DE LA DIGESTION
La digestion se fait assez lentement , nonobstant TactivUé du suc gastrique des serpens : il paraît cependant que ce lluide n'est sécrété en abondance que dans les régions de lestomac situées près du pylore; car les animaux que l'on retire du ventre d'un serpent sont toujours décomposés à leur bout inférieur, tandis que les parties qui se trouvent plus vers l'œsophage, n'offrent pas la moindre trace de putréfaction:
(i) Voir pour la déglutition des serpens les recherches de M. Dugès , insérées dans les Ann, d. jc. nat. 1827 XII p. 362, suiv.
DES ()K(^. DE \A ClllCliLATJON. 4îi
^ ai vérifié ce l'ait, observé par M. LeirA ^i), sur uir grarnl nombre d'espèces exotiques. Dans la captivité, les serpens rejetent par la bouche les matières indigestes, telles que les plumes, les poils etc.: cette propriété leur est commune avec la plupart des oiseaux.
Lorsqu'on poursuit un serpent qui vient d'avaler sa nourriture, il la dégorge souvent pour se rendre plus alerte à fuir (2): ce fait a été également observé chez plusieurs oiseaux (3).
DES ORGANKS DE LA iMRCLLATION,
Le cœur des ophidiens, le plus souvent de forme alongée, se fait remarquer par sa position écartée de la tête : il se trouve quelquefois à la fin du premier quart de la longueur totale du tronc. On lui reconnaît deux oreillettes spacieuses et séparées l'une de l'autre par une cloison memljraneuse; le ventricule au contraire est imparfaitement divise en deux cavités assez étroites, par une cloison naissant de la base du cœur et se confondant dans les fibres charnues de cet organe: les parois des oreillettes, quoique charnues, sont minces; celles du ventricule ont une épaisseur considérable, notamment sur le c^té gauche de cette partie, qui s'étend en forme d'appendice conique sous l'oreillette gauche. Chaque oreillette communique avec le ventricule par une ouverture assez large, mais susceptible d'être fermée au moyen d'une valvule. L'oreillette droite reçoit toutes les veines du coTpi qui forment, a l'exception de la Jugulaire gauche, avant de
(1) p. 48. — (2) Note comniuniquée par M. Diepcrink à Pai'?imarîbo; voyez aussi Lenz. /. t\ — i'i) Les stercoraires , l«»s inoueltes , les hiioDclelies de mer, etc.
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perforer les parois de l'oreillette, une espèce Je sac plus ou moins long et qui offre, outre les tuniques ordinaires, une tunique musculaire bien prononcée: deux grandes valvules servent à fermer l'entrée commune des veines dans cette oreillette. Le sang parvenu dans la chambre droite du ventricule, est chassé dans l'artère pulmonaire, dont l'embouchure offre deux valvules ; comprise à sa base dans le tronc commun des aortes , cette artère se courbe au dessous de l'aorte gauche et se rapproche, en s'éloignant de celle-ci, du poumon, dont elle borde la face postérieure avant de pénétrer dans l'intérieur de cet organe. Une seule veine pulmonaire, perçant le poumon en arrière de l'artère du même nom, rapporte le sang oxydé dans l'oreillette gauche , qui est de forme conoïde et moins spacieuse que celle du côté droit. Le sang oxydé, après avoir passé dans la cavité gauche, est poussé vers le côté droit, où se trouvent les embouchures des deux aortes, dont chacune offre deux valvules semicirculaires , même lorsque ces endjouchures sont réunies en une seule, comme je )'ai observé plusieurs fois. Nous avons déjà dit que toutes les artères naissent d un même tronc, dont elles creusent pour ainsi dire l'intérieur; les artèrescependant sont le phis souvent séparées l'une de l'autre par des cloisons qui, quoique chacune serve à la fois de parois à deux vaisseaux voisins, empêchent que le sang qu'elles conduisent, puisse se mêler avant d'entrer dans le cœur. L aorte droite, beaucoup nioins grosse que la gauche, se divise, à peu de distance de sa sortie du tronc commun des artères, en plusieurs branches , qui seules pourvoient de sang le cou et la tête ; se courbant ensuite en arrière, elle descend derrière le cœur pour se réunir avec l'aorte gauche, qui a suivi de l'autre côté un chemin semblable. Cette grande artère descend ensuite tout le long du corps, et ne se perd qu'à 1 extrémité de la queue; elle pourvoit dans son cours les organes environnans : après avoir donné naissance aux artères intercostales, elle envoie des