; on ignore également si ces êtres ont un terme iixe de croissance ni de quelle durée il est. îl est probable qu'ils grossissent durasit tout le temps de leur vie; mais mes observations me porteni à croire, que celte

DÉVELOPPEMENT. Di

jii!j^iiieiilaLi()!j lie voliiiiH* a lieu diverscmeiil dans les dilTelenles périodes de la vie, et (jnelle est assujettie aux mêmes luis qui rèj^Kîut le développement de la plupart des autres animaux veitébrés. Les formes lamassées et arrondies qui ilistinguent le serpenteau, disparaissent dans les premiers mois de son existence et deviennent plus alongées à mesure <{uil approche de répocjue de pouvoir procréer: ce terme est fixé chez nous , selon M. Lenz, à la quatrième année. Il paraît qu'après cette époque les serpens croissent moins rapidement que dans leur première jeunesse, et que le développement de leurs parties a plutôt lieu par rapport au volume qu'à la longueur: cet âge se caractérise par des traits prononcés et la plénitude des formes. Cependant, avant d'arriver au terme de leur existence, les dimensions ordinaires serpens augmentent quelquefois du double : la grosseur des parties, une tête obtuse et ramassée, et des formes vigoureuses distinguent ces très vieux individus, qu'il est cependant assez rare de rencontrer.

Beaucoup de voyageurs, et notanmient ceux d'une époque plus reculée, parlent de serpens détaille monstrueuse, qu'ils disent avoir rencontrés dans leurs courses dans l'intérieur des terres inter-tropiques , et dont ils font souvent aller la longueur jusqu'à 4» pieds et davantage (i). Quelque soit le pays où ces grands reptiles se trouvent, on leur applique souvent la dénomination de Boa Constrictor, familière à tout le monde, quoique le véritable Boa Constrictor des Méthodes , le cède pour les dimensions de beaucoup à d'autres espèces des genres Boa et Python. Les recherches nombreuses des Naturalistes voyageurs modernes et instruits ontdémenti la plupart des fables qu'on a débitées sur la nature de ces Ophidiens; on sait aujourd'hui que les plus gigantesques ne surpassent guère vingt à vingt cinff pieds de

(i) Voir noue article B o \.

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