DU VENIN
reposent sur I empirisme. Souvent chaque tribu des nombreuses peuplades des deux Amériques a une manière diverse de traiter les malades de cette sorte : mais les plantes , dont les uns vantent les vertus, sont inconnus à d'autres ou rejettées par eux. Dans les villages de l'Europe centrale, ce sont particulièrement des pâtres, des bergers qui, exerçant la médecine, ne jugent nullement au dessus de leurs capacités, de guérir les morsures des vipères. Aux Indes et en Egypte, cet art fait l'occupation dune caste à part, aussi ignorante aujourd hui que l'étaient leurs ancêtres des temps classiques. Au lieu de rapporter ici ce que l'on a écrit sur ce sujet , je me borne à signaler les remèdes, que l'on a employés avec le plus de succès et dont 1 usage a été généralement reconnu.
La première précaution à prendre, lorsqu'on a été piqué par une serpent venimeux, est de nettoyer l'endroit mordu pour empêcher que le venin qui pourrait adhérer à la peau, ne puisse entrer dans la plaie lors de la scarification qu'il est bon de faire sur-le-champ; on peut également se servir de la pierre à cautère ou du fer rouge, pour corroder les chairs de cette partie. Après avoir ensuite lavé la blessure de nouveau, on la presse, et cherche à arrêter les progrès du venin en la suçant ou , ce qui vaut mieux en y appliquant la ventouse. Une ligature sur la plaie même, et une autre établie au dessus du li<ni blessé si sa conformation le permet , pour empêcher la communication du venin dans les autres parties du corps, ont été reconnus être d'un grand service, pourvu qu'elles ne soient point trop serrées. Nous ne citons des nombreux remèdes proposés pour être pris à l'intérieur que les sudorifiques , que l'on censé être de bon effet. M. Lenz (i) a employé avec un succès déterminé l'acide muriatique oxigéné et recommande son application tant à l'intérieur qu'à l'extérieur :
ri) p. '246 suiv.
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on peut prendre par jour sans inconvénienl une once et davantage de cette préparation chimique, plus connue sous le nom de Chlore. Des onctions faites avec de bonne huile d'olive ont été également reconnues efficaces dans plusieurs occasions. Quelques naturalistes attribuent à l'ammoniaque des qualités que d'autres lui refusent : il en est de même de l'arsenic etde plusieurs autres remèdes , que Ton ne doit employer qu'avec précaution et après avoir inutilement administré ceux dont nous venons de faire mention (i\
DE LA liANGUE.
La langue des ophidiens se fait particulièrement remarquer par sa grande extensibilité. Revêtue de tuniques assez dures; faible, mince et divisée au bout antérieur en deux filets plus ou moins grêles, elle peut se retirer dans un fourreau , dont l'issue s'ouvre à une petite distance en avant de la glotte; la position de ces organes varie dans les diverses espèces: chez les Hydrophis par exemple, ils se trouvent très près du bout du museau , tandis qu ils sont placés plus en arrière chez les serpens terrestres et d'arbre. La langue des ophidiens, quoique parfaitement semblable à celle de certains sauriens , tels que les Moniteurs, les Téjus etc., s'en distingue cependant par la grande simplicité des pièces dures qui la supportent ; en effet il se trouve, au lieu d'un os hyoïde composé de plusieurs pièces, un simple fil cartilagineux attaché à la face interne des tégumens généraux de la région gulaire, et dont les deux bouts se prolongent très en arrière. Ce cartilage est quelque-
(i) Consultez, cmlic Is^s disseiiatiotis (iéja citées, la 'ioxicolo^ic M\)rfila.
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tois , comme dans les Boas, intimement réuni aux muscles de la gorge, dont il entrecoupe les fibres, son extrémité postérieure s'attachant alors à la peau sur les cotés du cou ; mais dans la plupart des autres ophidiens les cornes de l'hyoïde sont libres, très rapprochées et se prolongent dans la cavité de la poitrine , quelquefois jusqu au cœur. Chacune de ces cornes est accompagnée d'un muscle cylindricjue de la même étendue, avec lequel elles se réunissent au bout postérieur: ces muscles, antagonistes des génio-hyoïdes , retirent la langue dans le fourreau. La langue, par sa construction, est un véritable organe du toucher, et ne peut ni servir comme organe du goût, ni participer dans la déglutition, attendu qu'elle demeure retirée dans le fourreau pendant cet acte. Une petite échancrure au l)out du museau, dont la plupart des serpens, à l'exception des aquatiques, sont pourvus, offre l'ouverture par laquelle ces animaux font jaillir la langue, sans ouvrir la bouche: ce mouvement se fait ordinairement avec de la lenteur, et ce n'est que lorsqu ils sont émus par des passions, qu ils dardent la langue avec vitesse (i).
DES ÎNTESTIIVS.
Le canal alimentaire des ophidiens (2) se fait remarquer par sa grande simplicité. L'œsophage et l'estomac ne formant qu'un canal continu, il est impossible d'assigner à chacune de ces parties des limites précises. Ce canal descend tout droit derrière le cœur et , s'élargissant insensiblement, il se termine souvent en une poche plus ou moins spacieuse; se tournant
(i) Voyez Hellmann Uber den Tastsrjjn fier Schlan^cn. — [o?, Voir jiour la description des organes de la digestion les mémoires de Duvernoy , Ann. d. se. mit. ; et de Mfcrel , Vevi^L Jiiat^